Sanglier : le camouflage est-il un plus ?
Alors que la couleur « orange blaze » est obligatoire depuis 2019 (1), c’est un débat de la même eau que fumer ou faire des tas d’autres choses au poste (2) et quel niveau de camouflage et de couleur (3) pour y être le plus efficace possible? Faut-il y être équipé de pied en cap, par « bouts », ou en tenir compte du mieux possible mais en mettant plutôt en avant d’autres critères comme le confort et certaines observations de bon sens qu’on a tendance à oublier dans l’adrénaline de la traque ?
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Bon, on a bien fini par le comprendre, face à cet animal imprévisible, l’adrénaline fait parfois oublier le bon sens ses atouts face aux prédateurs (dont nous faisons évidemment partie) sont dans l’ordre : 1/l’odorat ; 2, l’ouïe ; 3, la vue. Celle-ci peut être déplorable, mais il n’est pas aveugle pour autant. Pour les deux premiers sens, et avoir quelques battues au compteur, tentez déjà de vous rappeler si, à mauvais vent, le succès était au rendez-vous ? Bien sûr, immédiatement poussé par les chiens il peut (surtout les jeunes) sortir n’importe où, mais comme en général personne ne tient vraiment compte du vent et de son orientation pour placer les lignes, inutile de dire que : comme ça claque les portières, cause en se rendant au poste pour échanger les derniers potins ou s’extasier sur un « pied » aperçu en chemin, la journée risque d’être longue ! Heureusement que, de nos jours, avec les talkies on peut au moins suivre ce qui se passe…
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On le sait tous, la pression de chasse rend l’animal plus méfiant et sa sensibilité à la présence humaine est bien plus fine que celle des cervidés. Habitué à la belle saison à naviguer dans les mers de maïs où en plus du gîte et du couvert (voir ci-contre !) il ne voit personne pendant des mois, il sait parfaitement faire la différence entre le fond sonore de la vie rurale (va et vient de tracteurs, allées et venues autour des bovins), et tout ce qui est inhabituel est donc potentiellement dangereux pour lui. Sa morphologie (épaule-cou) est adaptée à une recherche de nourriture près du sol, et si la végétation basse masque sa vue, il reste néanmoins comme tous les grands animaux, très sensible au mouvement.
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Le camouflage ne sera donc d’aucune aide si on gesticule, sans avoir pris la précaution d’être ganté, coiffé, et sans même parler de la couleur orange blaze (4) désormais obligatoire depuis 2019, de « casser » la silhouette humaine caractéristique verticale en forme de bouteille. L’immobilité est de mise, il faut s’entraîner à voir avant que l’animal ne nous voie sans faire de mouvements inutiles, et s’il faut bouger sur un animal en approche, plutôt le faire avec des mouvements lents et réguliers. Le marketing a bien sûr suivi l’actualité et nous propose désormais des gammes entières de vêtements dans la fameuse couleur orange, pas toujours, là encore souvent vue sur le terrain, à la hauteur en matière de confort.
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C’est plutôt là-dessus qu’il faut miser car certaines traques sont longues à attendre au poste sous les intempéries, et un véritable loden certes plus onéreux sous le gilet de tir, qu’un super ensemble fabriqué en Chine qui vous laissera tomber à la première averse. Tant pis si on n’est pas équipé léger comme à l’Ouverture derrière les chiens dans les champs de luzerne, il faut pouvoir parfois tenir pendant des heures dans un froid glacial, suffisamment alerte pour pouvoir encore anticiper, puis épauler après des heures de position statique.
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Ne dépensons donc pas une fortune dans cette couleur nouvelle dans notre environnement, certes rappel de sécurité entre voisins chasseurs et avec la population, mais plutôt mixons avec ce qui a fait ses preuves en matière de confort habituel pour d’autres chasses au poste tout autant tributaires des éléments déchaînés en période hivernale : sauvagine ou affûts divers. L’orange blaze maintenant se camoufle aussi pour éviter de proposer une tache uniforme à la vue du grand gibier, et il existe même un « blaze » de couleur rose pour les dames chasseresses bien tentant pour tout à la fois se rapprocher de leur joli minois, ou même de la hure (certes moins avenante) des bêtes de (bonne ?) compagnie. En effet, croyant que nous sommes des congénères domestiques gageons qu’elles vont, elles aussi, accourir vers nous à toute allure…Et elles auront raison car, pour paraphraser un fameux dicton : « pour le cochon, tout est bon » !
1/ Voir archive du 29 avril 2019.
2/ Voir archive du 8 juin 2017.
3/ Voir archive du 11 décembre 2012.
4/ Les USA furent précurseurs en ce domaine et certains états (Texas par exemple)le rendent obligatoire (144 pouces carrés au-dessus de la taille) pour toutes les chasses.