Superformance, High Energy, Hypersonic : magnums sans l'être ?
Toutes abandonnées de nos jours, ces cartouches qui firent florès il y a 15 ans ont toutes été abandonnées, et si on les retrouve encore sur les étagères des armuriers, elles méritent d’être étudiées pour en connaître les caractéristiques différentes du tout venant. Avec une bonne soixantaine de m/s de mieux que les munitions standard, elles titillaient les magnums mais perdant en précision, et avec plus de recul.
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C’est un peu Hornady qui a donné le ton de cette tendance à comprendre dans la progression de la chimie des poudres, et surtout du process mécanique désormais maîtrisé dans la technologie LeverRevolution un peu plus tôt (2004) pour les calibres des armes à levier. Il s’agit du mélange de propergols donnant des poudres très denses à combustion plus lente (1), sans dépasser les pressions requises par le SAAMI (équivalent nord-américain de notre CIP), pour donner plus de vitesse, autour de 60 m/s, ce qui peut avoir un certain intérêt sur certains calibres « limites » au grand gibier. C’était le cas de l’antique 30-30 pour les armes à levier, mais peut-être aussi quelques-unes à verrou : 6,5X55, ou le centenaire 270 Winchester, conçu autour de la balle de 130 grains.
Hornady fit fort avec pas moins de 74 références (du 222 Remington au 444 Marlin), mais aussi une gamme varmint (17 Hornet, 204 Ruger, 22-250, 243 Winchester, 222-223 R) en utilisant ses balles déjà bien maîtrisées GMX et SST, une grosse Interlock avec coiffe plastique dont l’épaisseur et la conicité variait selon calibre et poids de balle. Cela permettait d’approcher les performances des « gros » chargements manuels, face à ceux sous-chargés « usine » procédure classique des encartoucheurs américains pour se prémunir contre les procès éventuels. Pour exemple, en 30-06, et balle médiane de 165 grains donnée à 870 m/s dans un canon de 60 cm, on passait tout à coup à 935 m/s soit les performances du 300 SAUM, ou du 308 Norma Magnum !
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Remington avec sa gamme Hypersonic présentée en 2013 au Shot Show de Las Vegas donna aussi jusqu’en 2022 dans ces versions « suralimentées » mais avec seulement 9 calibres (2), et Federal guère plus avec sa gamme « High Energy » arrêtée un peu plus tôt. Dans tous les cas, on attendait une trajectoire plus plate, mais avec des balles à faible coefficient balistique (3) face à la concurrence qui commençait à se profiler avec le 6,5 Creedmoor. Qu’importe cependant, et les fabricants le savaient bien : même si on tire plus loin que chez nous aux USA, la moyenne des tirs longs sur wapiti ne dépasse pas 250 mètres, et à cette distance la différence de coefficient balistique est mineure.
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Par contre, ce supplément de vitesse pouvait mieux exploiter ces balles robustes sur de gros animaux dangereux (ours élan), mais au détriment de la précision (4), et surtout du recul…au moment où la mode des carabines légères « de montagne » battait son plein. L’expérience pouvait se montrer violente sur une 308 Winchester de 2,7 kg ruant désormais autant qu’un 300 Winchester Magnum, à la précision rendue subitement capricieuse, et les étuis durs à extraire, seul au diable bouilli dans les sierras enneigées ! L’impératif du canon long d’au moins 24 pouces pour exploiter complètement la combustion des poudres se heurtait aussi à la vogue des carabines courtes, et bien sûr du « souffle » et boucan à prévoir derrière et à devoir gérer sans doute avec un frein de bouche.
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Les procédés de fabrication « usine » avec des poudres exclusives, en plus sensibles aux variations de température, rendit quasiment impossible le rechargement très généralisé en Amérique du Nord ce qui expliqua sans doute l’abandon général de ces munitions il y a quelques années. Dans l’absolu, il est vrai qu’on pouvait en attendre une « révolution » : le 30-30 devenait le 300 Savage, le 280 Remington le 7 Rem Magnum, le 270 Winchester le 270 Winchester Short Magnum, le 30-06 le 300 Winchester Magnum, le 35 Remington le 358 Winchester pourquoi pas ? Vous l’aurez compris, dans le marketing, la notion de « magnum » reste encore trop vendeuse afin qu’on la laisse tomber subitement pour une autre idée saugrenue, et soi-disant lumineuse de surcroît de vitesse.
1/ Il s’agit d’un contrôle plus précis de l’accélération, un peu comme les dragsters…ce qui explique la publicité parlante établie chez Hornady sur les boîtes…
2/ 222 Remington, 243 Winchester, 270 Winchester (et une balle de 140 grains), 308 Winchester, 30-06 (en deux poids de balles 150 et 180 grains), 300 Winchester Magnum.
3/ En 300 Winchester Magnum le coefficient balistique est de 0,402 quand celui d’une Nosler Partition est de 0,507.
4/ Elle pourrait se comprendre sur certains gros animaux (sangliers) aux distances courtes de la battue où la différence de groupement de quelques centimètres n’est pas rédhibitoire.