FCM 25

14 novembre 2018

De la convergence des armes doubles

On ne s’en soucie guère quand on va à la chasse, mais on sait seulement depuis Courally que, par convention, les deux gerbes de plomb doivent, sur un douze, se rejoindre à 35 m (1), ce qui implicitement donne à penser qu’à 60 m et plus, elles s’écarteraient de plus en plus en ciseaux…ce qui limiterait donc pour de simples raisons d’efficacité balistique, sans même parler de la résistance du gibier…le tir de loin !

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De fait, même avec nos meilleures machines de production actuelle sauf à forer simultanément deux tubes dans un bloc d’acier, (ce que fort peu de marques se risquent à faire à des prix compétitifs), il est difficile de faire des canons impeccablement réglés, ad vitam aeternam, pour tirer au même point d’impact (2). Il faut en effet comprendre, par exemple dans un classique « deux coups » juxtaposé (ou express à balle) que, pendant que la charge file en haut vers la droite, le canon fait la même chose. Dans le canon gauche c’est en haut vers la gauche que ça se passe, et c’est pour compenser ce phénomène qu’il faut, selon une patiente alchimie, jouer de cales et de réglages qui ne sont pas à la portée du chasseur, (et même de l’armurier !) moyen.

A cela s’ajoutent des variables comme la charge de poudre, les poids de projectiles (plombs ou balles), du fusil, température ambiante, voire conformation de l’arme à la morphologie et au poids du tireur (3). L’idéal, serait d’avoir en tête une charge fixe, ce qui est plus aisé reconnaissons-le sur une arme rayée. C’est d’ailleurs ce qui est conseillé sur certains express neufs, réglé avec un certain type de munition, le résultat en cible étant fourni avec l’arme. D’usine on a dessoudé et soudé à nouveau les canons jusqu’à obtenir la convergence la meilleure à une distance donnée, toujours avec la même munition qu’il est donc fortement recommandé d’utiliser. C’est marqué sur la notice !

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Empiriquement, si on a affaire à une arme dont on ne sait rien du réglage, sans avoir un bon armurier à proximité, et qui n’est pas satisfaisant, on devrait après quelques essais jouer sur la variation de la charge. En effet, celle-ci, si elle traverse plus vite le canon plus la force exercée sur l’arme est importante, la fera plus reculer, ce que l’on constatera en cible avec un fort écart de groupement entre les canons droit et gauche. Si l’on ne joue que sur la charge de poudre, on risque le même résultat. Il faudrait donc théoriquement jouer à la fois sur le poids de la charge, et celui de la poudre, lents tâtonnements encore possibles si on est patient et qu’on recharge soi-même à l’arme rayée. Bien sûr ce sera moins déterminant à plombs où, cependant, l’on se rend compte néanmoins à l’usage d’une efficacité meilleure selon certaines combinaisons. Par exemple une cartouche très rapide sera plus efficace à 35 m avec un trois quart de choke qu’un full dont on sait que le fort rétreint perturbera la gerbe. Et dans l’autre sens une cartouche lourde mais lente, méritera être plus chokée, c’est ce qui explique l’avènement des rétreints spéciaux venus le plus souvent des USA et qui coûtent un œil qu’on visse au bout des automatiques pour aller au marais ou à la hutte.

1/La distance de convergence est également selon ces convenances issues des réflexions du théoricien belge, de 33 m pour un seize et 30 m pour un vingt.

2/Le canardouze utilisé à la hutte est ainsi conçu pour optimiser la gerbe de deux cartouches tirées en même temps sur les grosses poses. Mais il s’agit toujours de deux canons assemblés et réglés pour ce faire.

3/ Trop de pente sur une crosse par exemple fait tirer bas.

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12 novembre 2018

Winchester 1911 : le pire des semi-autos ?

L’épisode fait partie de la légende de l’histoire armurière quand le génial inventeur J.M.Browning proposa en 1898, au patron de Winchester Thomas Benett les plans du fameux Auto 5. Ils travaillaient ensemble depuis une bonne vingtaine d’années et Benett comprit vite le potentiel de l’arme, au point qu’il mit immédiatement sur le projet une batterie d’avocats sur les brevets pour, au minimum, bloquer la concurrence. Mais ça coinça sur les exigences de l’inventeur, notamment des avances sur royalties, et un pourcentage sur chaque arme vendue où Benett put craindre un précédent par rapport à tous les inventeurs avec lesquels il traitait habituellement.

JMB coupa court à ces atermoiements, vint récupérer à Newhaven (Connecticut) son prototype, les plans, et surtout les contrats on le devine particulièrement gratinés pensés par les avocats de l’entreprise. On connaît la suite : il fila à Liège proposer à la FN Herstal sa trouvaille avec le succès que l’on sait : quatre millions d’exemplaires vendus en presque un siècle, de 1903 à l’orée de l’an 2000 ! Mais ce qui est moins connu chez nous, c’est qu’en raison des taxes de protectionnisme américain, la FN fut obligée de se tourner aux USA vers le concurrent direct, Remington (puis Savage) pour sortir en copie conforme un « modèle 11 » immédiatement réussi puisqu’il en fut vendu 600000 jusqu’après-guerre en 1948.

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Winchester qui se devait de réagir mit en lice ses meilleurs ingénieurs…pour contrer l’offensive, mais ils butèrent…sur le nœud gordien des brevets concoctés par leurs propres juristes ! Le technicien Thomas Johnson qui s’y colla ne pouvait conserver  que le seul principe général du long recul, mais pas le petit levier de culasse qu’on connaît tous, ni les fameuses bagues de friction qui ont fait la renommée de ce système. Il le reconnaissait d’ailleurs avec humour : il lui fallut bien dix ans pour contourner les subtilités juridiques concoctées par sa propre entreprise ! Il dut employer notamment à la place des rondelles métalliques de friction, des pièces en fibre qui non seulement devaient être remplacées périodiquement, mais surtout se décomposaient au fil du temps amenant un recul de tous les diables qui finissait par esquinter la crosse. Néanmoins (voir photo ci-dessus à g.) il y avait un certain air de famille entre les deux armes : on reconnait bien le fameux Auto 5 à sa « bosse » en dessous.

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Par ailleurs, le système de réarmement, particulièrement biscornu, amena les premiers accidents. Il s’agissait, en fait, d’empoigner le milieu du canon où une zone guillochée de préhension était prévue voir cliché ci-contre à dr., à pleine main, et de le faire reculer pour faire monter une cartouche. Bien sûr, des petits malins trouvèrent plus facile d’effectuer la manœuvre en appuyant le bout du canon sur la botte…au risque de faire un trou dedans et de perdre quelques orteils ! Pire, certaines cartouches (à l’époque en carton ne l’oublions-pas) gonflant à l’humidité et bloquant le cycle, les plus résolus…et imprudents…calaient la crosse contre un mur ou par terre pour forcer à deux mains au risque d’en perdre soit la tête, soit la vie, voire les deux à la fois !

Les ventes de 1911 à 1917 ne purent jamais atteindre les 100 000 exemplaires, et ne reprirent ensuite que quelques années de 1919 à 1925. Il fut taxé par la presse US de « pire semi auto de tous les temps », et même de « faiseur de veuves » !  Ce 5 coups fait en 12-16-20-28 ressemblant de loin à son illustre concurrent et au clone de chez Remington était néanmoins plus léger et mieux équilibré, et ses problèmes récurrents de crosse -à quelque chose malheur est bon- incitèrent Winchester à lancer des recherches pionnières en matière de noyer et hêtre stratifié qui purent resservir ensuite pour d’autres productions. Cette vieille arme excentrique est intéressante ne serait-ce que pour constater tous le jus de crâne qui fut nécessaire pour contourner tous les brevets protégeant l’Auto 5.

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 Les collectionneurs de ce dernier d’ailleurs ne s’y trompent pas pour admirer …au fond d’un coffre-fort le plus souvent, ce concurrent malheureux de leur arme de prédilection. Certains, de nos jours, sont même parvenus grâce aux technologies modernes à le doter de pièces de friction acier, plastique haute résistance ou kevlar, mais sans pouvoir vraiment améliorer le maniement de sécurité qui reste redoutable. Il est en effet préférable si on arrête la chasse en cas de bredouille, de tirer tout le magasin…plutôt que d’effectuer la fastidieuse et dangereuse manœuvre du canon illustrée ci-contre à g. qu'il fallait effectuer à chaque fois pour faire monter une cartouche ! Et, pour la même raison, une fois chargé, difficile de savoir où on en était…sinon   se remettre de nouveau en danger en trifouillant le canon d’avant en arrière ! En 2005 encore, cinq collectionneurs, et deux policiers bien dubitatifs devant cet engin qu’ils ne pouvaient connaître (fin de production en 1925 on l’a vu) arrivèrent à se blesser, de même que, plus récemment encore, un armurier face à une arme tellement bloquée qu’il dut forcer à deux mains en empoignant le canon…et y perdit un doigt !

Winchester qui avait donc raté la vague des premiers semi-autos, ne revint sur le marché que bien plus tard, et encore en tâtonnant pas mal comme nous venons de l’expliquer dans l’envoi précédent, avec les modèles 50 et 59 après-guerre, et enfin le 1400 cette fois bien plus abouti.

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10 novembre 2018

Les automatiques à court recul : l'expérience tourna...court !

Souvent éclipsé par son illustre prédécesseur le long recul du fabuleux Auto 5, ce système fut  vite mis sous l’éteignoir par l’emprunt de gaz quand ce dernier prit le pas sur le long recul au mitan des années soixante. Par contre il aurait été bien étonnant que ce système, très présent dans l’arme de poing, ne soit pas tenté sur les armes longues de chasse.

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Sur les années 1955-1971, Browning avait déjà tenté le coup avec le Double Auto « Twelvette » . Il s’agissait d’un paradoxal (pour un semi-auto s’entend !) « deux coups » déjà très innovant conçu par Val Browning qui se vendit tout de même à 67 000 exemplaires, grâce notamment à sa déclinaisons de boitiers multicolores. L’époque était à ces recherches tous azimuts et c’est sans doute Winchester avec ses modèles 50/59 qui incita Browning à sortir entre 1987 et 1993 la série A 500 R et A 500 G, la première (R)  à court recul, la seconde  (G) classiquement « à gaz ». Nous y reviendorns plus loin. 

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Le Winchester 50  mérite qu’on s’y attarde un peu car son système de « chambre flottante », n’en déplaise aux puristes, relève  effectivement du court recul. En effet,  il s’agit d’une adaptation de ce que Winchester avait déjà trouvé pour la fameuse « carabine US » ou M1 pour la petite munition dite 30 Carbine (7,62X33). Ce dispositif détaillé en bleu sur la vue ci-contre à d. accueillait certes un canon, mais sans  cône de forçage, tout ça étant inclus dans une chambre flottante agissant comme un petit piston reculant, au coup de feu d’un dixième de pouce.

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Ce simple et très court mouvement suffisait à déverrouiller l’ensemble mobile vers l’arrière, et un ressort de rappel le repoussait ensuite vers l’avant où il attrapait au passage une nouvelle cartouche. Le modèle 50 (1954-1959) était tout acier, mais le 59 (1959-1963, et conservé au catalogue jusqu’en 1965) particulièrement novateur car en alliage et disposant du canon Win-lite, soit un mince tube d’acier enveloppé d’un treillis de 500 miles de fil de fibre de verre fabriqué par Corning Glass Works. Il fut aussi un des premiers fusils de chasse de grande diffusion (196 000 armes vendues au total) à disposer –nous sommes en 1960 rappelons-le- de chokes adaptables en trois options : lisse amélioré, middle, full. Le gros problème c’est qu’il était difficile à entretenir, notamment le démontage du canon et de la fameuse chambre flottante nécessitant des outils spécifiques. Il faut dire aussi que Winchester époque John Olin n’insista pas trop là-dessus, dès que furent concluants les premiers tests positifs du modèle 1400-1500 à gaz, produit ensuite pendant trente ans et à des millions d’exemplaires !

Browning de son côté, lança l’A-500 R en 1987,  (ci-dessous à dr.) par souci de polyvalence et cycler toutes les cartouches que le fameux Auto 5 ne pouvait avaler sans permuter les bagues de friction en bout de magasin. A partir de pièces fournies par la FN à Liège, il était fabriqué au Portugal au moment où la fabrication de l’Auto 5 s’en allait au Japon. L’amélioration de la cinématique jouait sur un canon et verrou toujours solidaire au départ, mais le premier nommé très vite arrêté par un insert et renvoyé vers l’avant par un ressort tandis que l’ensemble mobile continuait de reculer débloquant un court verrou rotatif, extrayant dans le même mouvement la cartouche tirée. Ce déverrouillage faisait aussi monter une cartouche du magasin et le court verrou rotatif sous l’action d’un ressort en revenant en avant chambrait une nouvelle cartouche. Par rapport au long recul c’est le tarage de ce fort ressort qui gérait bien mieux l’écart de charges entre les cartouches, que la fastidieuse cinématique de son illustre prédécesseur.

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Par contre il reculait plus, et de mauvais ajustements bois métal, notamment à la poignée amenaient des fissures, et pour mal faire,  d’entrée il y eût une campagne de rappels car lors de tirs intensifs avait été détectée une rupture de pièce dans le bloc-détente. Les armes  ayant bénéficié de cette campagne de reprise sont frappées de la lettre H sur le pontet. Au même titre que le Cynergy pour les superposés, ce fut un des plus gros flops enregistré par une firme qui eût bien du mal comme on le voit à gérer la descendance du fameux Auto 5. Au prix également de curieux errements de marketing avec cette sortie quasi simultanée (1987-1993 pour la série R à court recul, repère lettre rouge sur le boitier et 1990-93 pour le G « à gaz », lettre dorée) de deux armes aux technologies si différentes. Ces tâtonnements de l’époque expliquent aussi l’étrange association avec le groupe transalpin rival pour fabriquer le B 80,  avant de se lancer sur le B 2000…qui n’a pas non plus laissé un souvenir impérissable !

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09 novembre 2018

Tirer assis ?

Là, je pense qu’on va s’attirer quelques réactions sur les « réseaux sociaux » comme on dit, voire au niveau des instances cynégétiques car il n’est sûrement guère conseillé de pratiquer ainsi dans le code de l’examen du permis de chasser. Mais qui n’a jamais fait tomber dans cette position, sur une longue existence de chasseur, parfois même en saucissonnant « sur le pouce » une palombe égarée ? D’ailleurs pourquoi le siège de battue n’est quasiment jamais interdit, contrairement à la bretelle ?

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Au poste s’il est toujours suggéré de ne jamais approvisionner l’arme posée sur les genoux, et encore plus de tirer dans cette position, le siège possède cependant quelques avantages intéressants. D’abord il nous camoufle, abaissant la silhouette humaine dont il casse la ligne, permettant aussi au regard d’évoluer au ras de la végétation basse, de s’y intégrer. L’immobilité qui suit est également gage d’invisibilité car on évite de piétiner de long en large, de faire du bruit. Le siège en position haute permet aussi, sans effort de se lever de manière traditionnelle debout pour tirer et dans de meilleures conditions car, confortablement installé le chasseur, non fatigué sera plus stable et plus précis en théorie pour tirer. Même assis assez bas, de manière improvisée, situé tout en bout de ligne, au diable bouilli de l’ensemble de la chasse, à « Couillonville », en pleine vue, sans possibilité de se camoufler, alors qu’il fallait impérativement finir le plan de chasse (et recommandation donc de tirer même les « dérobards »), j’ai vu faire un grand brocard qui arrivait en pleine vue sur plus de 300 m. Il suffisait de placer sa main gantée devant le visage, pour ne lui offrir sur toute cette distance qu’une masse informe d’où partit, finalement, à 15 m, le coup de fusil fatal…

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Aux chasses d’affût, pigeon ou gibier d’eau, où les périodes d’attente sont longues il est bien agréable de pouvoir poser un moment ses fesses quelque part. On retrouve dans cette position les arguments de confort, mais aussi de camouflage déjà évoqués plus haut, mais aussi une manière de mieux surveiller le ciel car l’angle de vision s’élargit non seulement de gauche à droite, et surtout bien plus loin vers le haut. Le fait d’avoir à se lever pour tirer de manière traditionnelle peut se montrer un atout si on est patient et qu’on laisse le temps à la pose de se rassurer. C’est surtout là qu’on peut aussi tirer vraiment assis, même par terre si on s’est bien positionné, genoux à 45°, jambes plus écartées que la largeur des épaules. L’astuce c’est de se pencher un peu en avant à hauteur de la taille, le coude gauche sous le méplat du genou gauche (si on est droitier). Pour un tir plus précis, comme à l’arme rayée, la bretelle peut aussi s’enrouler sous le coude pour affermir la prise, notamment avec un fusil qui recule, qu’il s’agisse d’une carabine ou une canardière en 12, de 2,4 kg avec de « grosses » cartouches ! Comme on le voit, tirer assis, même confortablement, n’est pas forcément une sinécure…

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08 novembre 2018

Remington Core Lokt, bientôt octogénaire

La fameuse boîte jaune et verte s’empile sur nos étagères comme dans les boîtes à gants des pick-ups aux quatre coins du monde, c’est la munition grand gibier la plus vendue sur la planète, et il y a 25 ans, en 150 grains (9,72 grammes) c’était encore la « balle universelle ». Sans fioritures et pas chère, elle reste néanmoins d’actualité, notamment pour ceux qui vont débuter chez nous au sanglier.

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Cette balle « tablette » comme on dit au Québec, c’est-à-dire « toute cousue » fit un tabac dans les années 50-60, même si elle datait déjà un peu (1939) parce qu’elle offrait d'entrée un bon équilibre entre sa qualité balistique et ses coûts. Sa fabrication était simplissime : une masse de plomb dont la chemise de cuivre était verrouillée (d’où le terme lokt) permettant une grande perte de poids initial (jusqu’à 80%) dans les 8 premiers centimètres de pénétration et une expansion rapide qui lui fit la réputation et la publicité de « champignon le plus vénéneux » de la forêt. Elle s’est longtemps tirée la bourre avec la Winchester Powerpoint dans une époque où les balles « premium » ou techniques n’étaient pas largement diffusées. Elle a juste un peu évolué en 1980 en présentant des parois un peu plus minces.

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En effet, si Bob Nosler mit au point sa fameuse « Partition » dès 1946, cette dernière ne fut chargée par Federal qu’en 1977, et les premières balles à noyau soudé (Bonded core) ne l’avaient précédé que d’une dizaine d’années, mais de manière confidentielle car protégées par de nombreux brevets. Ce n’est qu’à partir des années 90 que se développèrent les premières balles hybrides, les alliages cuivreux, et encore un peu plus tard du fait de la législation de certains états US (Californie notamment) les « sans plomb ».

La Core lokt régna donc en maître dans tout l’après-guerre pour la chasse de tous les grands gibiers nord-américains, de l’emblématique « white tail » ou cerf de Virginie, daim, cerf mulet, même jusqu’à l’élan du fait de sa cinquantaine de calibres proposés (en gros du 6 Remington au 300 Ultra Mag), les principaux employés restant le 30-30W, les 270-243W, le 30-06 (1). Le fait qu’elle n’ait pas disparu du circuit des chasses américaines qui donnent un peu le tempo des munitions mondiales, est bien expliqué sur les forums qui lui sont consacrés.

 Tout le monde n’a pas forcément besoin, (surtout chez nous en France où la battue reste le premier critère d’appréciation), de munitions capables de gérer les cas extrêmes de tir. Aux USA, les balles dite « premium » ou techniques qui devaient enterrer la Core lokt (Gameking, Ballistic, Trophy bonded tip, Barnes tripleshok, etc.) étaient censées ajouter de la valeur aux coups longs, aux gros animaux tirés dans des positions inconfortables, ou mal positionnés. Elles furent donc l’apanage des chasseurs nomades ou étrangers ayant payé cher des permis courts de 3-4 jours sur des territoires qu’ils découvraient avec des guides, et donc tenus d’être immédiatement efficaces par tous temps et dans toutes conditions. Les « péquenots » du coin, eux, qui avaient le temps d’observer le terrain, et d’y revenir pour un tir à portée, continuaient d’employer leur munition de base, souvent tirée depuis des années de père en fils, et bien maîtrisée.

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Est-elle pourtant sans défauts ? Sa forme moins profilée est certes plus sensible au vent, mais elle est généralement utilisée à moins de 300 m (2). Sa pénétration est moindre, et sa précision n’est sûrement pas de qualité match, du genre de celle qu’offre les balles Berger ou Sierre Matchking. Mais dans les mains d’un bon tireur et avec arme et optique réglée elle est donnée pour 1,5 pouce (presque 4 cm) à 100 m…soit une boîte d’allumettes, et donc largement de quoi atteindre, si on s’applique un peu, la zone vitale de tout grand gibier ! C’est surtout son coût, qui est, si on sait profiter de certaines promotions (3) saura la rendre attractive chez nous car elle permettra de ce fait de beaucoup tirer, (voire, mieux encore, de s’entraîner) pour être parfaitement opérationnel dans la fourchette 50-100 m qui est celle, extrême, du tir de battue dans notre pays.

1/Les poids de balles vont de 100 grains pour le 243 Winchester par exemple (6,5 grammes) à 405 grains (autour de 26 grammes) pour le 45-70 Gvt, calibre de battue par excellence.

2/Même si les films de snipers feront toujours vendre l’idée de tirs à 300 m voire plus popularisés de plus par un tas de vidéos de chasse sur le Net, les statistiques US montrent que la plupart des tirs y sont effectués à moins de 150 m. donc un peu plus loin que chez nous, mais pas tant que ça. Une grande partie des cerfs de Virginie sont ainsi faits, à la billebaude, en remontant les pistes, souvent autour de 100 m.

3/ Les soldes de certaines grandes surfaces d’articles de sport la proposent à 26 euros la boîte de 20, ce qui avoisine le prix des balles techniques pour fusils lisses, voire certaines cartouches à plomb de haut niveau. C’est aussi parfois, trois fois moins cher que ses munitions rayées concurrentes de haut niveau…qui n’apporteront rien de plus aux distances usuelles de battue.

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06 novembre 2018

Browning BAR : cinquante ans de succès

Voilà bien une carabine que l’on voit partout à la battue, très largement associée au 300 WM, mais pas seulement car elle a, en quelque sorte, donné d’entrée le « la » des armes semi-automatiques dans l’univers jusque-là plutôt traditionnel de la chasse au grand gibier.

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Avant sa sortie en 1967 (le projet ayant mis un an à murir) les carabines à verrou se taillaient la part du lion, et le calibre 7X64 semblait presque « français » (1) tant il était universellement répandu chez nous. Ce, grâce au fait qu’il n’était pas catalogué « de guerre » selon l’inepte classification des armes en France à cette époque. Côté semi-auto elle se heurta juste un moment à la concurrence du 280 Remington et du modèle 7400 (2)  judicieusement importées en France par Rivolier, mais proposa dès le départ la possibilité de tirer des magnums et de nombreux calibres intermédiaires (30-200, 270 W, 308 W, 243 W, etc.) qu’elle « avalait » sans coup férir, sa conception technique étant parfaitement maîtrisée par Bruce Browning petit-fils du fameux JMB, et les équipes liégeoises qui la conçurent, la fabrication filant vite ensuite au début des années 70 vers le Portugal.

Son nom BAR reprenait le patronyme d’un célèbre fusil-mitrailleur mais sans véritable lien technique hormis l’emprunt de gaz actionnant un verrou rotatif à sept ergots. La première version tint à peu près dix ans, la seconde à partir de 1976 proposant de nombreuses améliorations de détail comme le frein de bouche BOSS. A partir de 1993, la Mk IIII proposa des lignes plus arrondies et de nombreuses versions à crosse composites ou camouflées, et le succès de cette carabine ne se dément toujours pas. Du fait des accords de groupe, la Winchester SX-AR lui est très semblable et elle a servi de base en 1993 à l’Acera, une des première tentative de carabine linéaire, depuis remplacée par la fameuse Maral.

Ce qu’on sait moins c’est qu’en 1997 elle fut proposée en sept calibres dans une assez rare (BPR) carabine à pompe, et qu’elle tenta avec la FNAR de s’imposer mais en vain sur le marché US de la sécurité et des forces de l’ordre. Même chose dans le domaine de la précision et du militaire avec la Mk III DBM, où elle se heurtait à toutes les déclinaisons des AR 10 et 12, omniprésentes sur le marché US, son démontage-entretien s’avérant également plus compliqué. Dans notre pays, en dehors de ses réelles qualités pratiques et des offres nombreuses de calibres (30-06, 300 Winchester magnum, 308 Winchester, et 9,3X62) on peut expliquer son succès par le fait qu’elle offrait des lignes élégantes assez proches avec l’amorce de la fameuse « bosse » du célèbre Auto 5 qui tenait encore, en 1965 le haut du pavé du marché des semi-autos à canons lisses. L’ergonomie s’en rapprochait beaucoup avec la sécurité derrière le pontet et le magasin tombant juste devant. On pouvait aussi jouer sur la qualité des bois de grande I ou II qui étaient proposés.

 

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1/Cette munition fut conçue en pleine Grande Guerre en 1917 par l’allemand Wilhelm Brenneke. Elle est assez semblable au 30-06, 280 Remington avec des balles de 9 à 11 grammes qui conviennent bien à tous les gibiers français offrant vitesse rapide, trajectoire plate, et recul réduit.

2/ Devenu 7500 maintenant où la plupart des marques font des carabines semi-automatiques : citons Benelli et son Argo, les Sauer 303, Winchester SRX, Haenel SLB, Merkel SR1, etc.

 

 

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04 novembre 2018

Carabine : une autre attitude

On ne badine pas sur la sécurité à la chasse en général (1) et c’est fort bien ainsi, mais à l’arme rayée c’est encore autre chose. A pratiquer les deux soit lisse et rayé, il faut bien se dire qu’il y a bien pour ce dernier un « état second » soit un cran de plus en matière de sécurité de maniement, mais plus encore dans l’environnement du tir.

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En lisse à la battue on tire chevreuils et renards au plomb « comme d’habitude » pourrait-on dire depuis une bonne dizaine d’années, alors que ça implique du fait des proximités dans la ligne, des rassemblements bref une pratique « collective » qui incite à être encore plus attentif que d’habitude. A balles franches il faut en rajouter une couche en matière de précautions car certains projectiles qui règle à presque cent mètres peuvent aller fort loin, jusqu’à près d’un km, tirés sous certains angles où leur masse et leur puissance résiduelle, plus de 500 joules feront bien plus de dégâts que la « terrible » 22 LR dont on nous a tant vantés la létalité !

Avec une carabine, tous ceux qui en emploient une plusieurs fois dans l’année vous le diront, on entre dans un nouvel état d’esprit. Tous ceux qui ont « fait leurs classes » autrefois le savent, le danger est bien plus large et présent avec ce type de munitions, et l’examen du poste, et l’environnement du tir est encore plus incontournable et précis. Sommes-nous près d’habitations, d’un chemin, d’une prairie caillouteuse, d’un plan d’eau, de clôtures ? Tout ça doit être soigneusement considéré, avant même le fameux angle des 30 degrés, et de l’impératif « tir fichant » ! Tous les projectiles, il faut bien se le dire, ricochent et un vrai tir fichant doit se faire sous un angle vertical inférieur à ces 30 degrés appliqués habituellement au seul maniement horizontal. Si le mirador rassure, il faut néanmoins que ce tir ne « s’allonge » pas comme on dit. On l’a vu dans le dernier envoi la majorité des tirs de battue se fait à moins de 50 m. le fait d’être placé sur un point haut et donc de mieux voir arriver le gibier ne doit pas tenter le diable d’un tir lointain « à défilement ».

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Au ras du sol, c’est encore pire, l’angle de tir vertical n’est plus que de quelques degrés et tout tir va plus ou moins risquer de ricocher à moins de parvenir à trouver où « enterrer » sa balle. Inutile de dire qu’invité et placé au diable bouilli dans la ligne, et après avoir bien regardé autour de vous, il devra vous arriver souvent de décider…de ne pas tirer du tout ! Le maniement obéit aux règles générales de ne charger et approvisionner qu’une fois le coup de corne long du début de traque sonné, mais plus encore qu’au fusil lisse, le simple bon sens voudrait que tant que les chiens ne mènent pas, et qu’un gibier n’est pas signalé, l’arme reste en position d’attente, soit désarmée. Les armes les plus récentes ont même des dispositifs, les armeurs de percussion, qui permettent, en sus des sécurités traditionnelles, d’être opérationnel d’un seul mouvement du pouce. Sur les plus anciennes rien n’empêche de rester culasse ouverte, le simple mouvement d’approvisionner-armer pouvant, avec un peu d’habitude s’effectuer dans celui d’épauler.

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Les pièges d’environnement à éviter : les postes bas, au fond de talus où on ne peut tirer qu’à l’horizontale ou pire…vers le haut ! Les éboulis, les carrières, les terrains gorgés d’eau, les poteaux, les clôtures, bornes et rochers qui peuvent faire ricocher. Bien repérer, même s’ils sont à des kilomètres, les routes et chemins ruraux ou de randonnée, les passages fréquents de véhicules entre deux bosquets, les activités agricoles même masquées par la végétation mais qu’on devine facilement : tracteur au travail, tronçonnage, bestiaux à l’herbage. Au moindre doute, NE PAS TIRER. Personne ne vous reprochera jamais de ne pas l’avoir fait si vous ne le sentez pas et n’oubliez pas que selon la fameuse loi de Murphy dite des « emmerdes à répétition » tout ce qui peut mal aller, le fera au pire des moments, partout, pour tous, et tout le temps !  

1/Les statistiques de l’ONCFS le montrent, depuis 20 ans le nombre des accidents de chasse diminue, il était de 113 pour la dernière saison dont 21 mortels, et pour la moitié des cas lors des chasses collectives, les chasseurs étant le plus souvent les victimes de leur activité. Ce qui est bien sûr exploité sans vergogne par les anti-chasse de tous bords qui demandent instamment en plus d’un tas d’autres inepties, un jour par semaine sans chasse, particulièrement le dimanche. Il faut savoir que ce dispositif a existé de 2000 à 2003 sous le ministère Voynet, mais fut supprimé par son successeur. Dans notre département il y a déjà un jour sans chasse (le vendredi) et fermer le dimanche interdirait implicitement l’activité chasse à tous ceux qui travaillent en semaine et donc quasiment la chasse tout court…

Prochain envoi : un bel exemple de carabine de battue, la Browning BAR.

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02 novembre 2018

Arme rayée : débuter au sanglier

On vient de le voir, le sanglier déboule chez nous, les battues improvisées font irruption dans le calendrier jusqu’ici bien réglé des plans de chasse chevreuil, les voisins dans la ligne ont des carabines, l’éventualité du tir à l’arme rayée s’impose de plus en plus et le fait de commencer à y réfléchir sérieusement va en titiller plus d’un…surtout qu’on approche de Noël !

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Par où commencer ? Ce site avait un peu débroussaillé le sujet (1) par l’aspect tir du chevreuil d’été en généralisant un peu l’affaire et en considérant tout de même qu’il fallait rester polyvalent, tout le monde n’ayant pas les moyens de s’acheter plusieurs armes spécifiques. Nous allons rester dans ce créneau en écartant d’entrée les armes à levier de sous-garde (2), et les hauts calibres (3) qui vont plutôt concerner les titulaires d’actions en grandes forêts où on risque à tout moment de rencontrer des gros sangliers de plus de cent kilos et aussi des grands cerfs.

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Celui qui va se lancer sans trop oser y mettre trop d’argent ira vers l’occasion, ce qui, depuis quelques mois le fera impérativement passer chez l’armurier désormais incontournable pour toute transaction entre particuliers. Les express lui rappelleront certes la morphologie et le maniement des armes lisses, mais sont habituellement chers du fait de la qualité de fabrication requise. Les armes à verrou descendent d’un cran, mais leur emploi (sauf pour ceux qui ont des souvenirs sous les drapeaux du « 49 modifié 51 » !) est biscornu, surtout face aux récentes « linéaires » mais qui boxent côté revente dans la catégorie supérieure. Restent les semi-auto, nombreuses, éprouvées depuis le temps (BAR et dérivées) assez intuitives pour qui a déjà manié un « automatique ».

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On y mettra pour rester dans la bonne habitude d’avant et de tirer les deux yeux ouverts, un point rouge, moins cher qu’une lunette de battue, voire d’une tout-terrain dont le grossissement commence généralement à X 3 ou 4 donc un peu fort pour la battue. Dernier point à ne pas négliger, la longueur du canon : le standard est à 60 cm, mais il existe sur le marché de nombreuses carabines légères, à canon court, qui sans parler de performances diminuées en vitesse, peuvent également occasionner plus de recul. Ce dernier est à prendre en compte sur les armes rayées, plus que sur les armes lisses (4) car l’appréhension qui lui est liée est source de « coups de doigt » qui font immanquablement tirer bas. Le maniement de l’arme nouvelle entériné, le « confort » du tir, par essence ici plus précis, n’est pas à négliger.

Voyons maintenant les calibres. L’intérêt est d’aller dans les « moyens » (7-8 mm) les plus courants et où il y a le plus d’offre en munitions. Le choix de balles (il démarre à 6,2 grammes par exemple pour le 270 W) vous permettant de démarrer renard-chevreuil, et de « monter » facilement ensuite à la bête noire. Dans notre pays le 7X64, le 280 Remington, le 270 Winchester risquent de vous être proposés assez souvent car, avant 2013, ils n’étaient pas affublés de l’inepte caractéristique d’être catalogués « de guerre ». Ils sont assez proches avec des balles autour de 7-10 grammes, des vitesses de 700-800 m/s, une puissance atteignant toujours les 3000 joules à 100 mètres. La distance de tir à la battue, on le sait grâce aux statistiques de l’ONCFS est bien en deca, 45 mètres, et c’est bien suffisant pour faire tomber, si la balle est bien placée, un animal de moins de 100 kg. A tout prendre, via le choix impressionnant de rechargements proposés, le 30-06 qui est en passe de surpasser le trio précédent sera un bon choix : il y a des balles à 14 grammes, une plus grosse section, un peu plus de peps vers 3500 joules.

Autres calibres US très fournis en choix de balles, le 308 Winchester, le 7 Remington Magnum, le 270 Winchester short magnum, très rapide, mais qui n’a pas réussi à détrôner son ancêtre datant de 1925. Au tout début de l’échelle le 6,5X55 qui va jusqu’à 2500 joules est encore concerné par notre sélection tout comme, à l’autre bout, le 30 Blaser, le 300 Winchester Magnum (calibre fétiche de la Browning BAR dont nous parlerons bientôt) et surtout les 8X57 JS et JRS.  Les balles sont plus grosses (14 grammes), ont plus de section et font toutes entre 3 et 4000 joules.

1/Voir notre archive du 14 avril 216 « et s’il fallait passer à la carabine » ?

2/444 et 450 Marlin par exemple, grosses balles, forte puissance à moins de 100 m prisées dans la traque, mais non polyvalentes.

3/35 Whelen, 9,3X62 ou 9,3X74 R

4/Notre pays affectionne les armes « light » en lisse et il y a quelques fusils qui traditionnellement « cognent » comme les Bretton, mais sans les écarts que l’on trouve pour les armes rayées surtout quand on opte « vers le haut » vers certains calibres dits « virils ». Le 460 Wheatherby magnum qui, pour l’Afrique tire des balles de 32 grammes et 7000 joules de puissance d’arrêt à 100 m est réputé reculer comme cinq fois un de nos calibre 12 !

Prochain envoi : l’arme rayée, une autre attitude !

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30 octobre 2018

Sommaire sur les chokes Beretta

L’auteur y ayant été confronté (avec un Black Onyx Pro), tentons de faire le point sur l’utilisation des chokes Beretta, assez compliquée, surtout depuis que Benelli est entré dans l’orbite du groupe et qui a mis au point des étranglements assez similaires aux options Optima et Optima plus mais non compatibles…alors qu’avant Benelli utilisait des Mobil chokes qui eux, l’étaient !

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Le cas peut aussi se trouver d’utilisateurs de SA assez courants comme les A 391 Urika affleurants, qui deviendront dépassants par exemple dans certains superposés ! Les plus courants sont les anciens Mobil chokes qui, à partir de 1980 allaient dans les semi-autos A 300 et les 686, avec, déjà une option bille d’acier toujours estampillée SP. Ne pas oublier aussi qu’à l’époque où seuls existaient ces Mobil chokes les fabricants de chokes spécialisés (Briley, Carlson, Gemini, etc.) pouvaient faire aussi des chokes adaptables, dépassants ou non pour la remonte ou le sporting.

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Et que Beretta a aussi fait des Mobilchokes spéciaux et rares pour les premières versions des A 302 et A 303 où le corps de tube n’était pas fileté mais lisse et fixé par un collier à la bouche du canon. Les premières versions du DT 10 également nommé Vandalia ont aussi proposé des modèles ressemblant aux Optima mais non interchangeables avec ces derniers. Enfin, les mentions PB pouvaient inciter à quiproquo, certains les interprétant comme Pietro Beretta alors qu’il s’agissait du symbole chimique du plomb.

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C’est à partir de 2000 que sont apparus les Optima siglés OC (Optima chokes), OBS (Optima bore sporting) et OBF (Optima bore field) complétés en 2003 par les Optima chokes plus aux parois plus épaisses pour le A 400, Xtreme, Xlite, DT 11, et en 2008 les Optima HP (hautes performances) pour les Perennia et Prevail dans une période de généralisation des charges lourdes acier, ces derniers n’étant ni interchangeables ni utilisables avec les Optima précédents.

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Que faire donc en cas de doute ? Même si le pas de vis semble passer, vous n’êtes pas sûr d’avoir le resserrement qui correspond à la nomenclature annoncée, et au pire, l’adaptation ne peut être que sommaire : vissage incomplet, dépassement imprévu. Il y a des risques importants que ce bidouillage ne résiste pas à la pression, et dans tous les cas il est impératif de consulter un armurier vendeur de la marque qui saura vous conseiller utilement.   

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26 octobre 2018

La fermeture "Aiglon"

Il nous est arrivé ici (1) d’effleurer rapidement le sujet de ce verrou original qui possède la particularité d’être toujours fabriqué sur des armes d’exception, qui plus est françaises, pouvant rivaliser avec les meilleures fabrications artisanales anglaise ou italiennes.

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On peut penser que ce verrou doit son nom à sa forme qui n’est pas sans rappeler le bec d’aigle et qui fut breveté en 1913 par l’armurier stéphanois Aimé-Cœur Tyrode installé depuis 1902 au 66 cours Fauriel. Reprenant le principe du double Purdey, il remplace le second crochet par cette forte pièce à la forme particulière et très efficace car le point d’attache est au plus près du tonnerre là où s’exercent les plus fortes pressions. Voir flèche ci-dessus à g.

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Ce verrouillage est si fort qu’il peut même se suffire à lui-même, même pour des express et fut commandé dans ce format par des armuriers comme le vosgien Berntheisel  (ci-dessous à g.) dont on voit passer encore de fort belles réalisations de nos jours sur les sites d’enchères en ligne. En 1933 c’est un fusil à platines doté de cette fermeture qui fut offert au président Lebrun lors de sa visite à St-Etienne.

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Le plus intéressant c’est que, même rare, ce type de système a su perdurer jusqu’à nos jours grâce à une lignée d’armuriers stéphanois, dignes successeurs de leur inventeur : Henri Guichard en 1934, puis Georges Granger (meilleur ouvrier de France 1968) et, depuis 1981, Richard Lévy qui lui succéda au bout de 15 ans de collaboration. Depuis 2010, les Ets Granger dirigés par R.Lévy ne sont plus à St-Etienne, mais installés au cœur de la Sologne à Lamotte-Beuvron et proposent toujours ce système, au prix bien sûr des armes artisanales d’exception construites sur mesures et à l’unité.

1/ Voir nos archives des 23 janvier et 23 mars 2015.

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