Pour affiner le sujet précédent...
Le sujet précédent nous a valu quelques demandes de précisions ou d’affiner notre jugement, notamment sur l’aspect « bon marché » des options proposées. La démarche était volontairement « cheap » partant du chasseur de base ne voulant pas se « mouiller » notamment financièrement avant d’avoir tâté un peu le terrain auparavant.
Expliquons-nous. La battue communale devient banale, mettons à raison d’une dizaine de dates par an, le temps de faire le plan de chasse, dans notre région de moins d’une dizaine de bracelets, chevreuils le plus souvent. La battue a aussi une vertu, celle d’une chasse collective, conviviale, qui, à certains endroits (1), peut même quasiment « sauver » la chasse, particulièrement celle aux chiens courants. Par le jeu des bonnes relations entre voisins, ou des invitations amicales, les occasions se multiplient tout à coup pour le chasseur de tirer, et si possible sous le regard des autres…de bien tirer ! C’est à ce moment qu’on verra le chasseur disons « ordinaire » qui ne tirait grand gibier qu’une fois par an, se soucier d’être tout à coup plus efficace.
Pourquoi, me demande-t-on, ne pas directement « investir » dans un haut de gamme, donc solide et sûr ? Côté optiques on le constate, certaines lunettes valent (2-3000 euros), le prix d’une belle arme. Côté points rouges c’est un peu la même chose, le top approche ou dépasse les mille euros… plus le prix des montages qui va avec. Sauf à avoir déjà les moyens de se payer une belle action en forêt privée à 2000 euros tous les quinze jours (et encore, à deux heures de route !), jamais notre chasseur de base ne franchira ce pas pour tirer une demi-douzaine de fois dans la saison.
Maintenant resserrons le choix en éliminant d’entrée la lunette de battue qui, techniquement elle aussi peut être imaginée sur une arme lisse. De grossissement 1X4 le plus souvent, elle est longue et lourde, déjà chère par rapport aux points rouges qui eux, se rangent en deux catégories. Les tubulaires (ci contre à g.) ressemblent un peu à la lunette de battue : ils sont plus solides de conception, résistent mieux aux intempéries.
Les reflex ou panoramiques (ci contre à dr.) sont plus exposés à la pluie, aux chocs, mais plus aisés d’emploi (sans effet "tunnel") et plus faciles pour tirer, comme à la chasse, les deux yeux ouverts. C’est aussi l’avantage du point rouge, sans parallaxe car s’utilisant à moins de 100 mètres, l’épaulement ou plutôt l’alignement œil-canons peut être plus approximatif dans l’urgence d’un tir instinctif au saut du layon.
Le choix de l’intensité du point qui se définit en MOA (ou minute d’angle) de 1 à 4 ou de 2,6 à 12 cms à 100 m. doit plutôt être dans la valeur moyenne de 2 MOA pour qu’il ne cache pas plus ou moins le but selon la distance. Comme souvent à la chasse c’est d’ailleurs celle-ci qui reste encore et toujours la plus difficile à apprécier, même si on reste toujours avec des technologies sans grossissement. Nombre de modèles reflex avec une fonction « auto » ajustent même la brillance du point à la luminosité ambiante qu’on peut toujours en manuel ajuster à sa vue.
Ils offrent aussi une assez grande diversité de réticules. Le point reste le plus utilisé car le plus précis, les autres (croix de cheveux, croix centrée, point cerclé) trop volumineux ou illuminés, pouvant plus ou moins occulter une cible ténue (genre renard qui se dérobe dans le gaulis). Le point cerclé semble aller vers une utilisation plombs, indiquant en fait le cercle de dispersion de la gerbe. Ci-contre,à g. la plupart des réticules largement employés.
L’utilisation du point rouge implique un conditionnement correct lors des déplacements. Plus question de laisser le fusil balloter dans le coffre. Sous peine d’imprécision qui sera vite constatée au tir, il faut vérifier souvent les jeux de montage, voire le réglage, ce qui se fait en deux minutes avec un laser ou une douille de réglage qui tient dans un boitier pas plus grand que le bréviaire de monsieur le curé. Si l’arme tombe, subit un choc, revérifier le montage, et la housse matelassée s’impose pour tous les transports.
Enfin, le dernier argument en faveur de ces petits auxiliaires au tir reste…l’âge avancé des chasseurs caducs qui forment désormais la majorité des adhérents de nos dianes communales. Quand les limites de la vue sont atteintes, il y a des borgnes à ne pas dépasser…que ces petits artifices nous aideront à franchir !
1/ Citons l’exemple d’une communale d’un département voisin où le lièvre ne se chasse qu’une journée dans l’année, le faisan est interdit (parce que le voisin est en réimplantation naturelle), les chiens d’arrêt itou (car accusés de divaguer dans les choux), le lapin inexistant, le pigeon que le jeudi en semaine et où ne reste heureusement que la battue…toutes les semaines du 15 août à fin février et même des fois (sanglier signalé, administratives renard), deux coups dans la semaine. Vive la battue donc en ces lieux défavorisés où les chasseurs ont guère autre chose à se mettre sous la dent…



