Fusil dédié : quand il faut nourrir la bête !
Ce sera le dilemme : passer à la carabine ou sacrifier un lisse dont le chargement tubulaire (semi-auto ou pompe rayé) offre la plus grande capacité certes, mais aussi encombrement et transport et surtout son chargement lent, généralement plus rapide à reconstituer directement dans l’urgence par le port d’éjection. Le hic c’est que la cartouche de chasse est bien plus volumineuse que la percussion centrale, mais des solutions existent…
/image%2F0404899%2F20240507%2Fob_015251_un.jpg)
Si on n’a pas le temps de fouiller partout, de repasser à la voiture réapprovisionner le gilet, l’idée c’est de placer juste ce qu’il faut sur l’arme tout en restant léger, silencieux et souple pour se faufiler dans les bois alors qu’on est déjà chargé d’un certain nombre d’impedimenta : siège, trompe, couteau de chasse. Cette notion d’arme « toute prête » vient de la « home defense » US (1), mais aussi des professions liées à la proximité des animaux dangereux : fonctionnaires, cantonniers, forestiers, lignards. Tous ne sont pas forcément des chasseurs ni des gens habitués au maniement des armes et ils doivent réagir vite avec ce qui est le plus facile, le « shotty » (2) le plus souvent à pompe, car tout le monde n’a pas forcément le poignet assez solide pour tirer au revolver avec du 500 SW Magnum !
/image%2F0404899%2F20240507%2Fob_68f6e9_trois.jpg)
Les compétitions de tir « aux trois armes » ont perfectionné ce concept de munitions « embarquées » qui existe aussi dans le « tactical » d’inspiration militaire (3) où le brave troufion engoncé dans son gilet pare-balles, doit aussi jongler avec des pochettes, mousquetons et bricoles qui pendouillent et brinquebalent dans tous les sens. Le chasseur sans être contraint à de telles extrémités peut néanmoins tenter de trouver son bonheur dans ce bric à brac où nous allons éliminer d’entrée les « pouches », les sacs « banane », et même les bandoulières ces bretelles améliorées qui peuvent certes aider au transport de munitions au prix d’un fort balan mais dont les cartouches sont difficiles d’accès et se déplacent quand on bouge l’arme. En plus, elles sont le plus souvent interdites au poste, du moins une fois que le premier coup de trompe est donné.
/image%2F0404899%2F20240507%2Fob_0b53f5_quatre.jpg)
La plus courante aide, peu onéreuse, c’est la manchette-brassard (ci-dessus à dr.) simple réserve de 4-5 cartouches facilement amovible, mais difficile à stabiliser qui glisse à la longue et « rampe » vers la poignée à moins de l’immobiliser avec des dispositifs disgracieux genre bande auto adhérente Camoform. Le tissu extensible qui retient les cartouches tend aussi à se détendre à la longue au risque de perdre quelques éléments, et le surplus de poids sur la crosse peut modifier en bien (dans l’équilibre des fusils légers) ou en mal (alourdir des armes déjà pesantes) l’épaulement. Un phénomène que l’on va détailler un peu plus loin avec les « stock side saddles » ou selles latérales qui perfectionnent ce dispositif.
/image%2F0404899%2F20240507%2Fob_b2470b_cinq.jpg)
Les cassettes, (ci-dessus à g.) directement issues de la compétition "trois armes" et de l’utilisation « police »( car elles donnent le choix balles-chevrotines) permettent de charger par-dessous (en cas d’optique ou levier saillant), ou par-dessus, geste logique et intuitif (voir photo tout en bas de l'article) pour un droitier avec sa main faible (gauche) pour un pompe. De l’autre côté du boitier il existe aussi des clips « match saver » tenant une cartouche juste devant le port d’éjection pour les situations d’urgence. Les crosses synthétiques permettent aussi des aménagements « speed feed », soit un petit logement pour une balle à demeure, mais qu’il faut aller extirper de son logement, on l’imagine, avec des mains gantées. Pour la chasse, tous ces accessoires même s’ils se situent à peu près au point d’équilibre de l’arme, parfois la fragilisent si trop « souquées » sur les carcasses alu, mais gênent aussi dans la manipulation car situées à un endroit habituel de saisie pour le transport.
/image%2F0404899%2F20240507%2Fob_8bf4b7_six.jpg)
Venons-en maintenant au selles latérales (ci-contre à g.) dont nous avons équipé, pour voir, un semi-auto et un fusil à pompe. C’est une solution facile d’action et ergonomique qui améliore largement la manchette-brassard car les cartouches sont toujours aussi proches du port chargement-éjection avec une capacité d’emport forte, mais subjective. Le chasseur au saut du layon n’est en effet pas un policier accroupi et protégé derrière la voiture de patrouille qui doit riposter aux truands lors d’une fusillade ! Avec déjà sa capacité inhérente de 3, il faut peut-être tout juste rajouter 3+1 si survient une seconde compagnie, avant de changer de traque ? Dans ce petit « jouet » pour fusil de chasse, scratch et velcro sont aussi des baguettes magiques qui permettent de tout ajuster comme il faut pour ne pas que ça glisse ou que ça « bloblotte », les cartouches pouvant se placer dedans en réserve ou dehors prêtes à l’emploi, la pochette pouvant aussi contenir plein d’autres petites bricoles : canif, mini-lampe, etc. pouvant intéresser par exemple une chasse d'affût qui part pour la journée : palombe ou sauvagine.
/image%2F0404899%2F20240507%2Fob_9c3044_huit.jpg)
Après, on ne peut pas vraiment dire que la montée à l’épaule est véritablement la même. Il y aura toujours les préférences personnelles, aucune n’étant vraiment meilleure qu’une autre, avec déjà le poids et l’encombrement esquissé plus haut. Sur un fusil très léger c’est plutôt un atout, le velcro permettant de vraiment se calibrer pour équilibrer avec le poids du nombre de cartouches ce qu’il y a en magasin, jusqu’à quatre pour le fusil à pompe qui ne pèse que 2,7 kg à vide. On peut aussi jouer sur l’épaisseur, mais il y quelques incontournables : les gauchers sont d’entrée exclus de l’affaire, et le busc inclus avec son épaisseur amortissante appréciée par la joue, fait ipso facto monter la tête et « donner de la bande » comme on dit sur les pas de tir, mais dont il faudra tenir compte si débaroule tout à coup un beau ragot…
Le passionné de la battue peut voir dans toutes ces petites subtilités l’accès à une personnalisation qu’on voit seulement pour le moment du côté des carabines, et un management des munitions qui n’est plus celle de nos anciens qui baladaient la Brenneke durant des mois à tous les vents ou dans dans le paletot « au cas où », et qui s’étonnaient…dix ans plus tard qu’elles ne « pétaient » pas comme il l’auraient espéré. Il faut garder aussi présent à l’esprit que tous ces accessoires obéissent là où ils sont utilisés « sous pression » aux USA, des formations et un « drill » (entraînement) soutenus. Il suffit d’aller sur internet et de taper « quick reloading shotgun » pour s’en persuader !
1/ Concept mouvant selon les états de défense en cas d’invasion du domicile de l’utilisation d’armes plus ou moins facilement accessibles, et où les fusils de chasse sont le plus souvent plébiscités face aux armes de poing. Il existe pour ce faire une foule de séminaires, de formations spécialisées, de munitions au recul modéré, dispensées par des tas de spécialistes.
2/ Voir archive du 21 avril 2024.
3/ C’est pudiquement mis sous le boisseau en France où le fusil à pompe n’a pas bonne presse, mais il est largement employé par nos militaires et forces de l’ordre au plus haut niveau, et pas seulement pour l’ouverture de portes…