22 L.R. et tir "légal" ou "moral" du renard ?
C’est un peu le privilège du recul de l’âge, historiquement le 22 LR a probablement régulé plus de renards que tout autre calibre, mais proies des réseaux sociaux, beaucoup de chasseurs font maintenant la moue. Pas illégal, mais pas non plus conseillé ou recommandé, la différence entre les orientations est peu palpable. Pour ceux qui prônent le « retour à la terre » du petit calibre, la question peut se poser, sans être prête de se trouver un jour résolue…
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Avec le Simplex et quelques carabines dites « de jardin » il était la pierre angulaire du râtelier des armes à feu domestiques au moment où le « tarif album » de la Manu entrait dans tous les foyers. C’était, parmi tant d’autres, un des outils de la vie rurale pour l’abattage du petit bétail, la lutte contre les innombrables ennemis des cultures et du poulailler, les pillards du potager dont certains comme les garennes pouvaient aller au pot, en gibelottes ou en ragouts. Les « puants » (belettes, fouines, martres) qu’on piégeait s’administraient au « short » ou à la bosquette, et il n’y avait pas plus d’accidents pour autant.
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La plupart des percussions annulaires sont libellées « vermine », mais le renard relève-t-il de cette rubrique ? Cette réflexion sur la manière dont on vient à posséder une arme de ce calibre 22 et l’intérêt que l’on y porte par exemple quand on en hérite, peut se poser, particulièrement pour un chasseur. C’est en effet une cible d’opportunité qui se présent à l’improviste lorsqu’on est sur autre chose, et si la question d’éthique se pose « vers le bas », personne ne semble trop s’en soucier « vers le haut » ni l’utilisation à son encontre, de calibres qui peuvent paraître excessifs dans certaines zones. Sans même créer un « accident », le gros « boum » d’un 300 Winchester Magnum pour une aussi petite cible peut susciter un « incident » dont il faudra se justifier pour cet animal, autre mascotte avec le loup, de nos implacables adversaires.
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En 2004, le Hunting Act britannique a interdit purement et simplement sa chasse avec des chiens, pour son aspect « divertissement » argument qui est proche de ceux des anti corrida. Dans nos campagnes on respecte autant sinon plus la condition animale, mais autrement que le milieu urbain actuel qui se mêle de tout. L’argument de la Tradition souvent employé doit s’effacer devant celui de la lutte antiparasitaire qui est évident. Il était défendu par les chasseurs autour de calibres comme le 22 Hornet (1) bien oublié et largement sous-estimé qui faisait tout, du lapin au chevreuil. Les chasses d’approche-affût estivales relancent pudiquement l’affaire sans trop insister sur l’aspect renard (2) pour les raisons énoncées plus haut.
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Malgré tout, il faut être clair, le 22 LR en 1950 était le choix immédiat pour le contrôle subtil, entre discrétion et efficacité du renard, qui n’est pas un gros animal. Tout dépendait du placement, de la discipline du tireur sur une portée raisonnable de 30 mètres comme les ragondins. Tir tête-cou ou poitrine en latéral assurait l’affaire, certains spécialistes montaient au 22 Magnum (3), et les gardes particuliers aux feux centraux 22-250 et 222 Remington. Il n’est même pas sûr que le récent 17 HMR (2003) avec sa petite balle de 20 grains fasse aussi bien sinon toujours grâce aux tirs de tête. Le gros changement c’est, qu’à l’heure actuelle, les agriculteurs-chasseurs ont depuis plus de 20 ans déserté les dianes communales et n’ont plus le temps de s’occuper de tout ça.
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C’est dans leurs rangs que se recrutaient la chasse sous terre, la lutte contre les ravageurs avec tout cette petite quincaillerie dont leurs enfants ne savent que faire, sinon les céder aux chasseurs auxquels ils doivent faire appel pour tout : corvidés, étourneaux, ragondins, pigeons de stabulations, et puis surtout sanglier, et bientôt sans doute le loup qui fera l’objet d’un combat acharné car autre emblème des ennemis de la vie rurale. Le renard n’est pas un « nuisible », il est respecté des chasseurs, mais il est une « nuisance » évidente, même pour les écolos « Brexiters » qui peuplent nos écarts du Bocage, fulminant avec des trémolos dans la voix contre la chasse de la « Foxy Lady »…et qui viennent nous voir tout penauds quelques mois plus tard, quand la dame rousse s’est frayé un chemin dans l’enclos où il ne reste plus que quelques plumes éparses ! Les élections européennes qui approchent, vont nous permettre d’affuter, sinon de faire le bon choix « légal » de calibre, celui du bulletin à glisser dans l’urne…
1/ Voir archive du 3novembre 2017.
2/ Voir archive du 27 juin 2016.
3/ Voir archive du 12 novembre 2021.