Il ne s’agit pas du dernier avatar du calendrier chinois, mais d’un hiver qui, dans notre région, sera à marquer d’une pierre blanche : celui de la banalisation du sanglier dans une région de Bocage où il était certes présent, mais de passage, et prélevé seulement occasionnellement.

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Cet hiver il en a été pris partout, parfois même de façon inopinée, à des corvées de déterrage par exemple, et un canton voisin a même été occupé deux mois, par au moins trois compagnies en même temps, soit une cinquantaine d’animaux. L’auteur fut dans les gelées de fin de saison, d’une de ces  battues où il en fut levé trente de toutes tailles, gros pépères avoisinant le quintal,  bêtes noires et rousses, et même marcassins en livrée, à la traîne peinant à suivre la troupe !

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Grâce à la recrudescence du chevreuil voici une bonne quinzaine d’années, par bonheur, nos associations de chasse ont acquis une pratique des battues collectives qui s’est affinée au fil des années, mais il est vrai, encore peu coutumière du tir à balles dans les fusils lisses. La boite de « brénèques » traînait des années au fond du paletot, et comme d’autres l’auteur conserve pieusement comme des reliques des munitions héritées d’un aïeul…décédé en 1979 et qu’il avait sans doute trimballé pas mal de temps un peu partout avec lui bien loin d'ici, dans les Dombes  ! Comme ce site est assez orienté « matériel », il n’est pas rare qu’on nous demande quelques éclairages sur le sujet, d’ailleurs déjà abordé ici, celui de la « balle franche ». L’offre du marché s’est fortement élargie, certes pas encore au point de ce que l’on constate dans l’arme rayée mais le choix peut  néanmoins laisser perplexe. Surtout qu’on ne tirera plus une balle par ci par là, mais plusieurs tout au long de la saison,  dans une nouvelle population de chasseurs, celle de retraités disponibles rapidement face à la présence volatile de l’animal, sans doute via le jeu des invitations, par-dessus même les anciens clivages communaux. Les dégâts agricoles (1) prévisibles aidant, la « pression » sur les sociétés, notamment les petites où il y a peu de monde obligera à se débarrasser des clivages anciens et des haines recuites de borduriers sans cesse en bisbilles. Ce mouvement disons « transversal » de chasseurs passionnés de la chasse aux chiens courants existe d’ailleurs déjà,  notamment autour des lieutenants de louveterie, et ne pourra que s’amplifier.

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Pour en revenir aux choix des munitions, il existera toujours une population de chasseurs anciens fidèles à une arme qu’ils connaissent bien, un juxtaposé ou superposé standard qui leur sert toute la saison et fidèles à la Brenneke…mais qui n’est plus tout à fait celle, immuable du temps du célèbre catalogue de  la Manu. La fameuse balle est maintenant mise à toutes les sauces (voir ci-dessus à dr.) et il importe, là encore, de faire quelques tirs à la cible avant car il n’est pas sûr qu’avec un fusil choké classiquement demi-full , toutes passent comme dans du beurre et surtout de manière identique pour aller droit au but. L’idéal serait d’avoir un fusil dédié battue, par exemple un semi-auto avec point rouge assez long de canon (70 et plus pour bien guider ces sortes de volants de badminton), en lisse ou légèrement choké pour bien porter les nouvelles balles techniques apparues sur le marché dans les années 90. La plus connue est la balle-flèche, petite merveille de technologie, avec ses deux demi-coques (ci-contre à g.) qui la font passer dans tous les canons, et son empennage en plastique. Elle est d’une grande précision, et loin (elle règle à 90 m !), mais son vol long peut la rendre dangereuse.

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Autre joyau armurier, la balle FIER 28 est un peu moins connue elle aussi issue de la technologie du maintien de l’ordre pour percer blocs moteurs, pneus ou jantes. Entièrement ensabotée dans une gangue plastique, elle passe partout, elle est plus lourde et perce mieux : tout le projectile plastique pointu arrive en force sur la peau y abandonnant un premier gros choc hydrostatique, puis libère une ogive en deux morceaux, une pointe en laiton indéformable qui casse les os et fraye un passage à une masse marteau-coulissante de plomb en expansion. Tombant plus vite (chute à 300m sur un tir à 45°) elle est plus sécuritaire et réputée ricocher moins. Il existe même un modèle 24 à pointe en alu qui chute encore plus vite  (150 m) pour utilisation en zone péri-urbaine. C’est, à notre avis, la balle dont devraient se doter toutes les sociétés pour les proposer à leurs adhérents (qui bien sûr l’utiliseront…ou pas !), pour faire au moins montre  d’une préoccupation sécuritaire qui sera reconnue par les tribunaux en cas de problème (2). Autres balles nouvelles qui pourront séduire les amateurs de Brenneke, mais qui sont très précises et passent partout les ensabotées Prévôt et Rubin Sabot. Ce sont des Brennekes de 16 dans une gangue plastique qui les fait passer facile dans les fusils 12. Voir ci-dessous à dr. 

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Et dans les nouveaux canons rayés ? Chez nous il s’agit de rayures non dispersantes qui n’auront pas d’influence sur les balles évoquées plus haut. Par contre sur les fusils d’importation (semi-autos Winchester, Remington par exemple), les rayures profondes et au pas différent nécessitent des balles américaines spéciales, horriblement chères, mais ultra-performantes, des « slugs » issue des anciennes balles Foster, mais très rapides (autour de 600 m/s) et précises jusqu’à 100 m ou plus. On n’est pas loin de l’efficacité des carabines en utilisant d’ailleurs les mêmes lunettes de battue.

1/ Dans notre région, la mise à sec  puis la disparition des barrages de Vezins  qui s’annonce dans la décennie qui vient, va encore compliquer la donne. Ils offraient  depuis cent ans, un long obstacle naturel d’une vingtaine de Kms de long (en gros entre St-Hilaire et Ducey) séparant nos deux régions Normandie-Bretagne. Ce qui  va accélérer les allées et venues d’animaux encore plus « bougés » par les chasseurs au fil du temps.

2/ Ces derniers tiendront toujours compte de « l’intention » de la personne morale ou civile en cause. Il en va de même pour  la « home défense » sujet quasi inabordable en France, mais où, quitte à penser se prémunir un jour contre les rôdeurs et autres malfaisants qui sévissent tant à la ville qu’à la campagne, vaut mieux charger son vieux douze avec de la non-létale genre « Gomm’Cogne » qu’avec  de la chevrotine 9 grains…