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9 décembre 2016

Bienséance, courtoisie, politesse, savoir-vivre et bons usages/ Episode 1 : en individuel

Un vaste sujet dont l’étendue va réclamer deux épisodes, sans trop revenir sur les notions de sécurité, en principe acquises de tous depuis le permis (pour ceux qui l’ont passé…) et que l’on va décliner sur l’aspect individuel puis collectif des choses, sans prétentions de donner de leçons à quiconque. Il s’agit de « bons usages » glanés un peu partout chez les bons auteurs.

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Le maniement du fusil hormis l’aspect sécuritaire lors de l’exercice de la chasse relève d’une « mentalité », celle qu’on ne promène pas une arme comme un manche à balai. Même si vous trouverez toujours des fameux nemrods  pour vous vous dire que « l’habit ne fait pas le moine, et que seul le résultat compte », un petit coup d’œil sur l’arme de votre interlocuteur : fusils rouillés et rafistolés, à qui il manque des bouts de crosse vous donneront déjà un aperçu sur qui vous avez affaire. La bandoulière avec souvent le fusil fermé dont nul n’est censé savoir ce qu’il renferme n’est jamais recommandée, et la plupart du temps d’ailleurs, interdite en battue au poste. De retour aux voitures il est sage de montrer et de dire bien haut que l’arme est vide avant d’aller, dans sa housse, au coffre. Vaut mieux en faire trop que pas assez en ce domaine. Et il n’y a rien de pire que de chasser avec un inconnu, sans être en confiance, sans cesse sur ses gardes en se méfiant plus des gestes du voisin d’à côté, que de la quête du beagle qui mène dans la bruyère.

Sur le chemin de la chasse, l’arme doit être ostensiblement ouverte, et ne jamais se fier à la « sécurité » illusoire que s’obstinent à défendre encore les vieux soldats plus qu’octogénaires lesquels, bien sûr n’ont plus rien à apprendre : leur vieux Darne châteaubranlant, sur un gros choc peut toujours laisser partir une gâchette ! Fusil ouvert c’est important pour les compagnons de chasse, les autres usagers de la nature de rencontre, ce qui facilitera un propos courtois, même avec les opposants déclarés de la chasse. Toutes les sociétés prônent le respect des clôtures, des cultures, le ramassage des cartouches, et le salut aux agriculteurs ou propriétaires sans lesquels personne ne pourrait chasser.  Attention aussi au port « en poupon » qui s’il soulage avec  les fusils lourds offre sans cesse aux voisins de gauche le regard noir oscillant et plutôt menaçant  de votre deux coups.

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A la chasse, quelques banalités qu’il faut rabâcher (elles sont souvent écrites en toutes lettres noir sur blanc dans les règlements intérieurs) : ne pas tirer au gîte, à l’arrêt, un oiseau piétant ou branché. Ne pas couper la chasse des autres, tirer un gibier levé par les voisins, se précipiter sur l’arrêt de leur chien même s’ils sont à l’autre bout de la commune. Au grand maximum on peut abréger les souffrances d’un oiseau tiré au loin, volant bas, désailé, proie toute désignée des renards, sachant qu’au final il devra être rendu à ceux qui l’ont levé et tiré les premiers. A la chasse comme dans la vie s’il y a toujours de grandes quantités d’ingrats, un bienfait n’est jamais perdu, et de toute façon, le Bon Dieu…ou St-Hubert, si vous voulez, vous le rendra bien un jour !

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La fair-play impose de ne pas interférer sur la chasse des autres, de tirer à portée sans « griller la politesse » au voisin notamment sur les battues de haut-vol à la plume où il ne faut pas suivre du fusil les oiseaux qui ne vous sont pas destinés. Au contraire prévenir ce dernier d’un sportif et sonore « à vous l’honneur cher ami » sera toujours apprécié. Autre intérêt, celui de se « houper » (c’est le terme officiel de la vénerie), c’est-à-dire de se héler ou de se prévenir en cas de rencontre fortuite avec d’autres chasseurs au hasard d’un talus. L’aspect sécuritaire est bien sûr évident, mais il se double d’une qualité de convivialité d’usage entre acteurs d’une même passion qui, un moment « lèvent le pied ». Ce qui laisse aussi un peu souffler le gibier, car selon la sagesse populaire « tant que les chasseurs se demandent des nouvelles de leur santé, les lièvres se portent à merveille » n’est-ce-pas ? 

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