Nous sommes nombreux sur ce site à chasser le renard, à connaître ses ruses et il n’est pas inintéressant de le comparer à un animal un peu similaire, mais qu’on ne trouve que dans les paysages nord-américains, le coyote. Une mise en perspective qui peut nous interpeller car il se chasse là-bas et depuis plus longtemps que chez nous où le « tir d’été » est somme toute récent, un peu de la même manière, mais avec des subtilités supplémentaires.

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Il fait là-bas partie d’une trilogie de canidés de poids différents (loup, moyenne de 30 kg, coyote 15, renard 8-10 kg) qui se tirent le plus souvent avec des carabines dédiées au « varmint » terme que l’on peut traduire par « nuisibles », sachant qu’il est plus vague et moins précis que chez nous où il vient de faire son apparition. Dans les vastes étendues sauvages du  Grand Nord, le terme pouvait s’étendre, surtout autrefois, à tout ce qui dérangeait le chasseur-trappeur, et on y a conservé de toute façon une « culture » des armes et du tir longue distance, la battue y étant quasi inconnue. Ci-contre, une vieille gravure illustrant bien les différences de gabarit : au loup la brebis, au renard…la poularde ! Voir aussi cette vidéo (http://youtube.com/watch?v=BXCvLzDNWz0) montrant bien la différence de vitesse et de gabarit entre le coyote et le loup se disputant une carcasse…le premier finissant en steak !

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A bien éplucher les forums on se rend compte, notamment pour des raisons de conservation des fourrures (1) qu’il y a peu de chasseurs nors-américains qui utilisent pour ce faire un calibre « généraliste » du type 30-06 par exemple. Le plus employé reste le 243 Winchester encore assez polyvalent jusqu’au chevreuil, mais employé avec  les plus petites balles du secteur comme la Nosler Ballistic tip (69 grains ou 4,5 grammes). Même principe pour le 22-250, ou le 222 Remington où on reste précis jusqu’à 250 m avec des balles de 55 grains. Est aussi apprécié un calibre un peu oublié chez nous (2) le 220 Swift avec une petite balle de 40 grains, mais très tendue et rapide autour de 1000 m/s. Les nouveaux tout petits calibres genre 17 HMR restent minoritaires notamment à cause du vent qui joue beaucoup sur ces petites munitions. On cherche aussi les balles qui fragmentent le plus pour éviter les ricochets  sur les surfaces gelées. Le record, la vidéo, est facile à trouver sur le Net (http://www.youtube.com/watch?v=CvssYmapeSU) est de 1050 yards (960 mètres)  avec du 7 R Magnum qui est une sorte de 7X64 « musclé » : à 200 m. on dépasse toujours les 700 m/s et une énergie encore considérable de plus de 2500 Joules. Inutile de dire que le coyote tiré (il pourchassait des daims, mais s’était assis pour se reposer, ce qui a facilité les choses pour le chasseur) est resté sur place…Ci-contre à dr. les calibres dont nous parlons ici comparés, tout à droite au 300 WM qui fait autorité pour le tir en battue, notamment avec les semi-autos genre BAR : de g. à dr. 222 R, 22-250, 243 W, 7,08 et 270 Winchester premier des calibres « moyens » pour (à peu près…) tout faire.

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Le coyote obéit aux mêmes polémiques que chez nous pour le renard car il régule en milieu naturel mulots et rongeurs, mais vient aussi sur les brisées des chasseurs du fait de sa prédation sur les faons de chevreuils ou les ratons-laveurs. Et comme il met de plus en plus souvent les pieds en ville du fait de l’attrait des poubelles, (et des irresponsables « amis des bêtes » qui les nourrissent ) il fait place nette des chats errants…et domestiques, voire s’enhardissant jusqu’à mordre les gens qui veulent les chasser de leur potager ! (3)  Ayant affaire à peu près au double d’un renard autant y aller avec une bonne trique où en sortant de l’arrière du « pick-up » le « 12 gauge » (notre bon vieux douze, là-bas souvent  « à pompe ») chargé de la « Four Buck » une cartouche à chevrotines (21 ballettes) assortie d’un gros choke Carlson X Full. C’est la munition des spécialistes du coyote qui ne veulent pas le tirer à l’arme rayée, mais il en est aussi tué « à la rencontre » notamment au marais avec du 2-3 acier, sans doute d’assez près.

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Le tir à l’affût du coyote obéit à des règles assez similaires  à celle du renard , ce dernier réagissant peut être un peu plus rapidement, surtout en jeunes, car c’est un animal routinier qui a ses passages et qui se fie surtout à son ouïe et à son odorat. La neige, omniprésente à la saison de chasse est toujours un bon « livre aux ânes » pour se positionner, mais en ayant pris soin de beaucoup marcher à pied, et on retrouve les précautions à prendre avec notre renard : ne pas fumer, être à bon vent, ne pas claquer les portières. On n’appâte pas si on « call » c’est-à-dire si on se sert d’appeaux assez sophistiqués et de leurres de rongeurs en détresse, qui ont initié ceux qui commencent à arriver chez nous. Ceux qui appâtent le font à bon vent et loin des pistes pour qu’il n’y ait pas association d’idée avec le danger et des astuces inconnues chez nous dans le froid comme en priorité cochon et poulet…gelant moins facilement que le bœuf ou l’agneau !

Pour le tireur, le principal ennemi reste le vent qui complique les trajectoires, soulève la poudreuse, mais rend aussi l’animal nerveux. Des forums, il ressort que l’on joue plus avec les poids de balles qu’avec les télescopes car le  tir se fait rarement au-delà de 200 m. et nous sommes donc là, en pays de connaissances. Comme il s’agit d’armes dédiées pouvant éventuellement « monter » au chevreuil, il s’agit le plus souvent de lunettes bas de gamme donc le grossissement n’excède pas X10, les tourelles   peu fiables dans ces niveaux de prix restant inutilisées sinon pour le réglage de base. En fait, si on regarde bien, c’est un peu l’attitude qui prévaut actuellement pour celui qui voudrait débuter le tir d’été du renard : un calibre plus polyvalent que le 222, (243, mais surtout 270 qui ouvre aussi les portes de la battue) et une lunette basique bien suffisante à la DRO ou distance de réglage optimum qui avoisine les portées utiles de tir, soit autour de 150-200 m. Après, si on prend goût au truc du tir précis à l’arme rayée, rien n’empêche de monter en gamme, pour l’arme bien sûr, mais aussi les optiques.

1/ Au Canada il faut compter un peu moins de 100 euros pour faire tanner une peau. On les récupère en fin de saison, les mégisseries les traitant le plus souvent toutes en même temps.

2/ Il n’y a plus qu’une demi-douzaine de chargements disponibles en France, chez Hornady, Norma, Winchester, Remington, autour de 50 grains (3,24 grammes).

3/ En 2017 on note sept cas de morsures rien que sur la seule ville de Montréal. Toutes les infos de ce petit sujet proviennent d'un "épluchage" attentif des sites US et canadiens sur la question.