Tirs de charge ou d'arrêt ?
A moins d’aller se balader dans des pays exotiques et dangereux, nous ne sommes pas encore confrontés à ce genre de tir pour lequel peut-être, seul celui du sanglier au ferme semble se conformer quelque peu. Les approches, selon les animaux diffèrent, et les circonstances mettent parfois aux prises, non seulement des chasseurs a priori, par la force des choses, assez accoutumés au tir, mais aussi du grand public, randonneurs, amis de la Nature qui doivent y faire face, parfois au péril de leur vie.
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Pour l’Afrique, s'agissant du "big five", le chasseur sait à quoi il s’expose, là où une bonne organisation en théorie veille à tout, mais on peut toujours renconter des impondérables. Les félins sont plus faciles à arrêter, mais plus difficiles à ajuster correctement car de petite taille, rapides, et souvent lancés de très près. Les lions mâles non blessés chargent rarement, mais il faut s’éloigner des femelles suitées. Le léopard est redoutable car griffe, mord et lacère à toute vitesse. Paradoxalement on le verra aussi en Amérique du Nord plus loin, le bon vieux douze y trouve encore sa place pour des tirs de près, en complément en quelque sorte et aux mains des pisteurs indigènes, le guide assurant le coup du client (ce dernier souvent muni d’une grosse carabine), avec son express. On cite ainsi un léopard, culbuté par trois coups de semi-auto Remington, mais dont il fallut venir à bout avec encore un coup de chevrotines, un de 300 WM, et pour faire bon compte un de 458 Lott. Inutile de dire que le trophée, (future descente de lit ?), avait souffert dans l’aventure…
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Contrairement à l’éléphant, peu avare de charges d’intimidation, c’est le buffle qui est le plus dangereux (200 morts par an, chasse et population civile comprise) car il ne prévient pas. Avec un million d’individus c’est une chasse de base dont une grande partie de l’argent va à la préservation, la lutte contre le braconnage, et la viande, toujours appréciées, aux villageois des alentours (1). Par contre, la recherche du trophée vise le plus souvent de vieux animaux vivant isolés, endurcis aux mauvaises rencontres de la savane et pour qui « la meilleure défense c’est l’attaque » ! Bien plus sur leurs gardes car ne bénéficiant pas de la sécurité d’alerte des grands troupeaux, (groupes soudés, les veaux au milieu, où même les lions y regardent à deux fois avant de s’ y attaquer), il faut le plus souvent les pister longtemps, dans la chaleur. La fatigue aidant (2), le tir placé se fait de près (autour de 50 m.) dans de hautes herbes qui peuvent compliquer la vue pour bien appréhender les zones vitales à atteindre.
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Sachant qu’un buffle, blessé ou non, est censé charger neuf fois sur dix si on s’approche trop près, on sait à quoi on s’expose : près d’une tonne arrivant sur vous depuis 50 m. à 40 kms/h ce qui donne à peine 4 secondes pour réagir…Les guides, avec des fusils d’arrêt sont bien sûr là pour assurer le coup (et la sécurité du client !). Quoiqu’il arrive, ils recommandent de ne jamais courir (et même si on y est confronté, pendant qu’on y est…de ne jamais rater !), l’animal changeant rarement de cap ou de cible. Il ne faut pas prendre le risque de tirer de trop loin car la cible est petite (le mufle de l’animal car le cerveau est juste derrière) et dodeline de haut en bas. Tirer trop haut, dans la bosse n’est pas suffisant, même avec le calibre polyvalent recommandé qu’est, pour l’Afrique, le 375HH. L’express a deux coups et avec du lourd (458 Lott, 500 Nitro express, 505 Gibbs) est mieux adapté qu’une carabine pour éventuellement doubler vite. Mais c’est une arme onéreuse qui n’est seulement vraiment à la portée des gens qui ont les moyens d’aller régulièrement sur le Continent Noir.
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En Amérique du Nord, de récents accidents mettant en cause des pumas et des ours ne touchent pas que des chasseurs, population a priori avertie, et pour le moins habituée à manipuler et transporter sans cesse des armes. Le géologue Steve Nelson, dans sa carrière en Alaska dût ainsi faire face à quatre charges et s’en est tiré avec des revolvers de gros calibre, mais pour lesquels il faut des poignets solides et être capable, tout en étant précis, de gérer le recul : 50 Alaskan, 454 Casull, 357 SW Magnum. Le calibre minimum préconisé en arme de poing est le 44 Magnum qui tape quatre fois plus quand même, que le 38 Special, un 9 mm dont se munissent prudemment la plupart des randonneurs et des campeurs. Même si certains s’en sont parfois bien tiré avec ce calibre qui est le plus souvent celui des forces de l’ordre, il faut se souvenir que le plus gros grizzly tué en Alaska en 2004 faisait plus d’une demi-tonne ! Donc allez arrêter ça avec une munition qui tourne dans le meilleur des cas, autour de 500 Joules (3).
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En armes d’épaule, les calibres les plus populaires sont le 45-70 Gvt pour les armes à levier de sous-garde qu’on trouve partout, le 375HH, et pour les guides, le 338 Winchester Magnum. Et les munitions, au détriment des balles expansives, des « Solid » monométalliques (18 à 20 sur l’échelle de Brinell) susceptibles dans des balles de tête ou de moelle épinière de pénétrer les gros os de la boite crânienne. Paradoxalement, bien plus disponibles pour la population, les calibres 12 asservis aux omniprésents fusils à pompe Remington 870 et Mossberg 500 sont aussi généreusement distribués aux employés du gouvernement, censés circuler dans ces contrées aussi reculées qu’enneigées : cantonniers, facteurs, forestiers du service des eaux et forêts. Est conseillée la balle DDupleks Monolit de 32 grammes, ou la Brenneke Black Magic qui, à notre connaissance n’est pas commercialisée en France, et donne avec 602 grains (39 grammes) 4008 Joules à la bouche.
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1/Contrairement à son cousin asiatique, le buffle africain n’a jamais pu être domestiqué.
2/La pratique du safari a énormément évolué en un demi-siècle. Là où autrefois des gens fortunés passaient plusieurs semaines dans la brousse, les séjours de chasse sont plus courts, l’avion permettant de passer en quelques heures d’un monde à l’autre, le voyageur occidental manquant en plus souvent de pratique avec des armes lourdes et puissantes qu’il utilise peu souvent en Europe.
3/Encore faut-il qu’elle soit à disposition et approvisionnée. Le 13 septembre dernier, dans le Wyoming, au lendemain d’avoir fléché un wapiti, un guide et son client occupés à dépecer le cervidé ont été attaqués par une ourse suitée d’un petit de 80 kg. Le guide fut attaqué en premier, envoya le client chercher un Glock…qui avait été remisé dans un sac à dos et non approvisionné ! Le client attaqué à la cheville, ne put donc pas tirer, finit par s’enfuir péniblement à cheval chercher des secours…et l’ourse revint tranquillement achever le guide.