Les armes c’est un peu comme pour les autos, il en faut pour tous les goûts et couleurs, et on vient de le voir dans notre dernier post, l’attrait… de la vitesse peut aussi jouer pour beaucoup n’est-ce-pas ? Et de ce côté l’aspect « dragster » de certaines munitions ne date pas d’aujourd’hui : toutes celles dont nous allons parler ici étant…supersoniques !

220 Swift

 

Les lois de la physique et de la balistique se rejoignant souven, il n’est pas étonnant de constater qu’on a le plus souvent fait appel, dès qu’on dépasse les 1000 m/s a des petits calibres, la voie ayant été ouverte en 1935 par le 220 Swift (ci-contre à g.) calibre très tendu, rapide (1165 m/s) dans des carabines à verrou souvent de belle facture en occasion. Il tire une balle de 50 grains (3,24 g) guère plus grosse qu’une balle de 22 LR donc (40 grains le plus souvent) ou de 60 qui réduit un peu sa vitesse. Ancien, il est utilisable pour renard, ragondins, chevreuils à l’affût. Il conserve en effet toujours plus de 1500 joules à 100m.

Dans le même esprit et à la même époque, le 22-250 Remington fut une extrapolation du 250 Savage fruit du travail de Charles Newton en 1915 et une vitesse déjà très rapide pour l’époque de 910m/s pour une balle de 87 grains (5,6 grammes) assez proche du 257 Roberts. Dans les années vingt pour les militaires, le calibre 25 (quart de pouce) jouait sur le compromis entre vitesse et trajectoire plate avec suffisamment d’énergie sans que le recul soit rédhibitoire pour la recrue lambda. Le 22-250 correspondait à ce type de munition : petit calibre de 5,5 mm, plus de 1100 m/s et une énergie à 100 m de 1500 joules parfait pour réguler tous les prédateurs jusqu’au renard. Il a surpassé le 250 Savage parce que son angle d’épaulement allongeait la durée de vie des canons et améliorait les performances avec des charges plus variées. On recense en effet une cinquantaine de chargements encore actuellement disponibles en France. Ce qui n’est pas si mal pour un calibre d’avant-guerre et démontre la permanence de son efficacité sur le terrain. Si vous en voyez passer une à pas cher n’hésitez pas elle fera aussi bien sinon mieux que le 222, mais sans doute sur une plus jolie bécane…

ool

Malgré les conflits qui s’ensuivirent, l’intérêt principalement causé par que qui se passe aux USA en matière de chasse, d’armes et de tir, notamment longue distance n’a jamais faibli sur ces petits calibres rapides illustré par le succès de la firme Wheatherby (1) qui travailla continuellement, dès 1945, sur l’hypervélocité. Elle sortir ainsi en 1963 le 224 Wh mag aux performances similaires au 22-250 mais sans être aussi populaire car moins répandu et plus cher. Le 17 Remington un peu plus tard (1971) fut une des rares cartouches où le poids de la balle était inférieur à la charge en poudre et mis à disposition du populaire modèle 700 de la marque. La vitesse était bien là (1256 m/s), mais la petite balle de 20 grains (la moitié d’une 22 LR !) au faible coefficient balistique limitait sa portée. Le 17 Remington Fireball, bien plus tard (2007) profita des bonds technologiques des poudres pour obvier notamment à l’usure prématurée des canons et des performances meilleures pour le tir des nuisibles car il y a encore plus de 400 joules à 200 m., largement de quoi renverser les chiens de prairie et de nos jours dans nos humides contrées…le ragondin !

imjjs

Pour les chasseurs souhaitant tirer précis et encore plus loin, et surtout plus gros, les USA ne manquent pas d’artisans motivés, et un passionné, John Lazzeroni, à partir des années 90, plancha sur une balle de cal 6,53 et là, bien plus grosse, à partir de 100 grains capable de filer à 1136m/s et 4000 joules à la bouche ! Cette « Scramjet » conçue en 1996 s’adressait aux gens qui rechargent, puis par la marque, mais de manière assez confidentielle car assez onéreuses…de 8 à 9 dollars la cartouche ! Mais il y avait sans doute là un créneau pour que les grandes marques s’y mettent avec en 2003 la sortie concomitante du 204 Ruger et surtout du 223 Winchester super short magnum. Les deux à partir du 222 Remington qui donnait, depuis 1950 toute satisfaction aux chasseurs en gros jusqu’au chevreuil, et surtout une bonne base de réflexion aux industriels. Ruger entendait combler l’écart entre les « minus» genre  220 Swift (ou plus récent 17 HMR) et les plus gros varminters tout en restant performant avec moins de recul et d’usure des canons.

150px-223_WSSM_Hdy_75

C’est bien d’ailleurs cet obstacle récurrent dès qu’on se frotte aux hautes vitesses que rencontra à son tour le 223 WSSM co-développé par Winchester et Browning pour sortir le 223 Winchester Super Short Magnum, si caractéristique avec sa forme de jolie petite bouteille (ci-contre à dr.). On utilisa un boîtier raccourci de 300 WM pour l’adapter aux balles plus petites avec des performances formidables en matière de rapidité (1040m/s) et de puissance (autour de 2000 joules à 100 m et encore 1500 à 200), mais sa réputation d’usure des canons a réduit sa diffusion tant en nombre d’armes que de chargements proposés.

1/ Voir sur l’historique de cette célèbre marque américaine notre archive du 21 mars 2018.