Fut-il acheter du 22 "cheap" ?
Vus sur la page d’une grande armurerie de l’Ouest, les prix de la boîte de 50 peuvent passer de 4,50 euros à 25 euros ! Si on dit tellement (comme l’usage des balles en lisse) qu’il faut trouver ce que le canon aime, alors faut-il après avoir épuisé le « bon marché », se fixer sur ce qui a marché ? L’usage « loisirs » du petit calibre n’existant plus en France, les munitions vrac ou « plinking » sont-elles dépassées ?
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Toute une série récente de papiers (1) issus de l’assouplissement de l’emploi pour la régulation, en particulier du ragondin, a montré des tentatives d’amélioration de la précision à partir de ce qui existe, (beaucoup de vieux singles), et on ne voit pas, autour de nous, de ruée subite vers l’achat de carabines neuves valant le prix du lisse d’entrée de gamme. Même à courte distance où semble-t-il tout marche, toute bonification apportée sur l’arme qui vise à la précision sera plus exigeante sur ce qu’il faut lui donner à digérer. Mais ni l’arme ni cette dernière ne donneront le niveau, et le tireur restera le maillon faible de l’équation, qu’on tire à 25 mètres ou à 150.
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On a proposé une méthode (2) qu’on peut même affiner avec des cibles individuelles plutôt que de mesurer les écarts de groupes. Plus l’individuel s’améliore, plus les écarts de groupe se resserreront, et c’est le bon moyen de maîtriser toute la ligne : tireur-munition-carabine-supports-météo. Contrairement aux tireurs de compétition qui testent en poids ou en métrologie fine, les gens de la campagne qui utilisent encore (discrètement) le petit calibre achètent au coup par coup et « picorent » sur les étagères, et il y a belle lurette qu’aucun armurier ne saura plus vous conseiller là-dessus. La semaine dernière partant acheter des « short », un ado boutonneux (sans doute en stage promotion-vente ?), m’a proposé des subsoniques en me disant que c’était pareil…
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Faut-il se donner dans la proposition commerciale évoquée en exergue une option juste milieu, autour de 10 euros ? Ce qui n’est pas vraiment bon marché certes, mais le top niveau valant le double il semble intéressant de raisonner en terme de filières de marques qui proposent plusieurs niveaux de qualité, accessible à tout moment. Rien n’empêche de s’amuser à varier les plaisirs avec des étiquettes exotiques s’il s’agit de tirer les canettes vides, mais il faut revenir à cet esprit de filière de qualité dès que la précision est requise. Dans une grande marque comme RWS, l’entrée de gamme est à 5,60 euros, le milieu de gamme à 7 euros, le haut de gamme à 25 euros, mais la technologie de base (projectiles-lubrification) est pour 80 % de la production la même et pour les trois marques du groupe Ruag-Ammotech : Geco, RWS, Norma.
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Nous avons vu que dans des armes médiocres et mal réglées, les munitions bon marché ne peuvent apporter que des déceptions. Si on a tenté d’améliorer la précision et le niveau même en bricolant un peu dans son garage, il faut suivre, faire des choix par exemple des subsoniques (3) pour trouver une précision fonctionnelle avec ce dont on dispose, le plus souvent un vieux merrain, péniblement optimisé avec les moyens du bord. Dans des conditions calmes, à peu près bien réglé, une munition premium qui vaut deux fois plus cher n’améliorera pas de 50 % la précision, mais la logique de marque vous donnera une constante liée aux conditions de fabrication du 22 LR. Même néophyte, le tireur lambda à la 22 LR peut déjà, avec son arme réglée se faire une idée sur une munition, en observant la dispersion qui, verticale, signale des écarts de vitesse, et horizontale, des imperfections sur le projectile mais moins grave en régulation puisqu’on reste à peu près dans la zone létale.
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A part le très haut de gamme, la fabrication produit à la chaîne, et ce sont des tests successifs en cours de ligne qui conditionnent dans quelles boîtes et sous quelles étiquettes elles sortent et sont ensuite déclinées et vendues. De toute façon, il ne faut pas se leurrer seules les marques européennes font de la haute qualité pour la compétition (4), et quitte à se fendre d’un billet de 10 euros, autant oublier les marques qui ne travaillent que pour le plinking ou une régulation qui n’est pas la nôtre. Le « pest control » U.S. propose des hyper véloces puissantes « too much » qui n’apportent pas de précision loin de là, et seraient dangereuses dans nos campagnes d’habitat dense. On peut même s’étonner que personne n’y trouve, là-bas, un nouvel objectif MAGA, soit « America great again »…
1/ Voir archives des 21 mars et 7 avril 2025.
2/ Voir archive du 10 avril 2025.
3/ Voir archive du 14 avril 2025.
4/ En 1990 l’usine Federal d’Annoka (Minnesota) lança les modèles UM 1 et UM 2 Ultramatch fortement inspirée de la R 50 RWS avec son culot caractéristique en cuvette pour une meilleure répartition de l’amorçage à l’instar de ce que faisaient déjà les munitions match soviétiques. C’était une 40 grains (327 m/s) qui permit la victoire de la tireuse américaine Launi Meili aux J.O. 1992 de Barcelone (50 m trois positions). Ce ne fut qu’un feu de paille, en raison des coûts élevés de fabrication, notamment le respect de l’uniformité de l’épaisseur du laiton. La série Gold Medal qui suivit surfa sans les mêmes résultats sur ce succès éphémère, mais dans le circuit « collector » une boîte d’UM 1 peut encore atteindre entre 50 et 150 $.