22 LR : choisir sa subsonique
Nous ne sommes plus en 1960 où on pouvait « plinker » n’importe où, notamment dans les « décharges » qui fleurissaient un peu partout dans la campagne, et où il y avait moins de choix de munition. En plus, les « silencieux » d’alors ne s’ébattaient joyeusement (ploppp…ploppp…) qu’au cinéma, chez les « tontons flingueurs ».
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Ici, nous n’avons jamais fait mystère de notre préférence pour une marque (1), pas par lubie ou coup de foudre, mais par cohérence de modèles pour se mijoter un « combo » chasse-tir de réglage ou d’entraînement-plaisir afin trouer du carton discrètement avec des armes du tout-venant, mais rendues à peu de frais, relativement précises comme on vient de le voir dans l’article précédent. Pour les raisons évoquées en exergue, nous sommes dans un temps où le réducteur de son est devenu commun, et l’énorme éventail de subsoniques proposées (2) impose de faire un choix sans perdre de temps à tâtonner. S’agissant de lutte antiparasitaire et non pas de « chasse » au petit gibier comme ce pouvait l’être autrefois (3) il s’agit d’un environnement riche en cibles qui permet d’attendre des conditions parfaites, un tir de tête précis où le placement passe avant la balistique de la balle. Mais d'aussi près, n’importe quelle balle standard pourrait aussi bien faire l’affaire non ?
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C’est là qu’intervient la notion de « pointe creuse » (hollow point) expansive dont il faut savoir que l’effet sera limité ou inexistant passés 75 mètres. Ce qui nous ramène à cette notion de précision ultime à 45 mètres, distance d’emploi extrême, par exemple sur le ragondin grosse cible certes, mais endurante où le « placement » est nécessaire. Une notion qu’il n’est pas inutile de travailler quand va commencer plus tard dans la saison, la chasse au grand gibier…Dans l’eau, le tir de la tête, en plus minuscule et fendant la vague comme une étrave de bateau, est à proscrire à cause des ricochets, et à terre, seule la pointe creuse peut compenser un coup au coffre médiocre avec une « round nose » standard évoquée plus haut. Si on regarde attentivement les tables, la force de frappe en joules à 50 mètres chez RWS est très proche entre la "Club" qui nous sert aux réglages, et la "HP" de régulation-nuisibles : 113 et 106 joules avec la même extrême précision, mais, et c’est là que tout se joue, la pointe creuse « champignonne » et double sa masse comme une Nosler Partition ! Et cette marque fait même une haute vitesse (385 m/s) qui pousse à 140 joules toujours à 50 m, mais qu’il ne sert à rien de silencer et donc étrangère à notre propos ici.
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En terme de gamme, le tireur consciencieux a finalement assez peu de choix entre deux marques européennes : une britannique dont le palmarès élogieux en compétition le dispute à l’allemande précitée, mais à des prix prohibitifs et avec des caractéristiques techniques pointues et sa matière semble-t-il plus dure, s’adaptant peut-être plus aux armes « match » que celles de terrain. La RWS subsonic hollow point sous 50 m sur deux carabines très différentes (4) est très précise, reproduisant exactement les caractéristiques de la gamme « sport » (Club, Match, Target Rifle) et sans doute bien sûr les « premium » (R 50 etc.), qui ne sont plus à portée de notre budget. Bien plus silencieuse que toute la concurrence, elle conserve la lubrification de toute la série, qui affecte tant la percussion annulaire. Celle-ci, comme la vinaigrette dans la salade « assaisonne » à tel point les canons, qu’elle bonifie même les munitions vrac qu’on emploie à la suite si on veut trouer du carton ou des canettes pour le « fun » comme disent les « d’jeuns » de nos jours.
Difficile de parler d’éthique s’agissant de « nuisibles », mais la pointe creuse doit s’imposer à toute démarche « chasse » même si la différence demeure mince à ces courtes distances avec le tout-venant. L’expérience américaine où la notion de « pest » est bien plus étendue qu’en Europe (5), met les deux marques européennes loin devant en précision face aux locales qui privilégient la masse (45 grains chez Federal, 42 grains pour Winchester, jusqu’à 60 grains chez Aguila). Et bien sûr on ne parle pas de toute la cohorte des « mini mag » et hyper véloces (6), massivement employées là-bas (même sur sangliers !) absolument impossible désormais à employer en France pour des raisons de sécurité et de bruit.
Pour fonctionner efficacement « sous les radars », le « sniper de potager » qui veut employer le rayon laser de la mort a donc sous la main, et sans avoir à payer les taxes de M. Trump pour des munitions de médiocre qualité, tout ce qu’il faut en Europe pour affronter de pied ferme les « ravageurs » de nos campagnes.
1/ La gamme Ruag : RWS, Geco, Norma toute frappée du R dans un blason, issue de la même chaîne pour la cohérence, malgré quelques différences. Curieusement en effet, la subsonic RWS est donnée à 313 m/s et 129 joules quand la Norma affiche 308 m/s et 125 joules ?
2/ Tout le monde en fait, de qualité et de prix inégaux, donc ne pas se laisser aller à picorer un peu partout, et obéir à une logique de marque pour la cohérence et le compromis tir-chasse, quitte à y laisser quelques plumes côté porte-monnaie, surtout qu’on ne tire pas à fort volume après le réglage initial.
3/ Il y a 50 ans, un nombre incalculable de lapins étaient encore culbutés dans les salades, au fond du jardin avec les carabines "de jardin", et personne n’y trouvait à redire « charbonnier étant maître chez soi ».
4/ Une Manu-Arm largement bonifiée pour faire le job (voir archive du 7 avril dernier) et une Norinco JW 15 chinoise d’import mais bien préparée par une grande armurerie de la région Centre, avec un honnête scope Burris Fullfield 3-9 X 40, carabine elle aussi silencée et bipied Harris pour le tir. Voir ci-dessus.
5/ L’écureuil (qui se mange en succulents ragoûts !) donne le tempo de la chasse US avec le 22 LR, mais il est aussi utile pour les tamias, chiens de prairie, rockchucks (marmottes), opossums, tatous, racoons, renards, jusqu’aux coyotes, et petits chats et chiens sauvages. Voir archive du 10 février 2021 sur la chasse de toutes ces petites bestioles.
6/ Voir archive des 14 avril 2021 et 24 avril 2023 pour la Stinger, 30 septembre 2022 (hots), et 4 juin 2022, les premières hyper véloces (1930), et les « golden bullets » (12 mai 2021).