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12 janvier 2026

Sécurité "cassé" : est-ce suffisant ?

Ne revenons pas sur tout ce qu’on apprend légitimement à l’examen, au transport légal, toutes choses qui ont bien évolué depuis le temps où il suffisait de suivre « les grands » quelques années, puis de passer à la mairie chercher le fameux « permis ». Tout cela a plutôt changé en mieux et c’est fort bien ainsi. Mais il y a une différence indéniable de culture entre les armes à brisure, et celles à canons fixes…

Le fusil « cassé » (singles juxta et superposé) l’est au propre comme au figuré car impossible à utiliser, et aucun autre type d’arme n’est aussi manifestement sûr pour les autres, chasseurs ou non-chasseurs. Mais doit-il pour autant s’affranchir de la « discipline de bouche », et que considérer comme « manipulation dangereuse » si on n’applique pas les bases identiques pour toutes armes à feu ? Pour résumer il s’agit : 1/ Toujours manipuler l’arme comme si elle est chargée ; 2/ Toujours la pointer dans une direction sûre ; 3/ Garder le doigt éloigné de la queue de détente jusqu’au moment de tirer ; 4/ S’assurer de sa cible et de ce qui se trouve au-delà. Ignorer le point 2 si le fusil est « ouvert » est-il acceptable ? L’arme est visiblement « cassée » et ne peut pas tirer, c’est un facteur de sécurité certes déterminant, une confirmation visuelle cependant pas suffisante face à la discipline de bouche qui ne doit pas cesser de s’appliquer.

Le sport qui fait tirer beaucoup, avec des manipulations incessantes et codifiées peut sembler rendre l’exercice de charger-décharger anodin, et l’arme ouverte ne pas saper l’instinct subconscient lié à la discipline de bouche. Ouvert ou vide, qu’il s’agisse même d’un jouet, et c’est ce qu’on apprend aux enfants (1), il ne faut jamais pointer une arme sur personne, ce qui d’ailleurs fort légitimement rend les gens nerveux. Porter une arme à canon fixe, maintenant généralisée partout rend toujours compte de l’avantage du fusil « cassé », qu’il s’agisse des « automatiques », et même maintenant, des fusils à pompe toujours plus ou moins affligés du délit de « sale gueule » (2). Pour eux non seulement s’applique de manière encore plus intransigeante la discipline de bouche, mais dans les chasses collectives un standard encore plus élevé : le chargement-déchargement codifié y est plus compliqué, et l’ouverture manifeste, sinon « manifestée » et rendue évidente comme au stand avec les petits témoins qu’on trouve en armurerie, ou ce qu’on trouve sous la main (3).

En matière de sécurité, il ne devrait y avoir aucune pratique « discutable », ni d’ailleurs dans le port où certains accessoires comme la bretelle, autrefois banale, est maintenant regardée de travers partout. Les armes courtes pouvant tirer plus de deux coups ne datent pas d’aujourd’hui (4), légères, vives et maniables, fiables et polyvalentes donc pouvant passer allégrement de l’individuel au collectif doivent faire l’objet de plus d’attention. De fait, un canon long risque moins d’être poInté vers quelqu’un par inadvertance simplement parce qu’il est plus encombrant. Attention donc aux « fusils noirs », pompes et tacticals qui, s’ils veulent être acceptés partout, devront encore plus se montrer manifestement sécures, un paradoxe puisque par conception (5) mécanique ils sont, dans ce domaine, en avance sur tout le monde, et depuis longtemps.

Alors que se prépare un nouveau train législatif de 14 mesures pour encadrer encore un peu plus les chasses collectives, il ne faut pas trop ronchonner et toujours et encore renforcer la sécurité. Les jeunes, par bonheur y sont mieux formés que bien des vieux briscards que je connais. N’oublions pas que les seniors d’aujourd’hui étaient les hippies des seventies qui « interdisaient d’interdire », et c’est un vieux baby-boomer qui vous le dit !

1/ Grave question que celle de savoir à quel moment les laisser approcher des armes. On a tous bien sûr débuté un jour, et de notre côté, ce fut en 1961 à l’âge de 12 ans avec un petit seize par un grand-père dont on passait des heures à regarder la confection des cartouches…lequel se prit un beau savon par la suite de la part de ma mère comme si cela allait nous donner « des mauvaises idées »! Il n’était pas question de chasse bien sûr, mais voyant que ça m’intéressait il devait considérer que ça me ferait réfléchir pour la suite…et on a vu ce que ça a donné ! Bien avant de penser les voir manipuler il faut sans doute se préoccuper de leur niveau de maturité, d’attention, de suivi des règles, de preuve de respect et en tenir compte si on se décide à leur faire confiance, mais, et c’est d’ailleurs la loi, tout doit toujours rester sous clef. Prudence est, dit-on mère de sûreté.

2/ Voir archive du 3 octobre 2025.

3/ Ce peut être un gant, un mouchoir, tout ce qui, ostensiblement, pour tous ceux qui gravitent autour de vous, montre que votre arme à canon fixe est déchargée et inopérante.

4/ Le Remington special field (photo ci-dessus), en 12 et 20 fut la première arme de série à canons courts de 21 puis 23 pouces, et le 870 Wingmaster connut une même version dès 1950 dans sa riche production de 11 millions d’exemplaires.

5/ Comme le chien des leviers de sous-garde, le « semi pompé » qui, mécaniquement, empêche le coup de partir est parfait pour l’attente au poste, le geste de l’effacer en épaulant étant bien plus intuitif en poussant vers l’avant que de refermer un fusil ouvert. Mieux encore, dans la traque, magasin approvisionné, ces armes légères et compactes peuvent même se mettre en œuvre d’une seule main. Voir à ce sujet l’archive du 3 avril 2025  ur la fusillade « Miami shotout » (11 avril 1986)

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