"Automatiques" : ce qui a changé
« C’est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître »…Difficile pour les jeunes d’aujourd’hui où un « automatique » haut de gamme (1) peut atteindre 3000 euros, de comprendre ceux qui bataillaient au temps des Beatles, avec l’Auto 5 et ses émules à long recul : Franchi AL 48, et Fabarm Goldenmatic ou Breda Gemma, tous à long recul. C’est l’arrivée du « gaz » à tous les étages de la production italienne qui a sonné le glas du vieux « deux coups » de papa.
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Le calibre douze s’imposait partout, le seize était devenu tout à coup « ringard », le superposé prenait le pas sur le terrain, et les « automatiques » devenus accessibles en prix comme en maniabilité glissaient peu à peu du marais vers la plaine. Voir la pub Remington ci-dessous. Même si on a toujours la larme à l’œil pour lui, le « bossu» n’était pas un cadeau car lourd (même en allégé !) et capricieux notamment avec les cartouches en carton encore légion dans les armureries de chef-lieu-de-canton. Pensez il y avait encore, avec le « Rapid » de la Manu des « pompes » qui ne vous laissaient jamais en plan grâce à la manœuvre « mortier » consistant à taper la crosse contre le sol, les barres d’armement étant censées tenir le coup. Pas sûr que leurs copies modernes chinoises ou turques (2) en fassent autant actuellement (3).
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L’écueil du disfonctionnement, ou pour le moins, d’un fonctionnement bien moins naturel et intuitif que les fusils « se cassant » n’était pas complètement estompé : fallait roder, choisir des options de recul, bidouiller des valves qui néanmoins, s’amélioraient à chaque nouvelle série. Beretta bâtit toute sa renommée là-dessus avec le A 300. On peut certes chasser le gibier d’eau avec son fusil habituel, mais la météo et les performances balistiques différentes sollicitées ont quand même durablement marqué la production de ces armes particulières, en plus subitement confrontées à l’irruption de l’acier. La chambre « magnum » (3 pouces : 76) puis « super magnum » (3,5 pouces : 86) les ont encore plus renvoyés dans le ghetto gibier d’eau.
Le système inertiel Benelli n’a pas tant que ça révolutionné l’offre car le « gaz » était enfin fonctionnel, et pouvait même être devenu très bon marché avec les « tanks » venu de l’Est (MP 153, MP 155), mais nous avions toujours des armes lourdes de l’avant. Dès ces années 2000, l’industrie turque (Stoeger) déjà sous influence Beretta-Benelli pouvait sortir à 600 euros un inertiel avec 3 longueurs de canons (61, 66, 71 cm) sous différents modèles : ball-trap et même tactical. La mécanique était la même, mais le rappel du tube-magasin se faisait par un gros ressort dans le devant et non dans la crosse. Les armes restaient donc lourdes et massives.
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Dans le critère d’achat qui est, dans l’ordre : calibre-mécanisme-longueur de canon-budget, le grand groupe italien est devenu imbattable. Il a 50 ans d’expérience avec la lignée A 300- A 400- Xtrem sur le marché intermédiaire, voire un peu plus bas avec des modèles plus abordables (Outlander). Franchi absorbé en 1994 se place un peu au-dessus en ajoutant tous les petits plus « confort » de la gamme supérieure Benelli dont les arguments techniques, notamment du système AI (4) peuvent se discuter. Pour ces derniers, la seule série Ethos propose 9 modèles, les canons sont suralésés au standard Crio de la marque et chokes extra longs, mais l’avantage de 50 % de vitesse et de pénétration avec le substitut ne semble qu’un atout marketing. Les sites spécialisés US disposant de chronographes et de gel balistique n’y sont pas parvenus, alors pensez, nous autres chasseurs du dimanche…
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Winchester-Browning a plutôt affiné la technique d’un emprunt de gaz fiable issu du Gold (1990), puis Silver, X2, Super X 3 et 4 la valve active dosant une vitesse constante quelle que soit la charge. Par contre, c’est dans le confort et la manipulation, que les semi-automatiques ont beaucoup évolué. Les commandes, fruit de l’influence de la compétition aux trois armes, agrandies, sont plus faciles à utiliser même avec des gants. Il y a de grandes sécurités triangulaires, des arrêtoirs de culasse, ports de chargement agrandis, des ressorts de magasins plus souples, des poignées de culasse surdimensionnées et tout un panel de cales d’ajustement et de devers, de pads de recul modulables. De 500 à 3000 euros, tous en ont bénéficié avec, ce qui ne mange pas de pain, des crosses en polymère, des finitions camouflage par transferts hydros, puis cerakote, et offrir même bon marché, par leur versatilité, de bons fusils de secours à tout faire, notamment avec des canons courts. Ils disposent tous de rails pour optiques type point rouge , de chokes interchangeables pouvant éventuellement les emmener à la battue. Donc avec le (long !) recul lié à l’âge, le marché de « l’automatique » verra le chasseur actuel bien mieux loti que du temps de l’Auto 5 !
1/ Et ne parlons pas du Cosmi, voir archive du 16 avril 2016.
2/ Voir archive du 28 septembre 2022.
3/ Le risque de fabrication moins précise, de chambres mal finies, avec les culots acier qui se coincent plus souvent que les vieux en laiton amène à penser à ne pas trop forcer sur les barres d’armement des copies actuelles de fusils à pompe. Il est plus prudent de dévisser le bouchon-magasin, et de retirer le canon, ce qui peut se faire facilement sur place, mais prendra plus de temps.
4/ Pour Advanced Impact…et rien à voir avec l’intelligence artificielle !