Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
FCM 25.00
Publicité
29 mai 2024

"30" et limites du recul acceptable ?

Le gibier n’a pas autant d’influence sur le calibre qu’on ne le pense, 90% de chasseurs se suffisent de calibres « normaux », et plus le but est gros et résistant, plus la conception de la balle et le placement sont importants. Or l’influence des « armuriers-vendeurs » est tellement importante qu’en vertu de l’adage « qui peut le plus peut le moins », on trouve pléthore en battue de semi-autos en 300 Winchester Magnum, largement « overkill » pour sanglier de moins d’un demi-quintal.

Finn Aagard (1) avait découvert qu’un tiers seulement des clients des safaris qu’il guidait étaient capables de tirer avec divers magnums dépassant le calibre « 30 » avec suffisamment de précision pour prélever le grand gibier de manière cohérente, défiait quiconque de dire avec quelle munition il avait tué une pièce à sa seule réaction au tir s’étonnait aussi « pourquoi les hommes ne peuvent pas tirer avec le même résultat les mêmes cartouches qu’utilisent les femmes et les enfants ? » Ces derniers jeunes et débutants, comme le relevait aussi Ross Seyfried  (2) « ne devraient pas être exposés à des cartouches violentes car le recul important rend la précision plus difficile à n’importe qui ».

Un constat facile : comment arrêter un animal en étant tendu de partout pour empêcher que l’arme vous saute des mains et les yeux fermés dans l’attente de la ruade et du souffle rugissant qui s’ensuit ? La mode actuelle des fusils légers devrait inciter à plus réfléchir avant de se décider à franchir le pas de l’armurerie nanti des seuls conseils du voisin de poste de ne pas passer pour une mauviette, au risque avec à l’épaule un de ces monstres ferrés, plutôt que d’atteindre la cible, se faire dégager à tous coups les sinus ! Tout chasseur avant la saison est théoriquement tenu de vérifier sa précision en adéquation avec la taille générale du gibier qui hante les parages. J.O’Connor (3) l’avait constaté « je suis étonné de la rapidité avec laquelle les gens se décident sur la base de peu ou pas de preuves » et à son époque déjà 90% des chasseurs utilisaient des calibres trop lourds pour ce qu’ils en font sur le terrain.

Il semble en effet idiot côté venaison de tirer une bête rousse à 25 mètres au 300 Winchester Magnum et en plus de se compliquer la tâche car tirer juste du magnum dans une carabine légère n’est pas à la portée de tout le monde, chaque petite incohérence étant accentuée. Anticiper le recul détruit mentalement toute forme de tir et les sept étapes ordonnées (4) sont plongées dans le chaos et on se bat tout seul déjà avant d’avoir tiré. Dans la montée d’adrénaline de la menée qui se rapproche, il ne faut pas broncher : l’arme se déplacera vers la partie faible de la position. Si on serre la main forte on « tord » la poignée, la pression ne sera pas droite sur la détente, et si on pousse trop la main faible (gauche pour un droitier) vers l’épaule trop en avant pour anticiper la ruade on ratera à gauche.

La configuration générale de l’arme et bien sûr de la crosse joue son rôle : plaque de couche trop mince, trop de pente ou de « pitch », manque de dégagement oculaire du fait du tir au banc qui n’est pas représentatif de celui dans le feu de l’action : comment tout bien faire avec un œil au beurre noir comme après un direct de Mike Tyson, le regard flou de l’explosion et du coup de pied de mule, où la seconde chance au tir est mince ou nulle ? L’argument de tirer « gros » pour le calibre (5) date des années 50 qui n’avaient pas les munitions actuelles où la conception de la balle est plus importante que sa taille. Bientôt centenaire (en 2025) le 270 Winchester qui est un « petit » 7 mm (7,04 face à l’européen 7,21) déjà universel en visée « fer » avec sa balle de 130 grains est maintenant largement bonifié avec les scopes HQ et une balle qui monte à 150 grains, un peu moins rapide mais de conception « premium ».

Son chantre J.O’Connor dans « Gun Digest » disait du 7X57 voisin « léger recul associé à excellente précision, ceux qui l’utilisent n’en ont pas peur et ont tendance à bien tirer et placer leur tir ». Et Ross Seyfried de conclure « on frappe précisément avec un fusil doux à l’épaule et les balles actuelles font le boulot, la modération en tout est de bon conseil, mais surtout tirez, tirez, tirez » !

1/ Voir archive du 2 avril 2021.

2/ Voir archive du 21 janvier 2021.

3/ Voir archive du 28 décembre 2018 .

4/ Primo être détendu : inspirer, expirer, appliquer ses critères de contrôle ; 2/ encaisser le recul et visée perdue un moment à cause du mouvement de l’arme ; 3/ retour de recul ; 4/ retour d’image et observation d’impact ; 5/ prise d’info « j’ai touché ? Où ? Faut-il retirer, avec quelle correction, la cible s’est-elle rapprochée ou éloignée » ? ; 6/ rechambrer ; 7/ retour à étape 1.

5/ Classé en livres britanniques le recul acceptable pour les recrues en 1909 était de 15 quand le 30-06 Springfield est à 20. Les calibres légèrement inférieurs sont à 12 (6,5x55), 18 (le 308 à balle de 165 grains), 17 le 270 Winchester et sa balle classique de 130 grains, mais le 22 Long Rifle est à 0,2 et le 222 Remington à 3 ! Le poids de balle compte énormément, le 30-06 avec une balle de 125 grains, suffisante pour le whitetail, perd la moitié de son recul, et Remington fait des munitions « managed recoil » pour tous les calibres américains classiques jusqu’au 300 qui donne 26 lb. Parmi ceux qui « secouent » déjà chez nous le 9,3x62 donne 33, le 9,3 x74 R 34, le premier « africain » comme le 375 HH Magnum 37, le 404 Jeffery 41, le 416 Wheatherby Magnum 83 ! Mais tout est affaire de sensations subjectives :  en Afrique, un tireur dont par faiblesse mécanique le 600 Nitro Express vit tirer les deux canons en même temps encaissa 300 lb, ce qui ne l’empêcha pas de prélever le lendemain…

Publicité
Commentaires
FCM 25.00
Publicité
Archives
Publicité
Publicité
Publicité