La recherche de l’arme universelle ne date pas d’aujourd’hui avec les armes combinées (drillings, etc.) ou de base, mais pouvant accepter des calibres plus faibles…ou plus forts. Les chasseurs, en cela n’ont fait que singer les militaires confrontés à un autre dilemme : tirer des cartouches plus petites et économiques, notamment en vue de l’entraînement des recrues dans un fusil de gros calibre.

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Les premiers concernés furent les Britanniques qui,  en 1866, ont remplacé le Martini-Henry par le Snyder auquel on adjoint un adaptateur en 22. Pour les chasseurs, Stevens en 1901 fabriqua pour ses calibres 10-12-16 une coque Elterich en laiton qui permettait de tirer des cartouches à percussion centrale des armes de poing en vogue à ce moment : 25-20 Winchester, 32 Smith and Wesson, 38 Special. Son concurrent le plus sérieux fut la cartouche Brayton qui contenait son propre percuteur pour tirer un calibre plus à même d’intéresser les chasseurs, le 300 Savage.

C’est dans les années trente, difficiles économiquement que le marché autre que militaire (1) s’ouvrit un peu plus pour ces accessoires un peu oubliés de nos jours sinon quelques chasseurs de petit gibier, ou les gardes et le piégeage. Ils furent de deux types : canons d’insertion comme le fit rapidement Browning pour son superposé permettant de passer du 12 au 410, ou cartouches auxiliaires. Celles-ci pouvaient offrir des dizaines de calibres, la plupart en 22 LR et adoptées aux USA par de nombreuses milices d’Etat pour l’entraînement à moindre coût au tir.

Pour les fusils de chasse, le système Armax (1956) fut le plus novateur car pouvant même être adapté aux « automatiques », mais bien sûr, ne tirer qu’une cartouche, la puissance n’étant pas assez forte pour relancer le cycle. Il s’agissait d’un cylindre en acier au dimension d’une cartouche de douze, percé de manière excentrée pour que le percuteur frappe le bord de la petite cartouche de 22. Malgré les joints de caoutchouc, si le centrage n’était pas bien assuré, la précision s’en ressentait. L’Allemand Rekord, dans le même genre y pallia en guidant mieux le corps d’insertion, mais il s’agissait encore d’une sorte de cartouche auxiliaire.

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Pour les chasseurs, les canons d’insertion offraient plus de garanties de puissance et de précision. Ils étaient connus depuis 1880 chez Browning et adaptaient les 10 et 12 jusqu’à un gros calibre comme le 45-70 gvt. (2). Certains courts comme ceux fabriqués par Parker-Hale, Savage, mesurant 16 pouces (autour de 40cm) pouvaient même être transportés dans la poche. En 1964 la société Alcan (Illinois), cette fois pour l’entraînement exclusif au calibre 45 et au tir à blanc, mit au point un adaptateur pour les fusils de chasse de calibres courants à l’exception des pompes et semi-autos et des cartouches à plomb. Les technologies nouvelles dans les années 80 (métallurgie et plastiques) ont encore fait avancer la donne, notamment pour les survivalistes à la recherche d’une solution universelle qu’il s’agisse de la chasse ou de la défense.

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Il n’est que de se promener sur le Net pour constater combien il existe désormais de solutions pour tirer à peu près tout, à partir d’un fusil de chasse, mais en ce qui nous concerne plutôt dans deux catégories de calibres : ceux dits « de jardin » (9,12,14 mm), ou ceux de chasse légers (410, 24, 28). Dans tous les cas, ils seront inférieurs aux armes du calibre nominal, une gerbe de 15 à 16 grammes de plomb déjà très clairsemée dans un canon de 70 cm ne pouvant guère s’améliorer dans des tubes internes réduits à une quarantaine de centimétres. Bien sûr ils ne sont pas prévus pour les semi-autos, et il faudra se méfier de la qualité de l’usinages dont les cotes (celles de Pékin le plus souvent) ne sont pas toujours aussi rigoureuses que celles de Liège ou de St-Etienne…Vibrations et chocs répétés, si tout ça n’est pas raccord, ne feront guère de bien à votre joli superposé des fois que vous le trouveriez un peu trop hard pour tirer les grives ! Justement, à qui ces petits accessoires peuvent-ils s’adresser ? Tir de près ? On peut penser en premier lieu aux piégeurs, mais aussi à la hutte, ou certaines passées au très petit gibier ? Des préoccupations que l’on va retrouver dans notre prochain sujet qui sera consacré aux cartouches…silencieuses !

1/ Les Anglais (tout comme la France dans son 7,5MAS) ont tiré du 22 dans leur 303 British, et même du 4mm pour la mitrailleuse Vickers. L’Allemagne une balle légère d’entraînement sur leur 8X57, et les Américains pendant la dernière guerre de modèles de 22 LR dont un avec un petit barillet à chambre flottante (du genre carabine US M1) pour la mitrailleuse Browning.

2/Après-guerre on a vu des adaptateurs permettant à partir d’un 12 du commerce, tirer du 9,3X74 R qui est le plus gros calibre des express sous nos latitudes ! La précision n’était pas aussi bien garantie…que le recul !