Les culots longs sont-ils plus performants ? La question semblait tranchée autrefois où la plupart des cartouches ne dépassaient pas 8 mm de culot. On les trouvait notamment sur les cartouches à balles franches pour une raison tout simplement mécanique : il permettait de clore entièrement la chambre de combustion et donc de mieux gérer la forte pression développée à cet endroit.

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La combustion était plus régulière car on avait affaire à une douille plus rigide tenant mieux la montée en pression que le carton. L’autre effet de ce culot « collet monté » était d’absorber des contraintes théoriquement encaissée par le canon. De nos jours, les fusils modernes ont une chambre qui remplit parfaitement son rôle de « chemisant ».

A l’époque où la qualité des aciers et la conception des verrous n’était pas celle de nos jours, on réservait donc ces culots longs aux cartouches théoriquement à hautes performances. En fait, c’est la puissance du marketing, et notamment les notions de vitesse auxquelles pas grand monde ne s’intéressait vraiment avant l’avènement du ball-trap qui généralisa la « montée » des culots à 12, voire 15, 17 et jusqu’à 25 millimètres. En effet, la vitesse à une influence généralement faible sur les avances qu’il faut mettre à la chasse, mais plus une cartouche est rapide, plus son recul est important et généralement donc peu apprécié sur le terrain. A la chasse 380 m/s sont bien suffisants pour un compromis acceptable par le chasseur de groupement, pénétration de la gerbe, et douceur à l’épaule. Or la mode du ball-trap fut concomitante de l’arrivée  des  premiers  semi-autos de grande diffusion à emprunt de gaz qui avaient besoin de cartouches solides pour bien enclencher les cycles de réarmement. Question de charge, mais aussi de conception des cartouches auparavant en carton, voire humides qui pouvaient se déformer, la question du grand culot ne se posa pas longtemps.

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Au ball-trap, la charge de plomb est beaucoup moins importante, on passe de 32 grammes de plomb pour une cartouche standard d’ouverture, à 28 grammes voire moins. Pour être précis avec cette petite charge qui va plus vite, autour de 410m/s la vitesse doit être régulière, sans cesse reproductible, et là, seuls les culots plus longs pouvaient la garantir. De là, les grandes marques de cartouches, dans un souci d’uniformatisation des processus de fabrication généralisèrent le grand culot, quitte à jouer ensuite avec ce qui se passait au-dessus : bourres grasses ou à jupe, sertissages rond, demi-rond ou en étoile, la charge de plomb pouvant varier de 32 à 40 grammes sur un chambrage à 70. Tout après étant question de marketing, de présentation, et de prix bien sûr…

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Le culot de 8 mm a-t-il disparu pour autant ? Si on regarde bien les catalogues, on se rend compte que quasiment toutes les grandes marques en font encore soit en trap bon marché, soit en début de gamme pour les classiques ou les grives quand on chasse le petit gibier à courte distance. De ce fait elles sont encore aussi beaucoup employées là où on tire de près et souvent comme dans les palombières. En fait, comme pour l’arme c’est moins le matériel qui entre en compte que le bras qui le tient pour « tirer droit »…Les prochains envois vont un peu concerner ce domaine…