Sanglier : lisse ou..."amélioré" ?
Dans cette chasse addictive qui fait tant causer, tout le monde s’accorde à dire qu’il ne faut pas trop « serrer », mais vers le bas il y a encore du choix, et pourquoi le « lisse amélioré » (Improved Cylinder) a fini par faire son trou ? C’est à rechercher du côté des Nord-Américains où le débat est bien plus pointu que chez nous à cause des états où les carabines sont interdites au cerf de Virginie, l’arrivée des balles ensabotées, la compétition « 3 guns », et bien sûr comme chez nous, l’arrivée massive du sanglier.
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Là-bas, c’est depuis 1931 la balle Foster qui fait la loi, cette sorte de dé à coudre en plomb souple (1) qui se déforme à l’impact et avant tout dans le canon lequel, avant les seventies était un peu sous-dimensionné (.690 par rapport à l’alésage nominal de .725 à .729) pour passer dans tous les chokes, pas forcément égaux selon les marques. Pour la précision le « pied » de la balle sous la pression des gaz devait épouser au mieux les parois du canon et être guidé le plus longtemps possible et c’est ce qui explique les arguments un peu alambiqués trouvés sur les boîtes : « passe dans tous les chokes, mais c’est mieux en lisse amélioré »…
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Aux USA où la chasse au cerf de Virginie est la mesure de tout, dans les années 80, l’arrivée des balles « sabot » rebattit les cartes car avec un canon rayé (2) dans les états où elles étaient bannies on titillait les performances des carabines. Mais on entrait là dans un autre monde de canons chers, de « combos » (3) alourdis de scopes et de dots d’une solidité à toute épreuve (4), et une magie vaudou…où nos « armuriers vendeurs » hexagonaux ne sont pas près de rentrer, préférant vous faire monter directement sur des carabines où ils margent plus et ce, bien sûr avec des munitions « premium » ! Or, aux USA, il y a un peu comme chez nous, des traditionalistes qui veulent tirer le grand gibier avec ce qui leur sert d’habitude au chukar ou la gélinotte des bois, et puis est arrivé le « cochonglier » !
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Leur chance c’est que l’esprit est beaucoup plus ouvert dans le monde des armes via des compétitions comme le Cow Boy Shooting Action, ou le « 3 guns » qui fait évoluer des semi-automatiques à forte inspiration tactical-militaire ou defense du domicile, et au pays bien sûr des fabricants de chokes spéciaux (Briley, Carlson, Trulock etc.) où toutes les personnalisations sont possibles. Aux silhouettes métalliques on peut y tirer des « birdies » à grenaille, des « bucks » (chevrotines) et toutes sortes de balles. Il y a donc du retour d’expérience en petites manies « tips and tricks » de rechargement rapide dans des conditions qui ressemblent de plus en plus aux nôtres : courte portée, temps d’exposition de quelques secondes seulement où au prix de quelques petites modifications (5) le semi-automatique peut se montrer parfait.
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Comme chez nous, les spécialistes de la faune sauvage après les images spectaculaires de tirs de sangliers énormes du haut d’hélicoptères ou forcés par des molosses, préconisent de se concentrer sur les jeunes (6), et donc pas forcément opter pour la puissance. Sur des grandes compagnies abordées à 20 mètres, les tirs de suivi se font à 30 et 35 mètres, les « sluggers » basiques de 28 grammes font parfaitement le job sur des animaux d’une quarantaine de kilos, le faible recul facilitant le placement qui est bien différent de celui des cervidés. L’erreur commune étant de tirer « dans le tas » alors que les coups de tête-cou-colonne fonctionnent très bien, le cœur, bas derrière la patte gauche, étant plus difficile à atteindre. Sur les plus gros modèles, la balle Brenneke est une référence, un peu à la manière de nos balles techniques, même si sa technologie est ancienne (1898) et que son idée de départ était de donner aux chasseurs européens la capacité de s’attaquer à la bête noire avec une arme combinée, la plupart du temps en calibre seize.
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A 25 mètres n’importe quelle balle actuelle bien placée qui passe dans tous les chokes aplatira un porc moyen, mais faut savoir comment elle tire avec votre arme : il faut en essayer plusieurs sur la « minute » d’assiette en carton (23 centimètres, on a mesuré !) à 40 mètres, voir quelles sont les plus précises et ne plus rien changer. En général, les balles lourdes tabassent et vident le portefeuille, les rapides percent et peuvent s’affranchir de devancer le tir de « tiers avant », mais c’est pareil, après faut les garder. Si on a le choix, sans même parler des critères de sécurité qui ne sont pas les mêmes à l’arme rayée, à courte distance, on va naturellement là où on est à l’aise pour un placement précis et intuitif car avec la bête noire, il ne faut jamais baisser la garde. Elle est plus méchante, rapide et intelligente qu’on ne le pense, c’est notre « big five » du pauvre, et à nous le grizzly du Bocage !
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1/ La densité de section d’une Foster d’un once (28 grammes) est de .118 soit celle d’une balle d’arme de poing de 9 mm et 104 grains, à comparer au 45/70 Gvt (. 354) et balle de 235 grains, mais un plus gros trou pour le suivi au sang. En France la seule Foster notablement commercialisée reste la Winchester « Rackmaster ». Autour de 18-19 euros les 10. C’est une 12-67 de 32 grammes et 455 m/s à fort pouvoir d’expansion.
2/ Voir archive du 16 avril 2024 sur les canons Hastings qui firent un tabac aux Etats-Unis…alors qu’ils étaient fabriqués en France par Verney-Carron !
3/ Voir archive du 27 avril 2024 ;
4/ Ce qu’il faut pour du 375 HH Magnum ira pour un calibre 12, mais pas un scope ou point rouge chinois à 40 euros pour 22 Long Rifle. Sous l’effet répété des chocs du mécanisme et du recul, les composants internes s’affaiblissent, deviennent imprécis, ou tout bonnement arrêtent de fonctionner.
5/ Voir archives des 4 et 7 mai 2024.
6/ Nous n’en sommes pas encore là, mais dans certains états américains, le sanglier est passé de « nuisance » à « peste » passant d’une source de nourriture à l’autre en évinçant peu à peu toutes les autres espèces.