FCM 25.00

14 juillet 2019

Des fusils de chasse ... à barillet !

On risque bien de nous dire que ce genre de pétoires n’existe pas chez nous, et a fort peu de chances d’y voir le jour, mais s’agissant de calibres douze il est toujours intéressant pour nous autres chasseurs hexagonaux, de voir à quelle sauce « exotique » et « piquante » ils ont été mitonnés…

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La guerre du Vietnam et ses enseignements où on utilisa, comme lors des conflits précédents d’ailleurs (1) les qualités de « déblayeur » du 12, à pompe comme en semi-automatique conduisit pas mal de chercheurs à creuser le concept consistant à envoyer une « pluie » de projectiles devant augmenter les chances de toucher au combat une cible cachée par la végétation. A la fin des années 70, l’ingénieur américain John Winter proposa ainsi le SWAT Triplex 18, un semi-auto à gaz et canon de 22 pouces (ci-contre à g.) au-dessus de deux magasins tubulaires de 9 cartouches chacun. L’idée était de tirer en alimentant avec un seul magasin, soit alternativement les deux, remplis de munitions différentes adaptées à la cible : par exemple un coup de chevrotines et un autre de balles, voire si l’opposition présentait moins de danger, des projectiles en caoutchouc. Un concept amélioré ensuite (1990-93) par la firme sud-africaine Truvel Neostead, mais dans un système à pompe à douze coups. Les deux concepteurs, Tony Neophytou et Wilmore Stead avaient choisi l’option d’une culasse fixe et d’un canon flottant (comme le Jack Hammer que nous allons voir plus loin), la configuration bullpup permettant de conserver le canon long tout en restant globalement plus compact.

On sait néanmoins que le prototype SWAT obtint un succès de curiosité car testé en 1989 par la base navale de Norfolk pour les Navy Seals et les transports sécurisés de l’industrie nucléaire, le concept étant dans l’air du temps du fait du programme CAWS lancé en 1980 dont l’objectif était de fournir une arme à feu de nouvelle génération capable de tirer plusieurs projectiles puissants opérationnels à la distance 100-150m dans le cadre vu plus haut des combats de jungle. Smith and Wesson y souscrit avec le prototype AS3, de même que Heckler und Koch associé à Winchester pour les munitions.

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 L’arme la plus aboutie de ce programme fut le Pancor Jackhammer (brevet de 1987) de l’ingénieur Jonh Anderson, (ci-contre à dr.)dont le tambour de 10 coups était prévu tirer à cadence élevée (240 coups/minute) des projectiles spéciaux de calibre 12 : chevrotines, fléchettes, mini-grenades, balles perforantes. Un dispositif permettait même de piéger ce tambour pré chargé en usine, et scellé d’un film plastique pour en faire… une mine improvisée laquelle, en marchant dessus, aurait estropié l’ennemi en déclenchant le tir simultané des dix cartouches ! C’est le coût de ces munitions spéciales, et sans doute le fait que cette petite firme ne faisait pas partie du puissant establishment des armes US qui condamna ce prototype dans un programme vite abandonné, le théâtre des opérations ayant considérablement changé, de la jungle du Vietnam aux déserts de l’Irak, en quelques décennies.

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Mais l’idée n’a pas été oubliée et plus récemment, SRM propose aussi  (ci-contre à g.) pour la défense et les forces de l’ordre (selon la législation changeante des états), une arme (copiée par les turcs Atlas Forces et Commando Arms) à magasin rotatif de 4 tubes que l’on peut également choisir donnant de 8 à 16 cartouches, et même 28 si on emploie les petites minishells Aguila ! Un autre préparateur Mark Roth sur base éprouvée de Benelli M2, cette fois pour le tir sportif aux trois armes sur silhouettes métalliques, propose aussi (3000 dollars environ) un SA à canon de 21 pouces qui permet 26 coups de réserve. Là aussi, le but est tout en étant compact de disposer d’une puissance de feu tout en choisissant des cartouches permettant de s’adapter à toute situation.

1/ Voir notre archive du 4 février 2015 sur les fusils de chasse employés à la guerre.

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28 juin 2019

Pause estivale

Les habitués de ce petit site le savent, chaque été, pour cause de départ en villégiature dans un endroit où les connections internet sont aléatoires, la périodicité habituelle de parution des papiers qui est de 2-3 par semaine, va s'estomper et passer à 2-3, dans l'été. La reprise du rythme habituel se fera autour du 20 septembre.

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 L'occasion de souhaiter, en cette période de canicule, de bonnes vacances au soleil pour tout le monde, et de donner quelques statistiques : nous atteignons le cap des 312 000 entrées au rythme moyen de 300 par jour, la provenance étant de 58% la France, et sans surprise, 35% des Etats-Unis et du Canada, l'auteur étant familier des sites anglo-saxons particulièrement riches et étoffés du fait de la législation et des usages chasse et armes dans ces contrées. La page la plus lue, faut-il s'en étonner, est celle consacrée au tutoriel de démontage du fusil Darne...ce qui nous vaut bien une demande par semaine d'évaluation et d'identification ! N'en jetez plus, la cour est pleine...

L'auteur remercie tous ceux qui lui prodiguent régulièrement des encouragements, et continuera de répondre personnellement aux messages adressés via la messagerie de l'hébergeur qui "filtre" les accès. Nous en profitons pour rappeler une fois encore que ce site n'est pas un forum, et qu'il n'y a jamais eu d'ouverture, pour éviter les trolls et autres nuisances, aux questions-réponses sur un sujet donné : les plus "épineux", dès qu'ils sont abordés en ce qui nous concerne, étant la prolifération du loup en France, et assez curieusement le 22 long rifle.  Par contre nous répondons directement quand c'est dans notre domaine de compétences. Bonnes vacances, amitiés armurières et cynégétiques à tous. 

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27 juin 2019

La chasse aux ennemis des cultures...en 1818 !

En pleine période de régulation corvidés, voici une évocation intéressante de la manière dont on procédait autrefois un peu partout bien avant que certains « egologistes » se mêlent de tout…

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Début XIXè, et ça valait également chez nous, les agriculteurs des Etats-Unis naissants, la guerre d’Independance venant à peine de se terminer, subissaient les affres d’un climat continental austère, s’escrimaient à défricher pour des cultures régulièrement dévastées par toutes sortes de bestioles dont les loups qui, en une seule attaque pouvaient égorger cent brebis, les ours, voire…les écureuils dont chaque homme adulte était sommé par la loi, d’en exterminer cent par an !

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A l’automne 1818, la fin de la guerre avait libéré des hommes suffisamment déterminés et bien organisés pour décider de faire un gros coup le 24 décembre sur le comté de Medina (Ohio) où convergèrent cinq cent hommes répartis en quatre groupes qui convergèrent au lever du jour au son des trompes mettant moins d’une minute à faire le tour de cette enceinte portant sur une trentaine de kms. Il y avait de la neige, les ruisseaux étaient gelés, des rabatteurs armés de piques et de bâtons, des chiens gardés en réserve, tout le monde ne tirant que vers le centre malgré le danger (1), les tireurs les plus expérimentés montant dans des arbres pour effectuer des tirs fichants.

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A midi, un conseil de guerre permit de faire une pause et de décider d’arrêter de tirer les cervidés (wapitis, cerfs mulets et de Virginie) pour repartir de plus belle et forcer les derniers animaux dans un vallon et tuer au total 300 cerfs, 17 loups, 21 ours et un nombre incalculable de dindons, renards et autres ratons-laveurs. Le soir tombait, l’argent de la prime (15 dollars par tête de loup) fit envoyer promptement à la ville voisine deux émissaires chargés de ramener in petto, sur un char à bœufs, un gros baril de whisky pour égayer les agapes autour d’un barbecue sur la carcasse du plus gros ours abattu. On décida, certains ayant à effectuer une bonne vingtaine de kms à pied en retour, de créer un comité chargé de répartir au petit matin, le gibier dans une ambiance mémorable qui se poursuit encore de nos jours avec le « buzzard day ». Une fête touristique bâtie mi-mars, sur le mythe (2), du retour chaque année autour de cette époque de ces charognards qui, parait-il, auraient mis à l’époque, un bon trimestre à assainir le secteur…au point qu’ils y reviendraient fidèlement tous les ans depuis 1818 !

1/Il n’y eût qu’un seul blessé à la jambe et à l’épaule qui, par bonheur, survécut.

2/Ils y viennent en fait bien plus tôt, nicher dans les hautes falaises de la région dont ils sont devenus l’emblème.

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22 juin 2019

Peur du recul et calibres dits "virils"

Dans le choix d’une arme, le recul n’entre pas forcément en première ligne car on peut se laisser influencer par le look, les effets de mode, l’opinion des uns et des autres. Les armes modernes offrent toutes désormais une précision suffisante, disons de la minute d’angle à 100 m ( 2,9 cm ou une pièce de deux euros si on veut, pour résumer), et bien tirer signifie que tout un chacun doit être capable d’en tirer parti.

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Oui mais voilà, manipuler tranquillement une arme à l’étal de l’armurier, ou tirer confortablement au stand pour essai est bien différent de la réalité du terrain où il faut improviser, dans le « sale », l’accidenté, la végétation rebelle. Là, deux minutes d’angle ( une boîte d’allumettes ) peuvent suffire voire même un peu plus, mais tout se complique si on a fait le choix d’un calibre qui « cogne », l’appréhension du tir pouvant alors faire passer la précision d’un demi-mètre à portée de ragot !

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N’importe qui peut tirer sans coup férir avec une 22LR sans trop de technique, mais pas avec certains calibres (1) qui exigent de se familiariser, et au moins de tirer avec, plus d’une centaine de cartouches par an. L’augmentation du recul n’est pas linéaire, mais exponentielle et obéit à quelques notions simples : pour le poids de l’arme, 10% de plus diminue d’autant sa réaction, et pour les munitions plus 10% de poids de balle et de vitesse augmentent de 20% le recul. Donc, il suffit d’observer les tables balistiques pour comprendre qu’en se basant sur un 7 Remington Magnum (balle de 160 grains à 850 m/s) qui secoue juste un petit peu sec plus qu’un douze, un 375 HH (balle de 300 grains, 700m/s) va doubler la sensation de recul, un 458 Lott (500 grains, 650m/s) en rajouter une louche autour de deux fois et demi, et le 416 Weatherby Magnum (400 grains, 730m/s) un petit tiers de plus que tout ça car il s’agit une carabine, a priori plus légère qu’un express dont certains peuvent avoisiner les dix kilos.

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Dans la peur du recul peuvent entrer en ligne de compte : une arme mal conformée, un état physique amoindri, le stress lié à la montée d’adrénaline. Parmi les premières conséquences, la « claque » d’un épaulement hasardeux, mais surtout le « retour d’optique » qui peut toujours surprendre, même avec des calibres moyens dans certaines conditions de tir très fichants où il faut « rentrer » dans la lunette pour ajuster le gibier sur le réticule. On peut y pallier par des bonnettes, des lunettes montées plus en avant, des points rouges, et pour l’équipement des crosses leur adjoindre des plaques de couche munies de pads épais ou techniques.

Supposant que ces critères résolus aient amélioré les choses, l’autre problème est lié à la balistique de ces calibres dont puissance et vitesse peuvent déjà faire dévier l’arme de manière significative avant même que la balle ait quitté le canon. Il s’agit donc, même pour quelqu’un d’aguerri avec un calibre « medium » de revoir l’épaulement qui doit être plus rigoureux, au fond de l’épaule et non plus au petit bonheur la chance occasionnant un écart latéral, assez haut cependant pour éviter une remontée inopinée de crosse qui fera monter le coup. Il faut, de plus épauler fort et en ligne pour que la crosse n’ait aucun jeu horizontal, la « technique » d’épaulement n’étant plus ici nécessaire pour rendre le recul acceptable, mais bien pour le gérer tout en restant précis autour des 1-2 minutes d’angle promis par ces armes aux distances usuelles de tir.

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Si l’on suit les forums, on se rend compte qu’en Afrique où la plupart de ces calibres forts sont couramment employés, cette précision est régulièrement atteinte car aux mains de gens qui s’appliquent et surtout s’entraînent avec des armes différentes à ce qu’ils emploient habituellement. Les conseils des guides, sur le terrain, sont d’ailleurs de tirer quelques boîtes de douze magnum, puis avec sa carabine avec des charges légères qui rendront acceptables ensuite les pleines charges.

1/Citons pêle-mêle parmi les quelques « brutes » qu’il importe de savoir dompter avant d’espérer en tirer quelque chose : les 338 Weatherby et  Lapua Magnum, le 375 Remington Ultramag, le 378 Weatherby Magnum, les 416 et 460 Weatherby magnum. Tous les Nitro Express et autres fusils d’arrêt, boxent dans une autre catégorie car plus lourds, et se tirent le plus souvent sans optiques, aux visées « fer » et reculent autrement. Voir à ce sujet la belle vidéo sur le Net du 700 NE fabriqué par l’Atelier Verney-Carron calibre certes énorme, mais toujours tirable parce que l’arme est parfaitement équilibrée.

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18 juin 2019

"Précision guidée" : les limites pour la chasse

La lecture de la technologie militaire fait parfois froid dans le dos. Depuis quelques années, une firme texane (1) propose un système qui permet quasiment à n’importe qui, de devenir un véritable « sniper », expert du tir à longue distance.

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C’est un peu l’aboutissement de systèmes d’armes sophistiqués et coûteux connus dans l’aéronautique avec le concept d’illumination laser et du tir « fire and forget » (tire ou appuie sur la détente et oublie ou passe à autre chose, le matériel faisant alors le reste) pour certains missiles. Sur à peu près n’importe quelle carabine, quel que soit le calibre peut se monter un système complexe (boussole, centrale inertielle, télémètre laser, capteurs divers) asservi à un serveur wi-fi qui calcule tous les paramètres assez fins du tir. Plus besoin d’un « spotter », cet assistant du binôme de tireurs militaires qui fournit au sniper distance, angle, température, caractéristique de la munition, vitesse et axe du vent. L’ordinateur intègre et digère tout ça et l’associe à l’illumination laser qui intervient plusieurs fois par seconde, et peut donc se caler également sur tous les déplacements en dessous de 50 km/h. Dans l’absolu il existerait la possibilité « d’éclairer » et de « traiter » plusieurs cibles en même temps !

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Pour simplifier, il suffit donc grâce à un petit bouton, d’enclencher le système, et de s’appliquer à faire coïncider le réticule avec la cible « illuminée » par le laser. Tant que vous « tournez » autour, même détente enfoncée, rien ne se passe. Mais dès que vous collez enfin à la cible, le tir s’effectue tout seul et immanquablement, droit au but ! Bien sûr un tireur expérimenté peut désactiver au besoin, et passer en « manuel », mais la révolution de ce système tient en deux termes : plus besoin d’un long apprentissage pour tirer précisément, et surtout beaucoup plus loin aux moyennes et longues distances. Etant ici sur un site de chasseurs-tireurs qui, par force, connaissent les calibres de base, sachons que des tests précis ont été effectués avec des tireurs inexpérimentés, dont l’efficacité dépasse dès lors celle des meilleurs militaires : dans le mille à 500 mètres pour le 223 Remington (5,56X45 OTAN), 800 mètres pour le 308 Winchester ou 7,62X51 OTAN), et jusqu’à 1600 mètres pour le 338 Lapua Magnum (8,6X70). Tout ça parfois avec des personnes n’ayant parfois jamais tenu un fusil !

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Les supports, on le comprend aisément, furent au départ militaires (AR 15 pour le 223 R, 308W), mais sont accessibles bien sûr, aux carabines traditionnelles à verrou, par exemple en 300 Winchester Mag. La connexion informatique permet aussi des accès « réseaux sociaux » qui font craindre « en vrai » des parallèles établis avec certains jeux de tir bien connus qui peuvent effrayer les pouvoirs publics en matière de sécurité particulièrement aux Etats-Unis où les armes, selon la législation des états, circulent parfois librement et avec les conséquences que l’on sait…Le coût du module (20 000 euros) peut limiter bien sûr les candidatures, mais son succès (liste d’attente importante aux USA) obligera sans doute à bien « tracer » un système sans doute impossible à utiliser légalement chez nous où le tir de chasse longue distance est a priori interdit (2). C’est ce qui explique l’embargo sur certaines lunettes intégrant des télémètres performants ou les dispositifs de visée et de tir nocturne.

1/ Trackingpoint. Voir les nombreuses vidéos explicites sur le Net.

2/La distance limite de 300 mètres est généralement admise en France à ne pas dépasser, même en montagne, pour le tir éthique du grand gibier.

 

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15 juin 2019

Figures de l'Ouest : Johnny Clem (1851-1937) le vaillant petit tambour

Enterré au cimetière national d’Arlington (Virginie), voici l’extraordinaire destin d’un petit orphelin, engagé à dix ans pendant la guerre de Sécession, et qui finit l’équivalent d’un général de brigade chez nous.

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Agé de dix ans, bouleversé par la mort de sa mère dans un accident de train, il suivit des troupes de soldats de passage, fut refusé bien sûr partout, mais s’obstina à coller au train d’un bataillon de volontaires du Michigan qui finirent par le prendre pour mascotte et lui donner la charge de tambour, non combattant en principe, mais souvent également secouriste et courrier. Il suivait la troupe avec des bottes d’adulte trop grandes pour lui, et un uniforme bricolé par ses aînés.

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La bataille de Chikamauga (septembre 1863) aux confins de la Georgie et du Tenessee, le fit connaître car il y fut blessé par des éclats d’obus, et lors d’une retraite fut oublié sur un caisson d’artillerie où on l’avait perché. Le colonel confédéré Walker menaçant de le sabrer s’il ne voulait se rendre le gamin lui adressa avec son fusil à la crosse raccourcie à sa taille un coup de fusil qui le blessa.

On le fit prisonnier, le délestant de son uniforme et surtout de sa casquette fétiche percée de trois balles. Echangé, il fut encore fait prisonnier plus tard lors de la garde d’un train, les Sudistes s’emparant de l’affaire à des fins de propagande contre les forces de l’Union soi-disant si affaiblies qu’elles étaient contraintes d’envoyer des enfants-soldats au combat. Sans doute pour contrer l’affaire l’Union le bombarda…sergent, à 14 ans il fut et  restera certainement, comme le plus jeune sous-officier de l’US ARMY !

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14408686_f496Il participa ensuite à plusieurs batailles, dont celle d’Atlanta où il fut blessé deux fois, son cheval tué sous lui comme messager du général Logan. Il rengagea en 1870, échoua plusieurs fois, car quasi illettré, à l’entrée à West Point, mais le général Ulysse Grant, qui l’avait eu sous ses ordres, et devenu utilement en 1868 président des Etats-Unis, intervint en personne, car il était devenu une légende, pour le faire nommer sous-lieutenant !

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 Ensuite sa carrière suivit le cours de celle de tous les officiers : capitaine en 1882, lieutenant-colonel en 1895, colonel en 1903, brigadier général en 1915, participant notamment à la guerre hispano-américaine.  Après 53 ans de service actif, à sa retraite en 1916 il était le dernier ancien combattant de cette guerre civile qui fit 620 000 morts en quatre ans, et il fallut une instruction personnelle du président Woodrow Wilson… pour qu’il ne rengage pas pour la campagne de France de 1917 !

 

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12 juin 2019

22 LR : 1975, le "coup de tonnerre" CCI Stinger

Première 22 LR hyper véloce, la CCI Stinger « piqua » la curiosité de tous les utilisateurs du populaire petit calibre, nimbée déjà d’une auréole de cartouche « qui pète », et trop mise à toutes les sauces dans une période où cette munition basique était encore bonne « à tout faire » dans nos campagnes.

Il y avait bien une « 22 » dans toutes les familles sans qu’on s’intéresse trop aux arcanes de la balistique ni qu’on comprenne que cette piquante Stinger n’était pas vraiment une munition « de chasse » aux nuisibles (pour laquelle le 22 Mag existait déjà), ni vraiment de tir précis, mais un système total allongeant au-delà de cent mètres le tir d’une munition datant de 1887, les hautes vitesses ayant déjà été défrichées en 1930.

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Commercialisée avec l’attrait d’une nouveauté « décoiffante » (1) dans les années 1976-77, l’idée était, dans un étui plus long (0,71 pouce ou 18mm) que la normale (0,595 pouce ou 15,1mm), permettant d’y mettre un peu plus d’une poudre très lente, l’astuce, pour rester dans la dimension standard (25,4mm) de la munition, une balle plus courte et légère (32 grains) que la normale qui est de 40 grains. On voit bien ci-contre à g. la différence  structurelle entre une 22 LR "normale" (à g.) et le fameux bolide (à dr.) Un tel cocktail était bien sûr fait pour des canons longs de carabines à verrou, et à l’époque encore largement fournie en semi-automatiques à culasses flottantes, le gain de vitesse et de puissance (de 15 à 20%) furent plus ou moins bien acceptés selon les armes. Le cycle pouvait être perturbé par l’étui plus long, notamment dans le tir aux armes de poing où là, on décuplait l’énergie d’une munition basique pour titiller, avec une balle minuscule de 32 grains dans un canon de 4 pouces, celles quatre fois plus grosses des standards de l’époque (7,65 voire 9mm) ! Voir ci-dessous les dégâts de son tir dans la plasticine. Avec, en plus, la réputation poussée par les concurrents soucieux de protéger leurs produits, d’user les canons, et de générer des points de pression plus importants (2), certaines marques (Ruger entre autres avec son 10/22 Target) recommandèrent de ne pas l’utilise,r notamment dans les armes de match aux chambres plus finement usinées.

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Néanmoins la polémique aidant, un peu dans le genre de celle actuelle autour des « énormes » balles Aguila SSS de 60 grains…tout le monde (3) se mit un peu à faire de ces petites balles très rapides avant qu’on se rende compte que l’on perdait en précision ce qu’on gagnait en puissance, le projectile se déstabilisant lorsqu’il passait en subsonique vers cent mètres, distance courante d'utilisation de ces petits projectiles. La solution fut donc trouvée avec les hyper véloces actuelles qui sont toutes remontées à 40 grains. La CCI Stinger reste donc encore plus rapide que ces balles qui ont suivi et avec un peu plus d’énergie, mais en étant moins précise et surtout plus sensible au vent latéral.

Performances comparées à 50 m : une 22 LR standard de 40 grains file à 260m/s et tape 100 joules (4) ; une HV actuelle en 40 grains 300m/s et 137 joules ; la CCI Stinger 400m/s et 169 joules. Mais à 100 m, les HV de nos jours sont proches en puissances : 111 joules contre 121 tout en étant plus précises et groupant mieux. Dans l’option « varmint », certains sites, avec du bon matériel donnent un carré de 60cm à 200 m. avec les hyper véloces actuelles. 

1/Aux USA, des fabricants comme Green Mountain firent parfois des canons à chambre spéciales avec taux de torsion différent, et c’est même en France (Senix) que fut fabriquée une variante « perforante » à pointe acier.

2/Ce qui peut se discuter car s’il y a plus de vitesse, une balle de 32 grains a moins de surface d’appui et donc de friction.

3/Citons pêle-mêle : la Remington Yellow Jacket (33 grains), la Viper (36 grains), l'Aguila Supermax (30 grains), la Winchester Varmint HE (37 grains)

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4/ Pour donner une idée du « pouvoir d’arrêt » d’une 22 LR dans l’option « chasse », l’auteur il y a bien longtemps (il y a donc prescription…) dans les années 70, avec une Anschütz 1386 à un coup, identique à celle-ci-contre, visée fer, hausse relevée à fond, en long appui sur un mur, à 92 m (mesurés hé !), avec une subsonique de base pointe creuse, culbuta un garenne, semble-t-il indemne au premier abord ! Etait-il cardiaque ? C’est en examinant soigneusement l’animal qu’on finit par trouver une minuscule goutte de sang, et l’orifice d’entrée sur le flanc. Pas de point de sortie, et c’est pourtant pas trop épais un pauvre lapin n’est-ce-pas ? En dépouillant, mare de sang à l’intérieur, le projectile y avait totalement expansé.

 

 

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08 juin 2019

Le taux de torsion des canons rayés

Il faut bien dire ce qui est, pour les vieux birbes dont nous sommes, habitués de la battue, et fidèles à des outils ayant fait leurs preuves (270W et Core-Lokt en l’occurence), ces réflexions balistiques, par le fait « tordues » nous étaient un peu étrangères, avant que l’offre en balles et en calibres ne se diversifie. Pour rester « in » faut donc se documenter.

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L’explosion –c’est bien le cas ici de le dire- de calibres et de projectiles proposés oblige à des choix qu’il faut comprendre. La construction des balles a évolué, il y a maintenant pléthore de sans plomb, des ogives monométalliques coiffées de  polymères, des balles « premium », comprenez de haute qualité (et de prix !)  à  coefficient balistique élevé. Sans même recharger, l’offre « usine » s’est élargie et il peut sembler bon de vérifier si les « nouveautés » correspondent bien au « taux de torsion » des rayures de votre vieux canon…

Exprimé en tours par pouce (25,4 mm), c’est le calibre, la longueur de la balle, sa forme et sa vitesse qui déterminent un taux optimal souvent déterminé d’ailleurs par le CIP ou le SAAMI à destination des fabricants. Le plus courant est de 1/10 (un tour pour 10 pouces), il y a moins de torsion à grande qu’à basse vitesse, par contre à la même vitesse une balle plus longue et plus lourde en méritera plus (1). Plus de taux de torsion amène plus de pression et d’usure, surtout si on emploie des balles légères et frangibles à chemise fine.

Certains calibres courants, comme le 222-223R peuvent même varier de 1/7 à 1/14, là où un voisin comme le 22-250 par exemple n’en proposera qu’un (1/12). La raison en est simple : conçu au départ pour une petite balle de 55 grains au taux de 1/14, on se rendit compte au Vietnam qu’il fallait plus gros (77 grains), et le taux s’accéléra à 1/7 pour faire tourner plus vite ce plus fort projectile. Le 22-250 efficace, mais passé de mode, resta sur sa balle de 55 grains, tout comme le 220 Swift d’ailleurs en gardant leurs taux de 1/14. Ci-dessous : autant de balles différentes pour le 222 Remington…le taux de torsion, on le devine  doit donc s’adapter.

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Le choix de ce taux a pu consacrer certains calibres, et en envoyer d’autres aux oubliettes de l’histoire. Le 243 Winchester prit le taux idéal et passe-partout de 1/10 pour ses balles de 100 grains quand Remington avec le 6 mm et surtout le 260 le prit aussi, mais pour pousser des grosses balles de 160 grains, là où il aurait fallu 1/8. Ce dernier fait d’ailleurs (voir notre dernier post) le succès grandissant du 6,5 Creedmoor qui pousse des balles de 140 grains. En sens inverse, si tous les 30-06 sont en 1/10 c’est tout bonnement parce que, au départ, il fut conçu pour pousser une balle militaire de 220 grains, descendue ensuite pour les chasseurs autour de 150-170 grains et sans conséquence pour la précision selon l’adage "qui peut le plus peut le moins". Avant tout achat de balles nouvelles performantes, notamment pour le tir long, voire le nuisible ou l’affût-approche, il est prudent de bien examiner leurs spécifications ou tout bonnement de demander conseil à l’armurier le plus proche.

1/Avant les poudres sans fumée, les lourdes balles Minié étaient poussées dans des canons au taux de 1/78 !

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06 juin 2019

Le 6,5 Creedmoor va-t-il tout emporter ?

Nous avons déjà abordé ici (1) la genèse de ce calibre nouveau, né il y a dix ans, dont le succès US laisse présager un destin mondial car tout le monde s’y met : encartoucheurs, marques d’armes, et que ne débutent sur le Net les polémiques sur son emploi à la chasse.

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Issu de l’univers du tir longue distance US pour concurrencer le 308 Winchester car aussi sinon plus précis, mais avec 42% de recul en moins (ce qui est appréciable pour des gens tirant beaucoup), il n’a pas tardé à glisser vers le monde des chasseurs du cerf de Virginie influencés par le film « American sniper »... Son (petit ?) calibre déjà pourrait poser question, et le réserver à l’affût-approche comme c’est un peu le cas dans les pays scandinaves où le 6,5 est un best-seller depuis plus de cent ans pour prélever même les gibiers les plus lourds comme l’élan. D’ailleurs, en 1927 le célèbre auteur et concepteur Thomsen Whelen, créateur du « 35 » du même nom, n’hésitait pas à le placer aux côtés du 30-06 comme une des deux meilleures cartouches de grand gibier au monde !

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Signe qui ne trompe pas, les grandes marques de cartouches font déferler en Amérique du Nord des kyrielles de chargements (15 chez Federal), ou Hornady qui en propose plus encore que de 30-06. Browning qui débute là-dedans vient de l’inclure dans sa gamme avec une balle Sierra Matchking, et même Remington le propose dans sa vénérable (75 ans) Core-Lokt ! Pour les armes, tout le monde le fait avec des carabines légères : Remington avec son modèle Seven qui propose d’autres munitions, mais sa 783 Varmint ne fait que ce 6,5 au prix bon marché de 650 dollars. Browning propose sa X Bolt qui n’existe pas en 30-06, et surtout Steyr dans sa célèbre Scout, pourtant destinée initialement à tirer la cartouche de 308W choisie par Jeff Cooper de Gunsite Academy, la fait désormais en 6,5 Creedmoor…Ci-contre à dr. une arme Savage pour ce calibre. 

Conçue pour une balle de 140 grains, la munition (2) est polyvalente dans la limite des 300 mètres, mais offre surtout précision et énergie (plus de 1200 Joules) à 800 mètres, ce qui peut tenter, mais pas en France (3) les adeptes du tir lointain. A la limite, ce calibre pourrait intéresser celui qui, dans l’optique « varmint », voudrait remplacer sa 222 R en ayant à l’esprit la composante sanglier qui s’impose de plus en plus partout. Mais là, on trouvera sur le marché de l’occasion, et à pas cher, du 270W qui marche bien et depuis fort longtemps. Intrinsèquement, son calibre nominal est au minimum légal, et sa puissance à la bouche (3300 Joules) est bien au-delà du minimum de 2200 Joules requis, mais il risque fort d’être regardé de travers à la battue où on pense depuis longtemps « que le Bon Dieu est du côté des grosses balles »…

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1/ Voir notre archive du 8 novembre 2017.

2/Les performances à 100m du 6,5 Creedmoor : balle de 120 grains 780m/s et 2654 Joules ; balle de 130 grains : 900m/s et 2960 Joules ; balle de 140 grains : 780m/s et 2750 Joules.

3/La législation du 1er août 86 intervient sur les organes de visée. Si l’on tient compte que la zone létale d’un chevreuil est de 10 cm, d’un chamois de 20 cm, d’un cerf de 30 cm on se rend compte qu’au-delà de 300 m, on n’est plus guère dans le domaine du tir éthique  de chasse : la balle, même bien placée, n’étant plus trop sûre de bien faire son boulot.

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04 juin 2019

Le 270 Winchester Short Magnum n'a pas enterré son aîné

Le mieux est-il l’ennemi du bien ? En 2003 quand il est sorti, le 270 Winchester Short Magnum semblait vouloir pousser son illustre aîné (datant de 1925 !) vers la sortie, et envoyer aux oubliettes de l’Histoire ce calibre emblématique du fusil de sport à verrou polyvalent.

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Popularisé par le journaliste et écrivain-chasseur spécialiste du tir des ongulés à longue distance Jack O’Connor, le 270 et ses balles de 90 à 150 grains était souvent associé à une autre vedette de la chasse américaine du wapiti, la carabine Winchester modèle 54, et les limites des poudres des années trente l’ont boosté, après-guerre, quand arrivèrent sur le marché, les surplus de productions plus lentes et progressives. Il est toujours parmi les plus vendus dans le monde, et peut même s’employer en battue du fait des nouvelles balles apparues récemment sur le marché, tant qu’on ne table pas sur de très gros animaux.

Issu du 4O4 Jeffery (tout comme le Remington Ultramag) le 270 WSM ne doit pas faire oublier, dans le même esprit de recherche de vitesse accrue sur une action courte, le 270 Weatherby magnum apparu en 1943 sur base de cartouche de 300 HH. Sa cartouche très courte (7,04X72,64) en forme de petite bouteille (10% plus petit que les deux autres 270) permet des boitiers courts et allégés, et avec une même balle de 150 grains, elle gagne 100m/s par rapport à son illustre devancière. Par contre, son taux de torsion (1/10) nuit à la stabilité des « grosses » balles de 170 grains et plus pour lesquelles il faudrait « tordre » les rayures jusqu’à 1/8. Une problématique qu’a su résoudre le 6,5 Creedmoor, ce qui explique son succès grandissant…Nous y reviendrons dans le prochain envoi.

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Autre écueil pas trop bien vu par les fabricants, la longueur des canons employés sur des carabines semi-auto au canon trop court de 52, là où il aurait fallu 62 ou mieux 66 pour exploiter au maximum le potentiel des poudres modernes…ce qui ramène les performances au niveau du prédécesseur (1). Ajoutons à cela la forme « bouteille » qui peut poser des problèmes d’alimentation selon les armes, mais aussi le prix des munitions (2), des armes (3) et de la chasse (même plafond des animaux de poids moyen) on se rend compte qu’il s’agit de bien réfléchir avant de se décider pour ce calibre certes moderne mais également menacé par d’autres nouveautés vues plus haut. Ci-dessous à g. le 270 Winchester face au WSM au centre et le 270 Weatherby à dr. Si le 270 W affiche une forme classique, on voit bien la forme « bouteille » du WSM, et le Weatherby est un magnum ceinturé à fort angle épaulement.

De g a dr 270W, WSM, Weath

1/Comparaison des moyennes à 100 mètres des trois munitions. Le 270 Winchester fait 800m/s et 2500-3000 joules ; le 270 WSM : 900m/s et 3500 joules ; le 270 Weatherby Magnum : 950m/s et 3500-3800 joules.

2/De 40 à 70 euros la boîte de 20 pour le WSM, et moitié moins pour le 270 qui fait souvent l’objet, en plus, de soldes dans les grandes surfaces quand il arrive de nouvelles munitions dans ce calibre demeurant un des dix parmi les plus employés au monde.

3/Le 270 est très courant sur le marché de l’occasion en France car n’étant pas catalogué calibre « de guerre » avant 2013 où on le trouvait un peu partout en concurrence avec le 7X64 et le 280 Remington, trois calibres medium dont les performances sont proches.

Posté par fcm25secretariat à 07:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]