Actualité ou désuétude du 7X57 "R" ?
La recherche d’une cartouche « polyvalente » pour chasser le sanglier bute sur des effets de mode difficiles à comprendre. Passe encore sur le soulagement de l’abandon de la législation inepte (2013) des calibres dits idiotement « de guerre » qui consacra subitement l’universalité du 30-06, bientôt chassé par le 6,5 Creedmoor alors que plein de calibres « anciens » avaient fait leurs preuves. Le 7 X 57 « R » (1), identique au 7 X57 Mauser, dit encore 275 Rigby (2) est dans ce cas.
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C’était l’archétype du calibre de carabine dite « double de petit calibre » que tout le monde a fait (3) : compacte et facile à utiliser, élégante par rapport au premières semi-auto qui arrivaient sur le marché, susceptibles de subtilités de personnalisation : éjecteurs, qualités des bois, premières optiques avant les points rouges. Agréable à transporter et à tirer c’est un calibre performant en petit format pratique avec une ergonomie et un recul similaire au « deux coups » utilisé habituellement. On y retrouvait le vieux concept de « stoppeur » à la battue, et non le « spray and pray » (4) des « automatiques » pour allonger un peu le tir rapport aux Brenneke, une précision fine, et la compatibilité avec plusieurs poids et formes de balles.
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L’historique connu de ce calibre quasi « universel » ne se développa pas, en France qu’à cause d’une législation idiote. Il fut employé et commenté avec succès en Afrique sur le « big five » (Bell, Taylor, Von Blixen), en Inde (Corbett), et la guerre des Boers l’avait fait connaître du monde anglo-saxon qui le copia (en un peu plus grand) avec les 30-03 puis 30-06. Les grands auteurs l’analysèrent sur le whitetail (John Wooters), en Afrique (Finn Agaard), mais ce fut surtout le couple Jack et Eleanor O’Connor qui établirent sa renommée. De retour d’un safari en 1972 on sut, grâce à la revue Gun Digest, que la charge employée par madame (160 grains à 806 m/s) « tirait aussi à plat que la balle de 180 grains du 30-06 en tuant tout aussi bien ».
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En Europe en 1960, au moment où les chasseurs de l’ex-empire britannique abandonnaient le 303, les Nitro Kynoch, et pour le commun (5) les carabines BSA et Parker-Hale afin de se tourner vers les USA, la France, (malgré les efforts reconnus de l’importateur Rivolier à lorgner de l’autre côté de l’Atlantique), restait assez tournée vers l’Est pour le grand gibier. Le succès du 7 X 57 « R » tint donc de ne pas être, (grâce à ce « R » bienvenu !) taxé « de guerre », mais surtout d’offrir des balles lourdes (175 grains) pour le calibre, mais aussi plus légères, et de même forme et conception-vitesse pour une plus large plage d’emploi que ses concurrents d’alors : 270 Winchester (conçu pour 130 grains, mais rapide et plat, 280 Remington (exclusivement carabines semi-auto de la marque importées vu plus haut), ou autres calibres venus de l’Est : 8X57, 7X64… La balle emblématique de cette époque étant peut-être la H-Mantel (ci-dessus à g.) avec sa partie avant destinée à se déformer, et la partie arrière à rester intacte pour ménager un trou de sortie considéré comme important dans la chasse allemande, et la recherche au sang à venir ensuite.
La seule différence remarquée alors entre les deux cartouches identiques étant la prétendue déficience de vitesse de la « R » qu’il faut un peu expliquer ici. De fait, les prescriptions CIP et SAAMI, de même que les manuels de rechargement montrent que le « R » était chargé à des pressions inférieures de 15% (49313 psi contre 56565) du fait de la présence massive à cette époque de plates-formes basculantes anciennes censément plus faibles, notamment beaucoup de drillings. Mais depuis cette époque, et dans des canons plus longs, avec les poudres plus lentes, et les nouvelles balles, tout ça s’est largement aplani. N’ayez crainte, un express léger actuel, capable de tirer du 30 Blaser étalera sans problèmes du 7 X 57.
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Justement, ce papier étant un peu suscité par la réflexion d’un internaute (à qui nous envoyons un petit clin d’œil), vise à contextualiser ce calibre ancien (1892) qui, comme bien d’autres, peut sembler être tombé du haut du buffet en 2013 mais permet néanmoins de trouver une belle opportunité en armes d’occasion. Déjà plus ou moins éclipsé par les 270, 308, 280 et même 7-08 dont la balistique est pourtant proche, il est conseillé dans les charges historiques européennes (gamme RWS de 8,2 à 11,5 grammes) plus polyvalentes que les américaines (Hornady RN 154 grains, Norma Oryx 156 grains) spécialisées whitetail. Après on n’est pas obligé comme autrefois de se baser sur « lourd pour le calibre », le choix étant bien plus important en 2020, qu’en 1960.
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L’idée est d’adapter la balle au gibier abattu généralement sur un territoire donné, et non la plus lourde « au cas où » en vertu du fameux adage : « qui peut le plus, peut le moins »…Pas besoin de vélocité à courte portée, car en plus, à 40 mètres il y aura le plus souvent des dégâts. Ce qu’il faut retenir, surtout à la battue, c’est l’aspect « stoppeur » et « arrêt buffet » au débûcher ! Il vaut mieux un sanglier un peu esquinté mort sur place que de galérer à chercher à retrouver au sang, le lendemain un trou net et sans bavures sur la venaison, et encore…si on le retrouve ! Ne vous inquiétez pas, posté au coin du bois, deux Brenneke en haut et un coup de 7X57 R en bas, dans votre drilling, vous serez paré à toutes les éventualités…
1/ « Rand » selon la terminologie germanique, « Rimless » ou « Rimmed » pour les anglo-saxons.
2/ Voir archive du 14 janvier 2019. Sont également issus de ce calibre le 257 Roberts et le 6 mm Remington.
3/ Par respect de la filiation allemande : Merkel (ci-contre à g.), Heym, Simson, Sodia, la plupart des italiens dont Sabatti et en France Chapuis et Verney-Carron.
4/ « Arroser » en priant que ça tombe, le contraire bien sûr de l’esprit battue où il faut privilégier le placement.
5/ Evidemment, les nababs pouvaient toujours s’offrir express et carabines des grands facteurs londoniens, mais à un autre prix.