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FCM 25.00
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12 novembre 2015

A la palombe comme dans les Landes, par chez nous !

La migration a commencé depuis quelques jours, avec un peu en retard (changements climatiques obligent) vu la douceur ambiante sur le fameux adage bien connu des « pigeonneux » en tous genres « à la Saint-Luc  (mi-octobre) c'est le grand truc » ! Dans notre Sud-Manche, discrètement, tout à côté de notre société FCM 25, se préparent des spécialistes qui ont su voir grand pour assouvir leur passion, et sont tout aussi bien équipés désormais que les célèbres « paloumayres » landais.

 

vue gene

Michel  a accepté de nous recevoir dans sa thébaïde, une sorte de « septième ciel » presque atteint d'entrée puisqu'il y a cinq étages, et qu'on y culmine à 14 mètres de haut ! Sujets au vertige interdits sur ce bâtiment (1) qu'il a mis trois ans à édifier, à l'image de ce qu'il avait vu en Aquitaine. Au beau milieu d'une chasse privée de cent hectares, il a même peaufiné le dispositif avec deux autres postes, eux, au sol, mais pouvant également, par un appareil de filins et de cheminements dérobés et cachés, actionner des appelants vivants.

 

Il utilise alternativement une équipe de 4 bleus de Gascogne pour pallier aux décès en volière, ou à ceux qui risqueraient de s'échapper. Pas d'appelants ni de formes au sol, car ce tapis de « faux pigeons » distrait les voliers qui, alors, se cassent et rendent plus difficile le tir, quasiment toujours au vol. Les poses trop proches, souvent à touche touche, à quelques mètres du chasseur embusqué, peuvent être tirées à partir de « guichettes » à la carabine de jardin 9 ou 14 mm. Mais le but du jeu, c'est bien de faire venir les palombes à portée de tir, à la lumière d'observations attentives d'abord de la météo. Pluie ou brouillard, rien ne vole, autant rester à la maison. Un peu comme au gibier d'eau l'idéal c'est un petit vent d'Est de décembre où, tous les maïs étant rentrés, on observe de grands rassemblements, et où s'élabore toute une stratégie d'emploi de l'appelant, en ayant déjà identifié s'il s'agit de migrateurs ou de quasi sédentaires. Michel nous en donne l'astuce bonne à savoir : « ces derniers, se posent et s'envolent d'où ils sont entrés, c'est-à-dire, de trouées dans les arbres où ils ont leurs habitudes journalières de vol. Les migrateurs vont au plus haut possible dans les arbres ».

 

pigeon

Sachant ainsi à qui on a affaire, encore faut-il attirer l'attention du pigeon qui, chaque chasseur le sait a l'oeil particulièrement vif. « A partir de 400 mètres faut actionner, et tenter de faire décrocher un petit groupe, rester patient, bien camouflé surtout, un peu ferrer comme à la pêche pour amener tout le groupe à portée ». Il faut souvent savoir attendre, laisser passer derrière soi un tour ou deux, et se décider quand le groupe arrive, toujours face au vent, ce qui explique l'orientation plein Ouest du poste de tir, là où sont, chez nous, les vents dominants. « Il faut tirer systématiquement le premier du vol, doubler, et éventuellement reprendre derrière soi au retour ». Michel, comme beaucoup de sauvaginiers utilise un semi-auto, et contrairement à ce qu'on croit souvent au pigeon, des « petites » cartouches de trap, car à ce jeu on tire beaucoup et souvent, et bien sûr, à portée...puisqu'on gagne, on l'a vu, 14 mètres d'avance sur le sol. « Faut juste pas se laisser griser, prélever avec mesure. On observe bien sûr, quelques records d'une quinzaine dans la journée, et un peu plus d'une centaine dans l'année, ce qui est sans commune mesure avec ce qu'on peut voir dans le Sud-Ouest, mais ici, ce n'est pas le but ».

 

à l'aaffut

Michel, qui, comme tout le monde chasse aussi un peu à la billebaude sur le terrain apprécie surtout cette grande solitude quasi céleste qui accompagne cette quête si particulière de l'oiseau bleu : « quand il y a du passage, il n'y a guère de temps à la rêverie, mais lors des accalmies on est loin de tout, on laisse au sol les vicissitudes de la vie, bercé par le vent ». Pour avoir passé avec lui une matinée dans les grands arbres, l'auteur, pourtant assez bon connaisseur du pigeon avec des formes, avoue avoir trouvé là une toute autre dimension d'une chasse dont il croyait pourtant avoir fait le tour. Hormis le vertige qu'on peut craindre bien sûr (surtout quand on n'a plus vingt ans !), et le tir un peu particulier (2) il y a dans cette chasse de la cime des arbres une ambiance spéciale et il faut bien le dire, extraordinaire. On s'y sent petit, fragile, flottant, « suspendu » entre ciel et terre...un peu comme le bel oiseau bleu dont on se sent paradoxalement tout à coup beaucoup plus proche. Quand on le tire « d'en bas », on l'arrache en quelque sorte de son élément. Là on le partage avec lui, ce qui rend sûrement sa chasse plus entière, et plus belle.

 

1/L'investissement, en dehors bien sûr de la location des cent ha entourant le pylône est d'environ 2000 euros. Comme il dépasse deux mètres de haut, il nécessite permis de construire (de 9 mètres carrés !), et bien sûr déclaration en mairie et sous-préfecture plus agrément du ministère concerné lequel y a d'ailleurs déplacé ses gardes pour contrôle. Comme un gabion, il doit impérativement être situé à 400 mètres de la première habitation. Il possède 5 étages, établis sur des piliers bétonnés enfouis en terre, les trois premiers servant à l'accès, les deux derniers au tir, et à un « lieu de vie » ou d'abri où il y a même une banquette pour éventuellement piquer un somme, et des toilettes sèches en cas d'envie pressante, difficile on le devine à soulager quand on campe aussi haut ! Mais la chasse ne perdant jamais ses droit, il y a également des guichettes pour surveiller les alentours, par exemple en cassant la croûte ! C'est là qu'on retrouve, si l'on veut, l'ambiance des gabions ou des palombières du Sud-Ouest.

 

vue de coté

2/Tirette dans une main pour actionner l'appelant qui, ainsi déstabilisé, bat des ailes...et alerte ses congénères sauvages, fusil dans l'autre, faut pas trop s'emmêler les pinceaux, et une certaine habitude est nécessaire, surtout pour se décider quand il est temps de se lever et de tirer. Pour le néophyte éviter de trop regarder en bas...car on est très haut. Pour ceux qui sont habitués à tirer le pigeon « d'en bas » avec tout ce que ça implique de tendance à « mettre devant », et avec de la « grosse » cartouche, il faut revoir ses gammes. Les voliers arrivent le plus souvent de face, mais vite et à portée. Il faut donc rester froid et méthodique au tir. Comme on ne peut rapidement aller chercher les morts, tout en bas, faut bien repérer avant les points de chute...avant qu'un renard téméraire ne vienne vous les dérober sous le nez, ce qui est arrivé quelques fois à notre hôte ! Goupil repartant, on s'en doute, salué d'une volée de bois vert...et d'une bordée de sept et demi pour l'aider à aller au plus vite retrouver sa tanière !

Photo ci contre : Michel, qui, à l'aide d'un palan, monte tout en haut de l'édifice, armes et provisions, donne une bonne idée de sa dimension. Les trois premiers étages servent à l'ascension, ensuite, en clair le "lieu de vie" étroit mais suffisant pour s'abriter, enfin, tout en haut, le poste de tir. 

 

 

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