22 L.R. : propre comme un sou neuf !
L’importance de l’entretien varie selon chacun, mais sans passer par la méticulosité nécessaire et impérative des compétiteurs (1) on peut y trouver l’occasion d’un hobby sympa, et de la même manière qu’avec le « deux-coups » passé à la lingette on continue de chasser, avec le 22 LR on tire encore plus ou moins quand on manie, c’est ici le cas de le dire, ses « vieilles tiges »…
/image%2F0404899%2F20240514%2Fob_7b87fe_une.jpg)
La lubrification (2) du petit calibre inventé en 1887 d’abord à la poudre noire, ne fut pas résolue d’un coup avec la PSF, et dès les années vingt, l’aspect « kleanbore » de cartouches « propres » devint un argument publicitaire évident. La percussion annulaire possède des spécificités incontournables dont, en premier lieu l’amorce fine et complexe à répartir uniformément dans le pourtour du talon d’un minuscule étui. Il y a encore de nos jours des spéculations sans fin sur sa composition aux formules secrètes jalousement gardées. Ce n’est pas de la poudre qui se consume, mais un explosif contenant un mix de produits chimiques (nitrate de baryum, sulfure d’antimoine, styphnate de plomb), mais surtout du silice ou verre finement broyé pour la friction d’allumage, et donc fortement abrasif. La manipulation en est difficile, tout coup sec à l’impact peut provoquer explosion, c’est pourquoi tous les procédés de fabrication sont top secret, et qu’on n’a jamais vu la vente d’étuis pré amorcés dans le commerce.
/image%2F0404899%2F20240514%2Fob_e2e671_deux.jpg)
Le tir amène aussi une oxydation déjà ambiante, mais également sous-produit de la combustion (c’est la « fumée » qui est de la vapeur d’eau) et se dépose dans les pores du métal, mais en se combinant aussi avec le mélange hygroscopique lié à l’encrassement : un peu de plomb, imbrûlés de poudre (3), résidus de cire fondue, et le fameux « anneau de carbone ». Il est particulièrement redouté des sportifs qui tirent à fort volume car il nuit à la précision. Il se dépose dans la partie avant de la chambre, là où s’effectue la transition de la prise de rayures et sont enregistrées les pointes de température et de pression.
/image%2F0404899%2F20240514%2Fob_b27015_91q0plduu4l-ac-uf1000-1000-ql80.jpg)
Ce mélange de carbone, de résidus d’amorçage, de plomb vaporisé refroidit illico et commence à adhérer, s’empilant en strates qui, à la fin, finiront par toucher la balle et la ralentir (d’où imprécision) voire pire : durcir la fermeture du verrou et d’autres risques d’étui gonflé ou se rompant. L’action peut être endommagée, les gaz chauds s’échapper par le bas, la fenêtre d’éjection ou l’arrière, voire pire, en plein dans la figure du tireur ! Evidemment ce dépôt s’amplifie si le « saut » dans la chambre est plus large avec les « short » ou les « bosquettes ». Malgré la publicité des sixties où tous nos vieux merrains étaient censés tout avaler, (et on l’a tous fait), tirez plutôt des « zimmer » quasi sans poudre, ou des subsoniques, en fait, tout ce qui est à pleine longueur d’étui pour la chambre 22 !
/image%2F0404899%2F20240514%2Fob_a4e9db_hqdefault.jpg)
Pour notre simple usage « domestique » ou « rural », de tir occasionnel, pas besoin de rituel sophistiqué, il faut juste un peu plus de doigté que pour notre calibre douze : sacrifier aux mesures de sécurité habituelles, observer le verrou et sa face percuteur-extracteur en résistant à la tentation de se débarrasser de l’accumulation de saletés avec la pointe d’un tournevis, un cure-dent ou un coton-tige imbibé de solvant feront plutôt l’affaire. Après, privilégier les vieilles tiges si possible monobloc, de l’arrière (culasse) vers l’avant (bouche) en tournant et y allant mollo pour ne pas endommager la chambre ni la couronne du canon ni envoyer la crasse dans l’action. On laissera les guides-tiges aux sportifs et le choix à chacun d’employer les boucles à patches qu’on enfile comme dans le chas d’une aiguille, les brosses en bronze ou en nylon, les vieilles « vadrouilles » de fibre qui absorbent solvants et impuretés, mais qui sont tout autant repoussantes une fois sales et ébouriffées en 22 Long Rifle qu’avec le « deux coups » !
/image%2F0404899%2F20240514%2Fob_caa681_s-l1600.jpg)
Les « snakes » à tirer vers soi se sont généralisés et devenus populaires pour les semi-automatiques de tout genre dont l’accès est difficile par l’arrière de l’action, le seul défaut en percussion annulaire restant de bien les nettoyer après emploi, pour ne pas ramener plein de débris dans le canon à la séance suivante. Tout ce petit bric-à-brac s’entasse comme les petits soldats à la parade dans un coin bien particulier de la salle d’armes car au fil du temps et du départ de copains vers les prairies du bon St-Hubert, il y en a pour tous les calibres, et les fioles colorées de produits qui vont avec. Il y a là-dedans comme une alignée de brosses à dents, aspect « sanitaire » et pharmacie genre « haleine fraîche et mentholée » qui sied bien à notre petit arsenal !
/image%2F0404899%2F20240514%2Fob_0e9dc5_fin.jpg)
1 / Aux traditionnelles compétitions FFT s’ajoutent désormais les longue distance (Bench-rest), mais aussi PRS et silhouettes.
2/ Voir archive du 24 avril 2021 ;
3/ Inégalement répartie dans le long étui qui contenait au début une quantité plus importante de poudre noire, la PSF s’y « promène » beaucoup et s’y dépose la plupart du temps à « six heures » d’où l’importance d’une percussion sans faille sur toute la périphérie de l’étui.