FCM 25.00

01 décembre 2020

Les carabines Remington consacrent le 280

Les carabines semi-autos, particulièrement en 280 Remington du fait de leur dynamique importateur en France, il y a quelques décennies, ce calibre typiquement US ne pouvant, de surcroit être taxé « de guerre », ont fait leur trou dans notre pays (1). Les « pompes » système guère prisé en France leur sont proches et pourraient bien, grâce à la battue, et à leurs 5 coups, revenir en grâce.

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Dans les années 1900, plutôt que de tenter de rivaliser avec Winchester et son modèle 1894 à levier de sous-garde en 30-30 qui inondait le marché, Remington chargea l’ingénieur John Pedersen de produire en 1912 son modèle 14 de carabine à pompe dans les calibres populaires de l’époque : 25-30-32-35 Remington, ce dernier ayant le seul survécu jusqu’à nos jours avec des carabines à canons de 22 pouces et plusieurs niveaux de finitions. Le 35 Remington fut conçu en 1906 pour faire pièce au 30-30, étant un peu plus puissant avec une balle de 18% plus lourde (200 grains) et surtout une plus forte densité de section.  De 1923 à 1935 sortit le modèle 25 pour les calibres désuets de nos jours 25-20 et 32-20 Winchester.

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Les carabines semi-automatiques issues de la chasse U.S. doivent tenir compte de ce qu’est, là-bas, l’optique « grand gibier », bien différente de ce qui se passait chez nous, au moins après-guerre. Il y est surtout question de l’american whitetail ou cerf de Virginie qu’on chasse en général devant soi « au cul levé », et de quelques-uns de ses cousins un peu moins connus comme le cerf à queue noire ou le cerf mulet, petits cervidés ne dépassant pas 150 kg et assez fragiles. Le seul 30-30 suffit longtemps à les prélever, mais le cerf wapiti qui peut peser jusqu’à 400 kg est d’une autre nature, sans même parler de l’élan. Comme les tirs se tirent en outre plus loin, la seule solution il y a soixante-dix ans était de multiplier les atteintes.

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Le plus grand succès (77 000 produits) fut, de 1935 à 1950 le modèle 141 avec comme innovation, un magasin tubulaire spiralé permettant d’utiliser sans danger les balles pointues, et surtout un canon démontable grâce à une grosse vis moletée placée sur le côté gauche de la culasse. De 1952 à 1980, le modèle 760 « Gamemaster », œuvre des ingénieurs Crittendon et Gail atteint presque 42 000 exemplaires car proposé en 12 calibres modernes dont le populaire 30-06 jusqu’ici réservé aux armes à verrou mais surtout popularisé avec le 280 Remington, calibre assez proche, en un peu moins puissant du 7X64 avec DRO (distance de réglage optimum) à 170m, balles de 150 grains (9,7g) 880m/s et 3200 Joules à 100m.  Il reprenait la double barre ayant fait ses preuves sur le 870 lisse, la culasse fort solide permettant de tarauder des embases pour lunettes, seul le taux de torsion (1/12) limitant l’emploi de balles lourdes.

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Depuis 1981, le modèle 7600, toujours produit a amélioré ce produit très abouti en un bon siècle, grâce à plusieurs détails cosmétiques, sans oublier l’adjonction de nouveaux calibres utiles en battue comme le 35 Whelen. En 2016 une édition limitée est sortie pour le 200è anniversaire de la marque, et à noter un modèle 7615 en 223 Remington qui accepte les chargeurs d’AR 15, arme particulièrement populaire et mise à toutes les sauces aux Etats-Unis.

Sorti 32 ans après le 270 Winchester dont il est très proche, le 280 Remington (à droite ci-contre face au 270, à g.) a eu des débuts balbutiants car ayant plusieurs fois changé de nom (7-06 express, puis 7mm Express) dans une optique marketing mal ficelée qui le fit confondre avec le 7 Remington Magnum. En 1981 il prit enfin son nom et sa forme actuelle. Par rapport au 270 (2), son poids de balle un peu supérieur (au-dessus de 150 grains quand le 270 fut conçu pour 130) le favorise en battue, mais pas à longue distance où les balles de 270 ont un coefficient balistique meilleur. En Europe il n’a jamais pu détrôner les armes à verrou en 7X64 qui est un peu plus puissant, et aux USA le 30-06 a plus d’énergie avec ses balles plus lourdes et surtout grâce à l’offre de centaines de charges bien moins chères. Un de ses avatars est le 280 Ackley Improved soufflé au feu pour donner un angle d’épaule de 40°. A tous poids de balle égal, il va plus vite, et a été officialisé SAAMI et commercialisé par Nosler en 2007.

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1/ Voir notre archive du 4 novembre 2019.

2/Le taux de torsion de ce dernier empêche d’utiliser des balles plus lourdes que 150-160 grains car ses concepteurs en 1925 n’avaient pas notre obsession actuelle de tirer les balles les plus lourdes possibles dans un calibre donné. La balle la plus lourde du commerce est la Berger EOL (Extreme Limit Elite Hunter) de 170 grains, mais qui nécessite un taux de torsion plus rapide que 1/10.

 

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29 novembre 2020

Trebark (1972) : premier camouflage "de chasse"

De nos jours, il existe près d’une centaine de motifs de camouflage déposés, et ils envahissent même l’univers de la mode et la vie de tous les jours. A la chasse, ce sont les années 80 qui ont bouleversé la donne et un paysage uniquement et dans une moindre partie que de nos jours, dévolu au camouflage d’origine militaire.

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Une grande enquête aux Etats-Unis a montré que 58% des chasseurs l’utilisent toujours, 32% habituellement pour obtenir à 38% le succès à la chasse, 12 % étant fidèles à une marque pour moitié jamais assortie à une autre, la quasi totalité des sondés (97%) se montrant friande de nouveautés en ce domaine. Pour tous ceux qui autrefois utilisaient le velours côtelé, les canadiennes informes et défraîchies, les chemises à carreaux, l’effet de mode est jugé inutile quand il s’agirait plutôt, pour être efficace, de progresser à bon vent, dans une économie de mouvements.

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C’est un chasseur à l’arc de Virginie, Jim Crumley (ci-contre à dr.) qui, en 1972, ayant constaté l’inaptitude des camouflages militaires lança, avec des moyens du bord limités le motif Trebark appelé ensuite à une belle carrière. Les chasseurs, d’abord de gibier d’eau chassaient aux Etats-Unis avec le motif « duck hunter »  (ci-dessous) utilisé particulièrement dans le Pacifique (1), puis après le woodland qui, de 1981 à 2006 équipa un bon quart des armées mondiales, le « tigerstripe » des forêts de bambou du Vietnam semblant inadapté aux plaines du Midwest. En Europe il y avait plus de choix entre les issues des balbutiements de la seconde guerre mondiale, notamment allemands (2), nous autres utilisant massivement les « tenues léopard » de la guerre d’Algérie popularisée par Bigeard et ses « pt’its gars » des commandos de chasse.

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Le motif Trebark partait du principe que les forêts de l’Est n’étaient pas vraiment vertes et brunes mais plutôt à dominante grisâtre avec des lignes plus verticales qu’horizontales s’alignant en fait avec les troncs d’arbres. Les premières commercialisations eurent lieu en 1978, par la vente directe aux chasseurs de dindon sauvage discipline en grande progression tout comme la chasse à l’arc, Jim Crumley ayant déniché une petite entreprise de Caroline du Nord spécialisée dans les petites quantités pour la mode. En 1980, une publicité dans les revues spécialisées de chasse à l’arc le propulsa vraiment, lui permettant d’abandonner sa profession dans l’enseignement et de se lancer au moment où le phénomène « camo » prenait de l’ampleur.

C’est en effet en 1980 que Bill Jordan lança Realtree, et Toxey Haas Mossy Oak lequel racheta d’ailleurs Trebark en 2000. Si Trebark était a priori un précurseur des motifs de « rupture », ces deux dernières marques jouaient du mimétisme en quatre thèmes majeurs ensuite déclinés à satiété : forêt, brousse, marais, neige à dominante blanc. ASAT en 1986 (ci-dessous à dr) et Predator en 2001 mieux adapté aux sierras de l’ Ouest, retrouvèrent un peu l’esprit disruptif pour briser les contours de la silhouette humaine avec des lignes courbes sur fonds ocre et la tentative de trouver un modèle universel qui s’affina en 2001 chez les militaires et les Marines avec le motif « Marpat » fait de pixels informatiques ne ressemblant en fait à rien pour agir par « déception » du regard humain, fournissant une sorte de « bruit blanc » visuel bouchant les trous du paysage. Une démarche affinée en 2003 à la lumière du théâtre afghan de paysages changeants par le « Multicam » toujours dans la perspective d’un emploi universel sur lequel l’US Army semble être revenue. Il apparait en effet convenu que le « local » ait besoin de motifs adaptés, pour le moins avant l’arrivée de nouveaux matériaux innovants réfléchissant ou s’adaptant à la lumière ambiante, mais encore sans doute « top secret »…

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1/Suite à des méprises avec le camouflage porté par les SS, notamment sur le front normand, il ne fut quasiment pas employé en Europe.

2/Les études très poussées en ce domaine par l’armée allemande sur le « splinter » (éclats), le « strichtarn » (gouttes de pluie, réemployé ensuite par l’Allemagne de l’Est), ont abouti à deux camouflages parmi les plus aboutis de l’après-guerre : le flecktarn de la Bundeswehr, et l’Alpentarn de l’Armée suisse. De nombreux surplus sont disponibles chez nous, et n’écoutez pas les fables stupides propagées par certaines grandes enseignes voulant les écarter de nos chasses où ils font aussi bien que les motifs modernes, mais à bien moindre prix. Voir à ce sujet notre archive du 15 février 2019 « La veste de l’Armée suisse modèle 70, ou le meilleur treillis du monde » ?

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27 novembre 2020

Charles Daly : un siècle et demi d'importations US

Ce nom est certes resté, mais plus tout à fait de nos jours, (dans le groupe Chiappa depuis 2017) avec le même niveau qu’à ses origines en 1875 avec quand même comme clin d’œil de l’Histoire la permanence des trois canons : des drillings Sauer au Three Crown Akkar comme locomotive de l’intérêt des tireurs.

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La marque « Daly », plus facile à identifier que l’association de trois noms : Charles Daly (1839-1899), August Shoverling, puis Joseph Gales se fit remarquer par l’importation des fusils « prussiens » au moment où les Etats-Unis n’étaient pas encore capables de fabriquer en masse des fusils de haute qualité du niveau européen. L’entreprise connut de nombreux avatars de ventes successives (1) mais son catalogue de 260 pages en 1916, aux côtés des vêtements et articles de sport contenait des armes allemandes de haute qualité (canons de 30-32-34 pouces acier « Fluid steel » de Krupp ou Witten Excelsior) venant de chez J.P. Sauer, V.Schilling, H.Lindner. La gamme « Quality Regent Diamond » pouvait atteindre 500 $ quand la production de masse britannique de Birmingham se vendait dix fois moins cher.

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La première guerre mondiale puis la Grande dépression mirent fin à cette période faste, le catalogue incluant alors Schüler ne revenant qu’en 1924 avec comme fleuron le Daly SBT (Simple Barrell Trapgun) dit aussi « sextuple trap » du fait de sa fermeture en six points : les deux classiques Purdey en dessous et quatre extérieurs de chaque côté des canons. Il s’en fit autour de 400 exemplaires, la dernière année en 1934 par le petit artisan de Sühl Lindner qui se vendent actuellement autour de 2000 $ ! (Voir la pub d'époque ci contre à dr.) En 1926 « the superposed » Browning arriva au catalogue, mais aussi des Masquelier juxtaposés à canons Neumann (1933-1939) pendant que le concurrent Abercrombie and Fitch faisait de même avec Francotte, toutes ces armes restant influencées pour le look et la décoration des armes allemandes, et le design Merkel.

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L’Allemagne plus compétitive car détruite par la guerre, Daly se retourna alors vers les armes italiennes (Beretta, Bernadelli), espagnoles (Garbi, Zabala), mais surtout sut percevoir l’intérêt de l’arrivée sur le marché de Miroku avec une forte période (1963-1976) d’importations japonaises suite à un accord de courtage lui réservant la distribution de la marque aux USA. A son apogée il s’agissait de 4 à 5000 pièces par an, le prix très compétitif (autour de 280 $) venant concurrencer la production de la F.N. car Daly continuait à travailler avec la firme de Kochi à élargir sa gamme, même avec des juxtaposés de type Anson. En 1965, Val Browning fit sa première visite au Japon, ce qui déboucha sur des accords de partenariat (1969) où la qualité fut rehaussée à un niveau supérieur à ce qui été requis par Daly lequel s’estompa peu à peu, les derniers étant vus sur le marché dans les années 1973-1976. Toutes ces armes sont bien sûr intensément recherchées actuellement par les collectionneurs.

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L’ère moderne sous égide KBI (1996) importa des juxtaposés Zabala, des superposés Sabatti, une reprise à succès du Colt 1911, et même un semi-auto à gaz spécifiquement conçu pour les Etat-Unis le modèle 601 (ci-contre à dr.). En 2009, Charles Daly Defense fut créé pour commercialiser un AR 15 100% U.S. et de puis, s’approvisionne principalement en Turquie près de quelques grands fournisseurs : Akkar, Sarsilmaz, ATA.

1/Comme souvent dans l’histoire industrielle américaine, l’entreprise passa de main en main : le fils Daly la vendit en 1919 à Henry Modell qui garda le patronyme qui avait fini par se faire un nom, et des grands noms d’articles de sport du Connecticut et de l’Ohio.

 

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24 novembre 2020

Camouflage : stop ou encore ?

Quand on regarde dans son garage et les interminables penderies de vêtements « camos », et qu’on se rend compte que, la plupart du temps, c’est souvent le même vieux paletot qu’on enfile, on se dit sans doute qu’on a trop souvent succombé aux sirènes du marketing non ? Trop connoté également au regard de certains ayatollahs des réseaux sociaux, le chasseur soucieux d’être « passe-partout » dans la Nature pourra l’être également dans la société en observant quelques règles vestimentaires simples.

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Il y a actuellement autour de cent « motifs » sur le marché, toutes les marques déposées se paient, et on a déjà ici dénoncé maintes fois certains sites stipendiés anti-treillis lesquels font pourtant tout aussi bien le job. Les marques déposent à la queue leu-leu de nouveaux motifs dont on vous soutient mordicus qu’il ne faut absolument pas les dépareiller. Elles ne peuvent en effet vivre que de la vente, pour une poignée d’euros, d’une simple casquette à laquelle, bien sûr, il conviendra d’ajouter le pantalon, la veste, le coupe-vent…Retour au bon vieux temps donc, celui des canadiennes, des cirés, des lodens et du velours côtelé qu’on pouvait mettre à la ville et à la campagne. A l’aise, assouplies par le temps, enfilons les bottes, et le fusil sous le bras, allez on y va.

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Quelques notions de base cependant. Rouge, jaune et orange couleurs à forte longueur d’onde sont des couleurs mal perçues du grand gibier, c’est ce qui explique la couleur de nos chasubles devenues obligatoires à la battue, et le fait que le fameux motif « Buffalo check » à carreaux rouge et noir de la marque Woolrich, symbole de la culture cynégétique US (voir ci-contre) ait tenu si longtemps. Le bleu, longueur d’onde moyenne est très bien vu du grand gibier, et il faut même se méfier du vert qui chacun le sait, en contient pour moitié. Les ultra-violets inclus dans les détergents, font briller surtout par faible luminosité…c’est-à-dire dans les périodes cruciales de la chasse, à l’aube et au crépuscule. Interdire donc absolument à Madame de mettre son nez là-dedans, même si elle croit bien faire en voulant décrotter votre barda. Privilégier aussi les grands motifs (voir encore les fameuses chemises à carreaux Mackinaw des bûcherons canadiens) aux petits qui font masse, et qu’il faudra alors « casser » avec quelque chose de sombre, longue écharpe ou chapeau.

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Aller en fait vers un brun terreux, mélange de tout, et grands motifs à nuances de gris foncé à motifs verticaux, et combiner les couleurs unies comme les commandos SAS qui portent un pantalon clair censé se confondre avec le sol. L’observation des cervidés qui jouent de leurs couleurs claires et profitent des ombres et des arrières plans pour briser les contours peut être utile pour combiner les couleurs unies, et se concentrer plutôt sur la technique de chasse et non les interfaces à de mauvaises pratiques, les mirifiques nouveautés étant plus destinées à attraper le gogo ( chasseur ?) que le gibier.

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Le « camo » me diront ses défenseurs, c’est aussi un état d’esprit, une tunique et un symbole qu’on enfile pour se dire, qu’enfin on est dans les bois pour s’imbiber de Nature, rester immobile, faire attention au vent, garder les sens en éveil et le vol des oiseaux...plutôt que son portable ! Si vraiment vous y êtes attaché, dites-vous aussi que les vieux vêtements, sempiternellement portés, se créent au fil du temps leur propre motif de camouflage…via les taches, frottis, accrocs divers ! Et que chaque relief de ce genre conservera sa mémoire et son histoire derrière elle comme quand j’ai renversé dessus…fatalitas… pour fêter mon premier faisan il y a bien longtemps, un verre entier de breuvage censé contrer l'impitoyable "pépie"...

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22 novembre 2020

Sanglier : 300 PRC contre 300 Winchester Magnum ?

Dans la foulée sans doute du concept 6,5 Creedmoor, et de sa grande sœur le 6,5 PRC mais bien sûr en plus gros, puisqu’il s’agit d’une balle de calibre « 30 », Hornady nous refait le coup des jolies balles élégantes, à fort coefficient balistique, pour tirer aussi fort, et plus loin, mais l’adversaire à dégommer en face va sûrement pas se laisser faire, car il s’agit du 300 Winchester Magnum.

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Surtout chez nous où il bien implanté en gros depuis les seventies, autour de la « 300 Bar », (voir ci-contre à g.) pas sûr qu’il arrive à s’implanter. Cette fois, ce n’est pas autour du monde des tireurs de bench rest qu’est né ce calibre (en 2018, officialisé SAAMI dans la foulée), mais plutôt autour des forces spéciales US du SOCOM, sans doute pour remplacer les vieux M2010 en 300 WM avec, comme but,  50% de chances d’atteindre une cible de taille humaine à 2000m, sans avoir à trimballer les longues arquebuses en 50 BMG.

On retrouve le même concept instauré dix ans plus tôt par Hornady et à l’inverse de l’habitude qui est de construire la munition autour d’une action (longue, courte, ou standard),  de la faire d’abord, puis le fusil qui va bien autour ensuite. La balle, issue du 375 Ruger (1) est donc au cœur du dispositif, longue, lourde (212 et 225 grains) pour le calibre afin de résister au vent, aérodynamique et effilée avec fort coefficient balistique. L’épaulement de 30° aide, selon Hornady, à améliorer l’alignement de la chambre et l’alimentation à partir d’un magasin fixe.

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 L’idée est aussi de la dégager très en avant de l’étui, pour dans un premier temps qu’il y ait moins de freebore ou de « vol libre » et plus de possibilité qu’elle engage la chambre immédiatement avec précision. Plus cette balle est « montée », en quelque sorte, plus elle s’extrait également de la colonne de poudre. Les balles modernes, plus lourdes et au corps plus long, pour être maintenues en toute sécurité étaient auparavant assez enfoncées dans le collet, et cette assise modifiait la façon dont elle brûlait, et les pressions changeantes induites nuisaient à la précision. La différence entre les deux cartouches (le 300 PRC est à dr. le 300 Winchester Magnum bien reconnaissable avec sa base ceinturée, à gauche) expliquant la manœuvre est ici patente.

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Cette balle de « 30 » (0,308) commune au 30-06 mais aussi quelques concurrents dont nous allons reparler va donc sur les brisées du 300 WM avec une trajectoire plus plate, plus tolérante aux erreurs d’estimation liées au vent, avec la même vitesse mais avec 15% d’énergie supplémentaire à 500 m, toujours supersonique à 1700 m contre 1500 pour le « vieux » calibre puisque né en 1963. Par contre, brûlant plus de poudre dans le même espace, il faut un taux rapide de 1/8 qui va donc « bouffer » plus vite les canons, ce qui, à la limite n’est pas un problème pour les chasseurs qui tirent moins qu’en compétition, mais surtout pour la précision un fusil lourd, car le recul est en hausse de 13% sur le 300 WM qui déjà, secoue pas mal…

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Seul Hornady fait, pour quelques carabines (2) ce calibre qui sera donc plus cher, moins disponible que le 300 WM sur un créneau où quelques « marginaux » du calibre 30 n’ont jamais eu l’occasion de s’imposer en France où la battue est reine et non le tir à 600 m. en plus des sangliers ! Le 300 Remington Ultramag jouait de la vitesse (850-900 m/s) avec une dizaine de chargements au prix d’une usure des canons, et d’un recul pénalisant. Le 300 Weatherby Magnum, ceinturé tête courte peu compatible avec les balles à haut CB et fort freebore pour compenser les pics de pression de charges agressives. Le 300 Norma Magnum a besoin d’une action longue pour sa grosse cartouche qui brûle trop de poudre (3). Le 300 Blaser sans ceinture trop exclusif pour les armes de la firme d’Isny (Blaser, Mauser). Enfin, il ne faut pas oublier le 300 Winchester Short Magnum « petit frère » destiné à tout faire aussi bien que son aîné, mais dans des boitiers courts, sans pouvoir vraiment, malgré sa quarantaine de chargements, le supplanter.

1/ Issu du 375 HH, mais cartouche à capacité accrue sans passer par le magnum et plus de poudre.

2/Bergara pour sa B14, Browning quelques X Bolt, Christensen Mesa et Ridgeline, Howa, et quelques marques confidentielles peu connues en Europe (Fierce, HS précision).

3/ « Overbore » est le terme souvent employé quand on parle des magnums et veut dire qu’une partie de la colonne de poudre non brûlée, passe au-delà de la gorge de la chambre et dans l’alésage. C’est en gros comme si on passait à l’émeri chambre et canon à chaque fois que le fusil tire, et il finit par être vite « rincé », imprécis, bon à changer.

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20 novembre 2020

22...il y a aussi eu un "Extra-long" !

Non non, nous ne parlons pas du 22 Magnum, mais bien d’un des avatars oubliés de la période de tâtonnement, en 1880, ou du Short au Long (1), tous relevant encore de la poudre noire, le 22 finalement « Long Rifle » extrapolé lui, par les poudres sans fumée, emporta au bout du compte la partie en 1887 avec le succès planétaire depuis que l’on sait.

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La voie avait été ouverte par le 22 Short (1857) pour les revolvers Smith and Wesson, pour s’étendre aux armes d’épaule et un étui allongé pour tirer la même balle de 32 grains, et passer en 1880 avec le « Long » à une balle de 40 grains qui sera choisie huit ans plus tard par Stevens pour le 22 Long Rifle. L’Extra long perdit alors sa raison d’être car le nouveau calibre avait été conçu pour les poudres sans fumée, de plus hautes vitesses et des balles creuses à expansion qui firent immédiatement merveille. Le 22 Extra Long resta néanmoins en production jusqu’en 1935, car il avait été chambré pour des carabines d’initiation très populaires ou « Boy’s rifles », comme les Winchester modèle 02-04 lesquelles n’accédèrent d’ailleurs au Long Rifle (modèles 02 A et 02 A) qu’en 1927 dernière année de leur fabrication.

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L’Extra Long (ci-contre à dr. comparé à une 22 LR normale) souvent à canon long de 27 pouces était moins précis car doté d’un plus long freebore avant d’engager les rayures et d’un taux de torsion trop rapide (1/20 ou 1/22 avant qu’il ne soit stabilisé à 1/16 pour le 22 LR). A l’apparition des premières carabines semi-auto (2) dans le calibre les dimensions légèrement différentes (28 mm au lieu de 25) compliquèrent encore les choses. Dans le même ordre d’idée qu’on peut tirer du 38 spécial dans un 357 Magnum et non l’inverse, une antique carabine en 22 Extra Long avalera sans doute une munition 22 LR actuelle, mais sans gage de précision pour les raisons énoncées plus haut.

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Même s’il était un peu plus chargé en poudre noire (6 grains) au départ, et qu’on l’a vu, les carabines à un coup de l’époque l’acceptaient, les progrès des munitions actuelles en 22 LR incitent à penser qu’il ne faudrait pas dépasser les vitesses standard. On remarquera que les contraintes du laiton dans ce calibre de percussion annulaire à chambre droite  sans cesse obligea les fabricants à jouer seulement sur la longueur et non la conception des étuis et le poids de balle, pour tenter d’améliorer les performances. En 1959 ce fut le cas du 22 « Magnum » (terminologie officielle : Winchester Magnum Rimfire), lui-même issu du 22 WRF (Winchester Rimfire) première tentative toujours avec balle de 40 grains, de booster le 22 LR et version allongée et un poil plus forte en diamètre. C’est la raison pour laquelle il est dangereux (fuites de gaz possibles) de tirer une 22 LR « normale » dedans. Le 22 Magnum a servi de base, en 2002 au 17 HMR (Hornady Magnum Rimfire, voir notre archive du 5 novembre 2017) avec un étui à col rétreint pour y placer une balle de 20 grains.

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En 1975, la CCI Stinger allongea légèrement le boitier 22 LR, mais pour arriver à la longueur standard y mit une balle plus petite de 32 grains, la vitesse plus élevée étant obtenue avec des nouvelles poudres à combustion lente.

1/ Voir notre archive du Ier novembre 2020 autour de l’exploit de Bella Twin, une indienne Cree de l’Alberta qui tua, en 1953 un grizzly record de 500 kg avec ce minuscule calibre.

2/Par exemple les Winchester « autoloader » mod. 1903 et 63 en 22 Automatic pour la première et 22 LR pour la seconde dont le magasin tubulaire est contenu dans la crosse.

 

 

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18 novembre 2020

Bob Milek (1934-1993) et la révolution de la chasse à l'arme de poing des seventies

Pour qui s’intéresse à la balistique de chasse, il est intéressant de regarder comment, dans un passé récent, des grands courants, jus de crâne et énergie qui vont avec, ont permis de maintenir de grandes cartouches classiques comme le 30-30, avant que tout récemment des gammes modernes comme les FTX-LeveRolution, mettent tout le monde d’accord.

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Voilà qui nous permet d’évoquer au passage la grande figure de Bob Milek qui fut guide pour l’administration Game and Fish du Wyoming où il fit d’ailleurs toute sa carrière de « gunwriter ». Elle démarra en 1960 pour Shooting Times (1966-1979), Petersen’s Hunting avec comme collègue John Wooters, et surtout Guns and Ammo dont l’éditorialiste était à ce moment le grand Elmer Keith (1) en personne, toujours coiffé de son grand Stetson « ten gallons » et gros cigare au bec ! Il fit partie de cette génération qui s’engouffra dans la brèche de ces grands auteurs (Jack O’Connor, T. Whelen, etc.), et où le battage médiatique exagérait tout ce qui était nouveau. Chasseurs et tireurs s’identifiaient à ces « grandes plumes » qui donnaient le ton dans un esprit bien différent de nos « réseaux sociaux » actuels…

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La chasse à l’arme de poing était déjà largement théorisée par Keith ou S.Skelton (2) quand Bob Milek, déjà bon carabinier avec le 25-06 Remington (3) qu’il chassait avec les cervidés dans la chaîne des Wind River, et obsédé par la lutte contre le recul, mais aussi très orienté varmint (nuisibles, du « chien de prairie » au coyote), effectua le rapprochement avec le tir aux silhouettes métalliques Cette discipline s’est fortement développée en 1973 quand la NRA s’y est investie : on y tire quatre cibles dans différentes positions et distances allant de 200 à 500 m. (armes d’épaule), 20-50 m. (air comprimé), 25-200 m (pistolets de différents calibres).  Le cliché ci-contre avec la canette donne l’échelle de ces cibles en forme d’animaux. En 1967, son confrère Ken Waters (1917-2017) était proche de Ken Thomson et Warren Center, quand ils sortirent le fameux « Contender », ( ci dessous à dr.) une plate-forme révolutionnaire (4) permettant un choix impressionnant de calibres sur la même base offrant même la percussion annulaire.

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Ken Waters proposa pour cette arme protéiforme le 7-30 portant son nom en adaptant au vieux 30-30 une balle de 7mm (0,284) au lieu de 308, et Bob Milek du fait de ses relations avec les dirigeants de Remington, fut avec Steve Herrett, le principal artisan d’une démarche similaire pour une arme contemporaine (1963-1998) le XP 100 qui ne se faisait au départ qu’en 211 Fireball (5). A partir des années 80 on retrouva là aussi comme pour le Contender toute une gamme permettant de tout chasser : 223 Remington, 35 Remington, 250 Savage, 22-250, 308 W etc…

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Se battant contre le mythe qu’il fallait au moins une balle de 180 grains pour tirer le whitetail que chassent 8 millions des 10 millions de chasseurs US, il militait pour des calibres encore agréables à utiliser avec une arme de poing pour que le chasseur « moyen » puisse placer sa balle avec plus de précision, sa concentration ne devant pas être pénalisée par la « claque » ni le souffle à venir, permettant aux balles standard de l’époque de fonctionner. Le pistolet XP 100, au départ à un coup (6) étant, avec sa poignée centrale plus indulgent et facile à mettre en œuvre que les gros revolvers à poignée arrière et tirant des calibres effrayants. Tout le concept des calibres Herrett : 30 (1972), 357 (1974) visait à adapter aux armes de poing précitées des douilles de 30-30, en les recoupant et en leur donnant un angle d’épaulement passant de 15° à 30° au feu d’une torche à propane, au profit de balles plus lourdes pouvant aller jusqu’à 200 grains et plus. La différente est patente ci-contre : le 357 Herrett étant à droite face au traditionnel 30-30.  L’autre atout était la compatibilité, à peu de frais, avec les nombreuses carabines à levier du marché : Winchester 94 et Marlin 336.

Cette démarche qui est un peu celle actuelle autour du 300 Black Out (pour concurrencer avec des balles plus lourdes pour le 223 R, le 7,62X39 de la fameuse « Kalache ») se heurtait cependant aux longueurs de canons différentes, armes de poing-carabines, et au taux de torsion moyen difficile à définir (1/14 en général). Ces calibres Herrett avec des balles plus lourdes étant certes efficaces aux distances habituelles (moins de 200m.), mais moins polyvalents au final que leur vénérable ancêtre. Vite supplantés pour le tir aux silhouettes par le 7 TCU (élaboré pour sa part à partir de douilles de 223 R), elles restent utilisables (7) par les chasseurs, les étuis de 30-30 étant disponibles partout aux USA.

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Bob Milek, trop tôt disparu (à 59 ans d’un cancer) reste l’archétype de ces auteurs auxquels nombre de rechargeurs-chasseurs aiment à s’identifier car il donnait des recettes pratiques, des petites astuces qui améliorent la précision sans trop inclure les étapes fastidieuses du bench-rest qui sont inutiles sur le terrain quand il faut crapahuter. « Vous ne pouvez pas discuter avec un cerf mort », disait-il, estimant par-là que sont irréfutables les preuves que l’arme, la cartouche, le chasseur, les optiques (les premières simples longue portée, bon marché genre Bushnell et Weaver) ont fait le job. Tous ces travaux et tâtonnements divers qui font le miel des chercheurs et historiens, montrent que les grands calibres qui ont fait leurs preuves ne meurent jamais : le 30-30 vient d’être reboosté par la gamme FTX-LeveRevolution, et le vénérable 45-70 est toujours bien là dans nos battues !

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1/Voir archives des 7 mai 2020, 2 mars 2018

2/Voir archives du 8 janvier 2018.

3/Proche du 270 Winchester, mais avec un poids de balle nettement plus bas, pas plus de 120 grains.

4/Voir archives du 26 novembre 2017.

5/ Calibre rapide (825m/s), proche du 222 Remington.

6/Puis à répétition (4 coups) à partir de 1991, se fit en nombreuses versions varmint, silhouette, hunter.

7/30 Herrett balles de 110 à 150 grains 515 m/s ; 300 Herrett (à base étui 308 W), 125 grains 606m/s ; 357 Herrett 454 m/s, 2580 joules.

 

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16 novembre 2020

La voie du "sentiment"

Arrêt ou courants, le vocabulaire cynégétique réserve pour nos auxiliaires de chasse tout un vocabulaire charmant et suranné aussi diversifié qu’il y a de styles de quête à l’arrêt, limiers, chiens de sang, leveurs ou retrievers.

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La voie dont on parle si souvent avec les courants évoque tout passage, trace, piste, pied, mais aussi odeurs pesantes qui s’accrochent au sol ou à la végétation. Le sentiment est plus volatil, plus proprement employé avec les chiens d’arrêt, c’est une atmosphère plus subtile, plus ou moins accentuée par certaines conditions atmosphériques comme le temps et le vent, plus encore que les précipitations, pluie et soleil.

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Elle aussi redevable du temps qu’il fait, la voie est accentuée par temps froid où l’air plus frais que la terre condense les odeurs au lieu de les évaporer. Là aussi la différence bien comprise des bécassiers est minime entre le petit coup de gel de l’aube qui garde et concentre les odeurs, et la glace qui emprisonne les effluves, l’idéal étant le léger réchauffement des premiers rayons qui fait monter légèrement les vapeurs ayant emprisonné les passages de la nuit. Même chose pour la neige légère face à la forte couche, le fameux « livre aux ânes » des chasseurs d’autrefois et où, de nos jours, en règle générale la chasse est interdite par arrêté préfectoral.

Nous l’avons tous constaté, c’est le temps d’automne, ni trop chaud ni trop froid qui nous arrange le mieux, plutôt la terre grasse et molle, la végétation haute et épaisse plutôt que les prairies, l’humidité ambiante, les crachins qui stagnent, mais pas les fortes pluies et les brutales averses qui ne font pas que « laver » notre barbour ! Sont donc à redouter, hormis pour les sauvaginiers, tous les brusques changements de pression atmosphériques signalés par le baromètre les orages, les giboulées, les vents violents, et la « flotte » dans tous ses états. Ici proverbes

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L’odeur forte de certains animaux qui peut même être décelée par le nez aguerri de certains chasseurs varie en « sentiment », selon la chasse. Le renard par exemple est très fort, mais tient peu quand le lièvre est léger mais persistant. Le chevreuil est léger et s’évanouit vite, mais s’accentue en cas de stress, contrairement au sanglier. Le cerf est lui aussi très fort, mais sait couper sa voie en croisant route et chemins, et tout le grand gibier sait utiliser l’eau pour dérouter les chiens. Avant même le fameux « bat l’eau » précédant l’hallali et la plupart du temps la fin de chasse, le cerf va et vient le long des ruisseaux, longe mares et étangs quad le sanglier fonce tout droit, traverse même des bras de mer, et se montre également capable d’apnée comme les plongeurs ! Chevreuils et renards brouillent la voie en faisant des allers et retours, utilisent ruisseaux, fossés de drainage s’ils ont de l’avance, et sont aussi fort capables « les chiens au c…l » de traverser pièces d’eaux et même bras de mer.

 

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13 novembre 2020

22 LR et limite des 100 m.

Souvent évoquée ici, l’utilisation « mixte » du petit calibre (imaginez ce que vous voudrez, de la boîte à conserve à ce qu’on nomme pudiquement les « ennemis des cultures »…) amène toujours son lot de polémique avec les tireurs. La fameuse « minute d’angle » (29,9mm) à 100 mètres est semble-t-il un jeu d’enfant à cette distance pour certains, mais seulement au stand avec des aides au tir, des optiques, une technique qui n’est pas celle de tout le monde à la campagne.

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Ces exigences de minute d’angle sont, pour le petit projectile de 32 à 60 grains, basées sur une cible placée à 50 mètres et le fait de doubler la distance modifie le risque de multiplier les écarts non par deux, mais par quatre. La différence entre 50 et 100 mètres est donc énorme dans une pratique que l’osera pas taxer « de chasse », où trois paramètres sont à prendre en compte : la cohérence des munitions et la compatibilité avec l’arme, le vent (surtout latéral), et dans une moindre mesure, la vitesse.

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Vous l’aurez tous remarqué, on perd tous beaucoup de temps à faire la chasse aux munitions dans ce calibre où l’offre est considérable, sans cesse renouvelée. Or même les plus grosses marques, voire les munitions « premium » peuvent offrir une grande variabilité d’un lot à l’autre. Il y a un énorme écart entre le plinking bas de gamme conçu pour se vendre le moins cher possible, et les munitions performantes de qualité « match ». C’est donc plutôt sur le terrain intermédiaire correspondant aux besoins de tous, sauf aux tireurs les plus exigeants, que le tir de terrain devra s’orienter.

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L’arme est trop souvent assez peu techniquement examinée et dans notre pays, hormis sur les stands, au fond des celliers, il s’agit la plupart du temps d’une production rémanente des temps de la Manu, ou Gévelot et le jeu ne vaudra jamais la chandelle, de les doter de munitions « premium » ou hypervéloces. Si le taux de torsion (1) de 1/16 semble idéal de nos jours (voir les Ruger, Savage, etc.) pour une balle de 40 grains filant entre 303 et 363 m/s, certaines armes d’instruction avaient un taux de torsion de 1/14, voire 1/20 pour le 22 short ! Les canons de ces armes, souvent à un coup, que l’on trouve encore à foison dans tous les celliers, tournaient tous autour de 24 pouces (60 cm), là où l’équilibre mais surtout la balistique imposerait plutôt 20 pouces (50 cm), sachant que la vélocité optimale est obtenue à 18 pouces. Ce surplus de longueur de canon là où il n’y avait plus rien à brûler (2) sinon à freiner la balle, explique le rendement médiocre des hypervéloces dans ces vieux rossignols.

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Dans l’absolu, hormis pour trouer du carton, 45 à 50 grains représenteraient le meilleur compromis « varmint » et on trouve même dorénavant sur le marché une 60 grains (Aguila) qui là aussi, ne pourra que décevoir l’utilisateur de nos vieilles 22. Car elle exigera un canon court et surtout un taux de torsion de 1/18 à 1/20 puisque sa balle plus lourde et surtout plus longue (voir ci-contre) nécessite plus de rotation pour la stabiliser et éviter l’effet lacet, quand le nez de la balle oscille, au lieu d’effectuer une spirale espérée la plus parfaite possible.

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L’utilisateur disons « rustique » pour ne choquer personne, utilisant une arme du même acabit devra donc rechercher à se fournir dans la gamme intermédiaire là où justement il n’y a pas trop de vitesse, surtout si on ne tire pas loin, une subsonique (surtout avec silencieux) pour moins de prise au vent, pas même forcément expansive, les « round nose », certaines à plomb très doux (RWS par exemple) se dilatant très bien à l’impact. De plus, elles sont souvent enduites et produisent des conditions de tir uniformes au premier coup (3) et une cohérence qui est la clef de la précision. La munition spécifique à chaque arme trouvée, s’y tenir, éviter les pièges des « promos », il faut tirer souvent, et tout ce que le fusil aime une fois qu’il a parlé.

1/C’est le nombre de pouces qu’il faut à la balle pour faire un tour dans le canon.

2/Les spécialistes du « varminting » tir à longue distance sur les nuisibles (chiens de prairie, renards, coyotes, etc.), tirent des séries, vérifient les groupements, et coupent, pouce par pouce, les canons, jusqu’à trouver l’équilibre parfait combustion longueur de canon.

3/Les dommages à la prise de pas ou à la bouche sur les rayures, mais aussi les résidus imbrûlés nuisent à la précision. Pas d’huile dans le canon d’une arme rayée, celle-ci non compressible augmentant les pressions. Le canon doit être propre, une meilleure précision s’obtenant après quelques coups pour rien, ce que l’homme de terrain bien sûr ne peut se permettre.

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11 novembre 2020

Tir à balles et fusil lisse : précision ou puissance ?

Lorsque les balles ensabotées et les canons rayés ont fait leur apparition dans les années 80, on aurait pu croire que les balles classiques genre Brenneke seraient peu à peu devenues obsolètes. Or, elles représentent toujours 60% des ventes aux USA pays qui domine le marché mondial et où le prix demeure le principal moteur du commerce de détail.

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Alors que la battue se transforme peu à peu, allant du chevreuil au sanglier (1) dans les sociétés communales, faudra-t-il acheter une arme nouvelle, sans doute à canon rayé pour tirer les balles ensabotées performantes, continuer d’employer son fusil habituel, celui avec lequel on va au lièvre et au perdreau et qu’on a bien en main, ou encore, sachant qu’en moyenne le chasseur français possède trois armes, s’en « bricoler » un spécialement dédié ? Sur quels critères se baser, et quels choix opter pour tirer les balles les plus courantes de notre marché hexagonal ?

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Quoi qu’on puisse en penser, c’est bien le canon qui est, en premier lieu, le cœur du concept de tir à balles. Sa longueur fera peu de différence en vitesse et à la limite, plus court et plus rigide il libérera la balle avant que les harmoniques interviennent. Contrairement au canon rayé qui doit faire 25 pouces (63,5 cm) pour la faire tourner, il faudra surtout que son alésage soit le plus fidèle possible au diamètre de la balle au démarrage. C’est en effet là que tout se joue, cette adaptation pile poil au diamètre interne, parfois même une légère constriction genre lisse amélioré, pour que le canon « prenne » la balle, même si ça « bloblotte » par trop de liberté ou d’écarts de conception (notamment sur les armes anciennes) au départ. Il ne faut pas oublier que les fameuses « ailettes » de la balle Brenneke (en 1898 !) étaient là, contrairement à ce qu’on pense tous naïvement, moins pour faire « tourner » la balle, que pour l’adapter aux chokes différents.

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A tout prendre, on pourra aussi sur un fusil récent vérifier le poli interne notamment du côté du cône de forçage, le verrouillage le plus ferme sur la bascule (les deux points classiques dessous, Kersten-Greener au-dessus, et au besoin une portée de recul en plus) de nouveau pour éviter les vibrations et les harmoniques. Le record sur 5 coups à 100 mètres enregistré par l’American Slug Shooting Association est de 0,787 pouces (1,998 cm avec un viseur point rouge Aimpoint sans grossissement !) soit mieux que certaines carabines avec un NEF Ultra Slug Hunter de chez Harrington/Richardson. Un fusil à un coup (ci-dessus à g.) qui se fait en 12 et en 20 avec canon rayé rigide et lourd au verrouillage massif. Un genre de notre bon vieux Simplex un peu amélioré si on veut…

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Ce canon le plus fixe possible éliminera donc certains semi-autos, surtout ceux à long recul où le canon se balade beaucoup et obligera aussi à faire de nombreux essais pour trouver une balle, pas forcément la plus lourde. Les projectiles classiques ont en effet la plupart du temps bien plus de masse que ce dont elles ont besoin, et il faudra sans doute se concentrer sur des balles avec un peu plus de vitesse derrière, offrant moins de chute, plus de précision et d’énergie se dissipant plus avant dans l’animal. C’est ce qui explique la permanence de la technologie ancienne des sous-calibrées de type Prévot « S » (2), en gros une balle de calibre 16 dans un douze, la « jupe » en plastique extensible collant mieux au canon, assurant étanchéité, passage éventuel du rétreint, et surtout bien plus grande vitesse par rapport à l’original.

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Comme on l’a vu plus haut, dans des projectiles qui volent plutôt comme des volants de badminton, la précision tient aux variations de l’alésage, et tout « relâchement » aussi léger soit-il provoquera un effet lacet, une oscillation du nez de la balle et une moindre stabilité. Toutes ces préoccupations ne sont pas nouvelles, puisque le premier fusils ainsi « spécial » fut, en 1959 l’Ithaca Deerslayer. Sachant que l’énergie initiale qui est de 3500 joules perd presque 60% à 100 mètres, la précision doit l’emporter sur la puissance, et le poids de balle, le but à espérer étant dans le meilleur des cas de 6cm à 75 m. Qu’importe, en effet, une poignée de joules de plus s’ils s’en vont dans la nature plutôt que dans le gibier ?

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Enfin, tout comme le 22 LR, il faut pour trouver ce que l’arme aime, essayer plusieurs formules, s’entraîner, avec des journées que proposent désormais la plupart des fédérations départementales. Parfois ce sont les munitions les moins chères qui marchent le mieux. Ceux qui ne tirent pas souvent, c’était le cas du sanglier avant, ne comprennent pas leur échec car ils attendaient de ce qu’ils avaient achetés, parfois cher, soit parfait. Mais mal adaptés, conditionnés dans des conditions précaires, au fond d’un vieux paletot, dans la boîte à gants et à la chaleur qui rend la poudre plus vive, et surtout mal ou pas du tout entraînés à tirer une ou deux balles par an, ils étaient légitimement déçus. Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage…

1/Voir notre archive du 25 octobre 2020.

2/En 12-70 cette balle de 24 grammes est donnée pour 600m/s et 4000 joules, pression de 650-700 bars pour fusils éprouvés à 1200 identique aux Brenneke classiques dont les plus lourdes chez nous peuvent faire 39 grammes.

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