FCM 25.00

19 septembre 2019

Sanglier : sur la piste des "slugs" classiques

Le sanglier est là, on va tirer beaucoup plus qu’autrefois où l’achat d’une balle de balles Brenneke pouvait couvrir une décennie, (au risque d’ailleurs qu’elles « pètent » pas trop bien d’ailleurs !), et l’offre en munitions s’est beaucoup diversifiée. Nous avons déjà suffisamment abordé ici l’arrivée des « limaces » américaines (1) pour revenir seulement sur l’aspect pratique qu’elles peuvent nous apporter.

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Le contexte historique permet de comprendre en quoi ces balles ne sont pas si nouvelles que ça, bien que différentes d’emploi au départ. Le tir « à la balle franche » en Europe où la battue reste reine connut sa modernisation dès le début du XXè siècle avec la balle Brenneke (née en 1898). Aux Etats-Unis c’est la grande crise économique qui popularisa la balle construite par Karl M.Foster en 1931. Il s’agissait de doper les caractéristiques du « 12 gauge »  l’arme familiale qu’on trouve dans toutes les fermes du Midwest pour accéder à la venaison du grand gibier (principalement whitetail et wapiti) bien utile aux familles rurales touchées par la Grande Dépression.

Comme notre balle Minié de la guerre de 1870, le principal atout du projectile était sa base creuse et large qui, sous l’action des gaz à haute pression, faisait joint d’étanchéité. Par ailleurs le projectile au poids élevé, avait trop peu de qualités aérodynamiques pour rester stable en vol : le « Firearms fact book » de la NRA de 1964 la limitait à un tir au-dessous de 75 m où elle avait perdu déjà 60% de son énergie et donc en dessous des 1500 joules requis. Il n’en demeure pas moins qu’elle effectuait parfaitement son travail dans cette limite, étant également très utilisée pour le tir aux silhouettes métalliques encore inconnu chez nous.

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Après les années 70, la modernisation des alliages, des poudres, des bourres, étendit les performances de ces balles encore inconnues en France au moment où les « balles techniques » (BFS, Fier) venaient compléter une offre déjà bien diversifiée des Brenneke. Là-bas, le « tir long » a beaucoup plus d’adeptes, qu’il s’agisse des « deer hunters », mais aussi du gibier d’eau (appelants vivants interdits), ou particulier : dindon sauvage, oies des neiges, avec des armes spécifiques mono-canons « singleshots », pompes ou semi-autos. Les « slugs » y sont répartis en deux catégories, classiques à rainures, et surtout ensabotées mais pour canons  « rifled » ou rayés à des taux de torsion (1/34) bien différents de ce qu’on voit chez nous, soit en boyaudés, dispersants ou non.

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Attention donc aux offres récentes qui nous sont proposées pour ces dernières balles dont le prix déjà (trois fois plus qu’une slug basique !) doit nous alerter. Une Remington Premier Copper Solid règle dans 3 pouces à 100 m et 4 pouces à 200m tirée dans un fusil dédié comme le 220F Savage qui a le look et l’action d’une carabine à verrou. A 100 mètres elle tape 413m/s soit 120 joules de mieux qu’une 30-30 de 170 grains !  Voir ci dessus à dr, comment elle agit au choc. Vous l’aurez compris, pour tirer ces petites merveilles faut donc des canons rayés spécifiques au pas US qui permettront au sabot de s’y adapter et de faire tourner le projectile à une vitesse gage de précision. Dans un lisse classique une telle balle sabot de qualité suprême est un gaspillage d’argent car, ne tournant pas, elle sera moins précise, ne se séparera pas correctement de la balle et déstabilisera la trajectoire davantage qu’un slug classique. Par contre, une de ces dernières sera un poil améliorée dans un tel canon rayé. Notre photo ci-dessous à dr. : non, vous ne rêvez pas, le Savage 220F n’est pas une carabine, et il tire bien des cartouches de 12 comme vous et moi !

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Mais ne nous y trompons pas, les sites US de « whitetails » nous montrent que 65% des chasseurs utilisent toujours ces slugs classiques, et c’est là où nous voulons ne venir : en quoi ces balles peu onéreuses qui arrivent désormais massivement sur le marché, sont-elles intéressantes pour nous ? Les critères optima d’emploi ont déjà largement été identifiés là-bas. Utiliser des mono-canons qui ne bougent pas beaucoup, et plutôt longs pour une utilisation de toute la combustion, assortis à des optiques, points rouges, et mêmes scopes entre X1 et 4, ou 2X7 en ménageant un dégagement oculaire mini de 3,5 pouces. La distance (pas plus de 50 m) doit être maîtrisée, tout comme le tir qui ne doit pas singer ce qu’on fait habituellement à la passée ou à la billebaude. Il faut plutôt s’inspirer, d’ailleurs le matériel y incite pas mal, de ce qu’on fait à l’arme rayée : bien épauler, surtout en bloquant parfaitement le devant pour éviter sur des canons longs et des vitesses relativement lentes par rapport au rayé, le saut de canon. Les balles doivent aussi être entreposées à température constante, et surtout à l’abri de l’humidité car, nous pouvons tous le constater les cartouches à balle sont béantes vers l’avant, l’étanchéité donc des plus aléatoire, et on imagine les conséquences d’un long feu, notamment sur un semi-auto.

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C’est sans doute l’argument prix, surtout si on tire beaucoup, notamment en réglages (2) ou à l’entraînement, qui peut valoir pour ces slugs modernes mais basiques proposées désormais en France par toutes les grandes marques mondiales dont on voit un exemple ci-contre. L’écart qui est de 1 à 7 avec les « suprêmes » américaines, est encore de 1 à 3 ou 5 avec les « techniques » françaises Fier et BFS, et seules les Gualandi (3) Tunet (Tornade) et Rottweil (Exact) boxent à peu près dans la même catégorie, ces dernières semblant plus précises, mais aussi plus « perçantes »…ce qui peut aussi être un atout pour la recherche au sang.

1/ Voir notre archive du 22 avril 2107

2/ De plus en plus, les Fédérations proposent maintenant de telles sessions gratuites de réglages avant-saison pour leurs armes lisses, dont tous les chasseurs de grand gibier auraient intérêt à profiter.

3/ Voir notre archive du 8 novembre 2016

 

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17 septembre 2019

Charles "Skeeter" Skelton : les armes du chasseur

Les armes dans notre pays ont perdu, il y a bien longtemps, dans une époque où le citoyen a abandonné à l’Etat la notion de violence "légale", leur aspect d’usage pratique, presque quotidien. C’est ce qui explique l’incompréhension et les différence d’appréciation entre deux pays modernes pourtant assez proches comme la France et les USA. Observer quelles furent les armes de la carrière d’un homme d’action et auteur célèbre comme Charles « Skeeter » Skelton (1928-1988) permet d’approcher la compréhension de ce paradoxe.

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Shérif du comté de Deaf Smith (Texas), agent fédéral anti-drogue, patrouilleur à la frontière mexicaine, auteur de deux livres, consultant pour la conception de célèbres revolvers et pratiquant, par force, de la chasse à l’arme de poing, Charles Skelton tirait dès l’âge de 5 ans avec le Colt Woodsman en 22 LR de son père, et enfant, débarrassait l’environnement de la ferme familiale des coyotes avec une Winchester modèle 81 en 35 Remington. Pendant la guerre, les munitions étant plus difficiles à trouver, les gens de la campagne facteurs, gardes forestiers, camionneurs, monteurs de lignes, ranchers et autres "rednecks" se rabattirent en masse sur le 22 LR, ou le 30-30 disponible et présent partout pour améliorer l’ordinaire.

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Après son passage après-guerre dans les Marines, on trouvait des Springfield de surplus en 30-06 et des Krag en 30-40 pour la base de la chasse US, wapitis, whitetails et cerfs mulets, et le jeune homme vendit le 35 Remington paternel ainsi que plusieurs armes de poing pour se doter d’une carabine performante, un custom FN Mauser en 270 Winchester avec lunette Weaver K4 et détente Timney, rapidement revendue pour éponger quelques dettes. Jeune policier, versé aux patrouilles frontalières à cheval (où on lui refila en dotation un même vieux Remington 81 que celui de son père !), il opta pour une lourde Winchester 94 en 30-30 qu’il fallait trimballer partout dès qu’il mettait pied à terre pour ne pas se la faire voler, et opta donc pour un modèle 92 plus léger transformé par un armurier de l’Arizona en 357 Magnum, munition de son arme de poing réglementaire permettant tout à la fois de faire respecter la loi au quotidien, et de prélever à l’occasion un cerf mulet sans avoir à changer de cartouche !

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Ecrivant dès 1950 pour Guns magazine, puis Shooting times, retraité en 1977, associé à la conception de plusieurs armes de poing en 357 et 44 Magnum pour Ruger, son râtelier fut toujours bien garni en armes d’épaule de la marque. Pour les cervidés (orignal, pronghorn, cerf) il fit customiser dès 1950 un Springfield  en 30-06 à canon de 22 pouces, pour le tir à la silhouette une Remington 700 en 308 W, et pour le varminting (chiens de prairies et coyotes) une Ruger en 22-250. Comme arme de backstage, (de tout venant si on veut) il emmenait une Ruger mini 14 en 7 rem mag, et pour les gros wapitis du ranch de Vermejo Park (Nouveau Mexique) où il chassait chaque année, il employait une Ruger N°1 en 375 HH.

Comme on le voit, même s’il n’était pas, en raison de toutes ses activités littéraires un américain moyen, et surtout grand théoricien des armes de poing, comme bien d’autres de ses concitoyens chasseurs, il avait presque une arme adaptée à chaque chasse ou utilisation de terrain. Dans notre beau pays, seuls les chasseurs conservent encore un peu, cet esprit d’utilité pratique, presque terre à terre, de l’armement.

 

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16 septembre 2019

Le "416", medium "haut" pour l'Afrique

Grâce aux balles légères qui réhabilitent en Europe le 375 HH comme arme polyvalente, bien sûr « vers le haut », on peut s’intéresser à regarder par curiosité, ces calibres autrefois réservés à la savane, pour des armes qui ne soient pas des « énormes » Nitro Express. Les 416 pour les carabines à verrou y représentent une constante, de 1911 à 1986.

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John Rigby, fut dès 1897 et l’avènement de la cordite, un pionnier des hautes vitesses, en faisant le 450 Nitro à partir du 450 Express à poudre noire et balle plomb. En 1908, ayant compris qu’on ne tirerait rien du calibre réglementaire (303 British), il réalisa le 350 Magnum concurrent direct du 9,3X62, et bien sûr le fameux 275 Rigby, copie à son nom du 7X57 allemand dont il était l’importateur londonien. Ce calibre fut celui de tous les grands « chasseurs blancs » et reste pertinent de nos jours en termes de polyvalence pour tous les grands gibiers non dangereux.

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En 1911 il affina ce concept sortant le 416 Rigby poussant, à 100 m des balles de 25,6 grammes à 644m/s et 5482 joules, de quoi donc arrêter à peu près tout sur notre planète. Un calibre propre à intéresser des chasseurs voulant un peu plus de puissance que le 375 HH, sans se prendre le recul pour le moins « viril » du 460 Weatherby (balles de 32,4 grammes, 700m/s, 7000 joules), et doutant de la cohésion des balles blindées proposées à partir de 1956 par le 458 Winchester Magnum (balles de 33 grammes, 570m/s, 5300 joules). Heym et Ruger le chambrèrent, mais le célèbre encartoucheur Kynoch arrêtant la production en 1967, celle-ci même reprise par Norma (1970), puis aux USA par Bell et A-Square (avec seulement trois balles : Lion, Deadtough, Solid), ou encore Federal (1989) avec blindées et semi blindées, demeura restreinte. Dans cette période de latence, quelques wildcats auraient pu combler la brèche : le 416 Taylor sur base 458 Winchester magnum, et le 416 Hoffmann issu du 375HH. Ci-dessus à d. comparaison entre le 458 WM, 458 Lott et 460 Weatherby magnum.

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Mais Remington sortit donc au même moment dans sa  ligne « Safari », son 416 Remington Magnum, parce qu’il disposait avec le modèle 700 une arme adaptée presque dix ans plus tôt (1978)  au puissant 8mm Remington Magnum. Pas besoin de rallonger la culasse, ni de modifier sa tête, le culot restant identique au 375HH et la munition basée sur le 8 mm RM, le collet était juste élargi pour des ogives de 10,57 mm. Elle offrait même moins de pression que sa devancière en utilisant des balles de 400 grains un peu sous-calibrées, avec pour corollaire un poil moins de précision à longue distance (chute de 5,5 cm à 137m), ce qui restait quand même pas mal pour une grosse balle de 26 grammes et des performances balistiques peu ou prou proches du 375HH. A 100 m, elle tapait plus que le 458 Winchester Magnum et le 375HH réunis, et avec une balle à plus forte densité de section. Ses performances avec les mêmes balles de 26 grammes étaient presque identiques au 416 Rigby resté la référence : en balles blindées 623m/s et 5012 joules, et un peu mieux en demi-blindées : 663m/s et 5687 joules. Ci-contre à g. le 416 Remington face au 416 Rigby et au 416 Weatherby magnum.

Reste le recul ? Bien sûr on ne tire pas là du 22 Long Rifle, et il est prudent de conserver une distance de sécurité (10 cm minimum) avec les oculaires. On reste à mi-chemin entre le tir du 375 HH et du 458WM et avec des armes lourdes (4kg et plus avec les optiques) qui aident à encaisser le coup. Disons pour simplifier que face au 375 HH, OK pour le buffle, mais un peu juste pour les pachydermes, le 416 est plus polyvalent « vers le haut » que le calibre emblématique de la chasse africaine.

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15 septembre 2019

22 LR et longue distance : l'équation impossible ?

La sortie annoncée au dernier Shot Show de Las Vegas d’une 22 « long range » par la marque bien connue, (notamment en biathlon) SK nous ramène à une vieille lune, celle de tirer loin, disons au-delà de 100 mètres avec la célèbre petite balle de 40 grains. Bien sûr, de nombreux sites spécialisés donnaient déjà quelques pistes en ce sens, que les compétitions du style Precision Rifle Series popularisent autour de nouvelles armes soit de série, ou artisanales de haut niveau.

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Mais est-ce si nouveau ? La première « long range » qui tournait autour de 439m/s fut sortie par Peters en 1930, et à peu près à la même époque Winchester sortir une « Precision 200 » qui annonçait également la couleur. Le tir d’instruction militaire des cadets se faisait à 200 m distance des compétitions NRA aux USA, et dans le Derbyshire le trophée Turnbull poussait même jusqu’à 500 m ! De nos jours, les célèbres compétitions du champ de tir britannique de Bisley se tirent au 22LR sur 200 et 300 m.

Si on regarde bien les tables, on se rend compte que la petite balle de 40 grains possède encore 40 à 50% de sa vitesse initiale après 2 secondes où elle atteint 1200 m, ce qui explique les fameux avis de précaution lus sur les boîtes, mais incite à penser qu’au-delà de 100m, on doit pouvoir encore en tirer quelque chose non ? Mais on se heurte à quelques obstacles antagonistes puissants. Fait pour la poudre noire (en 1887 par Stevens), la poudre sans fumée ne remplit plus l’étui que de moitié, la charge branle dans le manche et cette faible densité rend l’allumage moins cohérent. On y pallie par un sertissage plus fort pour augmenter la pression, donnant une impulsion brève mais forte qui dilate la base pour prendre les rayures (8 le plus souvent, pas à droite de 1 tour pour 16 pouces) brutalement. Passé 20 pouces de canon, celui-ci freine déjà la balle même si les canons de 28 pouces sont la généralité.

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Assez logiquement, pas de rechargement ni même d’accès à l’esprit wildcat sur d’aussi petits projectiles. Pas moyen, dans son garage, d’améliorer le coefficient balistique là où il faudrait des pointes en matériaux composites car non métalliques du fait de l’emploi encore fréquents de chargeurs tubulaires. On joue donc plus qu’avec la forme, avec la composition des matériaux et surtout l’apprêt, les lubrifications diverses pour limiter l’emplombage. Pour plus de précision encore dans les vitesses subsoniques faudrait aussi des balles de 44-46 grains, CCI ayant résolu dans les années 70 avec la Stinger (2) le paramètre puissance au prix d’une plus petite balle (32 grains) permettant de mettre plus de poudre, mais au détriment de la précision et surtout, de la prise au vent. En fait, c’est l’accès facile à une gamme immense de munitions pour armes longues qui permet de s’ajuster au besoin, en regardant à la loupe les spécifications techniques : pour un standard de 40 grains et 25mm de longueur, celle-ci peut aller de 24,3 à 25,3 selon les marques et une précision minimum requise de 12mm à 50m. Sans surprise, les marques chères ont un poids plus constant que les marques bon marché, gage de régularité dans des lots bien répertoriés et dont on se refile les données. De nos jours, il existe un certain nivellement dans la qualité des canons de moyenne-haute gamme, et le facteur déterminant pour tirer loin semble l’adéquation chambre-verrou.

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Le marché de ces carabines de précision initié au départ par Ruger, est en plein développement, du plus accessible genre CZ 457 At-One, aux customs artisanaux comme Vudoo Gun Works une firme de l’Utah qui, pour 3000 euros sur conception inspirée de la Remington 700 propose une arme stable (7 kgs) à détente Timney, et même alimentation contrôlée à deux extracteurs qui évite la déformation des balles poussées directement dans la chambre. La précision est de 0,5 pouce à 100m et 1 MOA à 300m. avec des balles du style de la SK Long range dont la vitesse est de 325m/s. Le coefficient balistique n’est que de 0,172 ce qui peut paraître faible face à une percussion centrale, mais la précision est semble-t-il obtenue par des lots testés et minutieusement triés en association avec Lapua qui fait partie du même groupe industriel (Nammo). Cette munition  fait en ce moment le buzz du fait aussi d’un curieux point de marketing, se disant au service des tireurs de 22LR depuis 190 ans…même si ce calibre n’est vieux que de 135 ! Ci-dessus une carabine Vudoo, remarquer le rail incliné sur la lunette. 

 

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26 août 2019

Carabines : le retour des "pt'its vieux" ? Le 25-06 Remington

Sommes-nous tous, avec le 6,5 Creedmoor des « fashion victims » ? Le succès de ce nouveau calibre lié aux actions courtes dont nous venons de parler va-t-il relancer des anciens calibres qui (en 1925 !) faisaient, peu ou prou, la même chose ? Penchons-nous par exemple sur le destin contrarié d’un précurseur : le 25-06 Remington.

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Le « Credo » actuel sur le 6,5 Creedmoor tient à des actions courtes, maniables et polyvalentes évitant de « monter » l’escalier (du 30-06 au 308 puis 300 WM) avant les magnums avec autant de précision et d’efficacité, mais sans le recul. Tout ça grâce aux connaissances technologiques récentes : nouvelles poudres lentes, boitiers courts, balles techniques à coefficient balistique élevé et, bien sûr, design dans l’air du temps. Mais les calibres rapides existaient déjà réunissant pas mal de ces conditions comme le 6,5 suédois ou le 25-06. Ce dernier était le fruit de la concurrence en 1920 entre deux armuriers précurseurs, Newton (1) et A.O. Nieder à partir du 30-06, mais avec des balles plus petites de 257 centièmes de pouce, recherches qui aboutirent en 1925 à un autre calibre rapide un peu oublié le 250-3000 Savage. L’objectif était le tir à longue distance de compétition avec des carabines à un coup, à la limite pour les chasseurs en varminting, mais rien en série ni en usine car à cette époque, en 1925, le 257 Roberts (basé sur le 7X57 Mauser mais avec des balles de 87 grains) et surtout le 270 Winchester tenaient déjà le haut du pavé. Notre photo ci-dessus à g. le 25-06 Remington (à dr.) face au 6,5 Creedmoor (à g.), la différence de gabarit, et surtout de projectile est notable.

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En 1934, Remington commença malgré tout à le charger ce qui contribua sans doute à le faire surnager dans le vaste océan des wildcats oubliés, restant néanmoins confidentiel jusqu’en 1969 où les nouvelles poudres lentes lui permirent de passer des balles de 87-100 grains à 120 grains et à le faire homologuer SAAMI, l'équivalent nors-américain de notre CIP. Par rapport au 270 Winchester il est plus rapide mais moins puissant et moins sensible au vent, en gros c’est kif-kif, sauf que le 270 jouit de l’antériorité de notoriété boosté par la pub faite par les controverses de l’époque entre deux auteurs célèbres aux USA Elmer Keith (chantre, pour faire vite, du gros et du lourd) et Jack O’Connor, adepte et moderne avant l’heure, de la vitesse. Ce dernier prit souvent et préconisait le placement de balles de seulement 130 grains afin de tirer le wapiti, une option nouvelle et hardie pour l’époque. Face au p’tit nouveau 6,5 Creedmoor présenté partout comme le « 270 Winchester du 21è siècle » il est plus plat, mais sans les balles à fort coefficient balistique de ce dernier. Le seul problème actuel du 25-06 c’est le taux de torsion du canon (1/10) qui n’est pas optimal pour les nouvelles balles jusqu’à 120 grains qu’il tire actuellement :  faudrait 1/8 et dans des canons mini de 24 pour obtenir son plein potentiel. Dans ce calibre on tire le coyote avec des balles de 87-90 grains, mais une récente enquête de Remington a montré que la plupart des ventes s’effectuaient sur la Core-Lokt de 120 grains, talonnant la Winchester Powerpoint de 130 grains pour le tir appliqué du whitetail.

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Voyons maintenant ce qu’il a dans le ventre dans les conditions habituelles de chasse (2) et à 100 mètres pour une munition Federal de 7,6 grammes donnée pour une DRO (3) à 185 mètres : 817m/s, 2700 joules ! Il y a encore 1800 joules à 300m et très peu de flèche (4) : 24 cm. L’ancien n’est donc en rien ridicule face au nouveau qui ne prend un avantage net que passé cette distance de 300 m. C’est celle où, dès qu’inquiétés…les wapitis ne connaissant pas la battue, et bien plus tarabustés que les cervidés chez nous par l’approche, rentrent au bois !

1/ Voir notre évocation de ce dernier dans notre archive du 21 janvier 2019

2/ Rappel des puissances nécessaires et couramment admises pour le grand gibier : chevreuil 1200 joules, chamois 1800 joules, cerf et sanglier 2400 joules, big five africain 4800 joules.

3/Ou distance de réglage optimum sans correction. Pour une munition qui y est réglée, la balle ne montera jamais plus de 4 cm au-dessus de l’axe de visée avant la DRO, ensuite elle tombera peu à peu.

4/ C’est l’éloignement en hauteur de la balle par rapport à l’axe de visée dès qu’on a dépassé la DRO. Elle indique la correction verticale à réaliser dès qu’on dépassera 1,15 fois la DRO.

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25 août 2019

6,5...retour vers le futur ?

Le battage médiatique autour du 6,5 Creedmoor dont certains pensent faire le 30-06 ou le 270 du 21è siècle est-il le retour d’une vieille lune puisque reprenant les arguments (datant de 1894 !) du 6,5X55 suédois ? Il relance le débat entre ceux qui estiment que « Dieu serait plutôt du côté des grosses balles », et les adeptes d’une balistique fine et éthiquement efficace.

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Que nous propose la nouvelle petite merveille ? De tirer loin et plat avec une dérive au vent minimale et peu de recul dans une action courte dont nous venons de développer les atouts dans le post précédent. Toutes qualités déjà existantes depuis bien longtemps avec quelques calibres anciens, mais surtout plus récemment avec le 243 Winchester, mais ne dépassant guère les balles de 100 grains. On le cantonnait au tir des nuisibles, aux grand gibier « fragile » oubliant un peu vite que l’Ecosse lui fait tirer du cerf, mais dans des conditions que nous allons analyser plus loin, tout comme celles de l’élan suédois (qui peut atteindre 400 kg !) avec le 6,5X55.

Il faudrait donc revoir le cheminement logique qui voyait le chasseur lambda cherchant la polyvalence de départ commencer par le 30-06 (et autrefois le 7X64), puis « monter » au 308 Winchester voire aux magnums genre 300 WM si animaux plus gros et donc partir de « plus bas » pour tout faire sur moyens gibiers. La démarche des concepteurs du 6,5 Creedmoor appuyés par Hornady a justement été de faire dans le « vieux pot » suédois une nouvelle soupe grâce aux récentes poudres lentes poussant de longues balles étroites à densité et coefficient balistique élevé dans les actions courtes qui correspondent à la mode du moment. Tout ça pour toutes les bonnes raisons que déjà expliquées.

Si on examine attentivement les données techniques, on se rend compte que le 6,5 Creedmoor face à un « ancien » (il date de 1925 !) comme le 270 Winchester, ne fait rien de mieux, sinon un peu moins de recul pour tirer jusqu’à 300 m. Il reprend l’avantage après, grâce à ses balles à coefficient balistique élevé qui résistent mieux à la traînée et profitent des nouvelles technologies « long range » genre Nosler accubond. Mais qui sera vraiment compétent pour en tirer parti à 600 m et plus ? Ce concept n’est pas si nouveau que ça. En 1920, le 25-06 Remington (nous allons bientôt revenir dessus) issu du 30-06 (balle de 120 grains), avalisé SAAMI seulement en 1969 le proposait déjà, mais fut éclipsé par le 257 Roberts et surtout le succès immédiat à partir de 1925 du 270 Winchester. Tournent autour de ça, de nos jours le 6,5X47 Lapua avec plus de pression, les 26 Nosler, 6.5PRC, 264 Winchester magnum mais avec plus de recul et d’usure des canons ou encore le 6.5-284 Norma dont les munitions sont rares, et donc chères.

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Le 243 Winchester avait en quelque sorte plus ou moins réussi la synthèse tout comme le 6.5 suédois mais dans des conditions très particulières de chasse au « gros ». Dans les Highlands, et on l’oublie trop souvent, le cerf rouge est un animal plus gracile et fragile que notre cerf élaphe. Il s’est longtemps tiré au 275 Rigby (7X57) et balles de 140 grains, puis au 270 balles de 130 grains, et au 243 W depuis dans un tir de près, moins de 100 m et de cou, les carcasses étant vendues à des marchands de gibier qui déduisaient la valeur des dommages causés à la venaison. En Nouvelle-Zélande, daims et cerfs rouges sont aussi tirés autour de 100m, et c’est de nouveau le marché US qui dicte les tirs de longueur, le « whitetail » ayant pour caractéristique de rentrer au bois très vite dès qu’il est alerté. Les tirs au-delà de 300 m  sont donc plus tentants…

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Or qui dit petit calibre dit placement et surtout construction des balles, le fameux « choc hydrostatique » lié aux hautes vitesses après-guerre et popularisé de manière fort spectaculaire  dans son argumentation marketing par Roy Weatherby étant désormais contesté au profit de la destruction des tissus et du canal hémorragique. On l’a vu, 270-30-06 et même nouveaux 6.5 tout se tient aux distances habituelles de chasse et les différences de performances y sont négligeables. Avec moins de recul, c’est la qualité, à poids égal des balles qui, peut-être, permettra au 6.5 de l’emporter car conçu pour des actions courtes et maniables qui sont plus dans l’air du temps.  Ci-dessus, le grande  famille des 6,5, de g. à dr. le 264 Winchester mag., le 6,5x55 suédois, le 6,5X52 Carcano (la balle qui a tué Kennedy !), le 260 Remington, le 6,5 Creedmoor, le 6,5 Grendel.

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Carabines : les actions "courtes" sont à la mode, que faut-il entendre par là ?

Il faut bien se le dire pour les gens de la génération de l’après-guerre, pour qui n’existait que le brave 7X64, les définitions subtiles anglo-saxonnes n’étaient pas encore à l’ordre du jour, mais elles ont fait du chemin pour entrer dans la culture, et sont devenus des arguments marketing auxquels il est bien difficile de ne pas succomber.

Mauser

 

Par « action courte » il faut entendre un terme popularisé après 1952 par le 308 Winchester, mais c’est en fait une notion plus ancienne puisque Mauser dès 1898 proposait un « kurz » en 6,5X54 K. (Voir ci-contre à g.) D’autres mentions (magnum, standard, court) eurent cours ensuite, mais pas vraiment standardisées, la plupart des marques se contentant du standard, boitiers et magasins étant raccourcis et ajustés aux besoins. Remington n’afficha la spécification qu’en 1948 (pour le modèle 722) en 275 Roberts et 300 Savage, et Winchester encore plus tard (1980) pour le mod.70. Encore faut-il aussi s’entendre sur ce qu’est « l’action » de l’autre côté de l’Atlantique : c’est-à-dire l’ensemble percuteur, verrou, détente et toute autre pièce impliquée dans la manœuvre de recyclage du tir.

L’action magnum se définit autour du 375 HH et plus, normalisé à 3,6 pouces, les plus célèbres précurseurs étant les premières munitions Weatherby ou le  Remington Ultramag. L’action standard est autour du 30-06 (3,340 pouces), on y trouve le 7 Rem mag, le plus fameux étant le 300 WM, mais quelques « magnums » plus courts au départ comme le 375 Ruger peuvent y entrer. L’action courte est établie à 2,8 pouces, la plupart du temps en raccourcissant le 30-06, le plus emblématique étant le 308 W, mais on y trouve aussi le 260 Remington, le 7.08 Rem, le 338 Federal, et bien sûr le petit nouveau dont on parle beaucoup actuellement, le 6,5 Creedmoor. Il y a même désormais des actions « mini » à 2,36 pouces pour les 222-223 Rem, 204 Ruger, 7,5 Grendel, et même 7,62X39, vous l’aurez reconnu, c’est ce que tire la fameuse « kalache ». Ci-dessous à dr. une autre action courte le 6mm BR)

6mm BR

On peut penser que ce sont les critères de poids réduit, de maniement lié au canon plus court, de l’emport accru de munitions (qui avaient d’ailleurs séduit prioritairement les militaires quand le 308 devint calibre OTAN pendant la Guerre froide) dont pourraient s’accommoder les chasseurs baroudeurs ou voyageurs, mais quelques atouts supplémentaires devraient nous faire dresser l’oreille. C’est en effet le calibre habituel des tireurs d’élite des forces de sécurité et militaires dans la fourchette 600-900m, mais surtout de nombreux records du monde de bench rest sont tombés avec cette action courte qui offre une combinaison de petits avantages balistiques lesquels, ajoutés, font la différence. Le boitier, ramassé est plus rigide et solide, il y a moins de pièces plus légères en mouvement comme le déplacement du percuteur sur moins de distance, de vibrations, un temps de verrouillage réduit. Les fabricants de cartouches collent plus à l’action avec moins de poudre donc moins de recul et d’usure du canon, la petite amorce étant proche de la colonne de poudre offrant une combustion instantanée et moins de flash.

Face au 30-06 par exemple, bien que ce dernier ait tout balayé devant lui notamment en France depuis 2013 avec ses dizaines de chargements de 100 à 220 grains (et même en express !) le 308 Winchester est plus populaire en Allemagne, devant même le 7X64 et le 8X57, calibres « allemands » par excellence. Le 308W tire les mêmes balles (entre 8 et 13 grammes) mais dans une douille réduite de 63 à 51mm tout en étant plus précis et plus doux au recul au détriment de la vitesse (- 5%) et de l’énergie (-7%).

Les avantages de cette action courte ne valent bien sûr que sur la répétition, les seules limites étant  d’inciter peut-être à « allonger » le tir, et sur gibiers dangereux, de trop vite se lâcher sur le cycle rapide, mais à ce niveau le nombre de calibres concernés est assez faible, se réduisant au 358W ou 35 Rem.Mag.

L’engouement actuel (et à venir sans doute ?) pour le 6,5 Creedmoor incite à se pencher sur ce que peuvent apporter à la chasse ces boitiers « courts » théoriquement synonymes de moins de poids. Mais en quoi sont-ils supérieurs ? Tirent-ils plus vite, plus loin ?

On l’oublie un peu, le concept de cette « action » un terme auquel il va falloir s’habituer et qui, dans le contexte anglo-saxon, signifie boitier plus culasse, est assez ancien. Mauser, on l’a vu, le fit déjà en 1898 (pour le 6,5X54K, 250-3000 Savage et 8X51K) mais sans que ça focalise plus que ça l’attention car la longueur de l’action importait peu à ce moment, dans nombre de carabines à un coup, par exemple à bloc tombant ce qui n’obérait pas la longueur du canon. Quant aux armes à levier, elles s’adaptaient tout bonnement à la longueur de la cartouche, pour aller par exemple même maintenant jusqu’aux Magnum avec la Browning BLR. A cette époque, les petites cartouches rapides genre 257 Roberts et 220 Swift n’étaient pas vraiment non plus normalisées et on les faisait tirer par des carabines à chambres standard dont on faisait évoluer les dimensions au coup par coup.

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C’est en 1952 et l’avènement du 308 Winchester ou 7,62X51 OTAN en raccourcissant le 30-06 pour arranger la dernière mouture du Garand, faciliter la fonction « automatique » et permettre au soldat d’emporter plus de munitions, qu’on se mit vraiment à cogiter sur ces boitiers courts, censés également, on va le voir plus loin, améliorer la précision. Mais on mit un peu de temps à accorder les violons car si certains y avaient déjà pensé dès 1948 comme la Remington 700 pour tirer le 300 Savage ou le 257 Roberts, et d’autres bien plus tard comme Winchester à partir des années 80, il n’y avait encore rien de normalisé. La firme d’Ilion le faisait en 2,84 pouces, celle de Newhaven en 2,875, Mossberg en 2,868, Kimber en 2,812 !

Néanmoins, le succès du 308 Winchester, notamment en précision intrinsèque, puisqu’utilisé par les « snipers » un peu partout, amena les constructeurs à se lancer dans le parti pris technologique de l’option courte, pour se concentrer ensuite sur des cartouches véritablement adaptées au besoin de précision. C’est exactement ce qui se passa au début des années 2000 pour le 6,5 Creedmoor, vite évadé des champs de tir du bench rest, tir à très longue distance (excédant 600 m.) pour aller titiller le monde des chasseurs.

Pour ces derniers, l’argument le plus visible est celui qui avait attiré l’attention des militaires : gain de poids, arme compacte, plus d’emport. Celui de la précision, moins évident mérite néanmoins qu’on s’attarde sur les données techniques originelles de l’action courte. Il s’agit d’une taille de boitier certes adaptée et au plus près de la taille de cartouches nouvelles faites exclusivement pour ça (284 Winchester, 300 WSM, 6,5X284 Norma), mais aussi de toutes les pièces qui vont avec : percuteur, verrou, système de détente. C’est un ensemble cohérent qui peut permettre de gagner 115 grammes, un réarmement plus court de 12mm et donc plus rapide, mais aussi d’avoir un boitier plus solide avec moins de flexion, un déplacement de percuteur plus court, ce qui a un impact positif sur les vibrations du canon et minimise le fouet de ce dernier. Autre effet important pour les industriels, avec moins d’usinage et de métal...on gagne aussi un peu de sous sur la production !

La cartouche en elle-même n’a pas à s’adapter à une arme puisque, au contraire, c’est cette dernière qui s’est ajustée à une cartouche donnée, avec un espace maximisé pour asseoir des balles à coefficient balistique élevé. Elles sont poussées par moins de poudre (donc moins d’usure) l’efficacité de combustion étant boostée car le centre de la colonne qui est au plus près de l’inflammation instantanée d’amorces plus petites. Moins de flash et de durée de combustion au profit d’une plate-forme plus rigide, il n’est donc pas étonnant que la plupart des records du monde de tir longue distance aient été glanés avec ces actions courtes qui se généralisent de nos jours à la chasse, même avec des canons eux aussi réduits en longueur. Certaines marques proposent même maintenant des munitions spéciales "canons courts". 

En effet, plus léger, facile à transporter, un canon court est également potentiellement plus précis car offrant moins de flexion, de vibrations harmoniques et de fouet à la bouche. Les inconvénients sont bien connus : moins de vitesse car pour un pouce (25 mm) de moins, la vitesse baisse entre 8 et 16 m/s, ce qui peut bien sûr varier en fonction du volume de poudre et de sa vitesse de combustion, les imbrûlés pouvant occasionner flammes, souffle et bruit supplémentaires. Mais à 300 m. la balle d’un canon de 45 cm ne tombe que de 2,5 cm de plus que celle d’un canon de 60 et la dérive idem. Nous sommes donc largement en-deca d’une perte de performances rédhibitoire pour un bon placement de la balle aux distances usuelles du tir de chasse.  Voilà qui devrait donc rassurer les chasseurs qui privilégient la mobilité et le confort de manipulation qu’offrent ces armes à la mode.

 

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24 août 2019

La balle "D", première notion de coefficient balistique ?

C’est curieux, qui se préoccupait de ça voici 50 ans, à part peut-être les tireurs FFT ? Or, voici que les chasseurs s‘y mettent, leur « culture » s’étoffant à l’arrivée de nouveaux calibres mirobolants comme le 6,5 Creedmoor sans savoir qu’en 1886 la France faisait déjà une monolithique à profil bi-ogival…ceux qui sont « in » de nos jours diraient même…« boatail » !

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Assez géniale, la balle « D » du nom du lieutenant-colonel Desaleux était un 8mm adopté en 1898 pour le Lebel 1886 (1), mais mal servie par son étui à bourrelet posant de gros problèmes dans la conception des armes semi et automatiques imposant de disgracieux et mal adaptés chargeurs « banane ». La balle (alésage standard 8,30 mm ou 0,327 inches) de 200 grains était bien supérieure à celle du Mauser allemand, lui rendant 500 m. puisque mortelle à 4400 m. la flèche n’étant à cette distance que de 80 cm ! Malheureusement, les moyens de visée de l’époque ne permettaient pas d’exploiter cette capacité, malgré les hausses portant à 2400m et la distribution, à partir de 1915 de lunettes APX à grossissement X4 opérationnelles à 800 m. Le fusil équipé, (voir ci-dessous à dr.) un par compagnie, puis un par section, se repassant au gré des relèves, aux « bons tireurs » portant l’insigne sur le bras gauche, ou l’épinglette sur la poitrine.

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La balle D, de 12,7 grammes (725m/s à la bouche, 2995 joules) fut suivie de balles M et N de 15 grammes, moins rapides (autour de 650m/s), mais plus puissantes (3350 et 3750 joules), toutes FMJ en laiton massif et bi-ogivales, la dernière étant destinée aux mitrailleuses Hotchkiss. La balle D, conçue dans la foulée de la découverte des poudres sans fumées en 1884 par Paul Vieille, fut fabriquée par nos arsenaux jusqu’en 1948, et continue de l’être par la firme Partizan.

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Ce qu’on sait moins c’est que sa forme fut reprise, mais en bien plus gros (419 grains soit autour de 27 grammes) pour réaliser en 2001 le 408 Chey-Tac (10,36X77) avec lequel un adjudant-chef de l’armée française a battu en août 2015 le record du monde de distance, soit deux impacts sur six tirs sur une cible de 2X2m à 3695m ! La flèche à cette distance est de 2,24m, la vitesse de 260m/s, mais l’énergie résiduelle de 950 joules encore efficace en anti-personnel.

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La lunette est tellement pentée qu’on voit le frein de bouche dans l’objectif, le temps de vol de 8,7 secondes, le bruit de la détonation arrivant bien après le tir en cible. Créé en 2001, homologué CIP en 2013 c’est un 10,36X77,21 qui se place entre les deux, l’arme étant plus légère (10 kg contre 18) que les 50 BMG. L’origine est une 505 Gibbs renforcée, tirant des projectiles de 300 (19,44 g) à 300 grains (25,92g) et des vitesses initiales toujours très élevées : 900 et 1100 m/s. Outre la précision intrinsèque, ces tirs très longs doivent tenir compte d’éléments inconnus du tir de chasse comme la dérive gyroscopique et l’effet Coriolis. Le premier du fait que les canons modernes sont principalement rayés à droite, le projectile dévie à droite, élément à calculer en fonction de la longueur des balles, et du pas de rayure des canons, pour obtenir une correction à gauche qui recentre le tir. Le second, tient compte de la rotondité et de la rotation de la Terre, de la latitude du lieu et de l’azimut de la cible. A 1500m cet effet peut varier d’un mètre !

408 et 308Lapua

1/ Du nom du colonel ayant mené les expérimentations au camp de Châlons.

Ci-contre à droite : les balles comparées de 408 Chey-Tac et de 308 Lapua Magnum. 

 

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10 août 2019

Ruger : le modèle 77, et le calibre 375

Il en traîne une petite demi-douzaine sur le Net et il n’est peut-être pas inutile pour les amateurs d’occasion d’en savoir un peu plus sur cette très bonne carabine bien sûr moins connue que les emblématiques Winchester 70 et Remington 700. En annexe, nous aborderons le calibre qui, depuis 2007, va avec, le 375 Ruger, offrant un concurrent direct et récent du célèbre 375 Holland/Holland.

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Ruger a su se tailler une place à part dans l’immense industrie armurière US grâce à des initiatives hardies comme relancer (1955) avec son Mod. N°1  une magnifique carabine à un coup sur base Farquharson (1), revisiter des revolvers au look vintage genre Colt (Blackhawk, Redhawk), ou une semi auto en 22 LR qui plait toujours : le modèle 10-22. En 1968, la carabine Mod.77 sous l’impulsion de l’ingénieur J.Sullivan, (aidé pour le design par le collectionneur Lenard Brownell ) joue, face à la concurrence des atouts de design, précision, fiabilité et à moindre coût en faisant largement appel à des pièces moulées par microfusion, plus solides que les anciennes pièces forgées, et partout où c’est possible des ressorts hélicoïdaux. La culasse est à deux tenons comme le système Mauser, mais sans garder le large extracteur à lame fixe et l’alimentation contrôlés qui va avec. L’éjection s’effectue par un bonhomme sous tension. La principale originalité consiste en une liaison crosse-action dont la vis inclinée vers l’arrière « tire » la crosse vers le métal, et dans le sens du recul, assurant solidité et meilleure liaison de l’ensemble.

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En 1991, la carabine est affinée sous le vocable MK II qui revient à l’alimentation contrôlée type Mauser, une sécurité non plus à deux, mais trois positions, permettant de bloquer le percuteur tout en pouvant actionner le verrou et décharger en toute sécurité. Le déclencheur n’est pas encore réglable, mais aux USA, des tas d’adaptations (Timney entre autres) sont possibles, et en 2006 le modèle Hawkeye améliore ce point. De nombreuses versions avec toutes sortes d’options de crosses et de finitions voient le jour : Lightweight et International, dans toutes sortes de calibres du Varmint au Safari Magnum (375 HH, 416 Rigby, 458 Winchester, 458 Lott).

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Il est à noter que cette carabine servira de base au fusil canadien SAR pour la recherche et le sauvetage (en 30-06) avec crosse orange repliable, et canon de 14,5 pouces, pour les aviateurs perdus dans le Grand Nord, et jouera le jeu du cahier des charges pour faire (en 308W avec canon de 16,5 pouces) une carabine « Scout » selon les critères définis par le colonel Jeff Cooper de la Gunsite Academy (2).

En 2007, Ruger développera avec Hornady un calibre spécial le 375 Ruger initialement adapté aux modèles Hawkeye African (crosse en bois canon de 23 pouces), et Alaskan (composite Hogue canon de 20 pouces) relativement lourdes (4,25kg) pour encaisser la grosse charge. Les performances avec des grosses balles de 250 (16,2 grammes) à 350 grains (22,7 grammes), en font une munition non ceinturée un peu plus rapide (700m/s) mais aussi puissante (4000 joules à 100m) que le 375HH dont c’est le concurrent le plus direct car les armes qui le portent sont moins chères. En effet, le fait d’être non magnum évite d’avoir à modifier une conception d’action peu coûteuse et déjà largement amortie, l’autre atout étant d’offrir des performances optimales sans passer par des boitiers longs. Le large et compact boitier Ruger permet de faire aussi bien qu’un classique HH avec un canon de 20 pouces, et mieux en vitesse avec un canon de 25 pouces. Autre vertu de la grosse section, à distance proche, le canal lésionnel est important permettant mort immédiate ou suivi rapide pour les gibiers de grande taille ou dangereux. S’il n’y a que quatre chargements actuellement produits par Hornady, ces derniers sont assez bien répartis démarrant avec une GMX 250 grains (16,2 g.) pour le tir de près qui garde une énergie d’impact de plus de 5000 joules permettant de tirer des animaux de 600 kg ou plus. L’Interlock 270 grains (17,5 g.) demi-blindée à pointe renforcée est préconisée pour les animaux jusqu’à 350 kg tirés à moins de 250m distance au-delà de laquelle la prise au vent peut poser problème. Autre demi blindée en acier doux cuivré, la DGS de 300 grains (19,44g) a une pointe plate pour éviter le basculement à l’impact. Elle est adaptée aux tirs placés pointe de l’épaule et partie avant des poumons pour arrêter sur place les gibiers dangereux. Même objectif pour la DGX de même poids à nez rond et chemisée acier doux cuivré destinée à pénétrer en ligne droite après expansion. Ces deux projectiles de conception maîtrisée et économique, sont admis pour des gibiers dangereux notamment les félins, jusqu’à 600 kg.

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Les rechargeurs manuels peuvent toujours tenter de monter en vitesse avec certaines balles (Nosler 260 grains), mais dont le potentiel balistique et la précision ne sont vraiment utilisables que dans des canons de 26 pouces, sans même parler de l’économie de bruit, de souffle et de recul avec ces canons longs. Si l’on suit les sites spécialisés US, c’est plutôt « vers le bas » que la polyvalence de ce calibre relativement récent peut s’envisager avec des balles légères (Sierra 200 grains) au départ conçues pour le 375 Winchester et la chasse de gibiers plus légers autour de 100 mètres. La vitesse est conséquente (787m/s) mais n’atteint pas les limites du taux de torsion des rayures (1/12) rédhibitoire quand on approche les 900m/s, ni la prise au vent toujours à craindre pour des balles légères et rapides : à 250m, un souffle de travers de 10km/h peut balader la balle sur trente centimètres ! Toute erreur en ce domaine entraînera un tir mal placé, éthiquement condamnable. Plusieurs balles de 235 grains (15,23g) sont offertes par Speer, Barnes (TSX), Woodleigh (Weldcore), autour de 660m/s, les balles plus lourdes, si bien placées étant encore efficaces à 200 mètres sur les cerfs et grandes antilopes. Parmi les balles classiques moyennes à lourdes, Sierra avec les Gameking (250 et 300 grains), présente des gaines presque doubles par rapport à leurs homologues de plus petit calibre et des noyaux plus robustes. La première convient aux cervidés à distance proche ou modérée, la seconde aux grandes antilopes genre koudou, de même que l’orignal ou l’ours. Pour la longue distance, comprenez par là à des conditions de tir inconnues (voire peu recommandées en France), les rechargeurs US utilisent des grosses balles de 270 grains (Speer BTSP) qui dépassent encore 550m/s à plus de 500 mètres sur des gibiers jusqu’à 200 kg !

375 ruger

Par contre les canons, en général de 22 pouces ne permettent pas forcément d’exploiter au mieux l’avantage de vitesse. Dans ces dimensions pour respecter les oreilles des voisins, le frein de bouche est à proscrire, mais nous avons là des carabines maniables et polyvalentes dans un calibre qui pourrait intéresser la battue car une grosse balle de 375 quelconque sera bien plus tolérante qu’une « 30 » mal choisie, qui plus est sur un tir mal placé. Mais dans ces « hauts » calibres tout n’est pas forcément un lit de roses et beaucoup affaire de compromis. Plus de vitesse dit plus de recul…moins de poids, encore plus de recul, et l’addition des deux… une belle ruade ! A méditer donc avant de se lancer sur ces munitions disons « viriles » !

1/ Voir notre archive du 7 février 2017

2/ Voir notre archive du 1er février 2019

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09 août 2019

Kimber et Dakota : le choix du retour à l'alimentation contrôlée

Il est toujours difficile d’abandonner une bonne idée, et de ce côté, l’alimentation contrôlée inventée par Mauser sur son modèle 89 en fut assurément une, au point que Winchester, quand il abandonna en 1964, le large extracteur à lame de sa fameuse carabine 70, permit à deux marques américaines, de reprendre à leur compte ce concept, de l’étoffer et d’en faire leur cheval de bataille pour s’établir dans le paysage de l’armurerie locale, puis mondiale.

Kimber in rifleman

Fondées en 1979 et 1982, elles sont quasi contemporaines avec des trajectoires économiques presque parallèles qu’on ne peut retrouver qu’au pays de l’oncle Sam où toute initiative individuelle, particulièrement en matière d’armement peut arriver à déboucher à tout moment, loin des tracasseries administratives en tous genres. L’odyssée de Jack Warne (décédé en 2006) est celle d’un australien fondateur de Sportsco pour des 22 LR qui suivit en 1968 son repreneur, le groupe Omark (propriétaire un peu plus tard également en 1975 de CCI, Speer, Weaver) et fonder Kimber of Oregon en 1979. Il buta sur des difficultés économiques l’obligeant à s’associer dix ans plus tard, avec un industriel du bois, puis en 1993 avec le fonds Eldermann qui rapatria l’affaire à Yonkers (New-York) et Ridgefield (New Jersey) diversifiant la marque devenue « Kimber of America » dans l’arme de poing et notamment avec un grand succès pour des reprises du Colt 45 modèle 1911.

catalogue dakota

Dakota de son côté fut fondé en 1982 par Don Allen (1941-2003) et Peter Grisel à Sturgis (Dakota du Sud), ville célèbre pour son grand rassemblement annuel de motos Harley-Davidson, acquérant ensuite des petites marques pionnières de l’usinage par électrofusion (Nesika Bay), et de la conception assistée par ordinateur (Miller) technologies nouvelles à l’époque, permettant de diminuer de plus de moitié certaines opérations. Dakota avec son modèle 76, tout comme Kimber s’engouffrèrent dans la brèche laissée béante par le retrait en 1964, chez Winchester, du large extracteur à griffe qui avait fait le succès du modèle 54 né en 1925, (vendu à 450 000 exemplaires jusqu’à la crise de 29), puis au modèle 70 vendu ensuite à deux millions d’exemplaires. La fiabilité de cet extracteur n’était plus utilisée en 1986 que par Ruger et son modèle 77 et il présentait deux atouts : une sécurité sans faille face à la charge des animaux dangereux quand il s’agissait de doubler, et surtout de proposer des boitiers permettant de monter jusqu’aux plus gros calibres du marché.

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C’était, si on veut, une réponse américaine aux anciennes carabines Rigby, Holland-Holland, Westley-Richards mais cette fois dans un style très US : crosses  droites dans l’axe du canon, poignées pistolet d’un angle non agressif, devant s’amincissant progressivement pour s’arrondir au bout et couronnées d’ajout en bois différents, ébène, palissandre. Dakota poussa même jusqu’à décliner en 1992 une gamme de munitions exclusives avec l’aide de Hornady (7mm, 300, 330, 370,404), toutes basées sur le 404 Jeffery, antique calibre africain introduit en 1910, raccourcies à 2,5 pouces. Seul, tout en haut de l’échelle, son 450 dont les caractéristiques étaient assez proches du 460 Weatherby, était issu du 416 Rigby, mais toutes ces munitions étaient non magnum. Un choix assumé pour une alimentation plus rapide et fiable que des cartouches à fort épaulement et plus forte capacité de poudre.

Kimber a ses débuts reprit grâce également à la conception assistée par ordinateur l’amélioration de Winchester pré 64 avant de reprendre à son compte le large extracteur Mauser élargi et fiabilisé sur une action au profil plus arrondi favorisant en outre un bedding plus précis et proposer au tournant du siècle trois boitiers : un standard autour du 308 W mais pouvant aussi accueillir 7X57 et surtout 30-06 ; un grand format allant du 375  HH au 458 Lott ; enfin un spécifique pour les petits formats « bouteille » Supershort Magnum.

D’un côté comme de l’autre c’est en se rapprochant de groupes plus puissants, notamment Remington depuis 2009 pour Dakota que ces sociétés ont pu se développer. Les difficultés de l’une comme de l’autre butèrent d’ailleurs sur le franchissement de sauts technologiques : par exemple, en 1989 pour Kimber et la réalisation de ses boitiers Big Game, et Dakota un peu avant face à la concurrence des armuriers artisanaux catégorie qu’elles commençaient toutes deux à quitter pour prendre une autre dimension. Il faut en effet comprendre que si, en France on ne compte que sur les doigts d’une main, les armuriers capables de concocter à l’unité des carabines « sur mesure » pour les clients en ayant les moyens (citons pour ceux qui nous viennent le plus rapidement à l’esprit Eric Briano, Joël Dorléac, J.P.Ridon par exemple), aux USA il y en a un ou plusieurs dans chaque grande ville, sans même parler des passionnés de calibres spéciaux ou « wildcatters » capables de bricoler là-dessus plus ou moins efficacement au fond de leur garage ! Faites ça dans notre beau pays, et la maréchaussée ne tardera pas à venir aux nouvelles surtout en ces temps d’état d’urgence…

Un bon exemple : en 1980 une Dakota mod 76, extrêmement aboutie (4 choix de bois, et 4 grades qu’on pouvait choisir sur ébauches) valait 1200 dollars somme qui doublait si on voulait lui installer que du meilleur en embases, lunettes, etc . Par contre une Winchester 70 d’occase pré 64 en bon état se négociait 400 dollars, prix également d’une Zastava neuve, toutes armes présentant les caractéristiques des Mauser 98 à grand extracteur. On peut donc comprendre que les « customers » en tous genres préféraient partir de ces armes de base pour concocter à leurs clients, et à peu près pour la même enveloppe finale, des carabines collant cette fois exactement aux desiderata précis de chacun.

Dak bloc tombant farq Mod 10

Ce sont ces nouvelles considérations économiques liées à leurs premiers déboires, qui permirent donc aux deux marques de diversifier considérablement par rapport aux artisans de base leur offre et d’atteindre comme pour Dakota en 2009 la barre des 35 salariés. Outre son emblématique modèle 79 de ses débuts avec même une version Traveler démontable (on dit takedown de nos jours) en trois grades (Classic, Safari, African) elle déclina ensuite un modèle 97 sur la même base, mais plus simple et légère avec des crosses synthétiques et également des productions plus anecdotiques comme une reprise (réduite à 80% de ses dimensions d’origine !) de la carabine Sharps, et surtout (en 1991) un modèle 10 à un coup sur boîtier type Fahrquarson proposé du minuscule 17 HMR à son gros 404. (ci-contre à gauche)

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Pour Kimber of Oregon, devenu en 1993 Kimber of America, l’arme de poing, notamment la reprise en high tech du Colt 45 modèle 1911 partagea la une des revues spécialisées avec cinq modèles de carabines couvrant toute la gamme des chasses possibles dans le monde. Des carabines légères faisant appel à la fibre de carbone pour la montagne (Adirondack, Alpine, Ascent)  et des munitions puissantes pour tirer juste et loin. Une Open Country pour la plaine, là où se concentrent, des Rocheuses aux Appalaches, la majeure partie des chasseurs de « whitetail » (cerf de Virginie), et une généraliste « Hunter » modèle disons économique (autour de 1000 dollars quand même)  d’une gamme assez onéreuse dans les calibres moyens (243W au 30-06) : des plus modernes (6,5 Creedmoor) aux plus anciens tel le « vieux » 257 Roberts. Le tir lointain des nuisibles ne fut pas oublié avec la « Pro Varmint » sur toute la gamme habituelle 222-223, 204 Ruger, 22-250. Et en 2009 on compléta par le haut avec la Big Five avec la classique Caprivi, et la moderne Talkeeta pour les amateurs de chasses exotiques du 375HH au 458 Lott.

Ces deux marques encore assez confidentielles en France, surtout pour des raisons de prix, méritent d’être connues en ce qu’elles sont caractéristiques d’options armurières particulières : un retour au classique certes,  mais de haute qualité en vertu du fait que chaque chasse au gros gibier est un moment rare et précieux de rituels à partager pour une arme de haut niveau, et donc d’un certain prix, et bien sûr associées à des accessoires du même acabit.

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