Etes-vous "SUPER" ou "JUXTA" ?
Ah le fusil de Pépé ! Le vieux tromblon, celui des premières sorties au sortir de l'enfance, sans "permis" à passer, celui "de conduire" étant déjà suffisamment stressant, où on apprenait sur le tas à tirer la caille et le perdreau, après avoir feuilleté avec fièvre l'épais catalogue de la "Manu". Le gibier était abondant, on pardonnait les "enfumades", les conseils étaient empiriques : "tirer droit", "mettre devant", "faire péter"...de toute façon, les occasions ne manquaient pas de se refaire.
A part certains esthétes, nostalgiques de l'ancien temps ou des armes fines, le juxta n'avait plus trop la cote, mais il reprend peu à peu sa place au soleil. Les grandes marques françaises (Verney, Chapuis) l'avaient déjà au catalogue, et maintenant voici aussi que les Italiens s'y mettent avec de jolis modèles : Fair Iside, Beretta Parallelo. "Voyons voir" en quoi il est différent du superposé.
Est-il plus solide ? Non. Mieux equilibré ? Non. Moins lourd, là oui assez souvent. Plus précis ? Non. Il a la même convergence, mais sur le plan horizontal, aux environs de 35-40 métres. Sur certains tirs disons "fins" (palombes au posé, hutte), celui qui est habitué à l'image simple du canon supérieur pourra être un peu dépaysé, mais c'est démenti par l'experience, notamment par exemple avec les fameux "canardouze" spécialistes des tirs sur les mares, et dont les canons n'ont pas de convergence pour couvrir plus large.
Les atouts du juxtaposé : on le voit sur la photo ci dessus, la main gauche, celle qui guide le tir est plus haute, et les doigts au même niveau dans la ligne du regard. En fait, vous tenez votre tir dans votre paume. La main qui pointe est sur le même plan que la ligne de visée et on peut penser qu'elle aide à aller plus vite vers la cible en mouvement. En plus, si vous avez, ce que l'on trouve plus souvent sur les juxtaposés, notamment de qualité, une crosse anglaise, on peut dire que le juxtaposé est plus propice aux situation nécessitant un tir rapide, aux situations imprévisibles, au "coup d'épaule", à la situation de la chasse classique où le gibier qui fuit devant vous, que l'on "souligne" avec les deux canons, et que l'on dépasse selon le fameux "queue-tête-pan" !
Et le superposé quasi général partout, il est bon à quoi ? Sa visée est bien plus haute (voir photo) au dessus de la main, et il facilite les choses pour les débutants qui n'ont pas encore l'oeil directeur vraiment dominant. On accomode en effet mieux sur cette "autoroute" unique plutôt qu'au milieu d'une barre de ferraille oscillante à laquelle il fallait un temps s'habituer. Mais avec les visées "lumineuses" actuelles, mais qui n'existaient pas dans les années 70, tout le monde est un peu à égalité de ce côté. Presque toujours équipés de crosses "pistolet", ces superposés favorisent aussi la visée précise, bien accrochée à l'épaule, là où on a le temps, par exemple au chien d'arrêt, de bien se préparer à tirer. Même chose donc pour le trap, la battue, tout ce qui est départ et trajectoires prévisibles, notamment aériennes : passées, faisans "stratosphériques" venant tout du même endroit. Ajoutez à ça l'influence du ball trap et de la mode qui prévalait dans les années 70-80, et vous comprendrez mieux pourquoi on voit encore beaucoup plus de superposés que juxtaposés sur le terrain.

