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22 mai 2026

22 LR Hypervéloces : en avoir...ou pas ?

Les guêpes, vipères, vestes jaunes et autres balles dorées ont amplement été développées ici, (1) mais la nostalgie et la curiosité inclinent tout amateur du petit calibre à se demander « au cas où » s’il ne serait pas nécessaire d’en garder une ou deux boîtes au frais. Comme pour les vieilles cartouches c’est souvent par succession qu’on remet le nez dans ce nid vrombissant d’hymenoptères survoltés qu’il convient d’analyser à l’aune de la production actuelle.

Ce fut la réponse de Remington à la douloureuse piqûre « Stinger » (2) qui renvoyait aux calendes grecques les anciennes « hautes vitesses » d’avant-guerre (3). Dans les années 80 où le petit calibre n’était pas encore marginalisé et présent partout, même pour les semi-automatiques, tout le landerneau en fut bouleversé : on conservait une précision acceptable depuis un appui stable et dans de bonnes conditions, mais avec un effet de punch véritablement dopé, ce qui était rassurant quand un animal plus coriace qu’un garenne (4) était en vue. L’alternative au « monstre » Stinger était bien vue, car des USA arrivèrent vite les premières critiques : le petit prodige de CCI, un peu plus long était déconseillé par certaines marques (Ruger pour l’omniprésente 10/22), d’une précision médiocre, et l’offre Remington semblant plus raisonnable pour le varminting qui là-bas couvre un éventail de « nuisibles » bien plus large que chez nous.

Toute cette production chasse-tir de loisirs disparue de notre horizon depuis les années 90, nous allons le voir plus loin, est maintenant dépassée en performances par ce qui se fait de nos jours, et se montrait même surpuissante déjà face à nos besoins. Les SA Reina, Gevarm (5) qui faisaient le miel des teenagers étaient trop sollicitées mécaniquement, la discrétion commençait à être de mise, la précision pas trop au rendez-vous car les projectiles à cône tronqué 33 grains avaient une stabilisation aléatoire du fait de l’absence de lubrification, d’un revêtement électrolithique (la fameuse « veste » jaune ou dorée !) s’écaillant car difficile à faire passer de la percussion centrale à l’annulaire. Ils étaient, en plus de forme irrégulière dont on ne pouvait espérer des trajectoires parfaites ni similaires, car produits sur des machines poussées à plein régime, sans contrôle qualité derrière et souvent dans un conditionnement « discount » par seaux en vrac trincaillant à l’arrière du pick-up !

Aux USA, dans l’aspect chasse, celle du « squirell » notamment (6) qui est une institution, tous ces dragsters pouvaient endommager ce qu’il est difficile d’appeler la « venaison » d’aussi petites bestioles, à part peut-être en Floride où la « Viper » (même conception mais balle pleine) était capable, aux mains des braconniers, de percer la cuirasse protégeant la cafetière des alligators. En Australie où le lapin est un fléau, on utilisait n’importe quelle 22, notamment la Winchester PP, pour des tirs au corps à 90% mortels au premier coup, les Stinger étant imprécises, et les HV décevantes car inutiles pour la chasse en mouvement sans support où s’appuyer pour le placement, ces dernières frappant comme à l’emporte-pièce, perdaient le gibier.

Actuellement, bien sûr, tout aficionado du petit calibre se doit d’avoir au moins tiré une fois ou deux fois dans sa vie ces bolides reliques du passé, certes relégués au second plan par la production moderne, où curieusement quand même la « Stinger » est toujours là tel un ovni ! Ses concurrents Minimag et Vélocitor lui sont souvent comparés (7), bien sûr en bien mieux, mais les vieilles « jaunes » seraient-elles vraiment larguées ? Leur groupement faible était cependant suffisamment efficace, la puissance d’impact palliant au placement, la vitesse annoncée (454 m/s) étant souvent moindre ou irrégulière. Grâce aux logiciels (Pointblank) sur une carabine réglage à 50 yards (45,7 m), la flèche à 100 yards (91 m) d’une Yellow jacket était de 23 cm face à la Minimag (13 cm) et la Vélocitor (10 cm). Mais à 69 mètres elle faisait aussi bien (8), et c’est donc aux portées optimales que ces nouvelles munitions lui sont supérieures. Ce qui s’explique par leur dessin et un meilleur coefficient balistique (0.138 la Mimimag, 0.134 la Vélocitor contre 0.107 la Yellow jacket) et une puissance de réserve plus longue : la Velocitor donne 184 joules à 50 mètres, mais encore 145 à 100 mètres.

1/ Voir archive du 21 mai 2021.

2/ Voir archives des 12 juin 2019, et 30 septembre 2022.

3/ Voir archive du 4 juin 2022.

4/ Voir archive du 24 mars 2022. L’auteur lors d’une longue « permission » sous les drapeaux outremer en 1971, écumait le surplus de gent lapinière au crépuscule, et même après plusieurs soirées d’affût, parvint à épingler un goupil qui tournait autour des appelants sur une mare de gabion en baie du Mt-St-Michel. Epoque bénie où on pouvait encore baguenauder sur les « herbues » avec une 22 sans trop avoir à se justifier…

5/ Voir archive du 1 janvier 2021.

6/ Sur la chasse aux écureuils aux USA archive du 28 octobre 2020.

7/ Voir archive du 14 avril 2021.

8/ Groupement dans 3 cm, mais tenir compte avec votre carabine réglée à 50 m de prévoir un impact 5 cm plus haut.

 

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