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31 janvier 2026

Acheter une 22 LR aujourd'hui ?

Hormis le monde du tir FFT, qui vous conseillera ça aujourd’hui ? Tout le monde hurle, lève les yeux au ciel et il faut user de circonlocutions et de pas mal d’euphémismes (1) pour ne serait-ce que suggérer son emploi pour espérer sauver, dans l’urgence, ses salades ou son poulailler. Combien d’entre nous ont trimballé les antiques brêles dans les chemins creux au bon vieux temps, qui n’osent plus les sortir de peur de voir débouler le GIGN ?

La palette de l’offre était énorme, déjà dans la production française (2) en s’aguerrissant auprès de copains chanceux ayant la plupart du temps des parents chasseurs. On pouvait alors entamer une carrière de « verminator » des campagnes, déjà sur le lapin dans les vastes zones encore exemptes du fléau, et son tir « éthique » jusqu’à 70 mètres, à l’aube et au crépuscule, même si ce n’était pas trop bien vu des chasseurs du cru, car il était encore le fonds de caisse des sociétés communales. Mais « charbonnier étant maître chez soi », le petit calibre bagarrait encore dans tous les celliers du Bocage avec les « carabines de jardin » (3) pour faire le ménage autour des tas de bois derrière la « boulangerie » et tous ces vieux bâtiments où le rongeur aimait faire ses tours.

Quelle que soit la qualité de l’arme, la première reste toujours, un souvenir marquant. Quoi qu’on en dise, on y apprenait la sécurité (…sur des armes qui n’en disposaient pas !) ces vieux « singles » forçant, à l’évidence, à déambuler culasse ouverte, et à s’appliquer à tirer une seule fois, et, si possible, à coup sûr. Les décharges « sauvages » qui subsistaient partout dans la campagne étaient autant de champs de tir improvisés offrant des tas de cibles improbables : vieux frigos, débris divers, et varmint « à la française » pour les âmes chasseresses avec le risque d’une rencontre inopinée avec le terrible rat « musclé » ! Avoir un bon 22 et le comprendre aidait énormément pour la suite : à s’entraîner à la maitrise du tir, le sage choix des munitions passée l’émotion stridente (1976) de la « Stinger » (4), pas vraiment discrète, ni efficace d’ailleurs en précision.

Le permis de chasse en poche, elle ne passait pas vraiment au second plan, toujours présente avant les premières restrictions liées aux faits divers d’ailleurs plus du fait qu’elle était présente partout que de son efficacité pour la criminalité. Les gens du « Milieu » qui lui préféraient plutôt le 11,43 dont il traînait encore pas mal de surplus dans les campagnes. On la trouvait aux mains des gardes, des piégeurs, acceptable à moins de 50 mètres jusqu’au renard (balle de tête ou de cou), mais marginale néanmoins du fait de la disponibilité des « silencieux » et de braconnages avérés sur le chevreuil (loi de 1986 relative aux ongulés) qui commençait à se généraliser en France. S’entama alors une longue traversée du désert, avec une utilisation « sous les radars » avec des munitions appropriées subsoniques notamment.

Il n’est pas sûr que la politique brouillonne et tâtillonne gouvernementale des « armodromes » et du SIA aient fait place nette de la jungle de toutes ces petites pétoires qui embarrassaient les successions pour se retrouver finalement aux mains des chasseurs titulaires du permis, et habilités à la catégorie C, mais qui ne savaient plus qu’en faire. Les « points rouges » sous les 50 mètres leur vont comme un gant en s’inspirant du « steel challenge » ou tir aux silhouettes métalliques US qui sont certes laids, mais d’un prix dérisoire lié aux contrefaçons, mais qui n’ont pas besoin d’être solides du fait du faible recul. Les options de montage sont faciles avec les adaptateurs de paint-ball, il faut juste choisir entre les tubes durables, meilleur pour les petits points en basse visibilité ou les reflex plus rapides d’acquisition et polyvalents avec souvent 4 réticules. Si vous n’êtes pas pauvre mais quand même un peu radin, cherchant le compromis prix-précision sans passer par le « custom », même maison, il faudra se tourner vers une occasion « en or » clef en mains, juste en la flanquant d’un scope. Et là, compte tenu de la production actuelle, CZ vous tendra les bras, car facilement évolutif au besoin, et vous donnera le sourire en obtenant la MOA à 50 m avec un fusil pas trop cher.

La régulation préférera 2 MOA plutôt que 6 donnant 8 cm à 50 m donc couvrant trop de surface pour un petit nuisible. De nos jours il y a des gens qui achèteront une bonne carabine tchèque à 500 euros qui pourront la transformer en sabre-laser à 1000 euros où ils en auront pour leur argent et en profiter chaque minute au stand. La plupart, comme nous autres pauvres péquenots démunis, s’en tireront avec une carabine moche à la détente horrible mais silencée aux subsoniques encore utile à la cambrousse. Chacun, dans son passe-temps, prend le meilleur de ce qui lui convient…

1/ Le politiquement correct nous fait pudiquement employer souvent ici le terme vague d’utilisation « rurale » ou « domestique »…

2/ Voir archive du 19 mai 2023.

3/ Voir archive du 18 mai 2017.

4/ Voir archive du 27 mai 2021.

              

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