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15 mars 2025

Certifié lièvre certes...mais des marais !

L’Histoire est un éternel recommencement. Nous qui militions pour le retour de l’emploi « rural » du petit calibre avons été surpris de constater dans notre département de l’Ouest, l’arrivée d’arrêtés bienvenus d’abrogation « limitant l’utilisation de la carabine 22 LR pour la destruction à tir des ESOD » un acronyme (Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts) pour « rongeurs aquatiques envahissants », comprenez les ragondins…qu’on tirait allégrement jusqu’ici dans un flou artistique et législatif le plus complet !

Il va même exister pour cela des formations bienvenues, ce qui nous fera revenir en enfance et évoquer des souvenirs « d’en France » des années soixante, quand toute notre vieille quincaillerie était en vente libre ! Vont ressortir de derrière les armoires les rescapées des récents « armodromes », et certains regretter à chaudes larmes d’avoir cédé aux sirènes des récents et pressants appels gouvernementaux à se dessaisir de tout leur fourbi. Le sujet de faire évoluer (vaille que vaille) toutes ces vieilles trappannelles a déjà longuement été évoqué ici (1), et dans l’urgence, quelques proches intéressés nous interpellent sur les scopes, en fait bien sûr, le premier réflexe dès qu’on a dépoussiéré la pétoire, et voir au moins à peu près où ça peut taper. Nous examinerons bientôt ce qu’on peut faire avec ces antiquités.

Les « lunettes » bien sûr nous faisaient rêver avec la magie immédiate de rapprocher canettes, patates, et même un coup mortel sur le lapin, un autre rongeur bien terrestre cette fois, et encore abondant, et à qui personne n’aurait pu reprocher à quiconque d’en prélever quelques-uns au bout de son rang de salades. Charbonnier était maître chez soi que diable, et on tirait la munition comme ça venait, en « short »…le petit format (2) du calibre (et pas les culottes courtes même si c’était l’époque hein !) bien moins bruyant que le « long rifle » . Il faisait merveille à quelques mètres subrepticement caché derrière la porte du poulailler où, gare, messire goupil n’avait pas intérêt à pointer son vilain museau, sinon à bénéficier lui aussi de la même médecine (3).

Comme il était hors de question de mettre trois sous là-dedans, jeunes encore, nous avions encore de bons yeux pour tirer plein fer avec des hausses sommaires, prenant confiance sur les boîtes à conserves, avant de peaufiner pas bien longtemps après, les bases du tir à quatre positions, et le contrôle-précision avec un calibre qui secouait plus, sous la conduite du « bidelle » (4) ! Mais ça avait au moins l’avantage de nous donner quelques bases, et de ne pas comme nos jeunes successeurs n’ayant pas connu les gaîtés de l’escadron, d’ être immédiatement dépendants aux scopes et points rouges… Justement, nous y venons, quelles sont les trois erreurs du débutant à éviter avec toutes ces lorgnettes.

Le grossissement qui doit partir du simple axiome qu’il faut multiplier par 1 tous les 10 mètres et considérant l’emploi chasse-plinking de 20 à 70 mètres donnerait donc de X2 à X7. Comme autrefois, il sera réglée indéfiniment et donc pas besoin de fortes qualités optiques, ni de réticules éclairés compliqués genre sapin de Noël. Le X 4 (on peut monter jusqu’à X 35 et plus !) sera le plus indulgent pour aller du tir de près voire à trouer du carton plus loin. Le danger c’est, comme pour tout calibre d’ailleurs de viser trop « cheap » ou « bon marché », notamment au niveau aussi des fixations. Bien sûr le petit rail queue d’aronde peut faire l’affaire car il y parfois même moins de recul qu’avec certaines carabines air comprimé à fort ressort. Il faut cependant prévoir des anneaux suffisamment hauts pour conserver la visée fer par en dessous, et surtout si l’envie vous en prend, de monter un jour une grosse focale.

Tout l’enjeu c’est donc la somme à mettre, car le marché a considérablement évolué depuis 1970 où même les optiques pour la percussion centrale sont aussi plus accessibles et pour un prix raisonnable. Pour le 22 LR, il existe même un marché (alimenté par la Chine) qui permet certes de renverser l’ancienne théorie selon laquelle il fallait monter une optique du prix de la carabine. On trouve donc aujourd’hui des scopes autour de 200 euros, qui, sur montage au même prix, paraîtront abusifs de faire grimper sur une Manu-Arm bien fatiguée à 50 euros non ? Autant se rabattre alors, selon emploi régulation notamment (voir l’attelage ci-dessous à prix contenu de deux outils « près » et « loin ») sur d’autres « consommables » qui, de toute façon vous rendront quand même service, car à beaucoup tirer sur les fameux "lièvres" que nous venons de lever, on ne peut que s’améliorer, même pour le grand gibier à venir ensuite.

1/ Voir archives des 1 novembre 2019 sur les petites carabines françaises, et 1 janvier 21 sur les semi-autos Gevarm.

2/ Voir archive du 8 février 2022.

3/ Le renard tête ou cou, tombe parfaitement au 22 LR à 20 mètres, et même à la bosquette en tir d’achèvement à la boite à fauve. Voir sur la bosquette, archive du 15 mars 2022.

4/ C’est, dans la Marine, l’équivalent de l’adjudant de semaine.

 

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