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22 janvier 2022

Animal mythique et chien chasseur : le griffon

Animal mythologique et assemblage bizarre de divers éléments, le chien du même nom souffre tout à la fois de la confusion d’une famille globale (à poil dur, long, laineux) des antiques briquets et barbets, mais aussi de leur polyvalence. A la fin du XIXè, la France qui était en pointe dans le domaine, céda, trahison, la place aux Allemands !

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Il s’agissait, déjà avant la Révolution de chiens « tous terrains » qu’on retrouvait un peu partout en Europe et qui finirent par s’officialiser sous d’autres noms : Spinone, Pudelpointers, Wirehair (en Grande Bretagne), ou chiens d’arrêt à poils durs « drathaar vorstehunde » premier terme pour ce qui ne s’appelait pas encore le « Korthals » en 1880. Dans une période où la chasse britannique donnait le ton, les Français relevèrent le défi d’abord grâce à Emmanuel Boulet (1840-1897) éleveur passionné issu d’une famille d’industriels du textile (ci-contre à g.) qui ne chercha pas comme Edouard Korthals (1852-1896) à créer une race ex nihilo, mais à améliorer l’existant, des griffons d’arrêt à poil long du vieil élevage Govellain. Aidé de Léon Verrier, son chien « Marco » fut, en 1879 le premier chien français inscrit au LOF, suivi de dix autres. De 1880 à 1890 chaque édition du périodique « Le Chenil » consacrait articles et annonces relatives au griffon Boulet.

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Le tsarévitch Nicolas  futur Nicolas II au tragique destin lui rendit visite à Elbeuf en 1897, tout comme Sadi Carnot et Félix Faure, les poils du fameux « Marco » servant même à confectionner de douillets gilets pour les célèbres présidents de la République ! C’est d’ailleurs cette particularité qui lui fit abandonner la partie en 1890 alors qu’il était le meilleur éleveur de griffons de France : il voulait du poil plus dur pour ses chiens, et se tourna donc vers…Korthals dont nous allons bientôt reparler. Il avait embrayé le pas comme sauveur des races d’arrêt continentales du grand parfumeur Aimé Guerlain (1834-1910), petit-fils du fondateur de la célèbre maison de luxe, son père Pierre ayant propulsé au premier rang des stations balnéaires, la petite cité du Crotoy (Somme) autour de laquelle la famille chassait.

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Lui aussi avait envoyé des chiens (ci-contre à gauche) au tsarévitch et acquis la célébrité quand, en 1857 il avait donné sa chienne « Cartouche » issue de l’élevage du marquis de Cherville à Alexandre Dumas l’auteur des « Trois Mousquetaires », et qui la rétrocéda…à Guiseppe Garibaldi le héros de l’unification italienne, ce qui créa une énorme demande dans ce pays ! En 1868 il avait croisé sa souche de griffons picards à des pointers britanniques pour chasser à la mode des « sportsmen », mais malgré d’incontestables succès en concours (1888, « Sacquine » couronnée en « quête restreinte ») à la troisième génération, la race s’effondra : baisse inexplicable du format et des qualités de chasse.

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En Allemagne aussi, dès 1825 le baron Von Borch préconisait la retrempe de leurs griffons, pudels et vieilles races de chiens de troupeaux à poils longs avec des chiens anglais, tendance relatée jusqu’en 1880 dans la presse cynégétique par « Hegewald », pseudo du baron Sigismund Von Selditz (à dr.) qui fut, en 1902 un des artisans de la fixation du « Verein Deutsch Drathaar » pour se différencier du Korthals. En 1870, ce Korthals, éleveur en fait hollandais (ci-dessous à g.) qui cherchait lui aussi à fixer une race de chiens d’arrêt polyvalents mais axés rapport, s’était établi depuis 1873 en Allemagne, puis à partir de 1881 à temps plein dans ce pays, chez le prince Albert von Solms-Brainfelds. De 1863 à 1876 il avait déjà testé 20 chiens de races aussi diverses qu’épagneuls, pointers, barbets, et sur la décennie 1880-1890 avec ces nouveaux moyens, testa encore massivement fixant  en Allemagne (1897) le standard de la race portant son nom et désormais célèbre, partout dans le monde.

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Les tensions internationales de l’époque tranchèrent assez rapidement : les Allemands peaufinèrent un système de classification étroitement associé aux tests de chasse sur le terrain, quand les Français abandonnèrent la partie, les Britanniques malgré « l’entente cordiale » cultivant avec leurs races de chiens d’arrêt leur « splendide isolement ».

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Après-guerre la France dépassait même l’Allemagne en nombre de Korthals (2000 contre 3000) et il y en avait encore 1079 pour 874 Drathaars en 2016. Le grand public (et même quelques chasseurs sans doute ?) a encore bien du mal à séparer ces deux griffons dont le premier est plutôt ébouriffé de partout quand le second (ci-dessus à dr.) est plus grand et au poil plus plaqué et serré. Malgré une tentative louable de l’éleveur Philippe Séguéla en 1990, nos griffons tricolores ne sont malheureusement plus représentés que par l’immortel « Marco » conservé et quasi oublié, dans les vitrines du musée d’Elbeuf…

 

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20 janvier 2022

Le braconnier : cet "insoumis" avant l'heure...

Avant de connaître la célébrité liée au monde politique actuel, le terme put s’appliquer à tous ces chasseurs qui ne purent, ou ne voulurent se conformer à la loi du 3 mai 1844 instituant le premier « permis ». Le   fameux ouvrage « Raboliot », de Maurice Genevoix popularisa une image romantique et passéiste du « loustic » campagnard, jamais bredouille ! "Joyeux, fais ton fourbi…pas vu, pas pris" comme on disait aux Bat d'Af !

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Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’abolition des privilèges n’abolit pas le droit de propriété et les deux « droits » furent toujours au cœur du débat public jusqu’à la loi Verdeille en 1964. Le fermier par exemple prenait à bail les fruits de la terre certes, mais pas le gibier qui, étant « res nullius » …se nourrissait le plus souvent à ses dépens ! C’était encore pire pour le gibier d’eau relevant de territoires immenses et flous (1), les assèchements et poldérisations forcenées (2) compliquant encore plus les choses : flou sur la chasse de nuit, en temps de neige, en bateau ou à distance mouvante des berges : 10 mètres dans le Cher, mais 30 mètres dans la Drôme. Sur le Domaine maritime, les « inscrits » relevant de la « Royale » avaient le permis gratuit toute l’année sur l’estran, plus une zone de 100 à 500 mètres définie par les préfets.

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Dès 1848 la recrudescence de la chasse illégale développa le statut du « garde particulier », jalousé et détesté de tous car défendant la « chasse gardée » qui, en 1863 concernait le quart des 500 millions d’hectares chassables en France. En 50 ans (1845-1895) le nombre des délits passa de 17 000 à 24 000, encombrant les justices de paix et aussi criminelles, le braconnage devenant un des principaux « crimes sociaux » au même titre que le vol, le vagabondage. Des noms bientôt aussi célèbres que les bandits tragiques de la bande à Bonnot défrayèrent la chronique : à Fontainebleau Bichetto fournissait les restaurants du Tout Paris, et abattait plus de gibier que l’adjudicataire officiel le comte d’Aguardo, des bandes écumaient tout l’hiver la forêt de Villers Cotterets, à Compiègne Chebeaux accumulait 60 condamnations, vite dépassé en 1901 à Romorantin par Pivoteau (101) et Rouzier à Montargis (120).

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Quoiqu’ait pu apporter la Révolution, la Chasse semblait détourner le cultivateur de sa tâche, l’inciter à la paresse et la débauche, n’offrant pas, selon le Conseil général du Calvados « cette perpétuité de travail que donnent également le commerce et l’industrie ». C’était donc moins le paysan bien établi, améliorant de-çi, de-là le pot selon les aubaines, qui était visé que la population marginale des brassiers, journaliers, charbonniers gens « sans feu ni lieu », rapidement assimilés « sans foi ni loi » se faufilant dans la zone grise d’une législation qui ne se précisa qu’en 1863 quand se définirent des dates d’ouvertures en trois zones distinctes. S’englobaient dans cette population mouvante surveillée par la maréchaussée à cheval les nomades, trimards, colporteurs des campagnes dont le plus célèbre était le « Caïffa » apportant en campagne le café et toutes sortes de babioles, dont bien sûr les nouvelles d’ailleurs…

Le braconnage, avec ses allées et venues souvent nocturnes de la part d’individus supposés armés, prenant par la violence tout ce qui est défendu, assassins potentiels (3), vivant dans l’errance au fond des bois devint plus puni pour son activité immorale violant la propriété privée que la simple prédation sur le gibier. Les jours de prison ferme, les amendes ne pouvaient avoir qu’un faible effet sur une population insolvable, le plus souvent indigente. En 1850, les gendarmes mis en joue par un braconnier sans permis en Loire-Inférieure (44 actuel) furent même molestés par la population plus ou moins complice. En 1892, les comptes de la justice criminelle montrèrent les faibles taux d’intervention de la Gendarmerie dans tous les départements sauvaginiers du fait, selon la Presse « de la répugnance à se salir des gendarmes hydrophobes » ! De fait, leur action montée, ne concernait que la défense des récoltes, et les gardes champêtres plus au contacts de la population locale fermaient les yeux, par crainte des représailles. Restaient donc les redoutables « gardes particuliers », et les associations naissantes de propriétaires : Société des chasseurs pour la répression du Braconnage (1866 avec le marquis de Nicolay), St-Hubert Club de France (1902, comte Clary).

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L’idée des chasses « communales » qui naquit timidement dans la Marne sous la Monarchie de Juillet ne fit que lentement son chemin avec plus à l’idée l’alimentation des caisses des écoles ou des chemins vicinaux, avant que la politique s’en mêle (Morillot et Graux, 1894-1898), juste avant que la fameuse loi associative de 1901 ne renforce l’idée associative. Le mouvement fit ensuite tache d’huile à partir des Ardennes et de la Meuse en 1908 sans encore concerner la majorité des 600 000 chasseurs de 1914. Le chasseur rural, encore largement un cultivateur étant, pour une bonne part, un individualiste se méfiant fort de ces idées suspectes portées par les « partageux ». En 1876, les Bonapartistes avaient demandé la suppression du permis ou la délivrance de permis hebdomadaires ou journaliers sous l’influence du parlementaire Porphyre Labitte, ardent chasseur de la Baie de Somme avec tant d’entrain qu’on le surnommait « le veneur en eaux courantes » ! Comme quoi le lobby des chasseurs à l’Assemblée ne date pas d’hier…

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Le braconnier avait déjà beaucoup perdu de son statut peu enviable de « criminel social » dont on l’affublait 50 ans avant, et la Grande Guerre en décimant bien sûr également les rangs des chasseurs, changea la donne. La littérature de Genevoix à Louis Pergaux (le roman de Miraut) le fit ensuite définitivement passer de l’image de rebelle à toute autorité à celle du campagnard détenteur des savoirs anciens capable de toutes les ruses pour prendre…et ne pas se faire prendre !

1/Le cadastre de 1862 relevait 1,3% du territoire national en eau.

2/ 5000 ha furent asséchés en Brière sous la Restauration, et en 1837 on fit intervenir l’Armée en Brenne suite à des conflits entre actionnaires et population. Sologne, Brenne, Dombes, vastes territoires à l’économie agricole nulle retrouvèrent tout à coup un intérêt grâce à la chasse.

3/ Le souvenir des bandes de « chauffeurs » sévissant dans les campagnes (1800) était encore proche.

 

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17 janvier 2022

338 WM : la polyvalence passerait-t-elle de l'Afrique au Grand Nord ?

L’Afrique et le 375 H/H Magnum qui semblaient donner le la de la polyvalence (1), au point que le célèbre calibre britannique, avec des « petites » balles arrive dans la battue française, pourrait bien sentir le souffle froid du 338 Winchester Magnum lui caresser la nuque. Comme bien d’autres, ce calibre déjà ancien (1958) auquel passer de « 30 » à « 33 » n’avait pas donné un avantage énorme au départ, bénéficie des nouvelles balles à coefficient balistique élevé, et c'est le blizzard qui glace le gibier sur place. 

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Dans la foulée, deux ans plus tard du 458 (2), c’est le boitier standard semblable au 30-06 ou 270, ouvrant la voie aux semi-automatiques (voir la Browning BAR) qui a fait le succès de ces grosses balles, créneau autrefois européen : 9,3X62 ou 9,3X74R. Weatherby avec son 340 prit un peu le même chemin, un peu plus tard, en 1962. C’est le Grand Nord, dans l’immédiat après-guerre qui avait posé le problème d’avoir à emmener deux armes : du « 30 » pour voyager léger dans l’intérieur montagneux, et plus gros sur la côte dans une végétation dense, tirer à courte distance, et sous le risque permanent de rencontrer des ours. Longtemps le 45-70 servit de palliatif, puis les 375, 416 arrivèrent mais sans couvrir une plage qu’il faut comprendre en visualisant le terrain.

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Dans ces territoires hostiles où il peut faire moins trente dans un vent violent (3), la logistique est importante, on se déplace en traineau ou en moto-neige et à pied avec des raquettes, en emmenant tout un barda (poêle à bois, haches Estwing, pièges, matériel de camp) incitant à emmener une arme à tout faire. Sans même parler des attaques d’ours, l’orignal est un autre animal dangereux et massif tiré rarement à plus de 150m. car les lois fédérales restreignent les tirs selon certains écarts des bois, et il faut s’approcher pour identifier. En plus, il faut « ancrer » l’animal sur un terrain propice et sec et non dans des marécages ou au fond d’un ravin, car après il faut dépouiller sous la menace des ours et des loups omniprésents.

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Ces derniers compliquent d’ailleurs sérieusement la tâche des chasseurs car en meutes d’une cinquantaine d’individus parfois (4), ils affolent les troupeaux de caribous, souvent seule ressource dans l’intérieur pour alimenter les chiens. Là, le tir s’allonge sur des animaux en mouvement à des distances extrêmes parfois d’ailleurs trompeuses avec des carabines souvent réglées derrières la cabane sur des assiettes en carton, en allongeant la distance jusqu’à ne plus être dedans ! Dans la vraie vie des chasseurs résidents, et non des clients fortunés des « lodges », on est bien loin des « mountain rifles » dans les nouveaux calibres à la mode et des séjours tout confort, accompagné par une armada de guides pour tirer confortablement installé à 300m et plus.

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Seul ou à deux, mise à mort différée acceptable ou non (la neige, la plupart du temps, aidant à la recherche) la sélection des balles est critique et c’est là que la versatilité du calibre, de 160 à 300 grains, trouve tout son intérêt. Entre les deux, à 200 grains et 900 m/s et 5200 Joules la munition fut d’ailleurs conçue en première monte pour le Modèle 70 « Alaskan » c’est tout dire ! Avec 10% de surface frontale en plus que le « 30 », c’est assez lentement que ce calibre est venu concurrencer le 300 Winchester Magnum bien connu chez nous à la battue. Ses tables montrent une plus grosse énergie, une meilleure densité de section, et face au 9,3X62 sa courbe est moins tendue mais  jouant peu aux distances d’emploi où la puissance compense le placement. Ci-dessus à g. : le 338 WM entre le 458 WM et le 340 Weatherby Magnum. 

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C’est d’ailleurs ce qui joue le plus quand, enfin arrivé sur la carcasse d’un orignal tiré à 60m. il faut, au coup d’épaule arrêter une charge d’ours accourus eux aussi à la curée, et attirés tant ils y sont habitués, par les détonations ! Les sites US le montrent, l’emploi initial fut celui de balles lourdes classiques chemisées qui offrirent quelques déboires sur les coups d’épaule et où les chasseurs, en s’approchant bloquaient sur un coup de coffre ou de poumon. La haute vitesse de ces dernières, plus résistantes à l’impact que les petits calibres traversant et ne pénalisant pas trop la venaison sur plus petit gibier. Peu à peu, c’est la technologie des balles modernes et la pression des ours de plus en plus nombreux et agressifs ailleurs qu’en Alaska, notamment dans les forêts à wapitis du Nord des Rocheuses, (voir à g. cette "une" de Sports Afield où il est clairement dit que "les gros grizzlies posent un gros problème") qui a rapproché le 338 WM des autres calibres polyvalents, le rechargement manuel permettant également de moins forcer sur la poudre pour s’adapter au recul, contré également par des artifices (freins de bouche) encore peu usités en 1960. Précis et puissant ce calibre si « américain » n’est disponible que dans une vingtaine de chargements en France, ce qui joue également bien sûr côté prix des munitions. Par contre tout le monde en propose, aux USA bien sûr mais également en Europe : Blaser, Heym, Merkel, Titan, Tikka, Zoli, Sako.

1/Voir archive du 6 décembre 2019.

2/Sur ce calibre voir archive du 13 octobre 2021.

3/ Voir portrait de Frank Glaser, 19 décembre 2021.

4/ Sur ce super prédateur, les écologistes qui pensent qu’il serait le régulateur naturel du sanglier feraient bien d’aller regarder comment ça se passe dans le Grand Nord. Ils mutilent les troupeaux, reviennent aux blessés, puis se gavent. Contrairement aux autres animaux qui, même l’ours, sont toujours sur le qui-vive, ils sont à un niveau encore supérieur de leur environnement, au-dessus même de l’humain. Ils suivent les chasseurs de loin, mais s’approchent de nuit à quelques mètres. C’est une menace permanente, seul, vous vous faites une entorse, vous êtes mort, bouffé vivant, même après en avoir tué 3-4 à coups de carabine…C’est une hérésie de penser que dans notre pays, un tel super-prédateur pourra se balader en toute liberté en ne boulottant seulement qu’un marcassin par-ci par-là…

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15 janvier 2022

Avant le 17 HMR : les "swaggers"

En 2002, l’introduction de cette petite cartouche dont la balle est deux fois plus petite que le 22 LR (20 grains contre 40) a révolutionné le monde des amateurs de petits calibres, mais il n’a pas pour autant renvoyé dans les limbes son prédécesseur le 22 LR toujours actuel du fait du meilleur rapport prix-performances. Ce qui pourrait être remis en cause comme on vient de le voir (1) du fait d'un avenir « sans plomb ». Avant le 17 HMR des précurseurs avaient ouvert la voie des petites balles hyper rapides en les forçant, au chausse-pied, dans des canons trop petits pour elles, les « swaggers »…

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En général dans un canon l’alésage est à peu près constant, le projectile prend les rayures pour tourner mais il est plus exotique d’utiliser la puissance, et de forcer le projectile à un calibre inférieur et l’accélérer ainsi à des vitesses sans précédent. On peut y parvenir grâce à 5 mesures : utiliser un projectile plus léger, l’ensaboter, faire un canon « lourd » capable d’encaisser les pressions supplémentaires ou alors faire un canon « serrant » progressivement le kiki de la balle. Au plan de la métallurgie, c’est un véritable défi de « rifling », même pour les plus grandes firmes d’armement. Mais cela a néanmoins existé par exemple pour les fusils Carcano en 6,5x52, le pas dégressif devant réguler la montée en pression mais sans lendemain du fait de la complication d’usinage.

Des étourderies de mélanges de calibres proches au stand, aux travaux de P.O. Ackley qui tira  pour voir ce qui se passait, du « 35 » dans du « 30 », et du « 30 » dans le 270 ayant montré qu’on pouvait tirer des balles surdimensionnées dans de petits canons sans plus de dommages que des vitesses élevées et une précision aléatoire, donnèrent des idées à des chercheurs dont le plus connu est Arthur Langsford. Cet armurier australien inventif exerçant (autour des années 1950 – 1990) à Broken Hill (Nouvelle Galles du Sud) mit une bonne vingtaine d’années à trouver la formule pour allonger la portée des 22 LR (5,5 mm) en les tirant directement dans un canon plus petit de « 17 » (4,4mm) issu d’une carabine à air comprimé qu’il avait monté sur une Brno mod. 1. Partant d’un lot de balles du commerce en 22 amorcées mais non chargées, le collet était rétréci, il alésait une chambre en forme d’entonnoir formant un « cône de forçage » à la manière des canons lisses mais plus abrupt, et allongeait les balles en les extrudant, et chargeant bien sûr l’étui ras la gueule.

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Sa première expérience nommée « Minor Mite » n’eût aucune suite par manque de canons, mais l’arrivée du 17 Remington (1971) lui permit d’utiliser une balle de 20 grains, puis mi 1972 de faire sensation à la compétition de tir Supershot de Camberra et d’atteindre 928m/s avec sa 17 Vixen de 25 grains dans des conditions épiques. Il ne gagna pas le concours certes, mais mit quand même ses tirs dans la cible à 100 et 200 m.…il n’avait pu préparer que 17 cartouches pour sa base Sako L 461 à un coup en 22 Mag ! Un anneau d’étanchéité en acier renforçait l’action pour contrer les pressions énormes (2), le boitier a tenu, mais les logos étaient aplatis et quasi effacés…Le système devint vite populaire en Australie en raison du prix des peaux élevé pour les chasseurs tirant de nuit aux projecteurs et A. Langsford adossé aux canons de Sprinter Arms de Hahndorf (NSW) voisins, déclina selon le même principe un Centerfire Mite sur 17 Hornet et plusieurs préparations à base 222 Remington : 228X43, 308X43, 250 Myra (prénom de son épouse) soit du 222 Remington tirant une petite balle de « 25 ».

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Aux USA, trente ans donc avant le 17 HMR le même mouvement fut porté par Steve Chernicky qui atteint 751 m/s et des balles de 15 grains qu’il tournait lui-même sur base étuis Federal 22 et l’armurier Terry Kopp de Lexington (Missouri) dont le 17 KRM obtenait des performances similaires (727 m/s) avec des balles de 20 et 25 grains lui aussi avec des étuis Federal amorcés et non chargés. Cette marque était en effet censée employer un laiton plus dur que la concurrence, le petit étui étant bien sûr le « maillon faible » dans cette chaîne de hautes pressions. Aux USA ces canons « swagger » donc plus étroits que le calibre nominal et à des taux de torsion inhabituels (1/8, 1/9 contre 1/16 du 22 LR) furent fabriqués par plusieurs marques (Connecticut Precision, Green Mountain, Pac-Nor, etc .) car améliorant assez nettement les performances du 22 LR. Ils furent principalement étonnamment montés sur la populaire Ruger 10-22 semi-auto (ci-dessus) moins adaptée pourtant à supporter les hautes pressions qu’un classique verrou, mais elle tenaient !

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 L’Australian Shooters Journal a publié les chiffres de A.Langsford en 1990 : pour lui, le canon de « 20 » semblait plus à même d’encaisser les pressions et plus précis que le « 17 ». On dépassait facilement les 400m/s, on passait de 114 à 134 joules, et la flèche n’était plus que de 13 cm contre 16 à 100m. Même sans obtenir les effets Gerlich de pression maintenue plus loin et plus longtemps dans le canon antichar lui vraiment « conique », le simple « pic » de la chambre alésée « tassait » très bien les pointes creuses qui se dilataient, et la vitesse de rotation plus élevée conservée plus longtemps, était spectaculaire en pénétration à l’impact. Un peu ce qu’on voit dans la réussite de la petite munition réalisée en 2002 par Hornady.

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On aurait pu croire que l’arrivée de celle-ci a rangé sur les étagères poussiéreuses de l’histoire armurière, les travaux de tous ces « empiriques », certes méritants mais maintenant dépassés par la technologie moderne galopante, le 17 Mach 2 (3) ayant même, en plus, surfé depuis (2004) sur le succès de son aîné. Mais non, aux USA, il reste, notamment chez les chasseurs des partisans de ces canons swaggers qui permettent plus de souplesse entre « 20 » et «17 ». Ils ménagent l’emploi de balles plus lourdes au meilleur coefficient balistique et plus d’énergie en bas avec l’immense choix, à la base, de jouer des étuis 22 LR du commerce. Leur taux de torsion évolue entre 1/9 (balles de 40 grains HV légères), à 1/8 ou 1/7 pour les balles lourdes. Certaines ogives à cônes tronqués se prêtent mieux que d’autres à ces « enfilages » serrés aux entournures où les lubrifiants modernes aident aussi à un peu mieux  faire passer les minuscules suppositoires : molybdène en spray, graphite en poudre, aérosols polymères utilisés dans l’automobile. Le 17HMR (en haut à dr.) face au 22 LR, 

1/ Voir pages précédentes

2/ Les spécifications américaines (SAAMI) de pression pour le 22 LR sont de 24 000 psi, 26 000 pour le 17 HMR, on devait être plus près de celles pour le 17 Remington (52 000 psi).

3/ L’étui de 22 LR Stinger (à g. ci-dessus face au 17 HMR) est rétreint à 4,4mm, vitesse de 530m/s et 155 joules.  

 

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13 janvier 2022

Le "sans plomb" va-t-il tuer le 22 Long Rifle ?

Le précédent article a plus ou moins effleuré le sujet dans sa conclusion : le 22 LR est immensément populaire car il est efficace dans sa plage de fonctionnement et à moindre coût grâce au plomb, et interdire ce dernier anéantirait ces atouts. Mais l’énorme quantité tirée (1) fait également sens pour les écologistes qui, après des décennies d’attaques frontales, passent maintenant par des voies détournées pour non seulement attaquer, mais purement et simplement proscrire toute forme de chasse. A quand d’ailleurs, l’interdiction aussi des plombs…de pêche ?

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Pour le petit calibre (2) peu d’échappatoires. Les firmes s’y attaquent résolument RWS se montrant le plus en pointe avec trois munitions qui prennent en compte non seulement le projectile, mais aussi l’apprêt, la poudre, l’amorce laaquelle, en effet, contient elle aussi du styphnate de plomb. Sa HV Green renferme 2,4 grammes de poudre (contre 1 g pour une subsonique standard) la balle de 24 grains (1,6 gramme) en zinc, est plaquée cuivre gardant les dimensions habituelles car, pour la même masse, sa longueur n’entrerait pas dans la chambre et sans se stabiliser dans le taux torsion de 1/16.

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RWS produit également les deux Norma Eco Speed de tir et ECO Power de chasse de 24 grains, la dernière étant nantie d’un dispositif de pétalisation en quatre. Dans un canon de 26 pouces elles sont obligées d’être rapides (477 et 501 m/s) du fait de la balle légère dont le faible coefficient balistique fait déjà perdre un quart de la vitesse à 50m, mais la balle « dure » pénètre très bien à cette distance d’emploi « varmint ». Winchester a fait aussi une Super X en alliage d’étain de 26 grains, et CCI une 22 Copper de 21 grains en agglomérat de particules de cuivre et de polymères compressés. Pour les mêmes raisons la vitesse (560m/s) les rend bruyantes, même avec des réducteurs de son, non expansives, sensibles au vent, perdant énormément de puissance : on passe de 217 joules à la bouche à 92 joules à 100m et la précision n’excède pas 50 m. pour des munitions deux fois plus chères !

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Une étude australienne de 2019 sur régulation de lapins a montré avec les munitions sans plomb employées, un taux de blessés passant de 2 à 53 % et un tiers seulement de tirs mortels au premier coup. Plus de vitesse, comme on l’a vu dans l’article précédent, incite à revoir les taux de torsion des carabines 22, et il faudra du temps avant de réaliser des subsoniques chemisées non toxiques car cuivre, acier, étain ont besoin de vitesse pour compenser la perte de masse. Le bismuth et le tungstène qui ont ouvert la voie pour les munitions lisses pourraient peut-être bénéficier des compressions vues plus haut, mais elles seraient difficiles à stabiliser en abaissant la charge de poudre pour les rendre subsoniques, tout en restant dans une gamme de prix n’ayant rien à voir avec l’entrée de gamme actuelle.

Les travaux de passionnés sur le 20-22 Super Stinger (3) et le Vélocitor, il y a une quinzaine d’années aux USA, (pays béni des tireurs où il y a des fabricants comme Hornady, pouvant fournir 7 tailles de balles en calibre « 20 » allant de 20 à 40 grains !) a montré que l’objectif 200m. pouvait être atteint, mais en augmentant la vitesse (de 496 à 600m/s) et sans doute les pressions déjà hautes (27 000 psi déjà pour le 17 HMR, quand tous les 22 sont à 24 000). Or, on le sait, réduire la taille du projectile solide, mais léger, même usiné aux cotes ultra précise CNC ne garantira pas la précision. Dans l’absolu, au 22, même pour tirer bien au-delà de son emploi habituel (voir les compétitions « Prince of 22 » qui ont lieu depuis 2-3 ans à Caylus) il faut rester transsonique jusqu’au bout, si possible avec une balle lourde qui imposera un taux de 1/9, un coefficient balistique amélioré par l’aérodynamique genre arrière boat tail, donc revoir entièrement la conception du projectile à talon qui date du XIXè siècle.

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Quant à la distance d’emploi, dans l’autre sens, réduite autour de 50m., elle entrerait directement en concurrence avec les grosses carabines à air comprimé qui disposent d’autres d’arguments balistiques : l’impulsion basse température les rend plus flexibles pour employer, grâce aux canons sans chambre, des projectiles plus gros, et surtout plus longs tout en jouant sur d’innombrables facteurs de formes. Si le 22 LR dépassait l’air comprimé passé 50 m du fait d’être plus lourd et d’aller plus vite, en le faisant « tomber » en étant léger à 300 m/s il finit au niveau des carabines PCP qui peuvent atteindre 150 joules en 5,5 (plomb de 5 grammes), et il existe même des 6,35, 9 mm et même du « 50 » dans ce domaine qui est également précis maintenant à 100 m. Comme on le voit, le 22 LR est certes le calibre le plus populaire du monde, mais le fruit d’un échafaudage compliqué de petits paramètres qu’il est difficile de bouger sans faire dégringoler tout l’ensemble, le plomb étant assurément le premier à prendre en compte.

1/Rien qu’aux USA, sur 9 milliards de cartouches sont tirées par an, 5 milliards sont en percussion annulaire !

2/A ranger en 4 catégories subsonique : moins de 333 m/s ; standard : 339 à 353 m/s ; haute vélocité : 363 à 396 m/s ; hyper vélocité : plus de 424 m/s.

3/ On va y venir dans le prochain envoi tant c'est "fun" de tirer du 5,5 dans du...4,5 et voir l'effet que ça fait ! Comme disait le regretté Coluche, c'est pas la vitesse qui compte "...mais l'impression qu'on a que ça va vite" !

 

 

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11 janvier 2022

Le taux de torsion des canons de 22 LR

Frileux et paralysé par certains tabous dont l’utilisation « rurale », (un euphémisme pour ne pas dire autre chose qui rime avec…culasse) de ce calibre le plus populaire dans le monde, le monde du tir, poussé par les balles « vertes » bientôt imposées partout, va devoir se préoccuper de données techniques sommairement exposées en fin de l’envoi précédent sur la carabine chinoise Norinco.

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Contrairement à ce qu’on pourrait croire, vieux comme Hérode, ce petit calibre a longtemps vécu sur sa rente de popularité, limité aussi par sa percussion annulaire, sa forme de balle dernier avatar des trouvailles de l’ingénieur Minié mi XIXè siècle, et surtout des capacités non extensibles à l’infini du laiton. Son aboutissement en 1960 lui fit choisir un taux de torsion des rayures standard de 1 tour pour 16 pouces, et ne pas trop compliquer le boulot des fabricants du passé entre Short, Long, Extra-Long, Long Rifle et se conformer au plus « chaud » attendu pour stabiliser une balle de 40 grains. Le diamètre nominal des balles pouvait varier de 0.223 à 0.225, voire 0.228 pour certaines prime access se vendant en vrac (et en seaux !), mais la plupart tournaient autour de 0.218.

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Fonctionnant à des pressions étonnantes pour un si petit calibre faisant « gonfler » les balles, ces dernières toujours en plomb, parfois à peine plaquées, s’adaptaient à l’alésage, parfois même avec l’aide de la saleté résiduelle de plomb et imbrûlés les rendant paradoxalement plus précises ! La plupart des standards étant juste un poil supersoniques, la longueur du canon faisait la différence, laquelle, minime, affectait peu la stabilité pour l’usage qu’on en attendait à cette époque : tir à moins de 100 m sur cible ou pour éradiquer les ennemis des cultures. Le monde du tir US, bien plus rock n’roll que le nôtre et sa ribambelle de disciplines « fun » (smallbore, silhouette, extended long range), explora alors la zone grise de projectiles étranges comme d’abord en 1977, la CCI Stinger (1) de 32 grains puis un peu plus tard à l’autre bout du spectre la SSS (SilentSubSonic) Aguila de 60 grains ou encore les projectiles « Quiet » ou « Colibri » (2).

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En 1975 donc, apparut déjà pour le petit projectile Stinger ultra rapide (484m/s face au standard 310 m/s) la nécessité d’un taux de torsion plus lent auquel s’attelèrent des artisans motivés (Green Mountain, Volquartsen, Vudoo) qui avaient déjà remarqué que  les armes d’instruction polonaises ou allemandes étaient  à 1/14. On le voit ci-dessus à droite, l’étui de la Stinger est plus long que le 22 classique, ce qui posa des problèmes d’alimentation sur les semi-automatiques à l’époque où elles étaient encore « légales ». Malgré l’apparition des hautes vitesses aux noms « piquants » également (3), le fait de rester à 40 grains ne remit pas en cause le taux de 1/16 offrant encore un bon compromis au vu des expériences militaires sur les projectiles de 55 grains en 223 Remington. L’AR 15 utilisa le taux de 1/12 tout comme la Mini 14, et le M 16 monta à 1/9, et même 1/7 pour les projectiles traçants employés au Vietnam, plus longs et plus légers. C’est de ces travaux sur le taux de 1/9 donc déjà disponibles que, par facilité, on le préconisa pour la balle Aguila SSS, 50% plus lourde, mais beaucoup plus longue (voir en bas à gauche) et surtout très lente (287m/s) son étui court limitant la capacité en poudre et en pressions.

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Des essais depuis (Dan Lilja) ont montré qu’il n’y avait pas besoin d’aller aussi loin (1/11 devrait suffire) pour une cartouche essentiellement d’arme longue, car nécessitant un canon long spécifique à verrou, et bannissant ipso facto les armes de poing du fait de la vitesse faible et trop peu de rayures pour stabiliser le long projectile. A l’expérience, la différence s’est montrée minime avec les pointes creuses subsoniques actuelles sauf de très près pour les « varminters », qui en général…tirent de loin, et c’est donc plutôt une cartouche de chasseur qui veut que ça tombe net, sans bavures, et de près…

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Dans les années 60 l’armurier australien (A. Langsford) reprenant la vieille idée (4) de l’alésage conique mais sans avoir à passer par un canon coûteux et difficile à fabriquer, tira, avec une Brno mod. 2 (ancêtre de la CZ 452) du 22 LR normal (Winch XPP 40 grains) dans un canon de « 20 » et même de « 17 » grâce à un cône de forçage de son cru avant rayures,  en jouant sur un plomb plus mou sur balles extrudées, et atteindre des vitesses en forte augmentation (de 378m/s à 405m/s en « 20 » et 437m/s en « 17 ») et un taux de torsion nécessaire de 1 /6,5 ou 1/8. On dopait la puissance à 100m de 114 à 168 joules et on améliorait la flèche de 16 à 10 cm, mais en « 17 » les pressions étaient limites, et le coût d’usinage des canons tout comme cinquante ans avant, aurait été prohibitif. Nous reviendrons bientôt en détails sur ces recherches qui ont précédé l’avènement en 2002 du 17 HMR (5).

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Par contre, toutes ces subtilités balistiques sont intéressantes face à l’avenir qui va nous demander des balles « vertes » qui seront sans doute en alliages, donc plus légères mais aussi plus longues pour donner peu ou prou la même masse qu’avant (autour de 32-35 grains), et à haut coefficient balistique. Adieu donc la sempiternelle forme « round nose », et bonjour le design « spitz » (pointu si vous voulez voir ci-contre à dr.) et autres boat tails en forme de torpilles ! Le taux de torsion devra être plus rapide…ce qui dépendra des fabricants d’armes et de canons, prêts à s’engager…seulement si les encartoucheurs suivent ! Pour 40 grains les calculateurs balistiques (Greenhill) donneraient la vitesse idéale de 614 m/s pour stabiliser le projectile, et on est encore loin de ces vitesses pour une percussion annulaire, à moins d’encore abaisser le poids de balle (20 grains ?), l’objectif étant de repousser plus loin d’une trentaine de mètres, le fameux « mur » du passage transsonique. Les prix des munitions doubleraient, et serait-ce d’ailleurs encore du 22 tel qu’on le connait aujourd’hui, ludique et accessible à tous sans être une munition de spécialistes ?

1/Munition vue dans nos archives des 12 juin 2019 et 21 mai 2021 (comparaison avec Vélocitor).

2/Le 22 Quiet a été abordé ici le 21 mai 2018, sa balle de 40 grains est lente (216m/s) mais pré fragmentée en 3 sections pour 75% de décibels en moins. Il existe également une version tir à ogive classique round nose. Colibri et Super Colibri sont encore une production originale Aguila à balles de 20 grains filant à 151 et 178m/s, seulement propulsées par un mélange d’amorçage un peu plus puissant, genre 22 Zimmer (qui lui, a un peu de poudre), mais même usage de « pest » à 10m. Il est conseillé de les tirer dans des armes de poing (car elles peuvent rester coincées dans le canon d’armes longues !), et les SA bien sûr ne peuvent cycler. CCI avec sa gamme « Suppressor » s’est aussi attaqué au bruit mais de manière plus sérieuse à l’impact avec 293m/s et une grosse balle de 45 grains, pointe creuse plaquée cuivre pour se dilater plus aux petites vitesses.

3/Voir sur les balles hypervéloces archive du 12 mai 2021

4/ Le canon antichar Pak 42mm Gerlich difficile à fabriquer ne put être développé en masse, et l’idée fut reprise par l’arsenal de Frankford avec du 50 BMG poussant une balle de « 30 » dont la chemise « s’effondrait », ou le sabot se désagrégeait au portillon !

5/ Voir sur ce calibre notre archive du 5 novembre 2017.

Prochain et dernier envoi, pour solder ce petit dossier initié par l’essai de la carabine Norinco et son taux de torsion inhabituel : le sans plomb va-t-il…plomber l’avenir du 22 LR ?

 

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09 janvier 2022

Norinco : nuits...ou ennuis de Chine ?

Les fêtes de fin d’année ont parfois ceci de bon qu’elles nous mettent en contact avec, pour nous, des nouveautés, et la mise à disposition, pour estimation qualitative, d’engins improbables comme ces packs chinois Norinco 22 LR qui ont tant défrayé la chronique ces dernières décennies. Canons « ovales » (?), vus en demi-lune quand on simbleaute, ou finitions « à faire par l’acheteur » selon une grande armurerie, que faut-il penser de ce qui semble ressembler au bas de gamme de nos années soixante dont nous sommes parfois les derniers défenseurs dans une utilisation disons « rustique », nous valant d’ailleurs souvent les foudres des tireurs « sportifs » ?

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La Norinco JW 15 dont il s’agit ici est bien sûr une pâle copie de la CZ 452, commercialisée autrefois sous les marques Merkuria, Brno ou Aeron, mais qui valait presque quatre fois moins cher (150 euros contre 400) et attractive grâce au « packs » annexes : lunette, silencieux plus fourreau voire boite de munitions gratos et recommandées pour utilisation ensuite. Il s’agissait de la production d’un consortium militaire fondé en 1980 de plusieurs sites à qualité variable dont la régularité de fabrication n’était pas assurée, et relevant donc d’une certaine loterie à l’achat. Au moment où la Chine accédait au commerce international, c’était une version civile du modèle JW 8 d’entraînement pour les recrues de l’Armée populaire. Sortis de là, les importateurs français étaient tenus d’une certaine qualité quand même, et celle que nous avons eu entre les mains relevait de petites améliorations dont on retrouve les petites « combines » (1) sur nombre de tutoriels bien faits, facilement accessibles sur le Net.

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La reprise du concept CZ est déjà, en soi, un gage de solidité car on a une bolt-action tout acier, mécanique identique au modèle JW 25 A, clone chinois des Mausers d’entraînement (ci-dessous à g.) qui furent même un moment, admissibles au T.A.R. FFT (2) ! Cette conception simple, voire simpliste offre une tenue au temps et à l’usage qui en fit, pour certaines sociétés de tir, des armes d’accès à cette discipline, sans avoir à casser la tirelire du club. Le canon est monté à la presse et goupillé, les rayures moyennes, ce qui explique sans doute qu’elles étaient livrées avec des cartouches souvent puissantes censées mieux les prendre, le taux de torsion (1/14,3 au lieu des 1/16 habituel) jouant comme on va le voir plus loin, dans le choix des balles.

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Le poids des détentes semblant varier selon les détracteurs (entre 800 grammes et 4 kg !), n’est sur cette arme que de 1000 grammes, et très direct, sans grattage et on retrouve sans doute encore là la patte d’un importateur soigneux qui a également donné un petit coup de fraise bien visible, car elles n’ont pas été rebronzées après, sur les aspérités du tunnel de culasse. Même chose sur les ébavurages internes, théoriquement à faire par l’acheteur s’il est soigneux. La majorité des pièces étant interchangeables avec la gamme CZ, le chargeur résine (l’original ayant été visiblement perdu), vient de CZ-Tchécoslovaquie, mais il n’est pas interchangeable sans ajustements dans l’autre sens. Il n’est pas donné (42 euros), mais bien préférable au modèle acier chinois, plus onctueux, et surtout à notre humble avis, plus élégant en 5 coups qui affleure juste sous le bois, que le 9 coups « banane » chinois, dépassant de manière disgracieuse et accrochant partout. La sécurité est un faux drapeau genre Mauser, dur à actionner avec le pouce du fait d’usinages encore et toujours sommaires.

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Cette cousine pauvre et économique de la CZ possède des pièces embouties et non fraisées, des contours simplifiés. L’action tchèque est plus longue et épaisse, l’aspect « Mauser » est plus apparent car le canon s’épaissit au moment de rencontrer l’action comme sur les carabines de chasse traditionnelles, là où la culasse chinoise reprend une forme similaire, mais simplifiée. Même chose quand on la retourne : on passe de 4 à 3 vis en fusionnant celle d’action avec la patte de recul et les vis sont visiblement faites d’un métal plus tendre. La détente CZ est à un étage avec surcourse réglable, là où tout est simplifié en Chine, sans vraiment pouvoir beaucoup améliorer sauf à polir tout ce qui peut l’être.

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Sur la précision, et sans nous contenter de nos bricolages habituels (3), nous l’avons même, pour la bonne cause, emmenée dans le tunnel 50m. d’une grande armurerie de notre région et constater que, bien sûr, il faut faire l’impasse sur les visées « fer », une hausse « crocodile » inepte, non réglable latéralement. De plus celle-ci est mal alignée, mais on semble avoir fait l’impasse en atelier sur la modification du fait de l’installation ipso facto de la lunette. Le principal problème vient des optiques basse gamme fournies d’office (une petite 4X20 de loisirs) qui, nous l’avons constaté au banc, n’offrent pas, du fait de la parallaxe, la garantie moyenne exigée pour une 22 LR de loisirs, de 3X3 cm à 50 m. (4). Là, on « saupoudrait » latéralement sur 20 cm, et il a fallu redescendre la cible C 50 à 25m pour enfin obtenir la « minute de ragondin », et sans trop regarder sur le « placement » comme on dit au grand gibier…Que faire donc ?

A éplucher les sites, on se rend compte que celui qui veut faire du tir précis de compétition passera outre, et avec une moue de dégoût, surtout ceux qui utilisent les marques reconnues (CZ, Walther, Anschutz, Hammerli, Voere, Weirauch). Même les russes de chez TOZ, rustiques mais justes, ou les Philippins d’Armscor un peu plus chers, sont plus réguliers en finition et précision. Le bedding et le canon flottant semblent à proscrire en raison du coût, mais aussi parce que le canon, selon la filiation CZ (5) repose sur une vis liée sans doute au contrôle des harmoniques. Enfin on peut jouer sur la détente plus ou moins réglable en jouant du polissage en règle pour les as de la dremmel comme on vient de le voir plus haut. Filetée d’office au pas classique de 12,7mm, l’option réducteur de son intéressera bien sûr le « campagnard » que nous sommes avec les quatre versions Still, ou leurs copies, efficaces et peu onéreuses, voire plus haut de gamme, mais en vérifiant l’alignement avec le canon. Là aussi, les armes passées par les importateurs français seraient revenues en retour si le silencieux était parti dans la nature au premier coup de feu, et la carabine que nous avons entre les mains, gère d’entrée fort bien le sien, tout comme celui, plus petit et ancien non démontable, de notre vieille Manu-Arm.

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Restent les munitions ! Un essai du magazine bien connu (« Cibles » de mars 2014) à 50 m. a montré que le meilleur écart H+L de 2,9 cm se retrouvait sur une HV Aguila, ce qui semble confirmer que la qualité moyenne des canons et des rayures tout comme le taux de torsion inhabituel (6) préfèrent les balles « fortes », et donc en contradiction avec l’utilisation du silencieux qui lui, nécessite des subsoniques.  Comme souvent en 22 LR, de patients essais semblent donc nécessaires avant de faire son choix et là, les tireurs FFT, disposant de stands, sont mieux outillés pour toutes ces subtiles et fastidieuses analyses.

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Aux Etats-Unis, contrairement à chez nous où le simple fait de les évoquer fait hurler le monde du tir, le contexte international a remis à la mode ces armes désormais frappées d’embargo. Ironie du sort en effet, elles furent massivement importées dans les années 80, pour combler les amateurs américains de CZ dont elles étaient la médiocre copie…mais interdites car venant du monde (encore) communiste ! Maintenant, du fait du "péril jaune", c’est à leur tour d’être ostracisées là-bas, et les mouches ont changé d’ânes. Achetées 70 $ à l’époque, elles sont revendues désormais 200 $, voire stockées en masse pour spéculation en doublant encore cette somme, car, malgré la forte concurrence des institutions locales que sont Savage, Marlin, Mossberg, la « customisation » va bon train. Les puristes de la visée « fer » lui ajoutent des hausses de Remington 700, l’installent dans des belles crosses Boyds en lamellé-collé pour CZ 452, les lunettes d’acces-game (Tasco, Redfield, Bushnell) en faisant de jolis fusils de camp, d’écureuil, où pour aller « au pot » : la MOA avec de bonnes optiques, étant jouable à 50m, le plus souvent avec des munitions hautes vitesses.

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Contrairement à nos anciennes « St-Etienne » à un coup dont les snobs ricanent également, au même prix en occasion (moins de 100 euros), leurs canons, meilleurs et dépassant souvent les 60 cm, géraient mieux tout : des basiques Gévelot, aux « Stingers » qu’on leur faisait avaler péniblement en jouant du pouce, avant de se réjouir de leur miaulement strident. Leur look « CZ », sûrement la meilleure 22 LR polyvalente du marché actuel, l’attrait de la répétition (5 ou 9, voire même 10 coups si on ôte le talon de chargeur sur la fabrication chinoise), font de ces carabines aux yeux bridés, des armes de débutants comme autrefois, mais bien plus le « c..l  entre deux chaises » côté utilité-précision et balistique, que nos vieilleries similaires d’il y a 50 ans. Les visées « fer » étaient toujours au top : guidons réglables en dérive, et hausses réglables en tous sens…jusqu’à 200m. Une longue distance optimiste, relayée par l’effrayante mise en garde des emballages (pensez…dangereux jusqu’à 2000 mètres) mais qui faisait tant fantasmer (avant de rêver à autre chose ?), tous les petits tireurs en culottes courtes !

1/Amélioration à la fraise de toutes les aspérités, polissage soigneux de la liaison levier-tunnel de culasse, inversion sur le chargeur du plateau élévateur un peu coudé pour mieux présenter la balle car la rampe d’alimentation est inexistante et c’est l’avant du puits de chargeur qui en fait effet tout comme le chanfrein au bas de la chambre qui aide un peu ! L’introduction doit donc plus ou moins varier selon la forme et la composition des projectiles…

2/Un sondage de 2016, mettait cette copie chinoise de Mauser en 3è position pour les utilisateurs au T.A.R.

3/ Simbleautage sur étau, dégrossissement au laser, puis quelques tirs de réglage pour utilisation « régulation » soit 30-70m.

4/En compétition les meilleurs atteignent 1X1 sur 5 balles !

5/La Brno ZKK 600, part elle aussi de ce principe.

6/Il est généralement en 22 LR de 1/16 (un tour pour 16 pouces) mais peut monter en bench-rest à 1/ 16,5 voire 1/17. En 22 short autrefois il était de 1/20, et la CCI Stinger a nécessité parfois un twist rate de 1/18, du fait de sa balle plus légères (32 grains contre 40). En sens contraire, la lourde (60 grains), et surtout longue Aguila SSS fut étudiée avec un taux de 1/9 car très lente et ainsi lui donner plus de rotation pour qu’elle se stabilise, et n’arrive pas en cible de travers, en « trou de serrure ». On se demande pourquoi les Chinois ont donné ce taux plus rapide d’un bon pouce, tous les sites spécialisés semblant insister sur le côté « capricieux » de la précision et la difficulté de choix dans les munitions. Bref, plus encore que pour la plupart des 22 LR, tester, trouver ce qui va, et s’y tenir semble le credo de cette carabine… Nous allons revenir dans le prochain post sur le taux de torsion des 22 LR, domaine primordial quand il faudra se soumettre, comme tout le monde au sans plomb. Et dans un troisième épisode on verra justement si le "sans plomb" peut tuer le 22 LR. Tout un programme non ?

 

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07 janvier 2022

Le "Buffalo Plaid" Mackinaw

En flanelle, ce look traditionnel de l’Amérique rurale a fini par arriver chez nous dans les années 90 par la musique (1), la mode, le surf, et le skate-board. Avant le polaire et le gore-tex comme nous l’avons déjà établi ici (2) c’est le vêtement d’extérieur polyvalent et bien sûr des chasseurs, néanmoins plus neutre et moins marqué politiquement « second amendement » que le « camo » ou l’orange blaze.

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Son origine se perd en 1811, dans les débuts encore incertains de la frontière entre les Etats-Unis et le Canada (3) quand le commerçant John Askins reçut des Anglais commande de 40 manteaux bleus qui, par manque d’étoffe, furent fabriqués avec ce qu’on avait sous la main : des couvertures cousues de couleur dépareillée, à double boutonnage, et arrêtant à la taille du fait de la neige arrivant le plus souvent à hauteur de la ceinture. Elles eurent un franc succès dans le troc avec les populations locales contre des peaux de bisons ce qui offre au moins deux pistes pour l’invention en 1850 par John Rich du fameux motif écossais rouge et noir « Buffalo ». Tout comme son modéliste il possédait des bisons, où serait-ce la copie du tartan Mac Gregor, (immortalisé par Rob Roy dans l’œuvre de Walter Scott), qu’aurait porté le descendant de cet illustre clan Jock Mac Cluskey, trappeur sévissant également dans la région des Grands Lacs ? Il aurait également été porté le 6 mars 1836 au siège d’Alamo, par John Mac Gregor, joueur de cornemuse lors de l’assaut, et compagnon de Davy Crockett.

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Sous la marque « Woolrich » protégée par plusieurs brevets (1914, 1927) le design fut néanmoins repris d’abord par Filson (1897) puis de nombreuses marques (Johnson, Eddie Bauer, L.L.Bean, Pendelton) accompagnant la fin de la conquête de l’Ouest, mais surtout le boom de l’exploitation forestière qui se termina dans les années 20, et la ruée vers l’or du Yukon et du Klondike et leurs températures extrêmes. Le modèle le plus abouti fut le « Cruiser » de Filson (4) avec son col en velours côtelé évitant le contact rugueux d’une laine locale 24 onces dense et lourde au point qu’on a l’impression de porter sur le dos le mouton qui l’a fournie !

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Ses boutons pressions étaient adaptés à une fermeture rapide avec des gants, le dos était doublé d’un carnier et la présence de nombreuses poches pour emmener des tas de petites bricoles en pleine nature. La laine déjà très dense était bouillie, rétrécie et rendue imperméable grâce à des bains de lanoline et capable, un peu comme le loden, de tolérer 30% de son poids en eau. Non doublée, elle restait respirante, ce qui était idéal pour les travailleurs du Grand Nord, bûcherons, mineurs, chasseurs, pêcheurs, évitant de suer dessous…et de geler derrière dès qu’on était au repos.

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La plage de température d’utilisation confortable, qu’on soit statique ou en action était beaucoup plus large que les synthétiques actuels, le seul point faible étant le vent glacial, le blizzard, que l’on contrait par le « Tin Cloth » en coton ciré ( un peu comme le Barbour britannique) et qui se développa quasi en même temps. Le vêtement était prévu tailler largement au-dessus pour être encore ample sur les empilages de sous-vêtements en coton, et de pouvoir se mouvoir, travailler, tirer sans être engoncé. Avec le temps, il s’usait en premier aux manches par frottement, finissait par prendre toutes les odeurs de fumée et de la tambouille des feux de camp ce qui lui donnait un certain « fumet » quand il était mouillé, se mêlant à celui des chiens de traîneau.

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A partir de 1930 il fut massivement adopté par les pêcheurs et les chasseurs, se fit dans plusieurs couleurs (charbon de bois, vert forêt, bleu marine presque noir, cobalt et noir) et connut même une version verte militaire pour les conducteurs de jeeps pendant la guerre. Polyvalent, se mariant avec tout, du jean en denim au velours côtelé cette version nordique des habits du Wild West finit par traverser toutes les classes de la société, vendue en masse dans tous les grands magasins (Sears, Herter’s). Il fait désormais partie du paysage traditionnel de l’Amérique rurale, au volant des pick-ups, dans le « bush » et au bord des rapides, c’est même l’emblème du Minnesota.

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1/Avant le « grunge » et Kurt Cobain, mouvement musical originaire de la région de Seattle, un groupe s’appelant « The Pendletones », popularisa sur scène le « Buffalo Plaid »…c’étaient les futurs Beach Boys.

2/ Voir archive du 11 décembre 2020 « avant le polaire et le gore-tex ».

3/ Autour des Grands Lacs, la frontière resta imprécise jusqu’en 1828 entre les deux pays.

4/ Toujours produit, comptez autour de 500$

 

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05 janvier 2022

Bientôt l'acier : tirons "focus" et non "choke U.S." !

Chaque arme neuve est maintenant équipée d’au moins trois chokes amovibles, avec autant de charges différentes (en gros 28, 32 et 36 grammes en douze), le débutant est donc déjà débordé de choix. Et on lui dit qu’il en faut encore plus avec des diagrammes techniques compliqués d’applications de distances pour encore « optimiser » l’ensemble…et voici que va arriver l’acier pour tous et partout !

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Au temps des chokes fixes on s’embarrassait moins de ces subtilités et de cet afflux d’infos contradictoires. La longueur du canon contrôlait plus ou moins le rétreint : 26 pouces de lisse à demi, 28 pouces demi et plein, 30 pouces et plus en plein choke sans même parler des subtilités américaines (1) pour toutes sortes de chasses particulières : dinde, oies, etc. On se focalisait sur la tâche à accomplir avec le même matériel, en jouant plutôt sur les cartouches : une série pour ce qui partait « au c…l levé », et une autre un peu plus chargée pour le coup « de gauche » ! Et à la limite, il suffisait de jouer sur le temps de réaction : tirer une seconde plus vite resserrait le choke non ?

L’interdiction du plomb dans deux ans va énormément changer les choses. D’une part l’offre va bien plus se diversifier avec un tas de métaux aux propriétés différentes, mais il ne faut pas se leurrer comme aux Etats-Unis qui ont vingt ans d’avance sur nous en ce domaine, et pour des raisons de coût, c’est l’acier qui servira de base. Nous l’avons déjà maintes fois expliqué ici, il faudra d’une part déchoker, et tirer plus gros d’environ deux points. On sait, grâce aux travaux de Tom Roster (pour North Dakota Outdoors, 1999) sur faisan, charge steel de 28 grammes à 416m/s que la différence est minime entre plombs de 6 et 4 (62% et 66%), mais importante en N° 2 (77%) à 35 mètres, mais surtout et c’est important : toutes ces mesures étant effectuées avec le choke IC, (improved choke). C’est le lisse amélioré qui équivaut à notre ancien « quart ».

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Le « lisse » (C ou cylinder) qui revient au premier plan dès qu’il s’agit de tirer à balle au sanglier et pourrait séduire comme rétreint « à tout faire » (2) quand on utilise par exemple un mono canon genre semi-automatique (3) serait un pis-aller car il est réputé mal « modéliser ». Des essais à 30 yards avec la même cartouche (Winchester AA –XL), et la même arme (Browning Citori) ne mettaient que 56% des plombs de N°8 dans un carré de 70m en lisse contre 78% en IC, et c’est pire encore si on monte en grosseur de mitraille : 56% contre 84% en N°6 ! Le lisse modélise donc mieux sur le petit plomb et ne serait donc qu’une béquille mentale compensant le doute pour les tireurs hésitants, même à balle ou un léger rétreint est même souvent conseillé pour mieux guider le projectile en phase finale de sortie du canon.

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L’observation des tireurs sportifs va dans le même sens : Cory Cruse qui fut champion du monde FITASC en 2003, vainqueur de l’US Open 2018 emploie deux chokes IC (Rhino à constriction spéciale de 0.017), rétreint qui semblera plus utile dans le panel en premier coup pour un superposé. La mode des petits calibres risque bien, elle aussi, de prendre, c’est le cas de le dire, du « plomb dans l’aile » car ils modélisent de plus en plus mal dès qu’on monte en N° de plombs où il faudra en plus, vu la moindre masse, des charges très rapides. Dans le Midwest les spécialistes « Upland » qui, comme nous, chassent la plume (4), tirent, au 28 du N° 7,5 au lieu du N°6 qu’utilisent les nombreux chasseurs en calibre 16, où la Fiocchi Golden Pheasant reste un must.  Au « waterfowl » notre chasse au gibier d’eau, là où leur météo est bien plus « dure » que la nôtre, le calibre 12 s’impose partout surtout avec les fusils légers actuels dans un combo 1C-M pour tout faire entre 30 et 40m en N°4, toujours « steel », car ils ont bien sûr et depuis longtemps des « premium » plus performantes (Hevi-Shot, Tungsten) mais hors de prix. Il nous faudra en tenir compte.

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Une chance pour ces petits calibres (20, 28, ne parlons même plus du 410 à l’acier), ils sont quand même tous maintenant en chokes amovibles, mais il faudra abandonner le full qui, dans un fusil léger et en magnum était le principal argument de ceux qui snobaient le commun des mortels avec ces petites armes maniables soi-disant plus « fair-play » que les nôtres. Tirer « serré » n’est en effet pas à la portée de tout le monde, il faut de l’expérience qui donne ensuite de la confiance, et de toute façon, on n’apprend rien à débuter en plein choke. C’est une erreur qu’on a tous faits, bafouillants, perdus avant, au bout du compte, de se réduire à 70 ans passés, à une option passe-partout pour la chasse devant soi. Un peu comme sur les pas de tir de kermesses, à la chasse, tu casses au début, sans trop savoir pourquoi, ni comment. A la billebaude, si on réfléchit bien, et avec recul sur sa saison, et finalement d’une carrière, même si on se souvient toujours d’un grand « coup de longueur », on se rend compte que la plupart des tirs sont des tirs « moyens », ou un choke, lui aussi « moyen » ou de compromis, si on veut, suffira.

1/ Valeur des rétreints par rapport au C (cylinder ou lisse) : SK skeet : 0,005 ; IC :  0,010 ; M : 0,020 ; IM : 0,025 ; F : 0,035. Il existe aux USA pour les chasses aux très gros oiseaux, dindons, oies des neiges : XF (Extra Full), SF (Super Full), SDF (Super Dumper Full).

2/C’est ce que préconisait par exemple, le bon vieux Elmer Keith…si possible avec un coup de « buckshots » ou chevrotines !

3/Avec un semi-automatique où on ne peut pas jouer du choix de canons, ce serait M ou LM les seconds et troisièmes coups étant censés être sur un gibier tiré plus loin.

4/ Voir notre archive du 4 août 2021 sur la chasse à la plume aux Etats-Unis.

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03 janvier 2022

"35" : ceux qui restent !

Les gros calibres « trapus » dépassant les 9mm ont eu leur chance en Europe (9,3X62, 74R, 9X56 Mannlicher, 9X57 Mauser, 350 Rigby Magnum) et particulièrement aux Etats-Unis où on recense une litanie de munitions obsolètes : 35 Win SL (1905), 351 Winchester (1907), 35 Newton (1915), 350 Griffin-Howe Magnum (1930). L’histoire du 350 Remington Magnum, premier « vrai » court Magnum était un concept audacieux en 1965, mais trop précurseur.

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Le « 35 » Remington avait conquis ses lettres de noblesse comme grand adversaire du 30-30 comme fusil « de bois » un peu plus puissant dans des carabines à levier compactes où, dans le chablis, il s’agissait « d’ancrer » des animaux dont la poursuite pouvait être difficile voire dangereuse : élans, ours divers et nombreux sur le continent Nord-Américain. Remington tenta donc en 1965 avec le 350 Remington Magnum de retrouver ce concept pour les carabines à verrou dans son modèle 600 à canon court de 18 pouces (puis 20 pouces en 1968) sorte de « guide guns » appréciés dans les immensités glacées du Grand Nord. La balle de 200 grains, 820m/s et 4400 joules tenait le pari d’une arme pratique et maniable dans un boitier court, mais fit le choix discutable, sans doute pour la légèreté, de se baser sur un modèle issu du XP 100 de bench-rest faisant largement appel aux technologies balbutiantes des matières synthétiques.

Remington Model 600 bolt-action,

Ces carabines « nylon » se firent toutes dans des actions courtes (222, 308 Winchester, 350 RM), mais furent mal accueillies par la presse spécialisée (dont le grand Jack O’Connor, son avis négatif, valant excommunication d’office !) car elles reculaient fort. La munition issue du 7 RM raccourci de 2,5 à 2,171 produite d’entrée avec deux charges d’usine Corelokt de 200 et 250 grains souffrait d’être limitée par les dimensions de l’étui réduisant la valeur de poudre nécessaire à pousser des balles plus lourdes. Et surtout, elle avait en face d’elle, autour de 200-250 grains, mais cette fois en action longue, un « wildcat », connu depuis 1922, et en passe d’accéder à la notoriété, le 35 Whelen (1). Avec son canon plus long et l’avantage de tirer des balles plus lourdes, il était plus agréable au tir, et Remington eût face à ce concurrent une certaine mansuétude, (disant que le 350 ne faisait rien de mieux !) qui ne put se comprendre qu’un peu plus tard, en 1988…quand elle prit enfin à son compte l’ancien « wildcat » !

35 Remington (left),

Ayant d’autres chats sauvages, c’est le cas de le dire, à fouetter (sortie du 6,5 RM en 1966, puis des RUM 1999 et SAUM 2001) le modèle 660 M fut arrêté en 1971, et le célébrissime 700 ne prit le calibre que quelques années (1969-1975), la munition étant stoppée en 1992. Peu de carabines furent vendues (plus quelques Ruger) quand, surprise…en 2003, le 350 Remington Magnum put renaître de ses cendres grâce au guide gun M 673, variante du modèle 7, reprenant les technologies du stratifié, mais mieux maîtrisées avec le temps et canon lourd de 22 pouces pour une Corelokt 200 grains encore améliorée par les poudres modernes : 840m/s et 4650 joules. Face aux nombreux 30-06 allégés qui inondent le marché désormais mondial, cette carabine garde une base de fidèles fans, car poussant au bout une logique qui inspira aussi celle du « scout gun » cher à Jeff Cooper (2) et aboutissant au 376 Steyr. Le 350 Remington à droite, comparé au 35 Winchester SL (Self Loading) à g. et au 35 Whelen au centre.

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Cette démarche est difficile à comprendre en Europe et s’explique par l’intérêt du « portage », dans des chasses de plusieurs jours de voyage dans une végétation épaisse et où il faut tout à la fois, transporter des grandes quantités de venaison sur des terrains pentus et difficile (voir ci-contre à dr.), et où toutes les opérations de dépeçage peuvent attirer, en plein hiver, de féroces concurrents. Le 350 Winchester Magnum a souffert d’être introduit dans une arme discutable au mauvais moment. Il s’agissait en gros de tirer du 35 Whelen dans un boitier court de 308, mais dont les beddings des matières plastiques de l’époque, fatiguaient énormément avec le recul puissant. Même si sa balistique, avec une balle de 150 grains et un canon long, dupliquait celle du 308 pour tirer loin et appliqué, il s’agissait, surtout à distance proche ou modérée de disposer d’une bonne marge d’erreur au coup d’épaule si apparaissait tout à coup un grizzly affamé dans le taillis, au moment où vous commenciez à vider le wapiti. Une situation pas si lointaine que ça chez nous, quand en battue, vous déboule un gros sanglier…

1/ Ce calibre a fait l’objet d’un article spécial en archive du 1er mai 2017.

2/Voir archive du 1er janvier 2019. Même relatif échec pour le « scout gun », où voulant un grand frère pour son arme en 308 et voulant dupliquer le 35 Whelen dans une action courte, J.Cooper prit d’abord le 350 RM avant d’évoluer vers le 376 Steyr, pour éviter la proximité et la confusion avec le 375 HH mondialement connu. 

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