La politique de réimplantation du faisan dit « naturel » est impulsée désormais par à peu près toutes les Fédérations. Certaines ont pris un peu d’avance sur les autres, mais en dépit des polémiques qu’elle suscite, cette opération dépasse le seul côté « éthique » de la chasse et du tir.

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Ce caractère « naturel » mérite d’ailleurs être redéfini selon les termes de l’ONCFS : il s’agit de la survivance de 50 reproducteurs en fin d’hiver sur un territoire donné après 5 années consécutives sans repeuplement. Passons sur les conditions administratives de participation à ce plan que nous connaissons tous (avec la formation des Groupements d’intérêt cynégétique) pour voir ce que ça implique de positif derrière. La régulation en premier lieu des renards, corvidés, mustélidés par le piégeage mais aussi des battues qui entretiennent l’élan et l’esprit collectif des sociétés ainsi mieux à même de comprendre qu’il faut lever le pied sur la pression de chasse pour mieux récolter ensuite. Il est bien sûr renforcé par les travaux d’agrainage, de surveillance, de collaboration avec le monde agricole qu’entraîne la création de quelques hectares de jachères et de CIPAN (cultures intermédiaires, pièges à nitrates). Il s’agit de plantes (phacélie, moutarde, sarrasin, avoine diploïde, radis fourragers) qui offrent gîte et couvert au gibier, mais aussi la préservation de haies linéaires qui profiteront à bien d’autres espèces que le faisan.

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Citons les perdrix grises et rouges, même issues de lâchers qui bénéficieront de ces aménagements, de l’agrainage, de la pression exercée sur les prédateurs pour survivre au-delà de la fermeture. De ce fait on peut espérer, sans même un plan d’envergure aussi considérable que celui opéré pour le faisan, le retour de cette espèce à l’état naturel là où il avait disparu depuis 20 ans au moins.

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Le lièvre lui-même peut profiter de cet environnement favorable : grâce aux plans de chasse, aux restrictions en nombre de bracelets et de jours de chasse, il retrouve un bon niveau, et les observations autour des plans faisans, montrent déjà des indices kilométriques d’abondance à la hausse sur ces secteurs.

Au-delà, on peut escompter de cette attitude un effet moteur sur la chasse au chien d’arrêt, et faire souffler la bécasse, magnifique gibier migrateur, sur laquelle les aficionados de cette activité s’étaient jetés depuis la disparition de la perdrix et surtout du lapin. Enfin, en terme d’image, et là on revient à l’éthique évoquée plus haut, cette attitude responsable passera sûrement mieux aux yeux du public que les sempiternels lâchers du samedi soir pour « l’abattage » du dimanche matin. Sont-ils pour autant à proscrire ? Toutes les sociétés ne sont pas forcément prêtes (en nombre d’adhérents, comme en qualité de bénévolat) à passer immédiatement à une politique extrêmement contraignante en temps et en énergie. Mais il y a là une tendance à laquelle peu de sociétés ne sauront échapper dans quelques années.