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8 mars 2026

Fusil à pompe : bon à savoir...

Vieil adepte du système (1), la battue sanglier redonne vie à ce concept, surtout avec la production actuelle venue de Turquie proposant des offres très intéressantes si on veut se doter d’un fusil dédié à la croisade contre sus scrofa. Mais attention, il vous faudra tenir compte de nouveaux paramètres auxquels plus guère de chasseurs en France ne sont habitués (2) surtout depuis la disparition du « Rapid » de la Manu.

Il y a dans le FAP un effet de look ou de mode qui date d’il y a bien longtemps, époque bénie où officiait J.M.Browning, mais qui n’a plus cours maintenant que l’on dispose des alliages spéciaux type « aéro » et que ce sont avant tout des armes légères et maniables pour des cartouches de qualité standardisée parfaite. Les cartouches de l’époque encore en carton, souvent de chargement « maison », étaient dotées d’amorçages plus longs de quelques millisecondes, et selon l’idée originale de JMB, la main faible du tireur droitier devait agir comme un corps inertiel, et nécessiter une action ferme dans un sens puis dans l’autre sous peine de « pipe » ou éjection en « tuyau de poêle »

Il ne faut pas oublier non plus que les culasses étaient faites d’acier massif, et si vous avez un copain qui en possède un, empoignez, pour voir, un Auto 5 de la grande époque, celle de Liège des années cinquante, et vous comprendrez…Pour le modèle 97, JMB avait développé (donc bien avant de dispositif Civolani-Benelli) un verrou inertiel tenant déjà compte du recul où le devant, devait déjà offrir une petite secousse pour aider au recul, et Marlin l’année suivante un loquet coulissant avec un même système, cette fois pendulaire mais encore inertiel.

Malgré tout, il vous faudra oublier tout ce que vous faites avec un fusil classique de support ou de prise lâche de la main faible puisqu’il va falloir vigoureusement pomper vers l’arrière après le choc initial du recul (3), mais idem, fermement ensuite vers l’avant tout en repointant…ce qui n’est parfois pas plus mal pour la précision, si on a pris l’habitude de « rafaler » selon la fameuse méthode « spray and pray » (arrose et prie…que ça atteigne la cible) !

En vertu de ce qu’on a vu plus haut, contrairement aux pompes classiques comme les anciens Remington 870 par exemple, la production actuelle c’est plutôt canons légers et courts à rayures non dispersantes, et crosses polymères. L’équilibre n’aura donc rien à voir avec ce que vous employez habituellement même si l’ergonomie et les préférences personnelles peuvent varier à l’infini. On le sait tous, un canon lourd met du poids sur l’avant, fatigue certes, mais donne de la fluidité au mouvement et pardonne plus d’erreurs de jugement au tir. C’est pour ça qu’on peut sourire quand on voit des copains vous démontrer le bon équilibre de leur fusil en le faisant tenir en équilibre sur leur doigt. OK pour la démonstration, mais que dire si on rate tout avec ?

Cet équilibre se passe à l’état statique devant un auditoire de collègues intrigués par la bête, sans mouvement, mais à la chasse on est dans un contexte bien plus dynamique où la répartition des poids va jouer énormément. L’armurier ou plutôt le « vendeur » soucieux de faire « du chiffre » et d’écouler cette production turque bon marché vous parlera d’un équilibre idéal « entre les mains » c’est-à-dire léger aux extrémités et lourd au centre agréable à porter et à manier car compact, mais pas forcément à (bien) tirer. Dans le tir non déjà épaulé que l’on trouve souvent à la battue cette arme montera vite, la crosse bien avant le canon léger et risque de tir bas. Le dépaysement sera total avec les armes classiques de même poids, mais pas de dimensions, moins « nerveuses » mais pardonnant plus les erreurs initiales de positionnement.

Le FAP actuel n’est pas celui des années 50-60 on l’a vu lourd et avec une mécanique de bielles et de leviers comme les locomotives de l’époque, et il est encore plus prudent qu’avec les autres armes de battue de faire des essais de maniement et bien sûr de munitions que, malheureusement on ne peut plus faire avant achat de nos jours. Venant d’en régler un pour un copain, vendu comme idéal avec des « balles-flèches », il n’a bien tiré que des bonnes Brenneke classiques, et à la dernière battue il avait repris son vieil « automatique » alors…

1/ Voir archive du 3 octobre 2025.

2/ Voir archive du 1 juin 2020.

3/ Bien plus sensible qu’avec les semi-autos à emprunt de gaz dont la cinématique amortit le phénomène. Par contre il « bouffe » tout et se montre très sécuritaire et facile d’emploi, surtout dans les chasses collectives ou pour la traque, avec le « demi pompé » un peu similaire, dans l’esprit, avec le demi armé des armes à levier de sous-garde.

 

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