C’est celui qui « en principe », on va voir plus loin pourquoi ces guillemets, a tué Kennedy le 22 novembre 1963 ! Bon, on ne va pas réécrire l’Histoire, ni tomber dans les nombreuses élucubrations sur les théories du complot qui abondent sur le Net, mais juste nous placer dans la situation, avec ce calibre donné, du tireur « unique »…Et on va voir qu’en cas d’attentats dans ce genre, la fameuse théorie du « loup solitaire » ne date pas d’hier.

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Résumons l’affaire : d’où il était, perché en haut de son immeuble, Oswald  put –il  tirer trois fois (dont deux au but !) entre 5 et 8 secondes ? La situation a certes été reproduite lors de l’enquête par des experts, mais attention, sur des cibles fixes. Ancien Marine, Oswald savait sans doute tirer et les sites spécialisés dissertent sans fin sur les nuances entre « marksman » et « sharpshooter », dont il fut qualifié à l’armée, mais on peut s’étonner du choix du matériel employé dans ce cas, de la part d’un spécialiste averti.

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Une arme et une munition obsolètes, achetées par correspondance dont la manœuvre en quatre temps, type Mauser,  était rugueuse, et assorti e d’une optique étonnante, presque ridicule pour une arme militaire de ce type : une 4X18 Ordnance Office, du tout bas de gamme fabriqué au Japon, tout juste acceptable sur une 22 LR ou une carabine à air comprimé ! L’approvisionnement se faisant par clip de 6  sur le dessus, elle nécessitait même un montage décalé sur le côté qui compliquait le réglage...lequel  au terme de l’enquête ne parut jamais avoir été effectué ! Le rapport officiel, paradoxalement, estima que cette bévue, en fait,  aurait facilité son tir !  De fait, vu la distance de tir entre 40 et 80 m.    on   peut même se demander si la visée ouverte hausse-guidon n’aurait pas été plus efficace et plus rapide non ? On peut aussi penser que son expérience aurait pu le pousser à rester en pays de connaissance et à utiliser arme et calibre coutumiers pour un ancien G.I.  : 30-06 ou 308, cette dernière munition étant en dotation OTAN depuis presque dix ans.

S’agissant d’un tireur militaire aguerri on peut aussi s’étonner qu’il n’ait pas profité de l’arrivée de la limousine décélérant face à lui dans Houston Street, et quasi à l’arrêt quand elle tourna au-dessous de sa position, pour commencer à tirer bien plus tôt que quand elle commença à s’éloigner de lui, dans  Elm Street ? La première balle, fut tirée à 41 m, rata complètement l’ensemble limousine et personnalités assises dedans (ce qui faisait quand même à cette faible distance une très grosse cible), arrachant seulement  un bout de trottoir dont un éclat alla blesser en face un passant à la joue. La seconde à 54 m fut la célèbre « balle magique » qui atteint JFK à la gorge, puis dans la foulée le gouverneur Conally selon une trajectoire impossible et en zigzags : cou- poitrine du premier (JFK), puis dos, poignet, cuisse, sur le second (Conally) soit sept blessures sur deux hommes…et retrouvée intacte deux jours plus tard…sur le brancard ayant servi à transporter l’infortuné gouverneur à l’hôpital !

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Le 6,5X52 Carcano (1) c’est, à cette distance de 50 mètres encore 700 m/s et plus de 2000 joules et on peut guère imaginer  qu’après avoir traversé JFK dans une partie peu épaisse et dépourvue d’os (le cou ici en l’occurrence), elle n’ait pu faire autre chose qu’aller tout droit ! Une modélisation informatique (Myers) dont le projet dura dix ans a, en quelque sorte confirmé en 2003, ce pressentiment venant à l’esprit de tout chasseur : la balle avait bien filé en ligne droite, Conally n’étant pas juste devant JFK mais légèrement à sa gauche, assis sur un strapontin.  Il y a d’ailleurs polémique sur cette blessure au cou du président, où certains ont plutôt vu un orifice…d’entrée, donc tiré de face ! L’autopsie qui aurait pu balayer tous les doutes ayant été bâclée, et l’orifice ayant facilité la mise en place, dans  l’ urgence, d’une trachéotomie empêchant toute certitude là-dessus ensuite.  Quant au troisième tir, à 82 m, ce fut la balle fatale, elle aussi très controversée. De fait, l’analyse du film fait par un passant (Zapruder) semble bien montrer JFK reculer sous l’impact d’un tir venant…de l’avant, et plus précisément d’un petit tertre en herbe où aurait pu se cacher un tireur pour un tir classique de face au moment où après l’épingle à cheveux, la limousine reprenait peu à peu de la vitesse. A ce moment, elle passait même au plus près, une trentaine de mètres tout au plus de cet hypothétique tireur embusqué.

Si la commission Warren en 1969 prompte à enterrer l’affaire pour raisons de politique intérieure, fit tout pour faire entériner la théorie d’un Oswald solitaire, la commission sénatoriale de 1978 souleva, à partir d’enregistrements radio sur une moto de la police dont le micro était resté ouvert, le lièvre d’une possibilité de  tirs bien plus nombreux (jusqu’à  5) confirmée par un tiers des témoins, environ,  notamment du côté du fameux monticule en herbe où aurait pu se cacher le « vrai » tireur, celui qui devait tuer. A lire, (ce que nous vous invitons à faire tant c’est passionnant notamment au plan du tir et de la balistique), les nombreuses théories relevées sur le Net, on peut penser légitimement et sans prendre parti pour quelque « théorie du complot » que ce soit,à des tirs croisés où Oswald aurait sans doute participé, (mais sans peut-être   forcément tirer lui-même !), puis délibérément été « sacrifié » ensuite pour les besoins de l’enquête, dans le cadre d’une embuscade soigneusement préparée. Mais par qui ?  Il avait eu juste le temps de dire n’être là-dedans qu’un « pigeon »…avant d’être abattu deux jours plus tard lors d’un transfert ! Il ne risquait pas d’en dire plus.

Il y a quelques semaines l’administration Trump a annoncé vouloir déclassifier le dossier, reportant toutefois à six mois, mi 2018 donc, la divulgation de certains documents jugés trop sensibles. S’il existait des preuves fracassantes on pense qu’elles seraient sorties bien avant.

1/ Le 6,5X52 Carcano utilise des balles très longues (« crayons volants ») de 123 (9g) à 156 grains (10,1g) utilisables à la chasse pour nuisibles, chevreuils, petits sangliers. On trouve encore en France une demi-douzaine de chargements, notamment chez Partizan pour des armes de surplus du même type que celle qui servit le fameux 22 novembre 1963.