145 tirs en 5 minutes : la fusillade de Miami (11 avril 1986)
L’analyse de ce tragique faits divers, aussi étudié aux USA que le fameux « règlement de comptes à O.K. Corral » ou la bataille d’Alamo peut intéresser les forces de l’ordre ou les amateurs d’armes, car il entraîna une refonte totale de l’emploi des armes de poing pour les forces de l’ordre et même tous les regards vers le « fusil à pompe » (manié en plus d’une seule main !) pour dénouer un fait divers tragique.
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La situation elle-même des deux malandrins en cause (Platt et Matix) était très curieuse. C’étaient des copains qui s’étaient rencontrés à l’Armée, sans casier judiciaire, mais dont les deux épouses périrent de mort violente et de manière suspecte. Ils tuèrent de sang-froid en octobre 1985 un jeune homme qui s’entraînait au tir dans une carrière…seulement pour lui voler sa voiture avec laquelle ils se lancèrent pour pas grand-chose dans des hold up sanglants qui firent deux morts. Six mois plus tard, ils remirent ça, dans le même but et au même endroit, toujours pour voler la voiture, mais la victime survécut et put donner un signalement précis des deux agresseurs, et une semaine plus tard la voiture fut repérée dans l’attaque d’une même banque où cette fois, un coursier fut tué.
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Leur identité début avril n’était pas encore connue, mais le FBI ayant l’intuition qu’ils allaient retenter un nouveau coup dans le même secteur, mit 14 agents sur l’affaire, et la voiture repérée avec deux hommes à bord, finalement coincée sur un parking dans une cascades d’évènements chaotiques qui fit deux morts et 5 blessés sur les 8 policiers engagés, plus, bien sûr les deux criminels. Matix, le conducteur, bloqué car ne pouvant ouvrir sa portière fut vite mis à l’écart son compère Platt lui tirant 13 balles de Mini 14 (volée au second propriétaire de voiture) sous le nez avant de prendre par les policiers, une balle dans la tête, sans qu’il soit définitivement hors de combat comme on va le voir plus loin.
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Platt, sorti par la fenêtre fit énormément de dégâts avec l’arme automatique Mini 14 à grande capacité en 223 Remington blessant d’entrée au bras gauche l’agent Mireles, puis ceux qui avaient touché Matix. Les agents étaient en train de recharger quand il avança vers délibérément vers eux les abattant froidement, dans le but de s’emparer de leur voiture munie du gyrophare pour s’enfuir avec. C’est à ce moment que son acolyte Matix grièvement blessé ayant miraculeusement repris connaissance parvint à péniblement grimper dans le véhicule de police. C’est l’agent Mireles, ayant récupéré un fusil à pompe et en se stabilisant en s’adossant à un pare-choc puis réarmant de sa seule main non blessée qui stoppa leur fuite en fauchant Platt de 4 coups de chevrotines dans les jambes, puis en se relevant et cette fois marchant sur eux au 357 Magnum mit fin à leur sanglante cavale : Platt ayant encaissé au total 12 balles et Matix 6 (1 ) Une stèle sur place rappelle le tragique évènement. Voir ci-dessus à dr.
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L’enquête montra plusieurs disfonctionnements : l’absence de gilets pare-balles (qui n’auraient cependant pas résisté au 223 Remington tiré d’aussi près !), une arme glissée sous la cuisse qui vola dans l’habitacle lors de la collision initiale, une désintégrée par un coup de 223 R de plein fouet, un policier myope qui perdit ses lunettes dans l’échauffourée (et donc pas trop au top pour riposter précisément), ou un autre manquant à l’appel radio, car parti satisfaire un besoin naturel…C’est surtout au niveau des armes qu’on s’orienta dès lors vers les pistolets semi-automatiques à grande capacité en 10 mm ou le 40 SW parent, et le retour du fusil à pompe dans les véhicules de patrouille d’où il commençait à être éjecté au profit des carabines type AR 10, plus compactes et faciles à manier pour des forces de l’ordre alors en forte féminisation. Enfin, pour tous ceux qui s’interrogeraient pourquoi on n’a pas fait appel au SWAT (2), il faut savoir que le police departement de certaines grandes villes (Denver, Chigaco, et ici Miami) est suffisamment puissant et organisé pour intervenir seul sur ce type d’intervention.
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Le « shotty » Police avec 8 balles meilleures pour stopper les véhicules, à moins de posséder une sacrée poigne, pique en effet pas mal du nez et nécessite plus d’entraînement pour en tirer la quintessence en milieu urbain où sa puissance dicte néanmoins sa loi au contact : d’abord se mettre à couvert, trouver une direction basse en sécurité, puis progresser lentement, courbé et semi-épaulé prêt aux sommations…et au tir de riposte dévastateur éventuellement ! La formation tient compte de l’utilisation de base correcte normale, mais aussi en cas de stress et d’une main avec toute l’aide disponible : la cuisse, le bas de la jambe, un partenaire également blessé, voire son corps pour s’abriter. Il s’agit d’un outil et pas d’un gadget, il peut être couvert d’huile, de sueur ou de sang, les agents sont attachés à une longe et malmenés pendant l’exercice, tirer et recharger tout en étant secoués comme un prunier dans tous les sens. La force de préhension est essentielle dans le maniement des armes à feu…comme dans tous les combats pour la vie !
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1/ Les analyses post mortem montrèrent qu’aucun des deux n’était « dopé » ou sous l’empire de la drogue.
2/ Création en 1968 suite aux émeutes de Los Angeles qui avaient fait 34 morts, le Special Weapons and Tactics mit fin en mai 1974 au Fort-Chabrol des terroristes de l’ALS et à la fusillade, après hold-up de North Hollywood. Il est le second échelon de réponse des polices de comtés ou d’états face aux menaces graves, ses membres ayant un statut particulier. Il peut s’agir des grosses unités des grandes villes qui ont les moyens de s’en doter, sorte de « permanents », mais aussi en grande majorité de municipaux ou ruraux, formés bien sûr, qui accourent en renfort pour intervenir. Sur un simple coup de fil, ils se transforment en policiers SWAT, leur voiture de service contenant casque, gilet d’assaut et armement selon les états : M4 ou AR 15, fusils à pompe, pistolets semi-automatiques le plus souvent Glock de nos jours.