Tir à balles : si on devait penser à tout ?
Regardons autour de nous, le sanglier obère tout, il devient le diapason du fonctionnement de tout le monde : chasses collectives, privées et même maintenant, avec la possibilité de l'approche-affût du chasseur individuel, et ce, toute l’année. Les carabines ont le vent en poupe, mais pour toutes sortes de raisons, notamment et surtout de sécurité, le fusil de chasse classique n’a pas dit son dernier mot, mais, il faudrait un peu s’y coller sérieusement, et pas comme avant « comme d’hab », avec une Brenneke qui traîne au fond du paletot.
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Celle-ci d’ailleurs que l’on peut traiter de « balle conventionnelle » en opposition aux balles techniques (Fier, BFS) ou ensabotées reste populaire parce qu’elle conserve des qualités techniques de polyvalence insoupçonnées : lente, elle a moins de prise au vent, un paramètre déjà largement oublié quand on va au poste. Sous le vent, regardez un peu si ça passe la ligne et faites des statistiques…A moins de 600 m/s et vent de travers de 10 km/h (1), la balle double sa dérive tous les 50 m. ce qui ne veut pas forcément dire grand-chose si on tire de près, mais a son importance sur certaines balles dont la pub dit qu’elles règlent à 90 mètres.
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Cette distance qui vaut certes pour les ensabotées dans des canons rayés, (soit dit en passant quasiment inexistants ici), est aberrante ou aléatoire pour un placement classique quand on tire à l’épaule une munition qui touchera le sol à 250-300 mètres, et qui déjà, à 100 mètres, aura perdu 60% de son énergie. En 1964, donc bien avant les balles sabots et même techniques (2) des années 80 (à fins police ou forces de l’ordre et non chasse), la NRA préconisait 75 mètres maxi pour les balles classiques Foster et Brenneke. Donc sans aides à la visée, d’ailleurs inexistantes autour de nous sur les « deux coups » qu’on voit dans nos battues (3) car la portée effective précise de moins de 50 mètres ne le justifie pas, les balles conventionnelles ne sont pas dépassées car, subsoniques elles offrent encore un pouvoir d’arrêt conséquent.
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Ce « TKO rating » (4), élément pour mesurer l’efficacité des cartouches à balles à moins de 100 mètres est peut-être controversé mais il devrait être plus pris en compte au sanglier lequel, quoiqu’on en dise est un animal potentiellement dangereux. Il doit en effet doit être « séché sur place » pour raisons éthiques, mais aussi sécuritaires, pour les chiens, les postés…mais aussi les autres usagers de la Nature, du randonneur au facteur qui fait sa tournée. Blessé, il chargera, qu’il pèse 50 ou 180 kg comme on en a vu un récemment pas loin de chez nous à Combourg (35).
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Autre point qui peut faire sourire le vieil Emile qui passe allègrement du perdreau à la bête noire avec son même vieux Darne, le tir à balle n’a pas grand-chose à voir avec la grenaille car en raison de l’alésage fort, et garder de la pression face à une charge qui offre moins de frottement que celle « fluide » des plombs, les cartouches peuvent être plus chargées et avec des poudres plus rapides. C’est ce qui explique la détonation plus sèche tout comme le recul qui donne un « saut » de canon d’une arme qui recule plus vite et deux fois plus longtemps par exemple qu’une carabine. L’angle du bas de crosse glisse vers le bas et le canon monte ce qui provoque le coup « à 10 heures » encore plus accentué si coup de doigt sur certaines détentes « dures » de vieux juxtaposés.
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La prise de l’arme devrait en être affectée : le « grip » à deux mains, notamment sur le devant bien plus appuyé que d’habitude, et doubler posément en attendant que le cycle de recul soit entièrement effectué, les semi-autos bien sûr ayant tendance à « amortir » ce double choc ou « double shuffle » popularisé par le fameux Auto 5. Les fusils à pompe qui reviennent peu à peu dans la course via les nouvelles réglementations (5) de la même manière, visualisent bien le phénomène d’encaissement du recul pour se remettre en ligne en armant vers l’avant et doubler au tir.
Bien sûr, pour qui va passer de la demi-douzaine de battues annuelles inscrites au calendrier plan de chasse chevreuil de la diane communale, à une ou deux supplémentaires par semaine à courir derrière le sanglier (6) va devoir aussi se soucier de tester son choix de munition et s’y tenir, et peut-être aussi un peu s’entraîner afin de ne pas se trouver démuni face à des situations autrefois exceptionnelles, et maintenant devenues coutumières.
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1/ En Automne-hiver, la moyenne peut monter à une vingtaine de km/h, et la dérive augmenter encore, toutes les balles à déflecteurs intégrés (sabots) y étant encore plus sensibles.
2/ La seconde génération des balles ensabotées (1980-2015) a épuisé toutes les possibilités de concepts de balles, la seule nouveauté étant peut-être le calibre 20 en alternative au 12 comme meilleur compromis poids-précision-stabilisation, notamment pour les canons rayés U.S. cependant quasi inexistants en France.
3/ L’esprit du fusil classique, depuis plus d’un siècle est d’envoyer le plus vite possible sa charge sur une cible mouvante à courte portée grâce à sa crosse ajustée et une bille en bout du canon. Aucun « point rouge », qu’il faut souvent chercher en modifiant sa manière d’épauler n’ira aussi vite. Il permettra juste, dans l’esprit de la carabine, d’affiner sa précision au tir, pas vraiment nécessaire si on tire de près, la surface létale étant proche et importante. Après, c’est souvent déjà trop loin, et la munition n’a pas celle de l’arme rayée et c’est pourquoi on ne voit pas ces aides à la visée sur les fusils de chasse classique en battue. Aux USA ils sont courants, mais pour des chasses spécifiques de tir au « posé » (dindon), ou lointains avec des canons rayés mais le plus souvent sur animal (whitetail) arrêté.
4/ A ce sujet, voir archive du 12 décembre 2019 : pour résumer c’est le poids de balle multiplié par la vitesse et le diamètre, le tout divisé par 7000.
5/ Ils sont de retour en catégorie C grâce aux rayures droites non dispersantes, un artifice de plus pour pallier à une réglementation absurde qui n’existe qu’en France…
6/ Les retraités, l’auteur en sait quelque chose, du fait de leur disponibilité en semaine sont en première ligne dans cette guerre qui, dans l’Ouest a démarré il y a moins de 10 ans, du fait des nouveaux modes de culture et du réchauffement climatique.