L'héritage "waterfowl" de la chasse U.S.
L’extraordinaire vitalité de la Chasse américaine nous étonnera toujours, et ce site, d’ailleurs s’en fait largement l’écho, lié à la tradition des armes, du second amendement, et, en fait d’un libéralisme brandi comme un étendard là où, chez nous tout est vertical : emprise de l’Etat et tracasseries administratives à tous les étages. Comme pour bien des choses, ce furent des magnats du monde des affaires qui ont impulsé tous les mouvements « éthiques » et le vaste esprit « revival » gibier d’eau dont nous allons parler aujourd’hui.
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Tiens qui, en France, à part quelques spécialistes érudits du monde cynégétique se souvient encore de l’œuvre de François Sommer (1), ou du Dr Christian Rocher (2) ? Aux USA, sans même parler du géant « Ducks Unlimited » (3), il y a déjà au moins trois revues qui parlent du « good ol’ times » : Traditions, Wildfowl, et American Waterfowler. Autour de l’arme emblématique qu’est le Browning Auto 5 qui domina le marché du marais un bon demi-siècle, il faut comprendre que la chasse au gibier d’eau a drainé bien autre chose que le simple aspect de « niche » ou de particularismes régionaux ou côtiers de notre pays. L’absence des appelants vivants impliqua une logistique importante autour des leurres (4), et plus encore des embarcations (5), ou des appeaux (6).
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Dans un vaste pays où les chasseurs professionnels accompagnèrent tout à la fois la poussée vers l’Ouest, la construction du chemin de fer, mais aussi l’alimentation des grandes villes de la côte Est, ces derniers comme Jack Miner (7) furent les premiers à ouvrir les yeux sur l’aspect conservation tout à la fois des territoires que des espèces autour de l’esprit « land ethic » impulsé par Aldo Leopold. Ce dernier n’aurait été qu’un feu de paille sans le relais pris par les magnats de l’industrie que furent John Olin (8) PDG de Winchester, John Knapp fondateur de D.U. (1937), ou J.F. Bell magnat des minoteries General Mills et fondateur de Delta Waterfowl en 1911.
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Le mouvement fut accompagné par un important va et vient entre la presse et la littérature sur plusieurs générations par exemple entre Nash Buckingham (9), et Norman Strung (10) couvrant via les trois géants de la presse cynégétique (Field and Stream, Outdoor life, Sports Afield), toutes les nouveautés : du bateau « Barragut Bay Sneakboat » de Hazelton Seaman en 1836, au « mojo mallard » à ailes tournantes motorisées de Terry Denman en 2000. Dépassant le seul aspect technique, les journalistes surent faire partager leurs émotions autour des retrievers (Gene Hill), l’ambiance autour des éléments déchaînés (Gordon Mc Quarrie, voir archive du 11 juin 2022), de la camaraderie autour du « blind » (Worth Matewson, Van Campen Heilner, Sam Venable).
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Dès 1913, on produisit des « sommes » sur la question comme « Our vanishing wildlife » du taxidermiste W.T.Hornaday, jusqu’à « The outlaw gunner » (1971) du Dr Harry Walsh, collectionneur de la baie de Chesapeake qui influença durablement le paysage « revival » autour des vieux livres et du matériel d’autrefois. C’est ce qui explique le succès international, assez incompréhensible chez nous de la télé-réalité cajun « Duck Dynasty » qui, dès les années 80, arriva à rendre sympathique toute une famille pittoresque de sauvaginiers donnant une image positive de la chasse au gibier d’eau. Son fondateur, le « duck commander » Phil Robertson (1946-2025), il ne faut pas l’oublier, était cependant un authentique concepteur d’appeaux et de matériel qui parvint à passer de la réussite industrielle au succès, cette fois, médiatique.
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Allez imaginer ça chez nous autour des « tonnes » de la Baie d’Authie, quand on aurait plutôt les échos désopilants, et délétères pour la chasse de la « galinette cendrée » ! Pourtant on a autant de passionnés que de l’autre côté de l’Atlantique où Don Webster a même pu écrire le fameux livre « Bury me in my waders » et demander à être enterré avec ses bottes ! Imaginez les théories fumeuses élaborées par les archéologues du troisième millénaire exhumant une dépouille portant des cuissardes et se perdant en conjectures : tenue de cérémonie, contre la pollution, ou la montée des eaux liée au réchauffement climatique ?
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1/ François Sommer (1904-1973) fut , entre autres, le fondateur en 1950 de l’ANCGG.
2/ Sa « chasse des canards » (1953) est la bible des sauvaginiers français et constamment rééditée (1977, 2003, 2020).
3/ Voir archive du 13 février 2023 sur cette fondation et ses fusils commémoratifs.
4/ En collection, un leurre artisanal Elmer Crowell, guide et chasseur professionnel du Massachussets a atteint aux enchères 830 000 $
5/ Le premier bateau spécialisé en 1836 comportait une capote en toile anti embruns, un support à leurres, pour se faufiler et vivre dans les estuaires.
6/ Voir archive du 26 mars 2022.
7/ Voir archive du 28 juin 2022.
8/ Voir archive du 10 juin 2021.
9/ Voir archive des 27 février et 1 mars 2022.
10/ Voir archive du 7 juin 2025.