Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
FCM 25.00
Publicité
21 avril 2026

Camouflage : un sujet discutable à la Chasse ?

Le changement (2024) du camouflage de l’Armée française abandonnant le « Centre Europe » de la guerre froide depuis 1991, largement disponible en surplus, et souvent utilisé à la chasse peut donner à réfléchir. Le nouveau (bariolage multi environnement) ressemble furieusement au « Multicam » des anglo-saxons, et d’ailleurs, en quoi ces camouflages militaires peuvent-ils nous intéresser ?

Depuis 50 ans, fini le temps des « surplus » qui, pour pas cher, permettaient d’équiper les chasses d’affût. Le tsunami des marques américaines (Mossy Oak, Realtree, etc ) a envahi le marché, et même les grands magasins de sport chez nous renouvellent régulièrement leur gamme. Le « camo » chasse, aussi sophistiqué qu’il soit ne croise les impératifs militaires qu’en deux points : le visuel et le ton. Mais avant, à quel niveau interfère-t-il dans notre pratique ? Qui se souvient encore des chasseurs en cotte, ou pantalons de velours côtelé, en « canadiennes » de toile qui n’avaient pas besoin de ressembler aux « pt’its gars » de Bigeard, pour mettre le lièvre au carnier ?

C’est des USA, où on chassait encore il y a quelques décennies en vestes à carreaux rouges (1) que nous viennent les enquêtes les plus sérieuses. Un grand magazine sur 2000 chasseurs a montré que 58% portaient toujours une tenue camouflée, 32% habituellement, et que le succès intervenait beaucoup grâce à lui pour 36%, assez 28%, et 12% où ce bariolage, de toute façon, ne faisait pas de mal. Plus encore 97% se disaient ouverts à toute nouveauté en ce domaine…ce qui peut expliquer toutes les arnaques marketing qui interviennent en rafale !

Si chasseurs et militaires ont le même objectif qui est de se fondre dans l’environnement, ce n’est pas dans le même but. Le premier est souvent statique face à la perception animale, quand le second est en mouvement face à la perception humaine, ce qui est fondamental car l’animal qui certes à d’autres atouts (olfactifs notamment), est doté d’une perception visuelle amoindrie. Il voit tout en bleu-vert, et notre « orange blaze » des battues est pour lui vu en gris. La distance d’engagement est aussi totalement différente : polyvalente toutes distances, mais généralement 300 m voire plus pour les militaires, et bien plus courte pour le chasseur.

Le premier camouflage de chasse Trebark (2) devenu « collector » et qui revient au goût du jour, du fait de la vogue vintage  imitait des troncs d’arbres, l’ASAT (All Season All Terrain) des archers qui suivit offrait des lignes proéminentes destinées à casser la silhouette, puis le Predator des contrastes élevés avant le 3 D et la notion de « profondeur » des marques plus célèbres du boom de la grande époque n’emporte tout. C’est la modélisation par ordinateur (Optifade, Sitka, Kriptek) qui a rapproché les chasseurs des militaires en s’inspirant de la notion de « déception » visant à leurrer le regard et à « boucher » les trous dans l’environnement, et plus seulement à « casser » la silhouette humaine en forme de bouteille, phénomène que l’on connaît tous quand, assis au poste, un chevreuil vous arrive dessus, vous regarde, mais sans sembler vous voir. Ce sont en fait d’autres sens, odorat, bruit suspect, qui l’inquièteront auparavant. L’œil humain voit, enregistre tout, puis transmet l’information au subconscient qui la filtre pour le conscient, et c’est là que ces motifs visuels entretiennent la confusion, ou envoient une fausse information…circulez, il n’y a rien à voir…Grossière erreur qui peut se payer d’une vie, animale à la chasse, humaine à la guerre.

En plus des grandes « majors » citées, la plupart des nouveautés intègrent désormais cette approche polyvalente car issues de nouveaux secteurs, ceux des transferts et des apprêts pour armes, lassés de de devoir payer des royalties. Toutes les grandes marques armes-vêtements, les grandes surfaces, vont vers cette approche militaire qu’il s’agit pour nous de comprendre. Notre vieux « Centre-Europe » va céder la place à un six couleurs, enchevêtrement de formes brisées de grande taille (voir ci-dessus), de dégradés et de petites taches franches sur base de « brun terre de France » qu’on retrouvera aussi sur les véhicules. On peut en espérer au combat un gain d’absence de détection de 25%. Pour les années 2030-2040 on peut même penser qu’il existera des camouflages actifs qui s’adapteront à l’ambiance. Nexter étudie déjà des modèles de tuiles polychromes à refroidissement liquide pour les véhicules qui pourraient passer à des bâches semi rigides composées de nanostructures de céramique, pas loin d’un tissu adaptatif, une sorte de cape d’invisibilité en quelque sorte. De là à extrapoler qu’on finira les trouver à la chasse, si elle existe encore sous la forme que nous connaissons actuellement, il n’y a pas loin. On s’est mis au « camo » parce qu’il nous cache plus ou moins, (et aussi qu’il masque mieux la saleté !), mais comme l’habit ne fait pas le moine, ce n’est pas le treillis qui fera le chasseur…

1/Voir archive Buffalo Plaid Mackinaw 7 janvier 2022.

2/ Voir archive 29 novembre 2020.  

Publicité
Commentaires
FCM 25.00
Publicité
Archives
Publicité
Publicité
Publicité