FCM 25.00

23 janvier 2019

Conons longs ou très longs : la controverse des rallonges

Ils sont nécessaires pour les tirs lointains, et si 70 cm reste un standard, 74 cm et plus (jusqu’à 86 parfois au ball-trap) sont toujours appréciés dans certains domaines de tir au poste, pigeon ou gibier d’eau. La longueur facilite la précision de la visée, on comprend donc que ça puisse aider au posé, et elle réduit aussi les erreurs quand on tire loin au vol de façon proportionnelle : plus la longueur est importante plus l’erreur est minimisée.

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Même si elles sont discrètement omniprésentes, on parle moins des rallonges de nos jours et elles semblent « ringardisées » depuis que la bille d’acier en diminuant de moitié la valeur des chokes, a fait les beaux jours des « spéciaux » (Briley, Teague, Kicks, etc.) fabriqués principalement aux USA. Pour les huttiers, le canardouze, bien plus efficace en matière de largeur de gerbe, et plus facile à manipuler dans un espace restreint, a également vite fait la différence.

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 Néanmoins, en feuilletant les annonces sur le Net, on se rend compte que tout le monde continue d’en faire (ATA, Baïkal), et qu’il existe même des armes comme le Fabarm XLR Supergoose dont le canon fait d’entrée 90 cm. On retrouve l’esprit du Marlin Goose dont nous avons déjà parlé ici (voir nos archives du 20 mai 2016). La palme côté « canne à pêche » revient quand même sans doute à Verney-Carron qui, il y a une dizaine d’années, proposait encore d’ajouter à son V12 N, une rallonge ABR de 82 cm ! Faites le calcul, sur un canon déjà long de 76, ça faisait une perche de 1,58 m pour une longueur hors-tout de 2,10 m !  Voir photo à g.  De nos jours, la célèbre marque stéphanoise fait encore pour le Matrix une rallonge de 10 cm qui n’est d’ailleurs pas donnée (80 euros).

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Le fait qu’une arme comme le Supergoose (ci-contre à g.) ait rapidement disparu du marché canadien donne une indication sur les critiques le plus régulièrement entendues sur ces trop grandes longueurs : les poudres modernes ne nécessitent plus de telles étendues de canons pour pousser les charges les plus communes, et le général Journée, il y a des lustres, ne préconisait pas plus de 76 cm pour l’utilisation de la poudre T. Fortement déséquilibré vers l’avant, le tir au vol est de plus en plus ardu dès que la longueur du canon s’allonge, la limite semblant tourner comme sur les pas de tir, autour de 86 cm.

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Balistiquement aussi, pour une arme donnée, avec cet ajout, tout change en matière de choix des chokes et de cartouches, et de ce côté, nous pouvons vous faire partager notre expérience déjà ancienne, des armes longues. En Baie du Mt-St-Michel dans les années 70, utilisation anecdotique d’une canardière à percussion en 12 héritage familial de 1,20 m de canon en douze (ci-contre  à dr. à comparer avec le 12 en 3è rang et le 98 K en bas) qui n’améliorait en rien le Fabarm goldenmatic habituel nanti d’un polychoke utilisé à la hutte et au vol. Les nuits de veille étant encadrées de passées du matin et du soir, il suffisait juste de visser ou dévisser l’embout, sachant quand même que le « full » de cet artifice valait tout juste un demi…

La difficulté de gambader dans les grèves, l’âge venu, a permis de bifurquer vers la chasse du pigeon avec des formes et un MP 153 Baïkal de 76, plus rallonge de 15 (40 euros). Déjà lourd et encombrant, le tracteur russe monte à 90 cm de canon et 1,45 m en tout, ce qui lui fait encore plus piquer du nez, et n’ajoute rien en portée avec un choke full d’origine réputé pour sa médiocrité car en spécificité acier, ce n’est plus qu’un demi ! La rallonge a vite fini dans un tiroir, remplacée par un « Kicks » qui certes n’est pas donné (l’arme fait maintenant ne fait plus que 82 de canon), mais là, cet appendice qui fait aussi frein de bouche et atténue le fouet entre les tirs, a vraiment changé la donne, mais en employant (nous sommes toujours au pigeon posé) que de « bonnes » cartouches. Entendons-là, à l’exclusion totale des super-magnum dans une arme chambrée 89, simplement des chambrées 70 très rapides chargées à 36-40g, et exclusivement en plombs de 4 soit la Tunet « High Flyer » ou les Winchester « Superspeed » et autres Remington « Sureshot ». Pour cette dernière le nom seul (coup sûr !) donne déjà le moral pour partir au bois et la confiance qui va avec…

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Mais, paradoxe, pour le possesseur d’un râtelier assez garni, et qui sort souvent (au bas mot, une bonne trentaine de fois par an au pigeon posé) on faisait presque aussi bien, partant « léger », comprenez sans les impedimenta habituels (filets, piquets, formes), en sortant de la naphtaline, un vieux fusil à platines de seulement 66 de canons. C’est le Didier Drevet de 1919 qui a longtemps illustré la page de garde de ce site.  Le vénérable ancêtre étant qui plus est, chambré en 65, en tirant (toujours en 4) des Vouzelaud « Centenaire », mais dans le canon de gauche, chambré 18.2, horriblement choké et d’ailleurs même implicitement estampillé « non pour la balle ». Comme quoi donc, il en va du tir comme de l'amour,  la longueur ne fait pas tout…

Un moment, pour varier du MP 153 où il fallait se poster culasse ouverte et charger au dernier moment selon la proximité de la pose, fut même utilisé un juxtaposé espagnol Laurona de 76 de canons dont se débarrassait un vieux copain car jugé, et à juste titre « dangereux ». Il avait en effet, la fâcheuse habitude (bec de gâchette usé sur deuxième coup à gauche) de déclencher les deux cartouches à la fois ce qui l’excluait ipso facto du champ de toute chasse de terrain ! Mais solitaire, dans les bois, au pigeon posé, fusil ouvert, suffisait juste de garnir au choix, selon la proximité, canon de gauche ou de droite, le demi ou le full. Ce dernier, bien sûr, très sensible (50 grammes au peson !) faisant alors office de « stecher » et gommant à merveille tous les coups de doigt éventuels ! Là, le canon de 76 avec une « grosse » cartouche comme indiqué plus haut,  faisait mouche à tout coup.

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Au bout du compte, le MP153 s’est recyclé à la battue, pour finalement trouver, mieux vaut tard que jamais, son bonheur avec, à notre avis, le graal pour le tir au posé, une petite canardière en 12 Beretta (modèle 412 Trunchino (ci-contre à g.) pliante, ultralégère (2,4kg) bien pratique pour déambuler dans les bois avant l’heure de la passée. Canon de 82, choke full fixe, elle a été customisée à peu de frais : bretelle technique militaire US (c’est celle de la mitrailleuse Minimi !) réglable dans tous les sens, brillance du canon et de la crosse éliminée par enroulement de camoform, et surtout sabot de crosse performant car il faut de nouveau tirer, comme on l’a vu plus haut, de la grosse cartouche rapide en 4. Mal épaulée, vu la légreté de l'ensemble, la crosse en simple bakélite sachant se rappeler à votre bon souvenir...Son chargement simple et silencieux permet bien sûr, en fonction de la proximité de la pose, de liquider aussi son stock de vieilles cartouches rouillées, voire de trap si les pigeons sont à 20 m. ou moins. Avec une longueur hors-tout de 1,25 m elle est, du fait de son faible poids encore maniable, on peut tirer au vol, et surtout au crépuscule, attendre de long moments d’une seule main, fusil monté sous l’aisselle, prêt à tirer avec une économie de gestes qui ne vous fait pas repérer.

Conclusion personnelle : pour tirer loin faut pas forcément, surtout à l’heure actuelle où le choix de bonnes cartouches est considérable, une trop longue perche. C’est plutôt affaire de compromis où le choix des chokes et de la cartouche jouent plus que les seules dimensions du canon. La multiplicité des sorties permet d’affiner ce dernier, et au bout d’une saison de mettons, une centaine de tirs, une adéquation finit par se faire jour qui devient vite une évidence. Il suffit ensuite de s’y tenir, au moins pour les tirs « longs » ou « limites ». Au pigeon posé tout est question de distance. Allez, pour terminer, un petit truc qui marche à tous les coups :  si on voit les pattes, on peut tirer !

 

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21 janvier 2019

Brillant mais malchanceux : Charles Newton (1870-1932)

Nous avons déjà abordé ici la période importante (1), de 1900 aux années trente où s'ouvrit le développement de la plupart de nos cartouches de chasse modernes. Adepte de la vitesse, un demi-siècle avant par exemple Roy Weatherby, Charles Newton vit se dresser sur sa route des tas d'obstacles qu'il ne put surmonter pour toutes sortes de raisons, économiques mais aussi technologiques.

charles newton)Né dans l'Etat de New-York, enseignant, avocat, il prit goût aux armes durant son séjour au sein de la Garde nationale et se servit bien sûr de ses connaissances en droit pour faire valider par des brevets ses initiatives audacieuses. Comme beaucoup d'autres il s'agissait de casser le mur des 900m/s, mais dans les années 1900, véritable quadrature du cercle, avec des poudres lentes opérationnelles qui ne furent vraiment disponibles qu'avec les surplus de la seconde guerre mondiale !

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Il commença à collaborer avec Arthur Savage dès 1905 pour le 22 Hi-Power sur la belle carabine 99 (2) dont le chargeur rotatif acceptait facilement les balles pointues spitzer, ce qui aboutit au 250-3000, précis (balle de 87 puis 100 grains, 703m/s à 100 m, 1890 joules), populaire dans une époque où on s'émerveillait de la rapidité de calibres (30-30, 303 British), tous dérivés militaires, mais dont la vitesse ferait sourire de nos jours. La balle était trop petite, se désagrégeait à l'impact (3), quand même précise malgré les optiques qui n'étaient pas généralisés à l'époque. Il fallait se limiter au gibier de moins de 50 kg. En 1945, le 243 Winchester finit par éclipser ce petit calibre intéressant : le nouveau venu le dépassait en tout :  densité de section, coefficient balistique, pénétration.

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Avec l'armurier d'origine allemande Fred Adolph il développa pour lui des calibres spéciaux bien plus gros (en 30 sur base 404 Jeffery), un système de verrou à fil interrompu (bien avant Weatherby donc on le voit comparé ici à  g .  au système  Mauser), mais comme bien d'autres « wildcatters » US (Gebby, J.B.Smith, H.Donaldson, G.Wotkyns, J.Sweaney) resta mobilisé sur la recherche des hautes vitesses sur base du 30-06 « raccourci » à 6,5 mm. Ce qui aboutit en 1916 à son 256 Newton où, sans recul on obtenait une trajectoire très plate pour des balles de 90 à 130 grains filant à 950m/s. Une démarche intellectuellement assez proche de ce que firent en Europe, à partir du boitier Mauser, le 6,5X64 Brenneke, et plus près de nous (en 1989), ce qui prouve son bienfondé, le 6,5X65 RWS.

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Mais notre inventeur passionné se heurta à une malchance récurrente, négociant en 1914, un accord d'importation avec Mauser... qui capota donc bien sûr dès la déclaration de guerre ! Et l'oncle Sam ayant d'autre soucis en ce moment, que la fabrication de fusils de sport...s'empressa de mettre sous séquestre également son usine au titre de l'effort de guerre ! En 1923 il tenta la création d'une compagnie (Buffalo Newton corp.) dont le financier lui fit faux bond, emmenant avec lui le stock d'armes prêtes. Il s'approcha donc en vain de  Marlin, puis se décida à fonder une nouvelle compagnie Leverbolt...en 1929, juste avant la Grande Dépression quelques années avant sa mort en 1932 !

1/Voir nos archives des 27 juin 2016 et 21 mars 2018

2/Voir notre archive du 20 février 2018 consacré à cette belle carabine, véritable « collector » de nos jours.

3/Sur base d'un vieux Krag-Jorgensen ramené au calibre 22, il tenta de propulser une balle de 68 grains à 950m/s, ce qui détruisait la balle à l'impact et limitant donc la pénétration. Il trouva l'astuce de la segmenter en deux noyaux...on n'était pas très loin, vingt ans avant, de la fameuse Nosler Partition !

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18 janvier 2019

Les dangers de la chasse en brousse

Le « ferme » dans nos contrées qui commencent à découvrir le sanglier va entrer dans notre vocabulaire, et il implique une notion de danger qui nous était encore inconnue il y a quelques années. Ceux qui vont en brousse en ont vu d’autres, et depuis très longtemps. Dans la foulée de nos articles précédents sur les calibres africains, on va voir que le gibier le plus dangereux n’est pas toujours celui qu’on croit.

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Le léopard, selon les pays n’est d’ailleurs pas toujours catalogué « big five » et l’offre de chasse assez vaste car l’espèce se défend mieux que certains autres grands fauves. Sa taille (1) et sa souplesse le rendent moins dépendant des grands troupeaux de ruminants, et faute de gnous et d’antilopes, il peut fort bien se contenter de modestes grenouilles ! Intelligent, agile, très fort pour sa taille il s’en sert à bon escient, particulièrement s’il est acculé ou blessé. Est-il « mangeur d’hommes » ? En Inde, c’est incontestable mais particulier (2), les mémoires de Jim Corbett recensaient avant-guerre 400 attaques dans le seul état de Punar, et il mit fin aux méfaits à Rudrapayang d’un animal qui avait fait 125 victimes en 8 ans.

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Nocturne et prudent, il essaie d’éviter la confrontation directe avec l’homme et peut s’accommoder (c’est le cas en Inde) d’une certaine cohabitation, bien sûr des plus dangereuses. En Afrique, il fut jusque dans les années trente beaucoup chassé aux chiens courants, et depuis la vogue des safaris après-guerre, beaucoup plus à l’affût-appât, ce qui nécessite de la patience et du sang-froid. Il importe avant tout de bien garnir d’épineux l’arrière de l’affût où il n’est pas rare qu’il vienne rôder pour vérifier cette nouveauté, et se prenne les pattes dans les filets de camouflage. Inutile de dire que le taux d’adrénaline doit monter en flèche !

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Longtemps tiré aux calibres africains spécifiques (375 H§H voire notre 9,3X62), il se tire aussi beaucoup pour la peau et les trophées, mais aussi éviter un recul sévère qui rallonge le temps de récupération sur un animal très vif, avec des calibres moyens comme le 270WCF, 308 Winchester, 30-06. Le tir s’effectue entre 50 et 70 m, mais dans des conditions de visibilité (crépuscule, aube) pas toujours évidentes, et assez techniques vu le dévers quand l’animal est perché. Le premier coup doit être fatal, on doit l’entendre tomber comme un sac de patates, sinon tout peut très vite dégénérer et de la plus funeste des façons.

En 2010 au Zimbabwe, tir à 30 m au 375 HH, semble-t-il avec succès. Le guide (en 458 Lott) et le pisteur (avec un pompe en 12 et chevrotines) s’approchent prudemment : pas de léopard…quand celui-ci, tapi à dix mètres attaque à pleine vitesse. Personne n’a le temps de tirer à part le pisteur qui arrive par  pur reflexe, à le repousser avec un coup de double zéro. A peine remise de ses émotions, l’équipe laisse passer la nuit tant il est suicidaire de tenter de le retrouver dans l’obscurité, et y va, sur des œufs, au petit matin. Nouvelle attaque éclair, cette fois, tout le monde peut tirer. A l’autopsie il avait été blessé d’une balle mal placée, le coup de chevrotines à la tête lui avait crevé un œil, mais il attendait tout le monde depuis la veille au soir pour régler ses comptes à l’aube.

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Un des cas les plus connus (3) est, en Tanzanie (1989) celui du guide expérimenté Robin Hurt qui fit tirer à son client (au 365 H§H) un léopard qui se réfugia immédiatement dans un ravin profond, épais et impénétrable, idéal refuge pour un fauve blessé. Impossible de le voir, mais ils l’entendaient respirer…espérant que c’était son dernier souffle ! Une bonne demi-heure d’attente en sécurité, lancement de pierres et de branches, le guide place le client et son meilleur éclaireur, au demeurant bon tireur sur les probabilités de refuite, et s’engage dans le fourré 500 Nitro express au poing avec ses deux traqueurs dont un équipé d’un superposé Miroku chargé au double zéro. Il faut avancer pas à pas, à la machette, il redonne son gros express trop lourd au pisteur, prend le Miroku plus léger quand le léopard tapi à 5-6 mètres attaque : le 500 NE aux mains du traqueur tire…à côté tout comme le premier coup du superposé. Le fauve saisit le guide au bras, il arrive à tirer (à 30 cm) sa seconde cartouche, au cou, mais qui ne semble pas l’arrêter pour autant. Arrivant à se protéger avec son bras valide il est mordu à l’épaule, à la poitrine, se débat à coups de pied, mais se fait mordre à la jambe qu’il secoue comme un prunier. Il sort en dernière extrémité son couteau, quand le pisteur revient courageusement, en rampant, avec le 500 NE de nouveau chargé. Effort inutile, le léopard ne réagit pas au tir des deux énormes cartouches, il était déjà mort, c’est le deuxième coup de chevrotines au cou qui, ayant fait balle, avait fini par faire son œuvre ! A l’examen on se rendit compte qu’à quelques centimètres près, la balle de 375 initiale du client était passée un pouce au- dessus du cœur et n’avait fait que casser l’épaule. N’ayant pas tenu compte du dévers : il aurait fallu tirer un poil plus bas… Le guide fit une semaine d’hôpital pour soigner les 34 morsures infligées en quelques secondes et qui nécessitèrent au final deux mois de soins !

1/Même si c’est le plus petit des grands félins (150 livres environ) il est très fort pour sa taille et beaucoup plus rapide qu’un lion.

2/Dans ce pays où il existe peu de toilettes, l’usage dans les campagnes est de faire ses besoins en pleine nature où un enfant accroupi par exemple en pleine nuit représente une proie idéale pour ce fauve qui rôde auprès des villages où il prend également chiens, chats, volailles. La plupart des cent morts par an entre dans ce cas de figure.

3/ Relaté dans le magazine Fieldsport, article (long et en anglais) résumé ici.

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16 janvier 2019

Qu'est-ce qu'une arme précise ?

Voilà bien une notion « bateau » comme on dit, sur laquelle on réfléchit peu quand on fait un achat trop souvent dicté par les sirènes du marketing, les influences du « look » et autres balivernes dont on débat sans cesse entre chasseurs sur « fesse de bouc » ! Pourtant la précision intrinsèque joue son rôle, à l’arme lisse ou rayée, et l’arrivée massive du sanglier dans notre bocage va nous ramener rapidement aux fondamentaux.

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Visée ouverte ou optiques ? Par chez nous où on tire de près, et massivement en battue, la première option n’a sûrement pas dit son dernier mot. En ce moment où les battues « foraines » ou inopinées se multiplient dès qu’on a vu « le pied », il faut bien remarquer que la majorité de nos compagnons de poste utilisent, en fait, leur fusil lisse habituel : celui qui les premiers dimanches d’automne abat sans coup férir le perdreau ! On troque le coup de six contre une Brenneke qui traînait depuis dix ans dans une poche oubliée de la vieille canadienne, et c’est parti pour tenter de mettre le solitaire au tableau ! Réglages ? Essais ? Nib de nib, et au petit bonheur la chance. A force de tirs ratés de manière « inexplicable », est venu le moment de la remise en cause (1), de l’achat, ou de la transformation d’un autre fusil en arme dédiée.

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A moins de 200 mètres et donc dans la totalité des cas sous nos latitudes, il faut se souvenir, et c’est le cas pour la plupart d’entre nous du temps où nous étions camarades de chambrée de l’Ami Bidasse, une arme était considérée comme précise quand on atteignait le pouce britannique (2,54 cm) sans optique à 100 mètres. C’est peu ou prou notre bonne pièce de 2 euros. Des milliers de chasseurs s’en sont contentés avant la généralisation des optiques, en gros dans les seventies, et les exigences de ces visées métalliques devraient être les mêmes. Dans les contrées où la chasse est un moyen de subsistance on retrouve un peu ces contingences quasi militaires : emploi de munitions standard autour entre 100 et 180 grains, mais surtout une pratique presque quotidienne face à des armes actuelles qui servent trois fois par an, la précision requise étant de la taille du poing, soit celle de la zone vitale du gibier…

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Maintenant il arrive aussi qu’une lunette mal réglée ne nous donne qu’une précision de 2 pouces à 100 m. ! Soyez sûr qu’à 200, cela entraînera encore plus d’écart, des ratés, des blessures, des balles de panse. L’écart de prix (de 200 à 3000 euros !) ne facilite pas les choses pour le béotien qui devra quand même, en premier lieu, considérer le dégagement oculaire minimal. Attention donc aux carabines légères dont le calibre n’a rien de monstrueux, mais dont les ruades vous enverront la lunette dans l’arcade sourcilière ! Pire encore, une carabine neuve n’est pas forcément précise d’entrée de jeu. Les vrais « beddings » qui posent l’action et font flotter le canon sont coûteux, et sur les armes en bois l’humidité, l’huile peuvent occasionner des déplacements, des variations selon les conditions dont elles sont entreposées et l’entretien (nettoyage tous les 150 à 200 tirs). Et il faut considérer également les accessoires comme les bipieds qui peuvent jouer sur les harmoniques du canon, ou l’emploi de la bretelle qui peut apparaître comme un seul outil de transport ou de confort alors qu’on le sait (encore merci aux militaires) qu’avec l’entraînement et réglages (en l’engageant sous le coude notamment) on peut améliorer les groupements (2) de 50 %

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La détente peut s’améliorer, mais ça ne doit pas être confiée à n’importe qui en raison de la sécurité, surtout s’il s’agit d’une arme de battue dont le tir sera tout sauf posé, comme au stand. La norme est de deux livres (910 grammes), et on conseille souvent à tort de la tarer plus lourd pour les calibres à fort recul, mettons à partir du 9X62 du fait de l’appréhension. Une école préconise au contraire de conserver une détente légère pour contrecarrer la crispation.

Une munition et s’y tenir ? Cela vaut également pour le tir à balle dans les fusils lisses, certains canons « aiment » mieux certaines balles que d’autres ! Ah, il est loin le temps où tout bon chasseur courait au fond du jardin vérifier « à la planche » la qualité et le centrage de sa gerbe de plomb. Il est vrai que les canons étaient encore « faits main » et n’avaient pas la régularité des machines numériques modernes. Malgré tout, si la visée est réglée, pressions et vitesses des cartouches rayées d’usine agissent différemment face aux harmoniques, c’est-à-dire la façon dont le canon vibre ou fouette. Une variation qui peut aller de 2 à 5 cm, et on est donc loin du pouce requis à 100 m.

Même s’il y a de grandes différences entre la précision du tir sportif, de chasse ou militaire, il n’est pas inintéressant de regarder comment on parle de précision intrinsèque pour ce dernier. Entre les mains d’un soldat bien formé, avec le FRF2 qui tire du 7,62 Otan (c’est notre 308 Winchester) et des balles sélectionnées, la probabilité d’atteinte d’un rectangle de 1mX50 cm à 600 m est de 80%. Or, s’étant rendu compte de l’imprécision de certaines armes au départ (mauvais entretien, chutes, etc.) la dispersion était insignifiante, mais que le vent était à 90% responsables du fait qu’on « fane » sur le plan horizontal. L’amélioration majeure révélée par le site de la firme US Berger, bien connue de tous les tireurs montre aussi que l’utilisation d’un anémomètre (qui mesure le vent), et surtout d’un télémètre (pour les distances) fait passer la probabilité de mettre au but à cette distance de 6 à 41% en utilisant ces instruments ! On le voit, même si le tir, confortablement calé au stand, n’a rien à voir avec celui de chasse et militaire où on crapahute sans cesse : la précision de l’arme, passe en fait au second plan face à la manière d’appréhender l’environnement du tir, en particulier la distance et le vent. A la battue, tout ça n’entre bien sûr pas en ligne de compte, mais l’approche-affût commence à s’en inspirer, notamment avec la vulgarisation et la diffusion désormais commune des télémètres. Nous en avons déjà parlé souvent ici, l’utilisation simple et bien comprise des réticules de lunettes y palliaient déjà un peu : sur un X3, la croix centrale où s’inscrivait peu ou prou un chevreuil donnait 100m, et s’il y apparaissait deux fois plus petit, eh bien 200 m ! Pour ce cerf deux fois plus gros, allez, faites le calcul…Et les « crans » sur les côtés donnaient un peu une idée de la dérive au vent à juger concédons-le bien sûr, « au doigt mouillé »…

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1/Du fait de la gerbe les tolérances sont plus larges pour un canon lisse à plomb, mais se restreignent dès qu’on tire à balle, ce qui nous ramène inlassablement vers les critères de l’arme rayée. D’ailleurs certaines balles dites « techniques » (BFS, Fier, etc.) règlent maintenant presque aux distances des carabines, employées dans des canons simples et longs (semi-automatiques) qui fouettent plus librement et poussent plus longtemps ces sortes de « volants de badminton » que dans les canons doubles des  juxtaposés et superposés. On peut penser qu’avec la multiplication des battues de sangliers, les plus motivés des chasseurs et des sociétés penseront à organiser aux moins une fois par an, et dans des conditions de sécurité optimum, des séances d’essai pour esquisser le meilleur compromis « balle-canon » pour leurs tireurs. L’efficacité des battues communales au sanglier, sera sans doute à ce prix.

2/Le bon groupement de 3 à 5 tirs doit faire 3 pouces à 100 m, soit 7,2 cm, ou une grosse boîte d’allumettes.

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14 janvier 2019

275 Rigby ou 7X57 : c'est du pareil au même

On ne pouvait aborder dans ce site de vulgarisation, la rencontre entre l’ingénierie allemande et l’artisanat britannique entrevu dans notre dernier envoi, sans développer un peu le 275 Rigby qui a produit un des fusils de sport le plus célèbre du monde, celui de Walter « Karamojo » Bell (1881-1951) qui tua, à une autre époque que la nôtre, il faut bien le comprendre, 800 de ses 1011 éléphants avec ce « petit » calibre.

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De nos jours où, au minimum le 375 H§H est requis pour chasser en Afrique, tentons d’expliquer comment cette munition allemande (c’est exactement le 7X57 Mauser) a pu s’imposer dans les colonies britanniques, puis un peu partout dans le monde, avant de voir son étoile pâlir. C’est de nos jours une cartouche encore polyvalente mais surtout historique, car chargée de l’aura des grands « chasseurs blancs » qui l’ont employée jusque dans les années soixante en brousse.

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Nous l’avons déjà expliqué ici (1), c’est la guerre hispano-américaine (1898), puis des Boers (1899-1902) qui mit en vedette cette munition datant de 1892 et établie pour le nouveau fusil d’infanterie allemand, le 7X57. Doux à tirer, sa trajectoire rasante pour l’époque (flèche de 36 pouces, soit 90 cm à 1000 m.) ne pouvait qu’intéresser les chasseurs. Rigby, conscient des limites du 303 British et de la conception du fusil Enfield auquel il avait été associé, la personnalisa sous son nom en 1899, et elle fut utilisée par les premiers chasseurs de grand gibier africains : Von Blixen, Dennis Finch-Hatton, Jim Corbett (en Inde sur les tigres), mais surtout Walter « Karamojo » Bell pour l’éléphant. Il faut comprendre en effet qu’auparavant, on chassait tous ces grands gibiers dangereux (éléphants, buffles, rhinos, lions, léopards) soit avec des calibres à poudre noire démesurés (voir notre article précédent sur le tir au calibre « 4 »), soit des gros express chargés avec la toute nouvelle cordite.

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Bell portait toujours lui-même son fusil par prudence, à la fois contre les animaux dangereux…et les tribus hostiles ! Il lui fallait donc une arme légère selon les critères de l’époque, et surtout précise. Il était plein de sang- froid, excellent tireur, et son observation des autopsies détaillées des pachydermes abattus le convainquit que si la balle était bien placée, l’écart de taille entre les projectiles importait peu face à une telle masse. Il s’approchait à bon vent et tirait en arrière de la tête là où la paroi crânienne de l’énorme animal est la plus mince. Voir illustration ci-contre à g.. Il utilisait pour cela soit des surplus militaires DWM de 173 grains à nez rond (11, 2g) soit des balles FMJ de 175 grains. Il tua 800 éléphants avec le 7X57, son ratio étant de 1,5 balles par animal donc la plupart du temps une seule balle, le reste avec du 6,5 Mannlicher (balles de 159 grains) ou le 303 British, le Jeffery 450-400 voire le 318 Westley-Richard avec lequel d’ailleurs il se dit qu’il parvint à tuer des canards au vol…il ne devait pas en rester grand-chose !

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En 1910, les USA disposant du 30-06 (2), puis en 1925 du 270 Winchester, purent contrer ce succès allemand sans hypothéquer l’avenir : à la sortie de son modèle 54, Winchester chargeait les deux aux alésages il est vrai fort proches : 7,2 et 7 mm. A la fin des années 20, le 7X57 s’était néanmoins taillé la part du lion en Europe avec une offre nombreuse en munitions polyvalente sur le sanglier et les grands cervidés. En 1950, elle gagna même du terrain aux USA, curieusement d’ailleurs grâce à Jack O’Connor, le chantre pourtant du 270 depuis des années, tout ça parce que son épouse Eleanora prit avec le 7X57 (3) pas mal de grands gibiers de plaine non dangereux, grands koudous notamment.

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Mais à partir de 1962 le 7 mm Remington Magnum, puis en 1980 le 7,08 Remington lui prirent la vedette, sans même parler du 30-06 en passe de devenir, surtout de nos jours (libéralisation de 2013 oblige), le calibre omniprésent même chez nous. Le 7 mm Rem.Mag.  est  un 7X64 musclé pour lequel il existe plus de 150 chargements disponibles (800m/s, 3500 joules à 100m), et le 7,08 duplique la balistique du 7X57 mais avec un peu plus de vitesse (800m/s contre 700) et à peu près la même puissance 2500 joules à 100 m. De plus, ce calibre moderne offre de nombreuses carabines légères pour tirer un grand choix de cartouches « usine ». De nos jours le 275 Rigby ou 7X57, calibre historique chargé de l’aura quasi mystique de la savane, n’offre qu’une vingtaine de chargements, mais celui qui peut se les « rouler » peut disposer d’un choix de balles à coefficient balistique élevé, acceptables en recul pour tout gibier moyen, et qui, de toute façon, conserveront un certain avantage face aux 6,5 qui retrouvent grâce actuellement aux yeux du public.

1/ Voir à ce sujet notre archive du 10 janvier 2018 sur la genèse du 30-06

2/ Le fusil réglementaire Springfield s’inspira largement de la technologie Mauser et paya même des royalties pour cela à la firme d’Oberndorf.

3/Le célèbre écrivain chasse US et son épouse utilisèrent au départ une VZ 33 tchèque custom puis un modèle Winchester 70 en 275 Rigby. Lors d’un safari en 1972 il estima que les tirs qu’elle effectuait avec des balles de 140 grains étaient tout aussi efficaces que ce qu’il utilisait en 180 grains avec un 30-06.

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11 janvier 2019

Express ou carabine ? Un choix ouvert par Mauser-Rigby (1900-1912)

L’avènement des semi-automatiques dans les seventies, des linéaires plus récemment semblent avoir relégué au second plan un dilemme qui peut cependant encore nous concerner tous lors d’ un premier achat d’arme rayée en occasion.

Mauser

Face à des express italiens nombreux sur le marché, des carabines à verrou efficaces (on pense notamment à toute la série des Brno ZKK, ou des CZ) pour démarrer sans trop ruiner sa bourse on va voir que la réflexion est assez ancienne pour, à même puissance, disposer, au lieu de deux coups…de 5 ou 6 ! Mais pour cela, il fallait être sûr de pouvoir les enchaîner facilement, et c’est là qu’il nous faut parler de l’association plutôt inattendue, juste avant la guerre quatorze, entre l’ingénierie allemande, et l’artisanat armurier britannique.

416 Rigby

1898 c’est l’année où John Rigby (1829-1916) descendant d’une lignée d’armuriers au départ irlandais, invente le 450 Nitro Express, mais il est aussi en tant que surintendant de la manufacture royale un des concepteurs du 303 British (1) et du fusil Lee-Enfield dont il comprend vite que la solidité ne sera pas suffisante pour encaisser les puissantes charges de cordite, poudre sans fumée, nouvellement inventée qui rend immédiatement dépassées les anciennes armes de gros calibre à poudre noire. Nous venons d’en parler lors de notre précédent chapitre consacré au « 4 bore ». 1898 c’est aussi l’année où Paul Mauser sort son fameux 98 K, une arme militaire amélioration du modèle 95-96. La caractéristique première de cette arme c’est son fort verrou à deux tenons en forme de T, assis sur un troisième de sécurité à l’arrière, mais surtout son grand extracteur à griffe non rotatif qui saisit la cartouche dès qu’elle sort du magasin pour ne plus la quitter jusqu’à l’éjection. C’est la fameuse alimentation contrôlée parfaitement adaptée au tir de chasse s’il faut doubler (ou plus !) face aux animaux dangereux qui chargent, lacèrent, piétinent…

L’Allemagne comme l’Angleterre possèdent de vastes colonies, un immense marché peut s’ouvrir pour un système qui est même amélioré sur le modèle 98 car on a réduit d’un pouce (25 mm) la course de l’armement (2) et allégé l’ensemble percuteur doté d’un ressort plus puissant, ce qui fait encore gagner un peu en temps de verrouillage car il y a déjà un mouvement d’ extraction primaire dès qu’on relève le levier. Autre argument important à la chasse : la sécurité est fiable, facile à utiliser, silencieuse à manier, mais l’usage militaire auquel l’arme fut destinée au départ, rend difficile l’installation d’une lunette en position basse.

Mauser possède, dès 1900, un agent à Londres où Rigby a installé son siège trois ans plus tôt. La firme allemande sort bien sûr des fusils de sport (3) dans son calibre d’origine (7X57) et les deux firmes scellent un accord d’exclusivité qui va durer jusqu’en 1912 pour le 7X57 (appelé Outre-Manche 275 Rigby, nous reviendrons dans le prochain envoi sur ce calibre historique), mais surtout pour la réalisation de boitiers longs capables de tirer le 450, mais surtout les 400-350 (1908), et surtout 416 Rigby (1912) qui vont suivre. Les « grands chasseurs blancs » qui emploient le 275 R, de Walter « Karamojo » (4) Bell, à Jim Corbett vont concourir à la réputation d’efficacité de ce partenariat dont le principe, par un curieux retour de l’Histoire a fait son retour dans l’actualité armurière en 2013 : Rigby après de longues tribulations économiques, notamment aux USA, ayant fait son retour à Londres sous l’égide d’un groupe financier qui possède également en portefeuille Sauer, Blaser…et Mauser ! A un prix encore accessible pour qui veut aller en Afrique Rigby sort une « Big game pro hunter » qui perpétue avec les calibres historiques de cette époque l’esprit de cette association pionnière.

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Quelques comparaisons techniques : le 275 Rigby est le 7X57 bien connu : balles autour de 130-150 grains (8,4-9,7 grammes) et toujours à cent mètres et chiffres moyens vu les écarts dans l’offre de munitions de 700 m/s et 2500 joules. Mettons maintenant les calibres historiques Rigby en face de la plus puissante cartouche moderne de grande diffusion le 460 Weatherby magnum qui donne balles de 500 grains (32,4 grammes), vitesse 700m/s et 7000 joules. Le 450 et le 460 Rigby se valent à peu près en vitesse (650m/s) et puissance (5500 joules), mais le 450 a une balle plus grosse : 500 grains (32g) contre 400 (presque 26g).

1/Voir notre archive récente (19 décembre 2018) sur ce calibre historique. Rigby a fait une vingtaine d’armes en 303 de même que pour le 400-350 NE, en modifiant le boitier-chargeur et l’extracteur pour faciliter le chargement de ces cartouches qui sont à bourrelet et non à gorge.

2/Springfield fit à peu près la même chose, réduction de la course d’armement de trois quarts de pouce, pour son modèle 1903.

3/En dehors de son action standard, celle du 7,92X57 militaire, et du fameux 98K, Mauser sortit trois actions civiles, une courte (K pour Kurz) pour les cartouches jusqu’à 68mm ; une action intermédiaire, (celle du 275 Rigby) pour une longueur jusqu’à 79mm, et une Magnum pour les cartouches supérieures à 79mm. C’est cette dernière qui est le plus souvent utilisée pour les customisation et l’emploi des gros calibres africains à base d’action Mauser.

4/Du nom de la région du N.O. de l’Ouganda où il prit la majorité de ses 800 éléphants avec ce calibre pour l’ivoire. Par ailleurs voir notre archive du 10 mars 2018   sur la biographie de Jim Corbett.

 

 

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09 janvier 2019

Tirer au calibre... 4 !

Le calibre dix qui avait quasi disparu de notre paysage revient par la petite porte de la chasse au gibier d’eau. En 2017 Browning et Remington ont sorti des 10-89, et en 2018 Cheddite et Fob ont emboité le pas avec des chargements ad hoc. Mais il ne faut pas oublier que, longtemps, le calibre 8, plus gros encore fut considéré comme polyvalent sur tous les continents. Alors que dire d’un calibre…4 !

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Une belle vidéo sur le Net (1) nous montre ce qu’il en coûte de tirer avec de tels mastodontes, mais il faut remonter un peu en arrière pour comprendre comment nous en sommes arrivés là. C’est la relative faiblesse de la poudre noire qui obligeant à en entasser des quantités, fit monter l’alésage des canons. On tâtonna longtemps entre 10 et 8 et certains armuriers comme Greener se penchèrent sérieusement sur la question, le calibre 8 semblant vu son poids de 7-8 kg le meilleur compromis pour encaisser le recul. C’est la colonisation et les vastes territoires peuplés de gibiers lourds et dangereux qui ouvrit la porte à une montée en puissance prévisible : dès le XVIIIè, les premiers colons du Cap, confrontés à des éléphants devaient les tirer avec des pierriers de navires qu’il fallait trimballer sur de petits chariots, pour effrayer les lourds pachydermes qui dévastaient leurs champs de patates ! Les clichés ci-joint montrent la différence entre l'énorme 4 et notre habituel 12. 

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Vers 1860, l’invention des premiers projectiles profilés et coniques, certains avoisinant les 2000 grains (un grain = 15,5 grammes) soit le poids d’une canette de bière nécessita de trouver des solutions pour les explorateurs qui s’enfonçaient en brousse. Sir Samuel Baker, et un peu plus tard le célèbre Stanley emmenèrent ainsi avec eux des « fusils à éléphants » dont ils redoutaient particulièrement d’avoir à se servir ! Les colons en brousse comme les pionniers du Far-West à la même époque, avaient eux aussi les mêmes préoccupations d’avoir à récolter du gibier pour se nourrir, se défendre contre les tribus hostiles, et se défaire d’un gibier dangereux, mais bien plus lourd : pachydermes, mais aussi buffles, et en Inde tigres et gaurs ces derniers pouvant peser plus d’une tonne.

F Selous

Avant que la Cordite et les calibres Nitro Express arrivent (2), les chasseurs spécialisés (F.Selous ci-contre à g., Georges Senderson, Cummings ou Harris) durent donc adopter le « Four Bore » à un ou deux canons. Il fallait bien sûr des porteurs spécialisés pour trimballer des engins qui pesaient entre 7 et 10 kgs dont le recul était formidable. Ce « 4 » donnait un calibre de 25mm et tirait le plus souvent une balle de 1750 grains (113 grammes), pas très rapide (405m/s) mais approchant les 9500 joules à la bouche. Le recul (dix fois le 30-06 ou un de nos calibre douze) était aux limites biologiques humaines, et le tir était plus compliqué qu’il n’y parait. De fait, même si on tirait de près, voire de très près soit moins de 50 m, il fallait conjuguer les difficultés de l’approche en brousse, soigneusement épauler et vaincre des détentes hyper dures, souvent tarées à 5 kg, le recul étant tel qu’il pouvait déclencher les deux coups en même temps. C’est pourquoi d’ailleurs les fusils à canon simple étaient souvent préférés car un peu plus légers, le chien à droite risquant moins aussi de vous revenir en pleine figure !

WR 4 contre 28

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Face à un éléphant chargeant fallait pas se louper, la masse de l’animal étant enveloppée d’un nuage de fumée, et la question de doubler pouvait même se poser tant on avait été ébranlé par la décharge du premier coup. C’était en effet bien autre chose que d’enchaîner avec un 20 à la bécassine ! Si le Four bore disparut dès l’arrivée de la cordite, on continua de rencontrer le 8 en brousse jusque dans l’entre-deux guerre. Des artisans comme Ken Owen à Memphis en a construit 5 en 1990 (mille heures de travail), et quelques maisons prestigieuses comme Watson ou Westley-Richards en ont refait quelques-uns pour renouer sans doute avec leurs anciennes racines mais en tenant compte des avancées métallurgiques d’aujourd’hui. Notre photo ci-contre, un 4 Westley-Richards face à un 28 de la même maison.  On voit bien la différence de gabarit ! Si le Four bore reste confidentiel, il reste néanmoins inscrit dans les tablettes du CIP (1993), revues d’ailleurs en 2002. Le mastodonte est donc loin d’être un fossile oublié…

1/Tapez « shooting the four bore ».

2/Le 450 Nitro express date de 1898, et les cartouches chargées à la cordite ne furent disponibles que dans la décennie 1890-1900 : première mention au catalogue Jeffery en 1903.

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07 janvier 2019

Un chasseur acharné : Ben Lilly (1856-1936)

En voilà un personnage sauvage et décoiffant de la fin du vieil Ouest américain. Mélange d’esprit écolo avant l’heure et transcendaliste à la manière de son contemporain Henry Thoreau, il décima la faune sauvage de plusieurs états, avant de devenir à la fin de sa vie, au vu de ses connaissances pointues du grand gibier, un peu à la manière du chasseur de tigres Jim Corbett (1) un collaborateur des services de conservation et d’histoire naturelle.

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Personnage haut en couleurs, il tua son premier ours en Louisiane…au couteau, une arme à la lame particulière qu’il avait lui-même forgée, un de ses nombreux métiers (fermier, bûcheron, cow-boy) avant de devenir chasseur professionnel débarrassant les ranchs des ours et pumas qui attaquaient le bétail, et vivant de la récolte du miel. En 1907, sa réputation était déjà bien connue puisqu’il fut sollicité pour guider le président Roosevelt dans les bayous, faisant son émerveillement du fait de son endurance. Le jour de son arrivée au camp, il était venu à pied suivi de deux chiens ayant marché, sans manger ni boire, pendant 24 heures !

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Fervent chrétien il assurait débarrasser les régions des grands carnassiers où il opérait au nom de la défense de l’humanité et était si efficace qu’il dut souvent changer d’état, tant il y faisait des ravages. C’était pour lui une sorte de guerre sacrée et personnelle avec les ours et les lions de montagne (2). Il sévit ainsi en Arizona et au Nouveau Mexique où on lui attribue la mort du dernier grizzly dans le désert de Gila. L’US Biological Survey autant pour s’assurer de ses compétences que le contenir finit, en 1904 par le solliciter pour envoyer les spécimens d’animaux chassés ou piégés pour ses collections, puis en 1916 par l’employer à plein temps. Parmi ces animaux figuraient des lions de montagne, des quantités d’ours, des loutres, des animaux rares comme le loup gris du Mexique ou le pic à bec d’ivoire. Ci-dessous à g. on le voit dépouiller un ours.

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Jusqu’à 70 ans, il atteignit son objectif de chasser tous les jours, sauf le dimanche, jour du Seigneur, et expliquait sa vitalité au fait qu’il mangeait régulièrement le produit de sa chasse, particulièrement d’ours et de puma ! Sa réputation était telle dans les années vingt qu’il servait de guide dans les Rocheuses, mais aussi au Mexique et dans le Montana au magnats du pétrole qui restaient ébahis par le personnage : il couchait à la belle étoile, ou dans les arbres, avait un style de vie radical, minimaliste, la propriété étant pour lui un handicap dans la vie.

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 Il tirait le meilleur parti de ses carabines à levier de sous-garde Winchester en 30-30 pour le couguar et en 33 WCF pour l’ours qu’il chassait d’une manière fort rustique. Il l’approchait pour le tirer et le blesser et était capable de le suivre accompagné d’un ou deux chiens aussi endurants que lui pendant trois jours dans la neige. Le face-à-face se terminait toujours à peu près de la même manière : il attachait ses chiens autour de sa taille pour garder les mains libres sur sa carabine, puis l’ours, acculé, chargeait : dans le meilleur des cas ça se terminait au tir, et au pire dans une mêlée confuse, et au couteau. « N’importe qui peut tuer un cerf, mais faut être un homme pour tuer un ours » ! disait-il à juste titre…

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L’épitaphe de la boîte dans laquelle fut enterré un de ses meilleurs chiens, âgé de onze ans en 1925 au Nouveau Mexique en dit long sur son efficacité : « ci-gît Crook, chien oursin qui a tué 210 ours et 426 lions (de montagne donc pumas) depuis 1914 ». Marié deux fois (1880-1890), père de famille pourtant attentionné, envoyé par sa femme tuer une buse qui ravageait le poulailler, il ne revint…qu’un an plus tard avec comme seule explication « elle continue de voler » ! Il lui avait déjà fait le coup en 1906 lui cédant tous ses biens pour chasser au Texas ne vivant pendant trois ans que de la vente des peaux et de miel pour envoyer ses spécimens à Washington. Faut dire aussi qu’elle avait eu le malheur de lui dire, vexée, une fois : « la prochaine fois que vous irez à la chasse si longtemps, c’est pas la peine de revenir » !  Véritable ermite, il ne buvait pas, ne touchait pas au tabac, ne jurait pas, le dimanche était sacré : il se serait laissé dévorer par l’animal le plus sauvage ce jour-là, mais la bête fauve avait intérêt à  ne pas laisser de traces pour le lendemain…

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Dans les ranchs où on sollicitait ses services il refusait lit et repas, campait à proximité, cachait ses provisions dans des grottes pour éviter d’avoir à se rendre en ville. Son équipement était adapté à ce style de vie austère : une hache, son grand couteau (3) et un petit skinner pour dépouiller, une boîte à conserve pour la cuisine, des allumettes, même la corne pour rappeler les chiens servait aussi à boire ! Hormis la venaison, il mangeait du maïs séché, de la semoule, un peu de sucre.

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Décédé à 80 ans dans un ranch du Nouveau-Mexique le 17 décembre 1936 il est inhumé dans le cimetière historique de Silver City sous la simple épitaphe (voir ci-dessous à g.) « d’amoureux des grands espaces ». Paradoxe pour cet adepte de la vie au grand air, ses dernières paroles furent « je crois bien que je vais rester au lit aujourd’hui ». Et par malheur la barbe légendaire qu’il gardait depuis son enfance « pour ne pas ressembler à un mort » fut rasée avant inhumation par des croque-morts sans scrupules pour la mémoire de ce personnage déjà légendaire ! En 1947, les dernières personnes qui l’avaient connu, érigèrent une plaque de bronze à sa mémoire à Bear Creek près de Pinos Altos, toujours au Nouveau-Mexique.

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1/ Voir les biographies d’Henry Thoreau et Jim Corbett dans nos archives des 14 novembre 2017 et du 10 mars 2018.

2/C’est l’appellation américaine du puma. Après la Grande Guerre, l’élevage extensif mettait des milliers de bêtes dans ces vastes espaces où les grands carnassiers pouvaient parfois prélever 500 kg de viande par jour. Les chasseurs professionnels étaient donc les bienvenus.

3/ Sa forme particulière à institué une norme de « Lilly knife » dans l’Arkansas avec une lame caractéristique ondulée un peu comme les kriss malais. Ancien forgeron il prétendait qu’elle favorisait le saignement tout en restant apte à découper. Voir une copie actuelle ci-dessus à g. 

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05 janvier 2019

17 Winchester Super Magnum : savez-vous planter des clous ?

Dans le dossier des petits calibres super rapides et tendus, ce petit dernier (2013) peut combler le trou entre le 17 HMR lui aussi récent (2002) et ceux plus forts, à percussion centrale 17, 22 Hornet, voire 22-250. Le plus rigolo c’est qu’il a été développé à partir des munitions…de pistolets de scellement à béton, pour lesquels Winchester faisait des munitions !

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Même si nous avons tous été biberonnés au 22 LR dont la simplicité et l’absence de recul ont mis, sinon le pied à l’étrier, au moins le fusil à l’épaule d’une génération de chasseurs à l’arme rayée, il nous est difficile de comprendre l’engouement en Amérique du Nord pour le varminting, et le tir à longue distance de tout un tas de bestioles inconnues chez nous : écureuils, chiens de prairie, raton-laveurs, opossums, coyotes, félins divers tels le « bobcat » (1). Malgré tout, cocorico, c’est à Louis Flobert en 1835 qu’on doit l’invention de la percussion annulaire et de la première cartouche compacte qui inspira bientôt (1855) Daniel Wesson et Horace Smith quand ils mirent au point le 22 Short aboutissant ensuite au fameux 22 LR. Les limites de pression cantonnent ce système de percussion aux petits calibres, mais quoi qu’on en dise sur l’aspect obsolète du 22 LR, il en est encore vendu 3 milliards de cartouches par an !

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Le 17 HMR qui, en 2002 a bouleversé un peu la donne de ces petits calibres tranche avec le 22LR par sa balle : 17 grains contre 40 ! Nous sommes là autour d’un projectile qui avoisine ceux du tir à l’air comprimé, mais dont l’historique part de loin avec, dans les années 20, le Pee-Wee 17, puis pendant la seconde guerre mondiale des munitions artisanales minuscules (Ackley) mais flirtant déjà avec les 1000m/s ! En 1971, le 17 Remington court fit même mieux (1200 m/s) et le projet en 2004 de 17 Mach II fut seulement bloqué du fait du succès du 17 HMR qui l’avait devancé de deux ans.

Le 17 WSM est parti d’une collaboration entre Winchester et Savage pour combler vers le haut le « trou » entre les dernières percussions annulaires, et les premières percussions centrales dans le tir longue distance d’animaux nécessitant quand même une certaine puissance. Winchester produisant déjà des cartouches pour des pistolets de scellement à béton calibre 0,27, après trois ans d’étude, ramena le projectile à 0,17. Le principal écueil étant la pression requise : 33 000 psi, selon le SAAMI, l’équivalent US de normes CIP ce qui est beaucoup pour une petite feuille de laiton dont l’amorce est dans le bourrelet, lequel doit rester quand même suffisamment facile à percuter. Les armes actuelles n’étant pas forcément de conception, prêtes à cette nouveauté, on peut penser que les grandes firmes resteront un peu attentistes face à cette nouvelle munition où seuls, pour le moment, Winchester, Savage et Ruger proposent des carabines.

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Les performances sont néanmoins intéressantes : la balle de 20 grains vole à 909m/s et donne 544 joules à 100 m et celle de 26 grains 787m/s et 510 joules. Elle règle au zéro à 100 m et un pouce (25,4mm) à 150m. Pas de recul, bruit minimal sa trajectoire est deux fois plus plate que le 17 HMR et 4 fois celle de la 22 Magnum dont nous avons tous utilisé les carabines, dès qu’il s’agissait de « monter » taquiner des plus gros nuisibles tels par exemple le ragondin. Elle a moins de prise au vent que ses concurrentes et sa petite balle, très frangible, est moins dangereuse en cas de ricochets car elle se pulvérise sur les impacts durs. Dans son domaine de tir des nuisibles le 17 Hornet a certes plus d’allonge (2), mais il est aussi plus cher : 1 dollar la balle contre 30 cents pour le nouveau venu. Son principal concurrent reste donc le 17 HMR dont il rallonge la distance raisonnable de tir de 50 m (150 contre 100 en gros) avec un projectile plus gros et plus rapide et donc ayant moins de prise au vent latéral phénomène météo qui reste le grand ennemi de toutes ces petites cartouches et en général de tout tir à longue distance.

1/Voir sur ce petit félin, notre archive du 13 avril 2018. 

2/ Caractéristiques du 17 Hornet à 100 m, balle de 15 ou 20 grains (1,3 gramme) 900m/s et 550 joules.

L'auteur profite de l'opportunité d'offrir ici ses meilleurs souhaits 2019 aux nombreux lecteurs de ce petit site qui dépasse désormais les 250 000 visiteurs en six ans et qui, pour certains lui ont envoyé leurs voeux par messagerie. Hormis le "noyau dur" d'une cinquantaine d'habitués, il oscille autour de 300 visites par jour. Bonne année à vous tous les amis. 

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03 janvier 2019

Aimer le patinage...armistique !

Ca nous est tous arrivé : récupérer l’arme d’un bon copains ou d’un vieux tonton parti voir chez St-Hubert s’il y avait plus de bécasses que dans notre bas monde, et mettre au râtelier un nouveau pensionnaire, parfois un vétéran bien fourbu mais chargé d’histoire. Faut-il forcément lui redonner une seconde jeunesse ?

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Par principe il faut bien s’en garder car pas mal d’habileté et de connaissances sont requises, même par un armurier reconnu pour « retaper » une arme qui a beaucoup servi. D’ailleurs le jeu en vaut-il vraiment la chandelle, notamment s’il s’agit d’une arme commune fabriquée il y a des lustres à des milliers d’exemplaires ? L’exemple le plus connu de ce côté étant les Darne, et les Robust où tout peut aller du petit au grand.

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Dans le cas d’une arme rare ou particulière, la question peut se poser : il peut y avoir des éraflures au canon, des bosses sur la crosse, des marques d’usure là où elle a été portée. Ce sont aussi de nobles cicatrices qui peuvent évoquer son histoire et celle de celui qui l’a si longtemps utilisée. La plupart du temps on voudra reprendre les bois, éventuellement refaire le bronzage, toutes opérations qui ont bien sûr un prix lequel, la plupart du temps, excèdera et de beaucoup la valeur usuelle de l’arme. Bien sûr, toute arme à feu est apte à subir ce « relifting » qui, il ne faut pas l’oublier, vous fera reperdre tout à la fois du bois et de l’acier. Vous l’aurez remarqué la jointure entre les deux :  bois et métal, laisse toujours une certaine réserve entre les deux, et c’est évidemment fait pour d’entrée. Mais les sempiternelles manipulations sur plus d’un siècle peuvent parfois avoir effacé, notamment sur les crosses dites « anglaises » tout quadrillage, et tellement aminci la poignée qu’il importe désormais de le conserver tel quel, au risque de fragiliser une crosse déjà très mince et élégante. Avec des bois de qualité cela n’aura guère d’importance permettant, en outre, de mieux apprécier encore les veines et effets de la loupe de noyer.

chiens et fusils

Bien sûr il est assez difficile d’apprécier à quel point l’effet « patine » peut être important, question de goût, d’esthétique, de respect aussi de la ligne (on dirait maintenant du design) à laquelle une arme ancienne, et il y a bien longtemps, devait ressembler. Tout dépend aussi de ce qu’on peut apprécier dans une arme et son « art » qui peut être la performance mécanique et tout ce que ça représente (travail et compétence des armuriers), mais aussi les aspects utilitaires ou fonctionnels, bref un bel « outil » pour assouvir sa passion de la chasse. Après tout, dans des mains expertes et pour quelqu’un qui connaît son terrain et la chasse, un vieux Simplex rouillé fera tout aussi bien l’affaire qu’un Perazzi mal manié non ?

Pour l’amateur, la patine s’appréciera dans une arme ancienne, de qualité technique, avec sa part de mystère comme les vieilles maisons dont on dit « ah, si les murs pouvaient parler » !  Restaurer une arme ancienne qui en vaut le coup, c’est lui redonner vie au plus proche de son état initial, rester fidèle à l’époque à laquelle elle a été conçue. Il est évident que certains procédés modernes d’anodisation, de bronzage, de colorations ou jaspages avec les produits modernes actuellement sur le marché, et immédiatement perceptibles par le connaisseur, n’amélioreront en rien le look « vintage » et au contraire le dégraderont. Même chose au plan mécanique, tant que ça tire, autant garder les options originelles, exemple des éjecteurs dont les ressorts finissent par devenirs mous du genou, que de tenter des restaurations onéreuses et risquées. Tant que ça pète et que le gibier tombe, c’est d’ailleurs, presque un plus s’il ne faut pas avoir à aller chercher les cartouches au diable bouilli !

 

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