Années trente : le passage à la chambre 70
Magnum (chambre 76), puis Super Magnum (89) nous ont fait oublier la chambre classique 70, et seuls les rechargeurs ou les amateurs d’armes anciennes peuvent s’inquiéter du passage de 65 à 70, sachant que pas mal de ces dernières font parfois…67, et qu’elles peuvent aller dans ces vieux tromblons, mais, selon certains experts comme on va le voir plus loin, sans risques !
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C’est le système anglo-saxon compliqué qui fut source de confusion quand se normalisa, au tournant du siècle, la dimension des chambres par rapport au pouce : de 2 ½ (63,5 cm) à 2 9/16 (65 cm) ou 2 5/8 (67 cm). On rationalisa à l’international et en France à 65 car depuis l’Entente cordiale c’est l’armurerie anglaise qui donnait le ton, mais il existait dès 1909, déjà un Idéal « Perfection » spécial chasse au pigeon vivant qui employait la chambre 2 ¾ ou 70 mm. Voir ci-contre. C’est donc le tir sportif plus exigeant en constance car le moindre détail peut perturber les résultats et le développement du semi-automatique, (à l’époque uniquement représenté par l’ Auto 5, voir notre article précédent) qui inclina à normaliser cette dimension dont le cycle aboutit complètement seulement en 1950.
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A l’époque de l’arrivée du sertissage étoile six puis huit plis, rendant les cartouches plus courtes, où le demi-rond et le carton étaient massivement utilisés, les fabricants restaient intéressés par les chambres courtes qui amélioraient l’étanchéité car le sertissage en se déployant, « lissait » la « marche » sans perturber la gerbe. Les étuis étaient en carton, les bourres feutre ou liège, aujourd’hui le plastique est, comme le dit la chanson, « fantastique » et protège la grenaille d’un bout à l’autre. Aux USA, la cartouche Winchester Super X en 67, puis la Super Speed en 70, déjà qualifiée de « Magnum » provoqua une déferlante : le Remington 11 Sportsman en 1932 se fit spécialement pour la chambre 70, suivi par le NID Ithaca l’année suivante.
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Evidemment, les chasseurs n’étaient pas idiots d’essayer de faire entrer au chausse-pied des étuis trop longs dans leurs chambres sous-dimensionnées, mais le « 70 » était aussi souvent du 67 ou du serti étoile qui, plus court, pouvait aussi entrer parfaitement, le danger étant les surpressions si le collet débordait largement le cône de raccordement. Les spécialistes comme Burrard dès 1938 firent des essais avec dix coups de 32 grammes en 65, puis deux mois plus tard en 70 avec la même charge de poudre pour enregistrer des différences de pression négligeables. C’est sans doute la raison pour laquelle les fabricants de cartouches oscillèrent encore longtemps (1) sur des dimensions variables autour de la chambre 2 5/8 (67) et la charge standard en douze de 32 grammes (1 1/8), marchant tout aussi bien dans la « vraie » 70 (2 ¾). S’il y avait fuite de gaz autour de la bourre ou dans le cône (2), personne ne s’en apercevait, un peu comme aujourd’hui quand on tire du 70 dans un fusil moderne quasiment maintenant toujours chambré 76 (3 pouces) sans que ça n’étonne personne, ni même d’ailleurs quand on pousse jusqu’au super-magnum (3,5 pouces ou chambre 89) !
Il n’empêche, les problèmes de pression turlupinaient toujours quand même les gens car tous les manuels de rechargement regorgeaient encore de recettes où les nouvelles douilles de 70 plus longues permettaient, par exemple pour les sauvaginiers, avec un peu moins de poudre, ajouter 3 à 6 grammes de grenaille en plus. Donc, en 1975 Gough Thomas fit l’essai de tirer dix Eley GP 70 dans une chambre de fusil ancien 2 ½ (63,5 cm) sans constater lui non plus, de différence de vitesse et de pression. Et un peu plus tard (2001) cette fois pour les collectionneurs Sherman Bell adossé au balisticien Tom Armbrust dans le Double Gun Journal firent un peu le même constat, l’augmentation modérée de la pression (15%) n’allant pas au-delà de celle pour laquelle l’arme avait été conçue.
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On le voit, dans l’affaire, c’est moins la longueur de l’étui qui était en cause que la différence de pression encore peu sensible entre 65 et 70 (300 psi sur 10 000) mais qui était montée tout à coup à 1000 psi avec les Super X. Actuellement il n’existe plus de 76 à basse pression (3) et mieux, on parle d’armes modernes et neuves éprouvées bien plus haut pour l’acier, et les fabricants savent bien que les deux (70 et 76) y seront utilisées concomitamment et pour les mêmes normes : 11 500 psi au bas mot. Evidemment, autrefois et maintenant pour les collectionneurs (4), passer du 70 dans une chambre 65 ancienne, largement utilisée et affaiblie c’est autre chose…Bien sûr, la sagesse impose qu’on utilise des munitions appropriées pour son arme, et pas tout ce qui nous passe par la main, même si parfois, et la plupart du temps, ça ne pose pas de problèmes…
1/ En 1930, le catalogue Remington offrait 90% de ses cartouches en chambre 67, et encore actuellement la plupart des balles y sont aussi, longueur de compromis tant qu’il y a encore pas mal de fusils à chambre 70 en circulation.
2/ Voir archive du 25 juin 2021 sur les cônes de raccordement.
3/ Voir archive du 4 février 2026.
4/ Voir archive du 7 août 2021.