FCM 25.00

22 mars 2019

Collector : la petite carabine Browning SA 22

Plus de cent ans de production et pas une ride, la petite carabine 22 LR inventée par J.M.Browning est parfaite en tout, mais étant en semi-auto, elle est malheureusement chez nous en catégorie B. Ce n’est cependant pas une raison d’oublier de regarder en quoi elle est intéressante.

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Avec bien d’autres inventions du génial J.M.Browning, du fusil de chasse Auto 5 en passant par les mitrailleuses en 50 BMG (Browning Machine Gun), plus connues chez nous sous le nom de 12,7, cette petite merveille fit l’objet d’un brevet de 1913, et immédiatement produite à Liège l’année suivante, et ce fut la première carabine semi-auto vendue en grande série. Sa ligne élégante et son parfait équilibre tiennent à son astucieuse conception : levier d’armement et éjection vers le bas, canon démontable, ce grâce au magasin tubulaire installé dans la crosse et permettant dix coups à suivre en 22 LR ou 16 en 22 court.

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Rien ne dépassant du long boitier, ce dernier laisse une place importante aux gravures, et une montée de gamme en six grades mettant en valeur de plus en plus de qualité des bois, ou des quadrillages. Poids (2,4 kg) et taille réduite démontée, ambidextre, c’est (ailleurs que dans notre beau pays bien sûr) une des carabines de varminting parmi les plus faciles à utiliser du marché et ce qui explique son succès, là où c’est permis, pays anglo-saxons entre autres, auprès des jeunes chasseurs et tireurs.

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Produite à 500 000 exemplaires, elle n’a été importée aux USA qu’en 1956, du fait des accords avec Remington qui la produisit de 1922 à 1949 sous l’appellation Remington 24 et 241, avec un système un peu différent cependant de démontage du canon. Elle coûtait 85 dollars en 1960, et aux USA chez la plus grande chaîne spécialisée dans « l’outdoor » elle oscille selon les grades et versions entre 600 et 1600 dollars, certains modèles rares en collection pouvant aller jusqu’à 3000 dollars. En épluchant le Net, on trouve en France, et en armurerie bien sûr des modèles très accessibles autour de 200 euros, mais aux seuls porteurs d’une licence FFT.

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20 mars 2019

Chargeurs rapides pour semi-autos

Le sujet a déjà été un peu abordé ici sous l’angle de la battue, notamment au sanglier. Les compagnies, quand elles détalent, le font fort peu de front, comme au derby d’Epsom et tout le monde, à la surprise, n’est pas forcément capable d’ajuster un bon premier coup.

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Limités à trois, les semi-autos, fort nombreux ont néanmoins la faveur de beaucoup de jeunes chasseurs, et c’est cette génération qui aura à faire face dans notre région à l’afflux que connaissent nos voisins depuis une décennie. Pour toutes sortes de raisons, financières ou d’habitude tout le monde ne fera pas forcément non plus le choix d’acheter des carabines, les express, dont le maniement ressemble le plus à celui de nos bon vieux deux-coups.

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Chacun a sa méthode pour rechercher vite, et c’est en se tournant vers les disciplines ISPC ou TSV (tir sportif de vitesse) en France que nous viendrons peut-être des solutions simples et pratiques adaptées à la chasse. Il s’agit pour ce tir sportif avec souvent plusieurs armes, de poing, ou fusil de chasse, de dézinguer le plus vite possible des cibles métalliques, et le rechargement rapide est un impératif absolu qui ouvrrira peut-être quelques pistes pour nous chasseurs.

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C’est bien sûr toujours des USA que nous arrivent ces trouvailles dites « speedloaders » (chargeurs rapides) qui, pour un prix modique, autour de 60 dollars et donc à peu près la même somme en euros, éviteront  les longues et fastidieuses manœuvres d’approvisionnement, surtout quand il faudra subitement, sanglier annoncé à grand renfort de coup de trompes passer du plomb à la balle. Armstec, puis Arredondo ont mis au point un système de gouttière métallique qui fait un peu office d’entonnoir pour tubes pré chargés à 4 ou 6 coups. Il suffit de présenter le tube devant le magasin et de pousser la tirette pour regarnir. A la chasse on peut penser à un système de charges jumelles, par exemple 2+2.

Plus esthétique et sans doute immédiatement adapté à la battue, le Stage Berner propose un système assez intuitif (voir les vidéos explicites sur le site) d’un blocage d’aimants devant le pontet pour deux cartouches prêtes à expédier d’une sorte de simple claque, vers le magasin. Il est compatible à la fois pour les armes à pontets synthétiques (Benelli, Stoeger, Beretta) ou métalliques (Versamax, FNH).

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16 mars 2019

Chasse à l'arme de poing : tout sauf stable !

C’est sûr, c’est interdit chez nous, mais quelques articles précédents (1) ayant connu le succès près des internautes, amusons-nous à creuser le sujet là où ça se pratique, particulièrement, contrairement à ce que l’on pourrait penser, face à des animaux dangereux (grizzly, puma), mais plutôt pour les grands cervidés.

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Même si les armes de poing de gros calibre furent initialement des armes de protection, leur difficulté de doubler vite et facilement, a fini par les spécialiser à autre chose. Pour le comprendre examinons par exemple le très emblématique BFR (ci-contre à g.) qui tire les grosses cartouches classiques (du 44 mag au 500 SW) mais surtout, plus axées chasse les munitions des carabines à levier de sous-garde : 30-30, 444 et 450 Marlin et surtout plus connu chez nous le 45-70. C’est un simple coup, grand cadre et barillet, très lourd (pas loin de 2kg avec l’optique) mais surtout simple action. Il faut donc réarmer le chien avec le pouce après chaque tir. Même si le 45-70 est plus « doux » (euphémisme…) avec moins de pression, de bruit, d’éclair de bouche, que certains chargements plus spécifiques pistolet genre 454 Casull, il faut vaincre une détente assez lourde (1,4kg), encaisser le recul, et revenir en ligne, ce qui n’en fait pas l’arme que le jogger, de plus non tireur habituel, emportera dans son sac facilement en cas de mauvaise rencontre. Autant, ce que font beaucoup de gens d’ailleurs, prendre une bombe à poivre, laquelle, ne rêvons pas, ne fera l’affaire que si l’ours est simplement curieux et débonnaire…

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La difficulté du tir de chasse à l’arme de poing pour le chasseur habitué aux armes d’épaules vient moins du recul que du manque de stabilité totalement inhabituel, et avec lequel, de toute façon, il faudra toujours « faire avec ». Une situation bien sûr accentuée par l’adjonction d’optiques et autres aides à la visée (2). Cette situation oblige des approches plus fines, pour des tirs plus proches, la précision pouvant pas mal varier selon que l’on tire debout, en appui, où dans des positions classiques que nous allons détailler plus loin, de 5 à 20 cm à 50 mètres ! Mais on reste toujours à peu près dans la zone vitale d’un cerf mulet, et ne l’oublions pas qu’on envoie quand même des projectiles de plus de 300 grains donc dépassant les 20 grammes.

Assis, le torse est stable, surtout si on est adossé à un arbre ou un talus, et mieux que le genou dur et pointu, la cuisse soutient bien l’avant-bras. La position d’affût est confortable on peut attendre longtemps, jouer des jumelles, bien dissimulée car au ras du sol. La position agenouillée, peut être utile en cas de rencontre inopinée, le tir à deux mains avec de nombreuses techniques de préhension (tresse, etc.) s’impose, tout comme le port de gants car ces gros revolvers ne sont parfois pas exempts de fuites de gaz chauds. Dans 75% des cas, les chasseurs US tirent debout : on peut s’aider du terrain pour les appuis, ou d’assistances techniques similaires à nos bâtons de pirsch. Avec un peu de pratique un bon tiers des tirs dans des mains expertes, tiennent dans une assiette à 50 m.

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La position couchée est assurément la plus stable, la plus mimétique au plus près de la végétation, faut juste se méfier du recul de l’arme qui est plus près du visage, et avec une arme courte, dans l’excitation, de ne pas se tirer une balle dans le mollet ! Le fameux Elmer Keith en proposait une alternative avec le buste un peu plus haut au ras des herbes, l’arme coincée entre les genoux (ci-contre à g.). Après-guerre, c’est dans cette position, avec un 44 Magnum, et au bout de 5 tirs qu’il acheva à 360 mètres un wapiti blessé par un copain, en se servant de l’observation des impacts dans la neige pour corriger ses tirs ! L’exploit, controversé, fut néanmoins réédité sur une cible en forme de cerf par un journaliste un peu plus tard.

1/ Voir notamment notre archive du 22 février 2018.

2/ Le top 5 des munitions de chasse pour armes de poing est le suivant : 1, le 357 Magnum avec des balles de 180 grains premium, facile et précis avec des canons longs, la munition bon marché permettant de s’entraîner ; 2/ le 44 Mag et ses balles de 240 à 340 grains ; 3, le 45 long Colt, balles de 300 grains précis jusqu’à 75m. ; 4, le 454 Casull qui est un 45 Colt agrandi, mais avec plus de recul ; 5, le 475 Linebaugh qui, depuis 1988 est un 45-70 réduit.

 

 

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12 mars 2019

Anticiper les accidents de chasse

Tous les chasseurs ont déjà été confrontés de près ou de loin à un accident de chasse. Depuis les années 2000, il y a en moyenne 160 accidents de chasse par saison selon l’ONCFS. Sur ces accidents, 21 en moyenne sont mortels. De plus, de nombreux chiens sont également blessés que ce soit par des sangliers ou par des tirs. Aujourd’hui rien n’est prévu au niveau institutionnel pour soigner ces blessés. Bien sûr, la meilleure solution est de respecter les règles de sécurité. Mais malheureusement le risque zéro n’existe pas. Il faut donc au niveau individuel prendre conscience de ces risques et s’y préparer.

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Ces blessures par balles sont mortelles soit par hémorragie, soit par un organe vital touché. Si un organe vital est touché, il faut une intervention médicale le plus rapidement possible mais dans la majorité des cas, ce sera très difficile de sauver le blessé. Par contre, pour une hémorragie, si des premiers secours sont apportés rapidement, le blessé a beaucoup plus de chance de survie. En moyenne, une hémorragie tue en environ 5 minutes si aucun soin n’est apporté. Par contre, en cas d’arrêt de l’hémorragie, le blessé aura beaucoup plus de chances de survie.

Les premiers soins vont être vraiment utiles pour une hémorragie. Et il va falloir intervenir le plus vite possible. Pour traiter efficacement une blessure par balle, il faut connaître un certain nombre de gestes, savoir analyser l’état du blessé, les blessures à traiter en premier, savoir poser un garrot, faire un pansement compressif, pour une blessure aux poumons savoir poser un pansement spécial.

Pour gérer ces risques, il faut un matériel adapté. Mais encore plus important, il faut des connaissances pour l’utiliser. Une réelle volonté d’apprendre et de mémoriser ces gestes de premiers secours pour pouvoir les appliquer en situation de stress, bref une formation aux premiers secours. Allons même plus loin en disant qu’il vaut mieux une personne formée et compétente avec un foulard ou un teeshirt, qu’une personne incompétente avec sur lui un matériel digne des forces spéciales.

Attention à ne pas tomber dans l’excès inverse en se disant, « je ne suis pas assez formé, je ne vais rien faire ». Il vaut mieux faire mal quelque chose, que rien du tout. Si un premier garrot est mal mis, les services de secours en mettront un deuxième, mais au moins l’hémorragie aura été partiellement stoppée. En effet, il faut bien comprendre qu’en termes de gestion d’hémorragie, il faut être le plus rapide possible, car c’est une question de minutes voire même parfois de secondes, avant que des conséquences graves n’arrivent.

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De nos jours, il existe des solutions de type « Traumakit » dont, par prudence, beaucoup de sociétés, notamment celles grosses organisatrices de chasses collectives devraient se doter. C’est un module médical ultra spécialisé et minimaliste. Il est par essence personnalisé puisqu’il s’adapte aux besoins de chacun. Son but est d’arrêter une hémorragie ou une menace vitale grave. Il doit donc être le plus ergonomique et simple à utiliser possible. Pour un budget maxi de 50 euros il comprend garrot, trois types de pansements dont un compressif, ciseaux, gants stériles. Tout ça facile à glisser dans une petite poche du sac, dans un sac plastique sous vide, dans une poche de veste de chasse, dans une portière de voiture, voir dans une poche de ceinture.

Voilà un bon exemple de Traumakit minimaliste que vous pourrez trouver ici : info@tskfrance.com. ou https://tskfrance.fr/

 

 

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10 mars 2019

Munitions non toxiques : l'acier a de l'avenir

La saison qui vient (2019-2020) nous donnera presque quinze ans de recul sur l’introduction de l’interdiction du plomb en zones humides. La France avait ainsi suivi, en 2005-2006 avec cependant quinze ans de retard, les USA qui, les premiers en 1992 avaient initié ce mouvement.

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Les conditions de chasse, résolument différentes des deux côtés de l’Atlantique avaient un peu brouillé les cartes. Là-bas, on ne chasse pas au crépuscule, on tire donc de plus loin, et les études comparatives menées dès le départ, par l’observatoire de la Tour du Valat en Camargue illustraient bien ce fait : le waterfoaler US, pays où la chasse de nuit, à l’aube et au crépuscule est interdite (1) n’abattant qu’une pièce pour 6 cartouches contre 3 pour notre brave huttier hexagonal. Le chasseur français n’était pas plus adroit…mais tirait, notamment à la passée, beaucoup plus, et surtout…plus près !

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Il n’empêche, la puissance du marché US fort de ses « grosses charges », de ses technologies déjà avancées sema le trouble. On accusa la « grenaille » de blesser plus, on chercha des artifices : des canons longs, des chokes spéciaux, pour retrouver les sensations « d’avant ». Peine perdue, autant de tâtonnements de terrain qui ont également touché la technique : on a cherché à reproduire la vitesse, voire à l’accélérer du fait de la densité de l’acier qui ne représente que 70% de celle du plomb. Ce, au prix de bourres de plus en plus techniques car il fallait absolument éviter les déperditions lors du frottement le long du canon.

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L’arrivée simultanée de nouveaux composés (au moins 13 types d’associations métalliques) a aussi un peu faussé la donne. Certains comme le tungstène, valaient largement le plomb, mais le prix du matériau était cher, tout comme la technologie ajoutée des jupes pour protéger au mieux un canon même dument estampillé « fleur de lys » de la dureté de ce métal. Chers également les mélanges Hevi Shot (tungstène-fer-nickel), seuls le bismuth-étain et surtout le cuivre doux présentant des alternatives correctes au plomb en matière de densité, et permettant encore de « sauver » les vieux canons des fusils auxquels on était habitués.

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Si l’acier revient au premier plan de l’actualité, c’est par son atout prix, et le fruit aussi de recherches sur la grenaille dont la technicité a été revue à la hausse : plus de rotondité, des recuits meilleurs notamment au niveau du refroidissement pour éviter le stress de la matière, et mieux durcir. On a vu aussi l’arrivée de plombs…carrés (Blind side Winchester), pour en empiler davantage, ou (chez Federal) à bords tranchants  ! Les cartouches elles-mêmes, ont vu la mise au point de systèmes (Drylok par exemple) mettant mieux au sec la charge de poudre et l’amorçage.

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L’acier n’a donc pas perdu la partie car la matière première est bon marché sur un secteur où la concurrence est rude. L’avenir est également pour les cartouches, aux polymères où tout va très vite en ce moment (voir ce qui se passe avec les imprimantes 3D) et qui pourraient nous réserver de belles surprises notamment du côté des coques et bourres en matière d’étanchéité et de recul. L’effet de mode US passé, on peut aussi penser que nos coureurs de grèves seront revenus de l’esprit « canardier » sinon « cocardier » de leurs pères en constatant qu’à la distance raisonnable de 40 mètres, un choke « M » (Modified ou demi) valait avec une arme et des munitions actuelles, amplement la pétoire à rallonge de Papy !

1/ C’est ce qui explique, vu aussi l’interdiction des appelants, l’importance en Amérique du Nord, de la technologie des formes, du camouflage, des appeaux, qui a fini par gagner l’ensemble de l’Europe.

 

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08 mars 2019

Les "12 "bizarres : Cobray Terminator, le mariage inattendu de la Sten et du Simplex !

Comment faire simple quand on peut faire compliqué ? L’industrie armurière a souvent démontré (voir le génie de J.M.Browning) que le succès était souvent la clef de trouvailles évidentes, et on pourrait donc croire qu’un fusil à un coup obéirait à ce parfait bon sens. D’ailleurs notre bon vieux « Simplex » de la Manu répondait parfaitement à cette attente, mais marier ce concept à des solutions biscornues nous donne le Cobray « Terminator » dont nous allons vous parler aujourd’hui.

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La simple appellation, le fameux film avec pour vedette Arnold Schwarzenegger, datant de 1984 vous donne une idée de l’époque de sortie de ce « rossignol » conçu dans les années 80 par John P.Foote et commercialisé à seulement 1452 exemplaires de 1987 à 1990. Cet ingénieur était un ami et collègue de Gordon Ingram et Maxwell Atchisson qui travaillaient tous les trois pour la Military Armament corp.  depuis les années 70, et qui participèrent donc à la réalisation des MAC 10 et 11. Armes commercialisées par la SWC d’Atlanta que l’on retrouva donc à la manœuvre  pour le fabriquer . La nouvelle société n’ayant pas de bureau d’études ne pouvait obtenir brevets et licences et la production devait être dévolue à un tiers, les relations liées avec l’inventeur dans le cadre de son travail habituel facilitant sûrement les choses.

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Foote s’était spécialisé dans la conception économique de toutes sortes de P.M. et fusils d’assaut un peu dans l’esprit qui prévalut à la fin de la guerre tant du côté allemand qu’allié. On le retrouve ainsi par exemple à la base d’une carabine 9 mm très simple faite par Encom. On peut d’ailleurs penser, vu le marquage « calibre 20/12 » apposé sur le canon qu’une déclinaison dans le premier calibre était prévue, et d’autres développements soit de simplification ou de passage à un autre mode d’alimentation. Ce qui attira sans doute l’attention des activistes du lobby anti-armes ATC  (c’était la pleine époque de la fusillade de Waco) de pouvoir (à tort, voir la note 1 en bas d'article) le décliner sans trop de frais en mode semi-auto, voire pire…

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Mais c’est plutôt son mode de fonctionnant et surtout la réputation de « pire fusil à un coup » jamais construit qui lui valut cette production quasi confidentielle aux States de 1500 armes. Le canon lourd et court de 47 cm allait et venait dans un manchon perforé retenu par un robuste ressort. Pour armer il fallait l’amener en forçant  vers l’avant où il se bloquait, placer la cartouche de 12, et avec un verrou assez similaire à celui de certains P.M. genre Sterling, bloquer l’ensemble calon-culasse, alors ainsi retenu vers l’avant par l’action de la détente. On le comprend, au tir, tout le lourd ensemble reculait fort et loin du fait de l’action de la cartouche, amplifié par le ressort, l’ensemble allant frapper, un peu comme sur les mortiers, un simple « clou » fixé à l’arrière du boitier et faisant office de percuteur.

A cette visée perturbée par tout ce mouvement parasite s’ajoutait la plaque de couche métallique et minuscule de la crosse télescopique marquant alors fortement l’épaule du malheureux tireur. Le mouvement inverse où il fallait vaincre la résistance du fort ressort était bien loin du rechargement rapide de tous les fusils à un coup basculant que nous connaissons tous à la chasse. La législation US variable selon les états pouvait aussi (exemple le Michigan) le classer en pistolet, et d’autres en carabines, son canon mobile n’arrangeant pas les choses car, quand le coup était tiré, et crosse repliée, l’arme était inférieure aux réglementaires 26 pouces exigés !

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Hormis son look intimidant car ressemblant fortement aux « mitraillettes » des films de gangsters avec son garde-main perforé inutile, sinon gagner du poids, vu sa cadence de tir ridicule l’empêchant bien évidemment de chauffer, c’est un véritable « oiseau rare » qui coûtait en 1984, 90 dollars à produire, vendu 190 chez les armuriers, et qui se négocie quarante ans plus tard jusqu’à 1000 dollars dans l’âpre marché des collectionneurs.

1/Ces activistes n'avaient sûrement pas bien observé son fonctionnement, la culasse n'étant mobile que pour charger la cartouche car, après, la culasse n'était mobile que parce qu'elle suivait le mouvement de recul du canon. 

 

 

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05 mars 2019

12 août...le "jour de gloire" des chasseurs britanniques

Ah mes bons amis il ne s’agit pas d’entonner de nouveau, ce qui fut fait maintes fois ici, une nouvelle ode à notre bon vieux douze en "deux-coups", mais d’examiner ce qui, sous son appellation britannique de « glorious twelfth » résume le grand jour Outre-Manche de l’ouverture à la grouse.

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Cet oiseau totalement sauvage ne vit que dans le Nord des îles britanniques, et particulièrement en Ecosse où il est à la fois emblème national (1) et facteur économique important dans des zones rurales de landes estimé à 150 millions de livres, et 2500 emplois induits du fait d’un entretien très pointu de l’écobuage des landes en hiver afin d’éviter de détruire les nichées au sol. Cet oiseau assez méconnu chez nous où il est souvent assimilé à une sorte de perdrix, est en fait un lagopède plus près des tétras. Sa chasse a bénéficié autour de 1850 du développement du chemin de fer, mais aussi des progrès de l’armurerie, sa date immuable d’ouverture (2) le fameux 12 août, en faisant le jour le plus important de l’année cynégétique britannique.

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Les facilités de déplacement actuels peuvent intéresser les chasseurs de l’hexagone (3) tentés à la fois par un tir particulier et difficile que nous allons bientôt disséquer, et les atouts du tourisme de l’Ecosse, pays attaché à la France par les siècles de « l’Auld Alliance »… contre l’ennemi héréditaire anglais ! Sans parler bien sûr du fameux élixir qu'on trouve là-bas, le chasseur français, respectueux du « dress code », s’attachera à revenir des « moors » des Highlands avec la casquette en tweed, ou les hautes chaussettes « Pennine » qui lui donneront à son retour en France l’allure « smart » convenant à l’éthique « fair-play » des chasseurs britanniques qui donnent le « la » même dans notre beau pays !

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Même s’il se chasse aussi devant soi, cet oiseau particulièrement méfiant dans un environnement où il est difficile de se dissimuler (700 000 prélévements par an environ) se fait traditionnellement en rabats, et demande de la condition physique car il faut marcher des heures sur un terrain inégal et accidenté. Son tir est un challenge, même pour les habitués des grandes battues de faisans traditionnelles qui volent vite et très haut. Il importe d’être vêtu dans des tons neutres se confondant avec la lande (belle occasion de convaincre madame de succomber à l’achat une superbe veste Harris !) et d’arriver bien préparé sur place par quelques séances de ball-trap.

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Le grand champion Georges Digweed, dans la revue Field explique bien le piège dans lequel peuvent tomber les meilleurs tireurs : « …celui qui a l’habitude de tirer faisans et perdrix arrive dans un paysage où il n’y a pas d’horizon bien net, vide de repères, et où il faut effectuer un tir à l’horizontale qui n’est pas naturel dans les conditions de sécurité habituelles, sur un gibier très rapide, cent km/h lancé, et qui profite des accidents de terrain pour se défiler ». Il faut un fusil à canon de 30 pouces (76 cm) en demi-choke, maniable, mais sans employer plus de 36 grammes, et le plomb de six suffit. Sur les rabats les conditions de sécurité en rajoutent encore car on ne peut tirer devant qu’en début de traque (un klaxon avertit l’arrivée de la poussée), et les meilleurs peuvent s’y casser les dents sur un oiseau très rapide qui vous fonce dessus très bas et en groupes compacts.

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Il s’agit donc pour celui qui découvre, sans trop se mettre la pression, de tirer classiquement derrière la ligne, et l’erreur typique du débutant est d’attendre trop pour être surpris par la vitesse (100 km/h rappelons-le !) au passage et d’essayer de rattraper « loin devant » comme on fait tous en balançant violemment l’arme vers l’avant. Mais comme l’oiseau plonge souvent dans la pente, on est alors « devant-dessus » ! De la même manière, ayant tous chassé en ligne, le réflexe naturel lié à la sécurité est de « sauter » cette dernière, le canon assez haut et de reprendre la visée trop vite derrière et de « tomber », dans l’élan du coup de bras toujours trop haut et au-dessus d’un oiseau qui bascule dans le vide. Autre erreur bien connue sur les compagnies de perdrix, la tendance, (surtout si on est décontenancé de ne pas être au niveau et de vouloir se refaire à tout prix devant les copains), de tirer…dans le tas !

Là encore le champion anglais conseille de bien écouter les chargeurs (4) s’il y en a, de choisir un oiseau, de bouger au dernier moment, de prendre bas sans saut de fusil, sans mouvement par-dessus, mais derrière la ligne, et de s’y tenir. En fait, et en cela, c’est un tir que nous connaissons tous, le plus similaire étant celui du pigeon qui vient en groupe aux formes, mais bien sûr en plus rapide et rasant.

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1/Elle fut jusqu’en 2007 la mascotte de l’équipe de rugby écossais, et son image est reprise par les plus grandes marques de whisky.

2/Elle fut fixée par le Game Act de 1831, et quand le 12 août tombe un dimanche jour où on ne chasse pas, elle a lieu le lundi 13 !

3/ La saison dure du 12 août au 10 décembre, comptez 2000 euros par chasseurs pour trois nuits et deux jours de chasse et groupes de 2 à 4 où selon les endroits on peut aussi tirer du lièvre et des bécassines autre tir difficile où on est souvent « dans le zig » quand il faudrait être « dans le zag » !

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4/ Partenaire pour la journée, son travail consiste à préparer vos armes, trimballer un max de munitions, et charger la plupart du temps une paire, ou une seule arme. Quoiqu’il arrive, sachez que si vous ouvrez et éjectez les cartouches il réapprovisionnera bien plus rapidement que vous ! Une fois la traque terminée, il récupérera les cartouches usagées, laissera le poste propre et à la fin de la journée il nettoiera et emballera vos armes. Mais ce sera avant tout le compagnon de la journée qui fera tout pour que vous passiez un bon moment, en silence si vous le souhaitez, ou en vous donnant quelques conseils : d’où proviennent les oiseaux, à quelle hauteur ils volent, et même l’avance à donner en fonction du vent car il s’agit le plus souvent d’excellents tireurs, parfaitement compétents et à même de vous encourager et de vous conseiller au tir. C’est pourquoi si vous vous en sortez bien, leurs encouragements seront particulièrement appréciés. Le service de ces aides est toujours compris dans le prix de la journée que vous tuez des dizaines d’oiseaux ou que vous n’en tuez qu’un seul.

 

 

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03 mars 2019

Rechasser au MAS 36 ?

Sachant que ce site est partagé par pas mal d’anciens ayant ont connu les gaietés de l’escadron, et la fierté d’avoir fait leurs « classes »,  la nouvelle législation de 2013 étant passée balayant par-là même l’ineptie des anciens calibres dits « de guerre », tous les nostalgiques du MAS 36 auront la joie de savoir qu’ils peuvent désormais chasser avec ce calibre bien oublié de nos jours.

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Ah, pour cela faudra être (un peu) frotté de fierté nationale car la carabine de la M.A.S. fut la première arme rayée franco-française de l’après-guerre et (très) motivé par le bricolage car il sera nécessaire de recharger le 7X54, en bricolant moins qu’autrefois, la firme serbe Partizan, mettant à disposition des étuis. Immédiat remplaçant du Lebel, le Mas 36 connut, d’abord en 7X57 huit versions dont une d’instruction en 22 LR, une à crosse repliable pour les chasseurs alpins, employée avec un canon court à Narvik, et plus tard par les paras en Indo et Algérie. En 1951, affublé d’un « tromblon » il put même tirer des grenades de 22 mm anti chars et anti personnels.

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Après-guerre la MAS entreprit donc de fournir les chasseurs en carabines « tricolores », mais une commande (qui d’ailleurs n’aboutit pas) mit ipso facto le 7X57 en Ière catégorie, et on contourna le problème en créant le 7X54, et dans la foulée une version en 8,60 S et surtout en 10,75X68 pour l’Afrique. En tout la MAS sortit 5 à 6000 armes avant que prennent le relais des armuriers privés, Jean Fournier en Haute-Savoie (production un bon millier) et surtout la Sterna d’Annecy qui reprit les calibres précédents (3000 unités) ajoutés des 284 et (quelques) 243 Winchester.

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Si ces armes reprennent la cinématique du MAS 36 (1), elles étaient allégées, pourvues de sécurités, mais la détente même améliorée (2) gardait ses caractéristiques militaires, donc assez dure. Les caractéristiques du 7X54 n’ont rien perdu de leur acuité pour la plupart des gibiers de l’hexagone, sa vitesse de 750m/s poussant une balle de 150 grains donnant autour de 2500 Joules, ce qui la place à portée de tous les calibres dits moyens actuels.

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Pour tous ceux qui auraient la nostalgie des FR-F1 et 2 de tireurs d’élite (et on peut aisément les comprendre !) sachez qu’un armurier de Dordogne propose un beau lifting pour ces anciennes armes réglementaires désormais en C-1-b. et qu’on peut donc acquérir sur présentation du PC validé ou d’une licence FFT. Celui-ci propose une crosse à rallonge avec busc réglable comme les M4 US, une poignée pistolet ergonomique un garde-main alvéolé assorti de rails pour y fixer tous les accessoires habituels du « tactical » : aides à la visée, lampes, bipied. Il existe même des versions du MAS 49-56 semi-auto avec magasin fixe de 2 cartouches, ou transformé en répétition manuelle de 10 qui restent en C-1-b, seule le SA avec chargeur amovible de 10 est en B-2-a et donc réservé aux tireurs sportifs.

1/Cinq coups, répétition manuelle.

2/Jean Fournier garantissait un groupement de 12 cm à 300 m. dont pas loin de la minute d’angle.

 

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01 mars 2019

La meilleure chasseresse du monde est suédoise

Quelques articles (1) ont déjà abordé la féminisation progressive mais lente, par rapport aux pays anglo-saxons, de notre passion commune pour la chasse. Même s’il n’y avait aucune Française parmi les finalistes de la 10è édition de la compétition Extreme Huntress dont les résultats viennent d’être connus, fin janvier, à Dallas (Texas), c’est une tendance qui ne peut que progresser.

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Dans notre pays elles ne représentent sur 1,4 millions de permis que 2% de la population de chasseurs, et donc bien moins par exemple qu’en Autriche (11% des 11 000 permis) où ces dernières disposent même d’un magazine (« Die Jaegerin »), tiré à 15 000 exemplaires qui leur est entièrement dédié. Chez les Anciens, il ne faut oublier que la chasse était représentée par une femme, Diane ou Artémis, et qu’aux débuts de l’humanité, les recherches des anthropologues ont montré, contrairement à des légendes machistes et tenaces, qu’elles étaient amplement associées aux rabats et à l’exploitation de la ressource gibier.

Même si le concours international Extreme Huntress est largement médiatisé comme une télé-réalité, il fait émerger de belles figures de femmes qui chassent dans une démarche plein air, nature, et style de vie total ne pouvant que susciter des émules. Plus rigoureuses et consciencieuses que les hommes car très motivées pour évoluer dans des univers au départ essentiellement masculins, elles peuvent être source d’inspiration pour beaucoup.

Le concours porte sur des votes en ligne, mais aussi des compétions en face à face des finalistes au tir et en conditions de chasse aux USA, et des appréciations finales d’un jury. Ulrika Karlsson-Arne prend la suite au palmarès d’une autre compatriote (en 2015) Erika Bergmark devant de nombreuses américaines et une slovaque, excipant des belles traditions cynégétiques de ce pays nordique. Agée de 42 ans, mère de deux enfants, chassant depuis une vingtaine d’années elle a lâché un beau job de productrice TV pour devenir pigiste dans ce qui est devenu sa passion. Bénévole une dizaine d’années de sa fédération, elle a su conjuguer l’émotion liée à la pratique (2) avec des considérations éthiques très d’actualité en ce qui concerne la consommation de viande que nous ne pouvons tous que partager. Il n’y a en effet, rien de plus authentique biologiquement que la viande d’un gibier prélevé avec le moins de souffrance animale possible dans un tir soudain,  précis, puissant, imparable.

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Ambassadrice de grandes marques mondiales (Norma, Sauer, Swarovski), elle chasse trois jours par semaine, un peu partout dans le monde, et ce concours montre qu’elle a des émules guides de chasse, monitrices de sport sur les pas de tir, gardes spécialistes de gestion, toutes belles figures bien mieux mises en exergue dans la presse spécialisée anglo-saxonne que chez nous. Raison de plus donc pour rappeler qu’il existe depuis 2011 dans notre pays une Association nationale de la chasse au féminin qui tiendra d’ailleurs son assemblée générale en août dans la Somme. Contact à l’adresse mail suivante : 17.septembre.99@agmail.com

1/Voir notamment nos archives des 16 novembre 2015 et du 18 mars 2018.

2/ Outre les armes de ses sponsors, Ulrika chasse orignal, sanglier, chevreuil, gibier d’eau, avec une carabine Remington en 30-06, et deux Merkel, un superposé et un mixte 12 et 7x57.

 

 

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26 février 2019

La brisée du chasseur

Sans entrer dans l’imitation de ce qui se passe en vénerie voire dans l’Est où l’empreinte de la chasse allemande est forte, il n’est pas inutile, dans nos battues, de plus en plus nombreuses avec l’arrivée du sanglier, de respecter quelques honneurs simples à rendre au gibier et aux chasseurs.

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Les bienfaits en battue, de la civilisation moderne (téléphones, talkies, etc.) ne doivent pas nous faire oublier que le chasseur est un des derniers représentants de l’humanité qui permet à la civilisation de garder un lien avec le monde sauvage. Rendre les honneurs c’est magnifier un ensemble de gestes et de comportements qui, dans nos modestes chasses communales ne peut certes reprendre tout le faste de certaines grandes adjudications qu’imposent d’impressionnants tableaux. Mais voyons ensemble ces quelques petites choses qui peuvent encore nous lier avec la Tradition.

La « dernière mangeure » gagne du terrain et c’est assurément le premier pas vers cette démarche de respect d’un animal qui, quelques instants auparavant courait en toute liberté, ne demandait rien à personne, et auquel on a subitement ôté la vie. Ce n’est pas un geste anodin, et il mérite, en son for intérieur quand le canon fume encore, solennité et réflexion. Même en cas de tir compliqué, pas de joie débordante : on se satisfait d’avoir tiré juste ou « ben drêt » comme disaient nos anciens, et si bien exécuté, de près, sans même qu’il y ait eu la nécessité de daguer, on a juste la satisfaction du devoir accompli. Le plan de chasse avance, il a été respecté à la lettre dans le choix du gibier , et c’est fortbien ainsi.

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Le rite de la « brisée du chasseur » devrait se faire plus souvent, car il est simple, cordial, et c’est une reconnaissance et surtout, un temps d’émotion dont se souviendra longtemps (1). Il faut donc revenir sur la notion de « brisée » dont relève d’ailleurs également la « dernière bouchée » laquelle, en théorie, ne concerne que les animaux mâles à sabots. Biches et chevrettes devraient donc en être exclues, sinon à leur déposer la brisée sur l’épaule droite, les feuilles vers la tête.  Il doit s’agir d’une essence noble (chêne, épicéa, pin, sapin, aulne, mélèze) qui doit être brisée à la main et non au couteau. Cette branchette relevait autrefois de neuf signes discrets de communication entre chasseurs : grande de la longueur d’un bras, le début du rameau raclé on la laissait au sol ou dans un arbre pour attirer l’attention, montrer une direction, ou encore en la plantant dans le sol, le lieu d’impact ou d’anschüss, facilitant ainsi ensuite la recherche au sang. En cas de danger proche (piège, trou d’eau) on l’enroulait en cercle et on la suspendait à une branche basse.

Dans les grandes chasses impliquant des cérémonies liées au tableau la brisée se remet devant l’ensemble des participants, une seule même si on a tué plusieurs animaux, les sonneurs accompagnant la remise des fanfares appropriées. En ce qui concerne nos humbles chasses communales elle est remise par le président, le directeur de chasse, le chef de ligne, le guide (lors des chasses d’approche en été) soit en fin de traque ou de chasse. On se découvre, l’autorité locale trempe légèrement le rameau dans le sang encore frais de l’animal et le remet avec les félicitations d’usage, le récipiendaire échangeant une poignée de mains avec le remettant. La tradition veut que ce rameau repose sur une dague, un couteau à dépecer, ou en l’absence, un couvre-chef. Si l’animal a été blessé, et retrouvé soit par une recherche au sang, soit bien plus loin, grâce aux chiens, le tireur partagera sa brisée en deux avec le conducteur ou le chef-piqueux qui la fixera au collier du chien au précieux nez.

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La brisée se porte côté droit (2) du chapeau ou de la casquette, uniquement le jour où la pièce a été abattue. Les jeunes chasseurs pour leur premier animal font l’objet d’un « baptême » où l’on trace sur leur front une croix avec le sang et en plus de la brisée on leur remet une touffe de soies (pour le sanglier) ou de poils de l’animal à sabot. Tout cela s’accompagne bien sûr de fortes félicitations pour encourager le jeune impétrant à persévérer toute sa vie dans la voie de St-Hubert, et de nombreuses libations accompagneront tous les toasts devant être portés de la main gauche. Quelques belles voix dans la compagnie pourront alors entonner « …les honneurs nous lui les sonnons en chœur, car c’est un grand veneur qui a conquis les âmes et les cœurs. La compagnie est très fière de le voir, c’est un heureux présage qu’il soit y à nos côtés ce soir ».

En principe « qui tue, vide ». Mais s’il existe, et c’est souvent le cas dans nos campagnes, des spécialistes de la chose (anciens bouchers notamment qui expédient en une demi-heure là où un débutant y mettrait l’après-midi !), l’heureux tireur se doit de les assister, ne serait-ce que pour examiner attentivement le cheminement de ses tirs. Avant de prendre congé, parmi les derniers, car une invitation s’accepte dans son ensemble sinon on la décline, l’heureux tireur ne manquera pas de remercier la direction de chasse, le garde s’il y en a un, le maître de meute, car sans les chiens…il n’y aurait pas de chasse !

1/Pour l’auteur, qui s’en souvient comme si c’était hier, c’était il y a bien longtemps, pour avoir mis fin alors qu’il était seul, (à « Couillonville » et au bout du monde !) de la longue cavale d’un vieux charbonnier chassé à vue par la meute et qui avait déjà pris 5-6 coups de fusil. Le néophyte de l’époque fut bien benêt quand il vit s’approcher, spectacle épique et inattendu pour un jeune chasseur débutant, le piqueux, chapeau à la main, tous les chiens ameutés autour de lui, la brisée à la main…

2/En opposition à la brisée de deuil qui se porte côté gauche du chapeau, et que lors de la mise au tombeau on prend de la main gauche pour la porter au cœur et la jeter ensuite dans la tombe en dernier hommage à un vieux compagnon disciple comme nous en St-Hubert. Quand c’est possible, s’il y a des sonneurs, les cors sonnent alors hallali et fin de chasse.

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