Un bel exemple de carabine facile pour démarrer
Les habitués de ce blog l’auront remarqué, il s’articule souvent autour de bribes de forums d’où il s’agit d’extraire des infos utiles pour le commun des chasseurs. L’actualité de notre rubrique, on l’a vu, est actuellement sur le chevreuil d’été qui va ouvrir le premier juin. On a passé en revue comment, et avec quel calibre le tirer, mais où ne pas se rater s’il passe une belle occasion qui ne soit pas une"trapannelle", sans se ruiner ?
La série ZKK 600 de Brno qui a été remplacée pour une courte durée par le modèle 537 de CZ est donc la grand-mère du 550 CZ actuel incontournable dès qu’on cherche du solide, précis, sérieux, classique à verrou sans tomber dans les modèles luxe, et bien sûr toutes les innovations actuelles à réarmement linéaire. Fabriquée en Tchécoslovaquie après l’invasion soviétique (1968), au moment où le pays avait un besoin urgent de devises étrangères, ce matos sérieux était vendu à petit prix (1850 F neuve aux débuts de Décathlon, au moment où cette grande surface vendait encore des armes), et il est encore très sous-évalué de nos jours puisqu’on en trouve plein à partir de 3-400 euros sur le Net.
C’est assurément le plus abouti des systèmes Mauser revisité par les frères Josef et Francizek Kouchi qui ont conservé le classique grand extracteur à lame sur des canons en acier Poldi vissés à l’ancienne à la presse dix tonnes…et donc fort difficile à démonter si l’on veut « customiser » ensuite. Mais point n’est besoin quand on débute de se compliquer la tâche avec ce qui reste la meilleure interprétation de l’action Mauser 98, comme le faisaient les safaristes des seventies qui l’achetaient neuve en France pour la revendre sur place où elle faisait ensuite le bonheur…et le boulot, pour les guides et les pisteurs. C’est en effet un « outil de travail » classique de l’Afrique disponible dans une ribambelle de calibres (1) dont la plupart des grands africains pour le « big five » (2). Son poids qui favorise le swing…et limite le recul sur certains calibres « pêchus » est plus conçu pour le tir à visée ouverte que le tir avec optiques.
Techniquement, c’est une arme très simple mais qui n’appliquait pas encore la règle des canons « flottants ». Et ceux qui aiment démonter et voir ce que leurs armes ont « dans le ventre » devront bien prendre garde de conserver la vis de milieu du devant qui sert à aider à l’intégrité de la crosse, mais surtout à induire un rythme de vibration constant du canon. Autre dépaysement, sa sécurité qui, au contraire de tout ce qu’on voit de nos jours, permet le tir…quand on l’amène vers l’arrière ! Vers d’avant, tout est bloqué même le levier de culasse, rien ne bouge et il n’y a pas trop d’explication officielle sur cette étrangeté sinon (explication des forums qui vaut ce qu’elle vaut !) qu’il est ainsi plus pratique, tout scellé, le pouce sur le levier, de progresser en toute sûreté, dans « le sale » de la brousse…Ci contre à dr...on le voit bien ici, sécurité vers l'arrière, point rouge dégagé, l'arme est prête à tirer. On voit bien aussi le grand extracteur à lame typique du système Mauser...enrayage à l'extraction rarissime. Mais depuis, les verrouillages à 60° ont permis de faire des progrès dans la rapidité de réarmement. Il est ici assez long et rugueux...faut y aller franco !
Autre aspect intéressant par sa polyvalence, la plupart des modèles sont dotés d’une détente « à stecher », c’est-à-dire d’un mécanisme qui la rend beaucoup plus sensible quand on la pousse au préalable vers l’avant. A l’approche-affût suffit alors d’effleurer la détente pour que le coup parte beaucoup plus fin, et plus précis. En battue le mode « normal » privilégie un tarage de détente plus important, et donc plus sécuritaire quand on est « dans le feu de l’action ». Bien sûr le dessus de l’arme possède des ponts qui permettent de monter toutes sortes d’optiques. Là encore, pour débuter, point besoin de se focaliser…c’est bien ici le cas de le dire, sur des lunettes qui, neuves vaudront jusqu’à quatre fois le prix de cette arme : une 3-9X40 à deux cent balles suffira amplement au bonheur du néophyte qui, au prix d’un superposé fatigué d’occasion (mettons 700 euros le tout) pourra, selon le calibre et les munitions disponibles tout tirer, du renard au sanglier, en battue, à l'approche ou à l'affût.
1/Il y a trois séries dans ce modèle : le ZKK 600 est le plus classique dans les calibres moyens, en 30/06, 270 W, 7x57,7X64, 8X57 S, 8X64 S, 9,3X62, 10,75X 68 S. Le 601 offre : 222 R, 222 R mag, 243 W, 308 W. Le 602 : 358 Norma, 375 HH mag (le calibre « africain » par excellence), 458 mag.
2/C’est le quintet des grands gibiers africains dangereux (éléphant, buffle, rhino, lion, léopard) si seulement blessés...c'est pourquoi on dit souvent là bas qu'il "faut tuer le mort"...disons donc doubler, ce qui vaut, soit dit en passant aussi chez nous pour les gros sangliers !
Ci-contre : le chargement (4+1 en général) s'effectue par le haut, mais le déchargement rapide par le bas...en faisant gaffe de pas mettre la pile de balles par terre !


