Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
FCM 25.00
Publicité
30 mars 2014

Comment on chassait ...en 1555 ! Episode 2, les chasses de Gilles

Finalement, c'est assez marrant, pas si différemment que ça de nous ! Les amateurs de pigeons vont sourire quand ils apprendront qu'il appréciait le "juc" des ramiers, ou le tir des oiseaux branchés (d'où nous vient "juché"). Sinon il pratiquait les "étraques", chasses aux chiens courants pour lièvres et lapins qui donnaient soit dans des filets, soit sur des chasseurs dissimulés. Il faisait aussi le "relevé" du lièvre, chasse aux chiens "couchants" (de nos jours on dit chiens d'arrêt), les chasseurs du cru semblant mélanger les bêtes aux grandes oreilles "...Drouet tira une chuque (une grosse mère lapine) pensant que ce fust ung lièvre" ! 

sang coiffé

Les lapins qu'ils nomme "connins" étaient très nombreux, chassés également sous terre "Symonnet et plusieurs aultres fouiyssèrent des renardeaux". Plus curieusement côtés volatiles on chassait aussi beaucoup à l'époque des gibiers dont nos palais ont bien perdu le goût de nos jours : hérons et râles, poules d'eau et foulques, tout ça étant mis longtemps à mariner pour faire des râgouts. S'il n'y avait pas encore de faisans, les perdrix étaient nombreuses prises souvent aux filets voire relâchées pour repeupler : "...je laisse aller la vieille poule et ung jeune coq et leur couppe le petit ongle du pied droict pour les recoingnoittre, sy d'aventure on les reprend...Symonnet et Damours prinrent quattre perdrix rouges qu'ilz apportèrent vives". Le livre du sire de Gouberville a aussi longtemps posé une énigme à ses exégétes, quand il parle d'un oiseau mystérieux qui ne semble d'ailleurs pas chassé car on ne le voit jamais au menu de sa maisonnée. Voici la phrase mystérieuse : "il estoit vol de vitecos quand je partys de la maison Vaultier". C'était le soir,  heure de la croûle et ce fameux "vitecos" ou "Vitecoq" semble bien être (certains ont suggéré des grouses, ou des grosses perdrix)... la bécasse qui, comme par hasard se nomme "woodcock" en anglais ! Quant à la tirer avec une lourde arquebuse, on comprend qu'il ne pouvait pas facilement l'installer à sa table ! 

Le grand gibier était bien sûr la grande affaire des nobles. Il chassait à courre le cerf avec ses voisins en établissant tout un réseau de meutes-relais avec chevaux dans les forêts voisines. On redoutait justement, selon le fameux adage "au sanglier le mière (médecin), au cerf la bière (cercueil)" les grands andouillers comme cleui "qui creva ung oeil à ma levrette Escarlatte que Gilles Auvray lui lâcha en queue comme on le luy avoyt dict". Le sanglier n'est semble t-il pas chassé à courre, et souvent pris en allant au lièvre grâce aux fameux "lévriers" dont on va parler au prochain chapitre. Les sangliers étaient coiffés par les chiens et servis à l'épieu comme on le voit sur ces gravures. 

Publicité
Commentaires
FCM 25.00
Publicité
Archives
Publicité
Publicité
Publicité