22 Long Rifle : faut-il "coucher" pour réussir ?
Les mauvais esprit repasseront, il n’est question ici que de savoir si le « bedding » (1)…qui n’a rien à voir avec des « coucheries », ni même avec le rayon literie des magasins à grande surface peut améliorer la précision de votre carabine bas de gamme, celle qu’on trouve un peu partout dans les chaumières (2) pour veiller à la sécurité du poulailler. Rapport à la percussion centrale ou c’est là, affaire d’armurier spécialiste et compétent, voici une besogne certes à la portée de tout le monde, mais est-ce judicieux ?
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La saison finissant, ce peut être un projet estival facile et motivant réclamant peu de moyens et faisant vibrer les méninges, tiens justement, comme le canon. Des ondes qu’il faut maîtriser, ce dont se souciaient peu les fabricants de l’après-guerre où tout tenait à une seule vis, l’ensemble s’adaptant au petit bonheur la chance d’un usinage de bois de mauvaise qualité (hêtre ou pire), s’écrasant plus ou moins selon le serrage. Même standard, d’une crosse à l’autre qu’on trouve pour une poignée de cerises dans toutes les bourses militaria (3), la seule manière dont l’action repose pouvant faire varier la précision de plusieurs centimètres à 50 mètres.
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Le petit calibre ayant peu de recul, c’est en fait plutôt le maniement répété de l’action qui va perturber la solidité de l’ensemble, et sans vouloir comparer ces rossignols à ce qui se fait en compétition (dont l’objectif impératif est de rendre le canon « flottant »), il est assez facile déjà de maximiser la surface de contact pour un verrouillage solide en trois points bien identifiés, plutôt qu’une multitude d’aléatoires. On trouvera trois zones de contacts à bien repérer pour soulever l’ensemble canon-action. La compétition propose des kits de « piliers » qu’il faut remplacer ici bien sûr par du « bricolage » qui fera sourire les puristes : ruban alu, mastic de plombier, cales diverses et variées (4) plus pratiques à manier, en tâtonnant que l’époxy, et tout-venant en matière d’outils : cutter, dremmel, voire quelques limes à bois.
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Il s’agit de modifications peu coûteuses, simples et souvent efficaces sur des armes où il n’y a rien à perdre : les détentes sont spongieuses, quasi impossibles à améliorer et la percussion agit comme un marteau-pilon qui martyrise le talon des minuscules étuis. On finit par s’y faire, faut juste tenir compte de l’atout du long canon de 62 cm, la plupart du temps « silencable » (un plus incontestable de nos jours), lourde « canne à pêche » que l’on peut facilement équilibrer en alourdissant la crosse avec une « pouche » qui vaut six sous. La boîte de munitions pouvant faire office de lest pratique pour faire la balance sur place.
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Des trois points : 1/ sous l’action ; 2/ sous la vis de fixation la plupart du temps unique dans le devant ; 3/ sous le canon, c’est ce dernier point qui sera le plus difficile à régler sans doute avec plusieurs essais pour voir ce qui fonctionne le mieux, mais ça restera un processus divertissant pour qui aime tirer avec le temps, et surtout l’endroit, pour faire tout ça sans trop de contraintes de sécurité et environnementales. Après, où placer cette « cale » ? Les sites spécialisés anglo-saxons donnent 2,5 pouces (6,35 cm) comme limite après laquelle il faut laisser le canon « flotter » au point qu’on puisse y passer le fameux billet de banque. L’action ne touche plus le bois, et c’est la nouvelle surface qui doit étaler la charge à répartir avec un couple de serrage bien plus aléatoire que ce qui est préconisé par les grandes marques de carabines de tir.
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Après, se pose le dilemme de la munition. Toute amélioration apportée à l’arme devrait, en principe, rendre plus exigeant dans le choix puisque, comme on vient de le voir, on a fait tout ça dans un souci de précision. Comme il est difficile de trouver le juste équilibre entre précision-coût-fiabilité, il faut opter dans l’optique régulation, pour les mêmes principes que l’éthique chasse et donc élever le niveau qui n’est plus celui du seul « plinking ». Même si un des avantages de la percussion annulaire abordable et disponible permet d’entasser et de faire tourner le stock, ce qui fait partie des petits plaisirs quand on pousse la porte du magasin de l’armurier voisin pour garnir les étagères de la salle de chasse de jolies petites boîtes multicolores.
Toute munition de bonne qualité (5) devrait permettre de constater les effets de toutes ces petites manips qui peuvent aller du peu quantifiable à un mieux parfois considérable (voir ci-dessus ce que ça peut donner à 25 mètres pour la régulation), mais jamais en pire car, pour faire sourire un peu, en relation aux propos liminaires exposés en exergue… « l’accouplement » de la culasse avec la crosse est une des clefs de la précision !
1/ Voir archive du 13 mars 2018.
2/ Voir archive du 19 avril 2020.
3/ Si on excepte l’optique (de paint-ball à 50 euros ! ), cette single « Manu-arm » (ci-dessus) et sa crosse de rechange ne valent pas plus de 60 euros. Pour réguler à 10-30 mètres ça suffit bien.
4/ Une des marques parmi les plus prestigieuses employait autrefois pour ce faire du liège, mais tout est bon : alu de cannettes, rustines de vélo, papier cartonné, vieux étuis de cartouches, notamment ceux en papier vernissé qui tiennent bien à l’humidité.
5/ Plinking ou régulation, quand on ne tire pas trop, cette munition pas donnée mais encore accessible, la RWS HP 50 Sub est contrairement à d’autres, une « vraie » subsonique, ce qu’on peut aisément vérifier à l’oreille, très précise sous les 50 m. et que digèrent mal les rongeurs du fait de la pointe creuse.