Bob Brister (1928-2025) : à l'assaut des idées reçues
Avant Internet, et c’est difficile à comprendre chez nous où la culture du « Chasseur Français »…(comprenez par là, celle de la fameuse revue complément idéal du « tarif-album » lié à la Manu), ne peut se comparer avec ce qui se passe chez les anglo-saxons, l’écrit y fit plus vite son chemin que de notre côté du Channel. Cette forme de Presse qui y prévaut depuis le XVIIè siècle (1) donnait le tempo et accompagnait les modifications technologiques, comme l’arrivée de l’acier avec Bob Brister.
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Ce texan fut à la fois un tireur sportif de haut niveau (2), un balisticien, et un spécialiste du gibier d’eau autour du lac Livingston et des plaines alluviales de la Trinity River, bien décrites dans son recueil de nouvelles « The golden crescent ». Journaliste « plein air » du Houston Chronicle (1954-1993), il collabora dès 1965 à Field and Stream, dont il devint rédacteur en chef de la rubrique tir en 1972. Il est difficile de nos jours de comprendre l’influence considérable de toutes les personnalités médiatiques qui entretenaient la passion du « terrain » autour de la trilogie Field and Stream et son écriture pointue, Outdoor Life à la mise en page soignée, Sport Afield enfin pour sa part, se situant un peu entre les deux.
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Dans les décennies 1950-1970 les stars comme Nash Buckingham (3), Havilah Babcock (4), Georges Bird Evans (5), entourés d’une armée de vieux briscards de leur trempe, pigistes chevronnés écrivant sous pseudos, étaient les mentors au quotidien des chasseurs lambda auxquels parfois, ils pouvaient répondre personnellement sur l’emploi de telle ou telle cartouche, l’usage de leurres ou des appeaux. Son livre « Shotgunning, the art and the science » (1977) reste un best-seller, et un classique pour apprendre et surtout comprendre des choses que 90% des chasseurs ignorent encore.
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Dans l’époque cruciale de l’arrivée de l’acier en Amérique du Nord, il aida à mieux percevoir les enjeux de ces nouvelles cartouches, n’hésitant pas à mettre en scène le break familial conduite par une épouse (confiante !), tractant à des vitesses prédéterminées une grande cible de 5 mètres carrés sur laquelle il envoyait des nuages de plombs. L’idée directrice était de faire comprendre que la même munition tirée dans la même arme, donnait une gerbe similaire, mais que la marge d’erreur était purement humaine, notamment sur une trop grande anticipation. Sa cible mobile révélait une dispersion différente selon les distances et vitesses, les plombs, sauf de près ne l’atteignant pas simultanément : ceux du centre en premier, puis la périphérie plus lente, du fait de la déformation. Plus la gerbe était large plus elle s’allongeait et il prônait donc un alésage plus large (18,5 et au-delà) considération assez iconoclaste au moment où chez nous on en était encore aux juxtaposés à chokes fixes ultra serrés, censés « piquer loin »…et reculer comme des ânes ! Suivez mon regard on a tous encore pas mal de ces entêtés qui nous font de l’œil au coin du râtelier !
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Avant le gel balistique encore coûteux, il testait la pénétration avec des boîtes de cartons empilés espacés de quelques centimètres, et Tom Roster compléta les tests avec ses études portant sur des milliers d’oiseaux. Adepte de la pêche à la mouche et des labradors sable, il se rendit comme tous les grands « gunwriters » du moment en safari en 1982, dont il revint guère enthousiaste, regrettant publiquement y avoir tué le seul éléphant de sa vie, ce qui ne manquait pas de courage à l’époque. Il serait d’ailleurs curieux de voir comment de tels auteurs disposant d’une telle aura arriveraient à se dépêtrer actuellement de nos « réseaux sociaux » et à sans doute être obligé de se justifier face aux myriades d’imbéciles et soi-disant « experts » qui y apparaissent ou disparaissent du jour au lendemain…
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1/ Le premier ouvrage sur la pêche à la ligne écrit par un pratiquant date de 1653 (I.Walton).
2/ Notamment de la fin du tir aux pigeons vivants, progressivement disparu en Europe, mais encore autorisé au Mexique, frontalier du Texas.
3/ Voir archive du 27 février 2022 sur ce personnage, revenu à la une de l’actualité quand on retrouva « boo whoop » son fusil culte réapparu 50 ans après sa mort. Bob Brister connut une aventure similaire avec son superposé Merkel en 12 qui disparut chez un armurier où il avait été envoyé pour réparations.
4/ Voir archive du 13 mai 2022.
5/ Voir archive du 4 septembre 2020.