On a déjà parlé du chevreuil, mais on me demande maintenant ce qu’il en est des appeaux, une sorte de chasse vraiment inconnue par chez nous et qui, pourtant, si on écoute la plupart des sites grand gibier semble être un des summum de cette sorte de chasse dont elle partage  le haut du hit-parade, avec avec le tir du cerf au brâme, ou du gros solitaire au saut du layon.

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Voilà ce que j’ai pu glaner en épluchant les sites spécialisés et qui pourra toujours servir à nos aspirants qui vont courageusement se lancer dans cette voie, cette  année. Si on a parlé du rut dans notre dernière livraison, on a oublié de dire que c’est toujours la femelle qui choisit l’endroit de ces ébats dans la période fin juillet début août, attirant les mâles par les émanations liées aux chaleurs certes, mais aussi par un sifflement caractéristique qui est le même (mais en plus clair et plus aigu du côté de ce dernier) pour le faon qui appelle sa mère.

C’est ce cri basique qu’il faut imiter car s’il interpelle les brocards particulièrement en période rut, il peut aussi concerner d’autres femelles jalouses car toujours très territoriales : on en a vu attaquer à coups de sabots, de la même manière qu’elles défendent leurs petits contre les renards, des faons d’autres femelles moins dominatrices. Mais ce cri attire aussi les prédateurs : renards dont certains se font dans certaines régions, une spécialité de prédation sur les faons, voire sangliers (qui sont « omnivores »…donc ont aussi des faons à leur menu !) mais aussi, ce qui est moins connu, blaireaux, martres, et mêmes geais ! On peut aussi penser que le rappel plaintif du faon et de sa mère, lequel dit en gros « je suis là » est aussi une bonne indication dans la Nature que le coin semble particulièrement sans danger.

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Les spécialistes, utilisateurs du « Buttolo » (1) savent imiter outre ce cri basique, celui de la chevrette lors de l’accouplement, ce qui attire bien sûr en période de rut, et vitesse grand V bien sûr, tous les brocards du voisinage, mais aussi de celle qui se refuse ou tout simplement donne l’alerte en cas de danger. Il est recommandé dans l’approche, de siffler « à vue » pour amener l’animal en position de tir, parfois très près jusqu’à 4-5 mètres si l’on suit les sites de tir à l’arc. A l’affût, sur des zones où l’on a remarqué des frottis ou des couches, s’armer de patience une bonne demi-heure avant d’appeler doucement au départ (deux fois de suite toutes les trente secondes), en augmentant le volume ensuite pour aller chercher plus loin. Dans la plupart des cas, le brocard arrivera d’une zone dense, « par le sale », ayant la plupart du temps cheminé, tous sens en éveil, à l’insu du chasseur. D’une zone dégagée, comme par exemple après les foins, il observera de loin, cheminant à travers les roundballers, contournera pour prendre le vent, et gare alors au chasseur qui, impatient, se sera déplacé : il se fera aboyer, et ne verra plus rien de la séance.

1/ Cher (autour de 40 euros) c’est à la fois le gri-gri et la flûte enchantée de l’approche du chevreuil car il est (en basique, notamment sur l’appel bref du faon) simple, efficace, et facile d’emploi en pressant une petite poire qu’il faut garder bien sûr à portée de main. Son intérêt ne le limite pas qu’au rut, puisqu’il fait aussi venir les prédateurs du faon, notamment les renards. Il existe bien sûr des tas d’autres appeaux, notamment à bouche, mais qui ne semblent pas posséder la simplicité et l’aspect universel de ce dernier. Voir sur le Net de nombreux sites et vidéos ahurissantes illustrant son fonctionnement opérationnel.  Ci dessous le fameux "Buttolo".

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