FCM 25

21 septembre 2018

La balle Brenneke face à la concurrence U.S.

La nouvelle problématique sanglier pour tous ceux que ça intéresse mais sans vouloir pour toutes sortes de raisons (culture, prix, etc.) passer à l’arme rayée amène à repenser bien des idées reçues. Voyez au pot d’après-battue les controverses sur la balle franche.

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Certains, les plus anciens, parce qu’ils ont été bercés pendant l’enfance au son de ce nom autant exotique que germanique, ne jurent que par la « brénèque ». D’autres plus « dans le vent » des années 90, nous parlent de balles « fières » de leurs exploits… perçants à l’instar des « balles flèches », toutes balles certes techniques et novatrices en leur temps, mais que commencent à concurrencer les balles « américaines ».

Regardons-y de plus près pour constater que la Brenneke est un concept ancien datant de 1898, mais qui s’est formaté sous sa forme standard en 1935. Il y a eu bien sûr beaucoup d’améliorations et de versions depuis selon les encartoucheurs. C’était la « balle à ailettes » de notre enfance que nous observions avec effroi dans la giberne du grand-père, les fameuses ailettes n’étant pas là, contrairement à une croyance répandue pour la faire tourner, mais pour passer dans tous les chokes à une époque, bien avant les normes CIP où les qualités métallurgiques et des armes étaient  très variables. Ces ailettes (18.6 au sommet et 16.8 en fond de rayures) permettant de s’adapter à des fusils « serrés » où les chambres de 18.2 n’étaient pas rares, les fabricants prenant d’ailleurs la précaution de bien stipuler sous le canon gauche « non pour la balles »…Voir illustration ci-dessous à dr.

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Les caractéristiques d’une balle standard (1) de 31 grammes donnaient une vitesse dépassant de peu les 400 m/s à la bouche mais tombant rapidement à 395m/s et 2500 Joules à 15 m, et seulement 225m/s et 800 Joules à 100 m. Une distance qui n’est plus celle habituelle de la battue me direz-vous mais qui est encore  en deca des 150  yards (autour de 140 m) où règlent maintenant les balles US ! A 50 m, le plus souvent avec des aides à la visée la précision est de 3 cm soit une balle de ping-pong, mais surtout la vitesse reste haute (575 m/s à la bouche, 500 à 50m, 424 à 90m ou 100 yards) et le pouvoir d’arrêt se maintient bien plus longtemps : plus de 3000 joules à 45m et 2280 à 90m ! A cette distance, on triple presque la puissance restante.

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Revers de la médaille, ces balles sont encore très chères, et surtout elles doivent être employées dans des canons rayés car là, ces projectiles courts ont besoin de l’effet gyroscopique pour tourner et dans des pas de rayures (2) qui n’ont rien à voir avec ce qu’on nous propose actuellement en matière de dispersant, bécasse, grand gibier, voire rayures à effet non dispersant. Il importe donc de bien se renseigner avant l’achat d’armes spécifiques des grandes marques US, le pas de rayures le plus courant étant de 1/28 de pouces soit 711 mm. Encore confidentielles chez nous, la mondialisation de ces grands groupes où mondialisation et économies d’échelles vont de pair, devraient se démocratiser peu à peu et bouleverser le paysage du tir à balle des fusils lisses. Car on a la précision et la puissance d’arrêt des carabines à une distance doublée par rapport à avant, sans la dangerosité des trajectoires rasantes de l’arme rayée.

 

1/Selon l’étude policière CREL d’il y a 20 ans, voir à ce sujet le site de balistique de J.Serre.

2/C’est la distance que parcourt la balle dans le canon pour faire un faire un tour complet à 360° sur elle-même.

 

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19 septembre 2018

Un fusil lisse "spécial sanglier" ?

Vous l’aurez remarqué, c’est d’actualité dans notre réflexion de ce début de saison, car le développement de cet animal dans notre Grand Ouest désormais une évidence. Tous les chasseurs iront-ils en masse vers la carabine ? Celle-ci est-elle d’ailleurs la panacée en zones fermées, de Bocage, de talus où il manque, de plus une « culture » d’emploi bien établie et de longue date ? Et le lisse d’ailleurs, est-il au bout de ses avancées techniques ?

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On en parle souvent ici, les munitions ont largement évolué et la traditionnelle balle Brenneke est désormais flanquée d’une flopée de nouvelles balles techniques (BFS, Fier, etc.)  effectuant  bien le boulot qu’il s’agisse de lisses intégraux ou même légèrement rayés. Mais à feuilleter les catalogues que voit-on : des armes raccourcies (attention d’ailleurs à la nouvelle législation de plus de 60 cm !), ou des semi-autos « slug » pour tirer des balles peu chères, mais lentes et guère sophistiquées. Il manque donc bien une arme lisse spécifique indiscutable qui puisse bien gérer la trilogie nécessité par la battue sur de gros animaux : 1, une balle lourde au diamètre important qui laisse une cavité permanente facilitant l’hémorragie voire la recherche au sang ; 2, une cavité temporaire importante et l’effet de choc lié à la vitesse qui va avec ; 3, enfin la fragmentation qui finit de dissiper l’impact et active l’hémorragie initiale.

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C’est là que nos balles modernes qui ne dépassent pas les 36 grammes montrent toutes leurs limites, certaines techniques et ensabotées étant encore plus légères. Nos  fusils actuels qui proposent soit des mixtes, soit des « combos » de canons rayés sur des bascules standard pourraient encaisser bien plus (voir photo du mixte en bas de cet article), ce qui incite à regarder sur ce qu’on nommait autrefois du temps des « colonies » les « fusils d’arrêt » combinant tout à la fois le fusil de chasse classique pour alimenter le bivouac en francolins ou en outardes, et la défense contre des animaux dangereux comme le lion ou les pachydermes. C’étaient des armes lisses en 8, 10, mais aussi en 12 montés dans une technologie ancienne née en 1885-86 avec H§H et connue sous le nom de « Paradox ». Cette firme légendaire l’a d’ailleurs relancée en 2010, et des marques européennes s’y mettent petit à petit sous d’autres noms. Nous en avons déjà parlé dans notre archive de mars 2017. Ci-dessus à g. comparaison entre du 30/06 et du 12 Paradox (technologie du canon ci-dessous à dr.) avec également la munition actuelle encartouchée par la célèbre marque anglaise. 

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Ce qui frappe immédiatement c’est le poids de la balle…740 grains, soit près de 48 grammes ! Les caractéristiques de ces armes (1) avec de fortes rayures en sortie de canon sur quelques centimètres réglaient entre 70 et 100 mètres malgré leur lenteur, autour de 350m/s. grâce à l’effet gyroscopique et une puissance autour de 3000 joules.  On peut donc imaginer la puissance qu’un tel obus pourrait donner avec les avancées actuelles des métaux et surtout de la technologie des poudres. Rien qu’en jouant sur la vitesse, par exemple en dépassant de peu les 700m/s le calcul de l’énergie cinétique doublerait quasiment la mise. On approche les caractéristiques des premiers calibres rayés africains sans les inconvénients de danger à longue distance des trajectoires rasantes.

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Le principal écueil serait le choix du pas de rayures qui commence d’ailleurs à nous turlupiner avec l’offre de fusils US et des balles qui vont avec. Leurs « slugs » actuels s’utilisent avec des balles particulières, mais déjà bien plus rapides que les nôtres, autour de 575m/s. Ils sont rayés d’un bout à l’autre avec un taux de torsion de 1/36 à 38, mais le système « Paradox » exigerait certainement un taux bien plus lent (1/24) voire moins. Dans ce système autrefois, le diamètre de l’alésage était légèrement au-dessus de celui de la balle réelle jusqu’à ce qu’elle atteigne la section rayée pour la faire tourner grâce à des rayures très profondes. A trop serrer on risquerait la déformation du projectile, mais de nos jours la technologie de ces derniers (polymères, etc.) et des chokes a fait des bonds (2), et pourrait amener à voir de nouvelles balles techniques bien plus puissantes et composites un peu dans l’esprit que de ce que propose la balle FIER, soit un container qui prendra les rayures pour donner au contact un fort chokes hydrostatique plus, derrière deux masses pénétrantes, une pointe « dure » associée à une masse sans doute déjà dotée d’amorces de fragmentation. Nous ne faisons là qu’extrapoler une tendance à partir de nombreux éléments déjà présents sur le marché.

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Ce qui impliquera sans doute des armes longues (70 et plus)  pour optimiser la combustion de poudres lentes, assez lourdes de conception (3) pour un peu mieux maîtriser le recul et certainement associées en plus à des optiques, car on l’a vu il ne s’agira plus de tirer seulement dans la distance battue (45 m selon les statistiques ONCSF), mais bien plus loin, autour de 70-80 m et avec une puissance flirtant avec celles des carabines (3000 joules).

Quelque part, en jouant peu à peu avec la technologie des métaux légers, des crosses synthétiques, on arrivera presque à retrouver ces fusils « universels » qu’emmenaient avec eux les « colons » à l’autre bout de l’Afrique…

1/Jeffery, Kynoch, Eley, ont chargé ces munitions jusque dans les années trente. Voir pub ci-contre à dr.

2/ Aux USA, certaines petites firmes (Dixie par exemple) font de ces balles de 730 grains, qui règlent à 75 m.

3/ On peut penser à des superposés déjà présents sur le marché et qui ont fait leurs preuves avec des bascules proposant des mixtes ou des express sur même base de fusils lisses.

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17 septembre 2018

Didierfusil et le canon Plume

Le canon « Plume » est une appellation assez courante mais mystérieuse dans la mesure où elle se retrouve sur des fusils de marques différentes, de Darne à Maisonnial, en passant par Berthon    et bien d’autres. Ce qui ajoute à la confusion c’est l’histoire d’une dynastie armurière aux nombreux méandres, un peu comme chez Darne si on veut.  Toujours associé aux marquages spécifiques du banc d’épreuve de St-Etienne, on conçoit bien qu’il s’agit toujours de fusils français anciens de l’entre deux guerre, mais qu’on retrouve encore en parfait état jusqu’aux confins des années soixante quand les juxtaposés finirent par céder le pas aux superposés sous l’influence, entre autres de la mode du sporting et du ball-trap.

 

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Cette invention est celle d’une lignée d’armuriers stéphanois dont le fondateur fut Jean-Pierre Didier  (1831-1940) au départ « aiguiseur » de canons à Rochetaillée dans la Loire qui vint s’installer en 1862 à St-Etienne comme canonnier au 7 rue de Villeboeuf. On doit à son mariage avec Marie Drevet en 1855, le nom de marque Didier-Drevet (dont on peut penser, à tort, de prime abord,  que le premier terme est un prénom) présente à l’exposition de St-Etienne dès 1868. Il y fera ensuite toute sa carrière comme contrôleur-adjoint au banc d’épreuve (1870), président de la Chambre syndicale des fabricants de canons de la Loire (1887), membre fondateur la même année du conservatoire de l’arme fine, et de la corporation chrétienne des armuriers stéphanois.

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Il obtient des grands prix aux expositions universelles de Paris en 1889 et 1900, mais surtout, un an plus tôt il fit déposer la marque « canons plume Eureka ». Une certaine confusion a pu se créer avec son parent Joannès (1874-1954), également armurier et titulaire d’une médaille d’or à l’exposition de St-Etienne de 1904, mais le « canon plume » et la marque Didier-Drevet est essentiellement celle mise en place avec son fils également prénommé Jean (1856-1940), puis les descendants de ce dernier Pierre (1883-1969) et Clément (1888-1955). Le fondateur passa la main  en 1920, et on doit à son fils Jean lui-même canonnier rue du Haut Vernay, puis au 11 Grande rue St-Roch une association féconde dès 1901, avec la Veuve Ronchard-Cizeron qui fit déposer les marquages « acier comprimé », « RC rectifié », les deux ateliers rassemblés ensuite sous le nom de Didier et Cie trustant avec leur « canon plume » les lauriers européens : Liège (1905), Londres (1908), Bruxelles (1910), Turin (1911).

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C’est à Clément Didier (1888-1955) primitivement associé à son père et son frère qu’on doit la fondation en 1920 de la société Didier fils toujours à St-Etienne (rues Cizeron, Tissot et des Mouliniers), puis les marques « Didierfusil » et « Didierétui ». Il s’agit d’armes à système Anson et canons classiques mais aussi disposant du fameux « canon plume » dont la particularité était de proposer des canons sans bande assemblés au moyen d'une cale unique, puis brasés. On gagnait ainsi 200 grammes sur les canons traditionnels avec des tubes amincis plus  épais aux endroits sensibles comme les chokes et la liaison avec les grenadières. Ce qui en faisait un fusil à la fois léger (2,6 kgs en 12, et ce bien avant-guerre !) et maniable (souvent avec tubes de 68) et totalement modulable «à la carte» ou «sur mesure» comme la plupart de la production de haute volée de l'entre-deux guerres : tout étant disponible, platines, crosses anglaises, jaspage, etc. Le  Didierfusil voulant privilégier la qualité à la quantité, se limitait à une production de 500 unités par an, garantie cinq ans. Bien qu’ayant activement participé à l’effort de guerre, la maison qui avait toujours connu des problèmes financiers ferma en 1924, mais les marques « Didierfusil » et « Didier-Drevet » furent reprises par Laspoussas-Driol qui, jusqu’en 1950, renouvela le genre avec la marque « Didierfusil 1919 OP, marque déposée ». Laspoussas avait absorbé en 1923 les frères Berthon, auteurs des fameux fusils à platines Perfecta, eux-mêmes dépositaires auparavant en 1910, de Martin Gesret  grand prix de l’exposition de Paris 1900 et Liège 1905. Martin Gesret était le fils d’Antoine Gesret (1830-1914), créateur de la chambre syndicale en 1885, et secrétaire général de l’Union des armuriers stéphanois en 1903.

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Tombée on l’a vu assez rapidement dans le domaine public, cette manière de faire des canons légers, pris dans une frette, sous le nom de canons « plume » fut reprise par Darne, et surtout le canonnier Fanget dont son modèle «Epervier», qui équipa bien des armes stéphanoises jusque dans les années cinquante. En 1930, Didierfusil se fondit dans la SIFARM (Société Industrielle de Fabrication d'armes de chasse) fusion de petits artisans (Berthon, Francisque Darne, Gerest, Ronchard-Cizeron) soucieux de mieux se défendre au plan commercial face à la concurrence de la « Manu », tournant alors à plein régime. Maisonnial équipait sur demande ses  fusils déjà réputés pour leur finesse tant en qualité qu’en poids de « canons plume » qui réduisaient d’autant ce dernier. Plusieurs armureries de bon niveau comme Vouzelaud par exemple lui en commandèrent plusieurs juste avant que Maisonnial arrête sa fabrication en 1965. Louis Zavattero, (qui  donna aussi dans le procédé Darne par ailleurs), maison fondée en 1880, disparue en 1968, épaulé de son fils Joanny, fit ainsi un fusil « Zedef Plume » sur des canons signés Jean Breuil.

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C'est pourquoi on trouve encore de nos jours beaucoup de fusils stéphanois pas toujours faciles à identifier, des années 1930-1960, estampillés de ce fameux «canon Plume» qui cessa d'être produit en 1963 quand Verney-Carron reprit, mais sans utilisation ultérieure, tout à la fois la SIFARM et le fameux canonnier Jean Breuil (1). Quelque part, le «Sagittaire» qu’on ne présente plus tant il a connu de variantes depuis sa création en 1968 est un peu le descendant de cette famille de fusils légers qui arrivent de nos jours la plupart des temps en bon état à l’attention des connaisseurs (2). Les acheteurs décidés avant-guerre à mettre un certain prix dans les armes de qualité, sachant être soigneux, et les faire entretenir, la plupart des temps en armurerie, en fin de saison. 

1/ Jean Breuil (né en 1876) fut, avec Heurtier, un des fleurons des fabricants français de canons. Chef de fabrication chez Goubaud initiateur des canons doubles monobloc, il fonda sa propre entreprise en 1913 et trusta les médailles d'or (1931-1937) avec les canons de référence en acier Holtzer dont un équipa notamment le fusil offert en 1933 au président de La République Lebrun. Sa signature est extrêmement valorisante de tout fusil artisanal de cette époque. Il fournit en effet des canons aux maisons les plus prestigieux: entre autres Granger, Gastinne-Renette, Boucher, Fauré-Lepage. 

2/  En flânant sur le net, chez les armuriers on trouve des «Didier-Fusil» en occasion autour de 1600 euros, soit le prix d'un beau Darne des séries P et V à grande clef. Sur le site spécialisé « nature », certaines enchères démarrent à 3-400 euros! Le tout étant bien sûr de connaître l'état exact de ces armes anciennes, d'une grande valeur technique à l'époque ou l'armurerie française tenait le haut du pavé et même la dragée haute à l'armurerie anglaise.

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15 septembre 2018

Le "solitaire" est-il forcément "grand" et "vieux" ?

Avec cinq ans d’avance sur les prévisions les plus favorables, le sanglier est désormais là dans nos régions de Bocage. C’est assurément un sujet que nous possédons moins bien que nos amis du Sud-Ouest où il polarise l’attention des chasseurs depuis une bonne vingtaine d’années. Si, bien sûr on ne tire pas les laies, c’est le « grand vieux solitaire » qu’on rêvera tous de mettre au tableau.

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On doit à une étude de l’ONCSF de la Hte-Marne (à partir de reprises, d’analyses ADN, ou la pose de colliers-émetteurs) d’en savoir un peu plus sur les mœurs des compagnies connus (à peu près ?) par tout un chacun, à savoir que le rut a lieu en décembre, et que c’est le moment où les grands mâles se rapprochent des troupes fonctionnant habituellement selon un système matriarcal. Tordons déjà le cou une idée reçue, celle de « l’adoption » de marcassins isolés, ce qui serait, en soi assez touchant, mais ne reflète pas la réalité. Les compagnies ne se mélangent que fortuitement, soit du fait de la nourriture abondante sur des zones de gagnage, ou fortuitement suite à une poussée de chasse  dans l’urgence, quand subitement tout le monde va se ruer vers la même issue.

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Les seuls « étrangers », si on veut, qui seraient tolérés, sont les mâles à la période du rut, et ce n’est pas leur présence près des compagnies, comme on a pu longtemps le croire, qui les disloque, mais plutôt les problèmes d’approvisionnement en nourriture liés à la survie bien plus importante des jeunes du fait du réchauffement, et de la multiplicité des zones de tranquillité : abandon de terres agricoles, friches, délaissés routiers ou suburbains. C’est ce qui nous leurre sur certains grands rassemblements, particulièrement l’hiver quand le maïs est coupé depuis des mois et qu’on croit voir des compagnies énormes, en fait soit des compagnies qui se côtoient par hasard soit rejointes par des « bandes » de jeunes mus par  un autre phénomène.

Ce n’est donc pas le rut, mais les nouvelles naissances en nombre qui poussent les jeunes mâles de 16-21 mois à s’émanciper dans cette phase transitoire dès septembre et à constituer des petites troupes qui peuvent nous tromper, car même au sein de ces groupes de jeunes il y a déjà des « meneurs » mâles et femelles qui en imposent aux autres et donnent le signal du mouvement ou de la fuite. C’est là, chez des femelles qui sont encore bêtes noires ou plutôt laies ragotées (à partir de deux ans) que se dessine l’avenir des futures « laies meneuses », puis des mâles qui vont devenir « solitaires » au-delà de 18-21 mois. Ces petites bandes errantes de jeunes pas toujours du même sexe en rajoutent sur le nombre des sangliers signalés et vus, et qui ne sont donc pas des « compagnies » au sens où on l’entend d’habitude et qui font qu’on voit…des sangliers partout !

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Quant  aux « solitaires » il est rare qu’ils soient vieux (autour de 6-7 ans), car les statistiques montrent en général, une durée de survie des mâles assez faible de 3-4 ans. Pourtant ce dernier est doté de qualités assez exceptionnelles, notamment d’odorat, aussi fort sinon plus que celui du chien. Il en fait un gros usage (et autant de dégâts !) sous végétation et au sol pour compenser une acuité visuelle assez faible car ses yeux sont très écartés à 35-50 degrés devant mais 140 degrés sur les côtés, ce qui gêne sa vision stéréoscopique, c’est-à-dire qu’il voit plutôt en deux dimensions qu’en trois comme nous. En bordure il voit plutôt des dégradés de rouge, vert, bleu, avec moins de relief et une perception difficile des distances. Il ne regarde pas vers le haut et se sent en sécurité quand son horizon à ras de terre, est neutre et monochrome, par contre tout mouvement qui  perturbe ce paysage un peu figé, est un facteur d’alerte. Il se sert de son audition excellente avec des écoutes mobiles pour tenter de mieux cerner la menace, et possède une très bonne mémoire des bruits inhabituels : les tirs d’un ball-trap dans le lointain, d’un feu d’artifice, d’un tracteur au travail le laisseront de marbre…mais pas le cliquetis d’une carabine qu’on arme ou d'une branche qu'on casse inopinément au poste !

Toutes ces caractéristiques doivent nous inciter à rester silencieux et immobiles à la battue, à porter un camo « blaze » (orange vif) qui ne fait pas masse et casse les lignes, et au tir, à tenir compte qu’un sanglier lancé peut filer à 35 kms/h soit aussi vite que le meilleur sprinter, et sauter 70 cm de haut. Allez, amis en St-Hubert…un chasseur averti en vaut deux non ?

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14 septembre 2018

Lubrification des semi-autos : mets de l'huile ?

Tout est parti du fameux Auto 5 et du choix du long recul. Le brave J.M. Browning était-il parti d’une idée de génie…ou tout simplement avait-il opté pour la solution adéquate…ayant déjà auparavant étudié pour l’armée U.S. l’emprunt de gaz ? Déjà il faut bien le dire, le mode semi-automatique pour une arme de chasse, donc de terrain, soumis aux intempéries, part d’un certain paradoxe : comment croire qu’une arme dont on nous vante l’endurance forcenée, des vasières de la Baie de Somme, aux huttes du Mt-St-Michel puisse fonctionner dans les pires conditions sans grand entretien, alors que justement il met en batterie des tas de petites pièces, des ressorts, des cames qui plus est toujours en mouvement et en mode friction !

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C’est la raison pour laquelle la lubrification de ces armes demeure un sempiternel sujet de débat entre chasseurs utilisateurs, certains arguant même du fait qu’un fusil sale mais bien lubrifié marcherait mieux qu’un propre et sec ! Pour bien comprendre, il faut donc repartir à la source, au long recul et à l’Auto 5 et ses successeurs (Franchi, Breda, Beretta) pour lesquels, soyons formels, du fait de leur conception et des bagues de friction qui sont au cœur du mécanisme, il ne faut pas trop lubrifier. Le mode d’inversement de ces bagues pour cartouches faibles, et en dans l’autre sens, pour cartouches fortes (voir croquis ci-dessous) impose donc de bien choisir ses munitions pour que l’arme cycle correctement. Après, usure, armes longtemps entreposées, certains arrivent à les réactiver en huilant, mais très légèrement…on parle ici d’un petit badigeonnage grosseur d’un pois, au coton-tige !

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Tout s’est compliqué avec dans les seventies, l’arrivée massive de la technologie de l’emprunt de gaz illustrée notamment par le succès du Remington 1100 donné pour 5000 coups sans nettoyage. La question de la lubrification est revenue, mais compliquée puissance dix par le retour des gaz brûlants (autour de 500°) dans le mécanisme. Ce système qui reste toujours d’actualité malgré la concurrence de l’inertiel se caractérise par sa simplicité et sa robustesse, et une certaine forme de souplesse fiabilisant une cinématique (déverrouillage-extraction-éjection-chambrage-verrouillage) bien plus onctueuse que le long recul et sa double poussée arrière-avant dite encore « double shuffle » chez nos amis anglo-saxons. Mais il refoule des gaz qui carbonisent les lubrifiants dont les résidus de tir s’accumulent et peuvent générer des enrayages.

Qu’on se rassure, ces gaz ne sont pas assez chauds, même si on tire beaucoup (voir à ce sujet les torture-tests effectués par certaines marques) pour altérer les traitements thermiques qui ont présidé à la conception de ces armes, ni les petites pièces mobiles (transporteurs, percuteurs, culasses) ou fixes (éjecteurs, axes et goupilles). Mais c’est surtout l’augmentation des frottements liés à l’accumulation de cette sorte de  « calamine » qui peut entraîner une usure prématurée sur des armes mal entretenues et tirant beaucoup et souvent. A cela s’ajoutent, sur les armes neuves sorties d’usine, les graisses d’entrepôt souvent de faible qualité qui doivent impérativement céder la place à des huiles fines, procédure pas toujours correctement effectuée, notamment au vu des nouveaux modes de commercialisation (internet ou autres) échappant au circuit de l’armurerie traditionnelle. C’est ce qui explique les procédures de « rodage » ou « débourrage » de certains SA bon marché à grand renfort de dizaines de cartouches magnum, inopérant cependant si on n’a pas commencé…par le commencement ! Et l’inertiel dans tout ça me direz-vous ? C’est assurément un autre de ses atouts : plus léger, avec moins de pièces en mouvement puisque tout se joue sur le verrou et ses parois et quelques millimètres de rotation, l’aspect lubrification jouera forcément moins que sur ses devanciers.

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Résumons donc : certains solvants, composés pénétrants hydrofuges censé contrer la  rouille  et autres saletés ne doivent pas être utilisés dans les mécanismes d’armes à feu car ils laissent une bouillie qui va se carboniser à la chaleur. Pas de graisse non plus, pâte épaisse tout juste bonne à la remise et sur les parties métalliques extérieures comme les canons et l’espace d’un été seulement. En saison, un film d’huile fine renouvelé après chaque sortie suffira. Le nettoyage, on le sait plus difficultueux tant il est difficile sur certains SA de démonter à chaque fois les canons, doit se faire dans le sens de la sortie des projectiles, donc « snake » obligatoire sous peine, avec nos écouvillons habituels, de refouler vers la culasse et le mécanisme, tous les imbrûlés. De même il faut veiller à entreposer l’arme de façon verticale, canon en bas pour les mêmes raisons : sans même parler de l’influence de l’huile ruisselante sur les bois, noircis, ramollis et fragilisés, seront particulièrement exposés les devants, soumis par conception à rude épreuve, chocs et frottements multiples.

Sur un fusil à emprunt de gaz le vieux manuel du Remington 1100 préconisait de démonter, huiler légèrement, puis tout enlever avec un chiffon comme si c’était sec, le film d’huile  restant devant suffire. C’est, avec sagesse, ce qu’il faut continuer de faire à moins d’utiliser les lubrifiants secs, connus depuis longtemps dans l’industrie, et qui firent une entrée inopinée dans le monde de l’armement lors de la guerre du Vietnam grâce à des G.I’s motards, ces matériaux : poudre de graphite, disulfure de molybdène, polytétrafluoréthyle  (plus connu sous le nom de téflon) étant jusqu’alors employés sur les chaînes de moto et de tronçonneuses ! De nos jours il existe même des nettoyeurs à ultrasons, certes bien pratiques pour de petites pièces, mais controversés, l’effet de cavitation pouvant endommager certains alliages contenant de l’alu ou du laiton, et Dieu sait si, leur emploi s’est considérablement développé dans la production contemporaine.

 

 

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13 septembre 2018

Du nouveau pour les armes de chasse

De nouveaux décrets (29 juin et 14 juillet) soucieux d’adapter les droits nationaux au directives européennes ont modifié quelque peu le paysage, et nous n’en retirons ici que ce qui intéresse les chasseurs.

Les fusils de chasse à un coup par canon, tous nos vieux « deux coups » si on veut, qui étaient en D1° catégorie qui n’existe plus pour eux et ils rejoignent la C1°  soumise à enregistrement, comme l’ensemble des armes, même rayées. Acquises après le 1er août 2018 elles doivent désormais être déclarées ; celles acquises entre le 30 juin 2017 et le 1er août 2018 déjà enregistrées (ipso facto chez les armuriers) doivent être maintenant déclarées avant le 14 décembre 2019 ; celles acquises entre le 2 décembre 2011 et le 13 juin 2017, restent enregistrées (idem armuriers) mais on ne peut que recommander conserver le récipissé d’enregistrement qui vaudra déclaration. En règle générale il faut  garder précieusement toutes les pièces afférentes aux armes acquises même il y a très longtemps, ne serait-ce que pour justifier de leurs dates de mise en circulation ce qui les positionne par rapport aux législations successives depuis la dernière guerre.

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Pour les fusils à pompe qui depuis quelques hold-up retentissants du temps du « terrible Môôôssieur Pasqua » subissent un véritable délit de sale gueule,  comme il fallait s’y attendre non seulement l’embrouille boyaudage ou faiblement rayé, voire non dispersant n’est pas vraiment levée, mais il s’assortit de limitations en dimensions (plus de 80 cm hors tout sans crosse pliante, 60 cm de canons) et en capacité de magasin (pas plus 4+1 dans le canon) qui mettent d’office en B (autorisation) pas mal de productions récentes pour les chasseurs. Citons par exemple en feuilletant les catalogues : quelques fusils italiens qui étaient bien en plus de 60cm en canons, mais 7+1 en coups à tirer, la plupart des fusils US (là parce que leurs canons ne faisaient que de 48 à 58 cm) ou encore quelques pompes « gros gibier » bien de chez nous, sans doute à adapter (en repassant au banc d’épreuve ?) en fonction de cette nouvelle législation.

On voit bien ici la volonté de traçabilité et de constituer une sorte de dossier comme pour les voitures des « cartes grises » des armes de toute nature qui peut se comprendre face aux attentats terroristes européens de ces dernières années. Mais il s’agit de décisions politiques, de la poudre aux yeux pour montrer au bon peuple « qu’on fait quelque chose », mais non techniques car les terroristes en question, eux, ne s’embarrassent pas de tels critères pour s’approvisionner en armes. Et quand, par bonheur ils n’en trouvent pas en contrebande dans les caves de banlieue, ça ne les empêche pas de foncer dans les gens avec des voitures ou de leur courir après avec des couteaux de cuisine !

Quelques chiffres : dans notre beau pays sont recensées un peu plus de 760 000 armes soumises à autorisation (catégorie B), ce sont celles des tireurs sportifs (un peu plus de 200 000 personnes) et des autorités et plus de deux millions à déclaration. La France est aussi le pays qui compte le plus de chasseurs (1,2 millions) assez largement devant l’Espagne (980 000) et l’Italie (700 000) et on considère qu’il y existe…10 millions d’armes à se balader dans la nature sans véritable statut pour toutes sortes de raisons : successions, ventes directes entre particuliers, lesquelles sont désormais interdites depuis le 14 juillet. La transaction est certes toujours possible, mais il faudra passer par un armurier ou un courtier (le grand site de ventes nature sur le Net devrait accéder à ce statut) pour ce faire.

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Le cas des successions qu’on connaît tous, pour avoir repris, malheureusement pour le vieux copain, parti trop vite rejoindre les prairies de St-Hubert, à sa veuve éplorée son « fourbi » de chasseur dont elle ne savait plus que faire, se précise dans le cadre de cet encadrement nouveau de la vente entre particuliers. Le nouveau détenteur (le neveu par exemple de feu le tonton chasseur) devra faire constater cette acquisition quasi forcée pour lui par un armurier et joindre certificat médical de moins d’un mois de bonne santé mentale, plus la preuve de non inscription au fichier FINIADA (Fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes), et bien sûr de présenter licence de tir sportif et permis de chasse dûment validé pour conserver la pétoire. Sinon il devra s’en dessaisir dans les trois mois selon la procédure nouvelle, voire assurer la destruction par abandon à l’Etat via, entre autres les gendarmeries. Bon courage donc aux heureux héritiers…

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09 septembre 2018

Les premiers fusils à pompe de chasse

Dans le fil de notre précédent envoi sur les balles sans plomb, il est intéressant de noter grâce à la législation de 2013 un retour des fusils à pompe pourvu qu’ils soient rayés  ou boyaudés et employés avec les balles qui vont avec. On a vu qu’assortis aux aides à la visée modernes, ils pouvaient tenir la dragée haute tant en puissance qu’en précision à certaines carabines.

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Pourtant le fusil à pompe c’est une vieille recette de nouveau associée au génial John Moses Browning. Ayant travaillé sur ce système en calibre 22, il avait proposé dès 1884 à T.Bennett, dirigeant de chez Winchester un calibre plus fort, mais ce dernier exigea plutôt la technologie du levier de sous-garde qui aboutit au fameux modèle 1887. Pourtant le devant coulissant préexistait avec le fusil Spencer (1882) et la carabine Colt Lightning, mais se heurta vers 1890 à l’apparition des poudres sans fumée qui engendraient bien plus de pression et dont il fallait évidemment techniquement tenir compte. Ce n’est donc qu’en 1893 que Winchester démarra un modèle poudre noire…qu’il fallut quatre ans plus tard soit reprendre, détruire ou recycler  quand sortit le modèle à poudre sans fumée, tellement abouti qu’il en fut produit un million d’exemplaires jusqu’en 1958 !

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C’est le modèle rendu célèbre à l’écran aux mains des polices d’Etat, des Rangers, des convoyeurs de la Wells-Fargo, des surveillants de prison, ou des G.I.’s (25 000 unités produites) dans les tranchées où il fut même parfois nanti d’une baïonnette ! Quelques différences : le 1893 (poudre noire donc) ne fut fait qu’en 12 et 36 000 exemplaires en deux ans : c’était l’arme favorite de J.M. Browning en personne au ball-trap ! Le 1897, chambré 65 puis 70 en 16, avec énormément de versions et de finitions (quadrillages, crosses, combos, chokes variés) 5+1 cartouches fut abondamment utilisé par les chasseurs bien sûr dans des longueurs de canons courantes : 65 cm (20 inches 3/8), 76 cm (30 inches), 81 cm (32 inches). C’était une arme assez lourde selon nos critères actuels (jusqu’à 3,8 kgs) mais à la mécanique très robuste de sa tringlerie de commande et son verrouillage où l’élévateur était une pièce massive bloquant la culasse en s’interposant entre celle-ci et l’arrière de la carcasse, tout ça bien sûr en bon acier. Ce qui nécessitait une manœuvre certes vigoureuse, mais onctueuse dès que l’arme se rôdait. Vu le poids le recul était gérable, et la sécurité était double : la culasse devant être verrouillée à fond pour tirer, et le chien extérieur donnait une sécurité visuelle et manuelle excellente.

De nos jours, une douzaine de marques européennes (Benelli, Fabarm, Verney-Carron), turques (Hatsan) et bien sûr US (Mossberg, Winchester SXP, Remington 870) proposent de ces armes que la prolifération du sanglier remet au premier plan de l’actualité. Les munitions, les aides à la visée s’y adaptent rapidement pour une efficacité qui se rapproche des carabines, mais à moindre prix. Par contre les modifications législatives des 29 juin et 14 juillet dernier auxquelles nous allons bientôt proposer ici un sujet, risquent de nuire de nouveau à leur diffusion.

 

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07 septembre 2018

Quelle cartouchière pour l'ouverture ?

Dans la foulée de notre article précédent sur la cartouche que l’on voudrait « universelle », voilà bien un sujet très personnel car chacun, après des dizaines d’ouvertures a bien sûr un avis personnel sur la question nourri d’un tas d’expériences vécues. Comment garnir sa cartouchière ? Je me souviens dans les années 58-60 dans l’Ain, de mon grand-père Chamonaz qui, méprisant les « toutes cousues » passait presque autant de temps à choisir ses munitions qu’à les confectionner tard le soir sous l’abat-jour de la cuisine.

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C’était un temps où le gibier abondait, où le lièvre était roi, mais finalement les préoccupations restent à peu près identiques. Même dans notre région de Bocage pourtant bien différente de la Bresse, c’est toujours le capucin qui reste le premier dans la ligne de mire des chasseurs, d’autant qu’il n’ouvre que quelques journées, de 1-2 à 4-5 selon qu’il existe ou pas des plans de chasse. C’est donc là qu’on rejoint la notion de « grosse » cartouche car il n’est jamais sûr que le client vous partira « dans les pattes » ! Un pigeon peut s’envoler de loin dans les frondaisons encore épaisses de fin septembre, ou un colvert dérangé par tout le remue-ménage de l’ouverture passer très haut dans le ciel.

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Partant d’un classique « deux coups » faut donc faire un choix. Tout au bout de la ceinture, faciles à trouver en tâtonnant dans l’urgence, deux balles car on ne sait jamais ! Et des « passe-partout », qui iront dans tous les chokes si on veut, car on le sait les chasseurs français possèdent chacun trois armes en moyenne…Vous l’aurez deviné vu la teneur ambiante de ce site l’auteur dépasse allégrement cette moyenne…L’ouverture c’est l’occasion rêvée d’utiliser des fusils fins et légers qui ne sortent plus dès qu’arrivent les intempéries, et ces anciens sont souvent abominablement chokés. Donc éviter les Brenneke et Blondeau qui « forcent » les rétreints au passage : il existe désormais plein de balles dites techniques à coques (Sauvestre) ou ensabotées (Rubin,  « S » Prévôt) qui feront l’affaire quelle que soit l’arme utilisée. On vient d'ailleurs d’en parler récemment pour toutes celles désormais « sans plomb ».

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Dans le cadre des grosses polyvalentes garnir à suivre deux cartouches en 2, six bourres grasses en 6 et 4 bourres à jupe en 4 pour démarrer la matinée selon la formule classique : grasse en 6 dans le coup court à droite et jupe en 4 pour le coup long à gauche. Jamais de croisillons et autres artifices dispersants car à l’ouverture on n’est jamais seul, il y a des chiens et du monde partout derrière chaque haie, et encore des promeneurs partout dans les chemins aux châtaignes et courir dans la futaie derrière les cèpes.

Vous l’aurez remarqué, 2 balles plus tout le fourbi restant (2+4+6) ça ne remplit pas complètement la cartouchière. Faisans et perdrix auront été lâchés, et c’est bien le diable si on aura tiré les dix coups « classiques » en 6-4 non ? Et puis quand le soleil est au plus haut qui donne la pépie, on aura eu le temps de revenir au voitures pour casser la croute « sur le pouce » et de refaire le plein qui redonne des forces aux chasseurs, aux  chiens…et en munitions !  

Bonne ouverture à tous !

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06 septembre 2018

Balle pour fusil lisses : le sans plomb gagne du terrain

Le sans plomb est là maintenant depuis des années pour le gibier d’eau et commence à prendre pied pour l’arme rayée, et il va sans doute se développer également pour les fusils lisses du fait de la recrudescence du sanglier désormais un peu partout en France.

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De fait, la carabine si elle s’est considérablement démocratisée n’est pas acceptée partout, pour des raisons de sécurité liées à certains biotopes, mais aussi aux mentalités pas forcément prêtes à la prendre en compte. L’arme lisse dans les conditions particulières de la battue qui reste prépondérante au grand gibier dans notre pays, n’a donc pas dit son dernier mot. Dans l’enveloppe des 20-40 m. qui est la distance courante de tir pratiquée, les effets du projectile de 28-30 grammes valent bien ceux des carabines. Et les progrès des munitions poussent même la distance bien plus loin avec les récentes « balles techniques » (BFS, Fier, différentes ensabotées, etc.) associées aux nouveaux moyens d’aide à la visée (lunettes de battue, points rouges) rivalisent presque jusqu’à 100 m.

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Les recherches sur le sans plomb n’ont pas été étrangères à ces avancées, et sont plus anciennes qu’on le croit généralement c’est-à-dire le tournant des années 90 amorcé tout d’abord aux USA, puis en Europe. Pour la grenaille employée en zones humides, la moindre densité pouvait, dans une certaine mesure, être surmontée en augmentant la vitesse et la charge de plomb. Et ce fut l’envolée des magnum (chambre 76) et super-magnum (chambre 89). Pour les balles franches, le défi technologique était d’une autre taille. La réflexion sur l’emploi de matériaux autres que le plomb était bien plus ancien, datant de la fameuse balle « D » du fusil Lebel en laiton tourné. On pensa au cuivre, malheureusement cher et devant être usiné individuellement plutôt que moulé ou estampé longue opération qui forme, après chauffage, des pièces brutes pressées entre deux matrices, et nécessitant ensuite ébavurage et autres finitions.

Les encartoucheurs français ne furent pas les derniers à se pencher sur la question et à proposer dès 1960 avec la balle Blondeau, un diabolo en acier tourné avec seulement deux anneaux de guidage en plomb puis plus tard (1985) en plastique. Cet acier est assurément l’alternative la plus rentable par rapport au plomb, et c’est ce qu’emploient par exemple les récentes balles lettonnes DDupleks, certaines étant pré-fragmentées le guidage relevant des progrès des plus récentes polymères . Fiocchi, tout comme Gualandi avec la « Gualbo », depuis 2014 fait aussi une 31 g. à 440 m/s, la NES (New Expansion Slug) également en acier, pré-entaillée de 6 pétales contenue dans une épaisse bourre à godet et qui doit être tirée dans un canon lisse ou très faiblement choké. La balle Prévôt (1974) enveloppait elle une sorte de grosse bille de roulement dans une bourre à jupe. Depuis, cette marque s’est fait la spécialité des balles sous-calibrées ( Wonder, « S », etc.). En 1977, c’est encore un Français, Gilbert Cléard qui, avec sa balle « Giclé » conçut un projectile en zinc, recouvert de polyéthylène.

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Les préoccupations du « sans plomb » furent bien sûr boostées par les législations restrictives aux USA et en Europe, et il ne faut pas oublier que la fameuse « balle-flèche » inventée par l’ingénieur français J.C.Sauvestre (1989) était prévue au départ pour le marché US…mais dans le maintien de l’ordre, notamment la possibilité d’arrêter les véhicules en tapant dans le moteur avec un projectile suffisamment perforant, et performant ! Dès le départ elle fut conçue avec soit du cuivre massif, soit des alliages de métaux non-ferreux. Un peu plus tard (2001) la balle FIER donna une autre balle technique mêlant les polymères pour le guidage et un projectile également sophistiqué mêlant une masse-marteau de plomb et une pointe en laiton lequel est un alliage de cuivre et de zinc. Elle sortit même pour les milieux suburbains une 24 grammes en aluminium métal à faible masse et densité, mais « tombant » plus vite aux distances du tir en battue (150 m contre 300 m en général pour les balles franches les plus courantes du marché). A noter que cette balle FIER, est un modèle qui peut être encartouché par plusieurs fabricants différents, tout comme BRENNEKE, depuis bien plus longtemps et couramment comme nous le montre l’examen attentif des catalogues. Sur environ 250 chargements de balles proposés en France, un bon tiers, et 25 marques  relèvent de la fameuse appellation Brenneke !

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Aux USA c’est plutôt la balle inventée en 1935 par Karl Foster qui tenait le marché avant l’arrivée dès 1993, législation de certains états oblige, de balles techniques mais pour fusils lisses rayés inexistants chez nous à l’époque du fait de la réglementation, assouplie depuis 2013. Les sans plomb « Copper solid » ( cuivre Remington), Winchester XP 3 (cuivre sabot conçue pour expanser rapidement)), Federal Trophy (cuivre), sont encore confidentielles chez nous car horriblement chères, jusqu’à 3 euro la bête ! On atteint ou on dépasse le prix des meilleures munitions rayées et il faut un canon rayé au pas US pour en tirer la quintessence. Mais la précision et l’efficacité sont au rendez-vous à des distances qui avoisinent le tir habituel  du « white tail » que l’on tire à l’affut ou devant soi jusqu’à près de 100 mètres. De plus, les fabricants qui proposent de plus en plus de fusils courts (semi autos ou à pompe) rayés ou boyaudés vraiment adaptés à la battue ou à la traque ne doivent pas nous les faire négliger car ces projectiles ont été conçus dès le départ pour des lisses rayés. Nous ne sommes plus donc dans les « adaptations » plus ou moins convaincantes que tout chasseur français se devrait de faire, (et après maints essais que d’aucuns jugent superflus !), de la « bonne » balle qui va bien dans son arme habituelle. Autrefois, on avait la possibilité de tirer du grand gibier qu’une ou deux fois, presque par hasard dans l’année. Une poignée de « brénèques » pouvait faire trois-quatre ans au fond de la vareuse et advienne que pourra…La jeune génération qui sera beaucoup plus confrontée que nous au sanglier, voire s’y consacrera totalement comme dans certains départements du Sud-Ouest,  devra aborder la question du tir à balle autrement que comme dans le temps soit …par-dessous la jambe ! Le choix des projectiles, dans une arme donnée même lisse obéira à une option aussi « pointue » que celle des armes rayées, et le « sans plomb » un atout supplémentaire dans une société bien plus regardante sur les choix environnementaux et sur ce que font les chasseurs.

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05 septembre 2018

Lu cet été...

Les vacances c’est fait pour ça, plage, farniente et lecture, d’autant plus qu’on est en retraite…donc en vacances toute l’année ! L’auteur qui, vous vous en doutez « broute » à  loisir la littérature « wild »,  vient d’avaler le bouquin de Dan O’Brien, éleveur, chasseur, fauconnier, écrivain emblématique du Grand Ouest, auteur de deux classiques du « nature writing ». Voici ce qu’il dit d'une arme dont nous rêvons tous un peu in « Wild idea » (éditions du Diable vauvert » :

 « Erney a toujours été matériellement pauvre, et depuis que je le connais je ne l’ai vu posséder qu’un seul objet de valeur. Il gagnait la maigre somme de 225 dollars par mois, mais d’une manière ou d’une autre, il avait réussi à mettre de côté 400 dollars pour s’acheter un fusil de chasse de collection, un Browning Exhibition (1) grade superposé avec des incrustations en or. Le fusil était accompagné d’un certificat de propriété plastifié formant carte de visite avec le numéro de série gaufré en bas. Erney caressait l’arme comme s’il s’agissait d’un précieux chien de race. C’est la crème de la crème, disait-il en faisant rouler ses sourcils broussailleux ».

 

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Pourquoi, relever ce bel éloge à une arme classique ? Parce que dans la « glissade » des années soixante, la presse spécialisée, complice,  a fermé les yeux sur une dépréciation constante des qualités qui prévalaient auparavant. Les matériaux nouveaux « légers » moulés par injection furent flattés parce que soit disant résistants aux intempéries, mais quelle résistance dans le temps, quels ancrages, quels verrous assemblés de plusieurs pièces « bon marché » ? Retour aux sources et aux valeurs sûres de notre jeunesse donc….Ce site assume d’être « vieux jeu » car n’est-ce pas,  c’est dans les vieux pots…

1/ La liaison entre FN et Browning fut patente dès 1898 et donna naissance à plusieurs armes mythiques : Auto 5, B 25, BAR mais aussi une arme de poing qui a fait date comme le GP 35. C’est en 1907 que JMB autorisa la FN à utiliser son nom, et le rachat en 1977 du groupe Herstal valorisa encore ce nom sous l’appellation Custom shop devenu en 2016 JMB Collection où une vingtaine d’artisans du plus haut niveau travaillent sur des carabines mais aussi les B 25 et B 15, qui, au nombre d’une centaine par an représentent 70 % des armes personnalisées de la firme.

Amis de ce site vous l’aurez remarqué, la saison redémarre, donc ouvrez l’œil….

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