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10 janvier 2017

Plus de chevreuils...que faire ?

C’est un peu un casse-tête pour les sociétés comme les privés : plus d’animaux, plus de bracelets, mais comment prélever ? Tout tirer au risque de passer, suprême injure chez les chasseurs de « viandards », ou appliquer la fameuse règle des deux tiers (mâles, chevrettes, jeunes), avec en ligne de mire -c’est le cas de le dire- conserver une certaine « population » permettant d’entretenir tout à la fois le cheptel  gibier…et de chasseurs ayant envie de reprendre un permis !

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Dans notre région, là où il y a encore quarante ans pour nos premiers permis on ne voyait guère, et encore, de chevreuil qu’une seule fois par an, le sympathique capreolus est désormais partout. Il trouve dans notre région de Bocage de l’eau, un biotope très varié, et face aux transformations de l’agriculture une situation qui l’arrange : gîte plus que couvert dans le maïs, mais surtout une diversité de paysages liés aussi à l’évolution de la chasse. De ce côté, moins de chasseurs, de sociétés fortement constituées et une disparité de territoires dont il sait profiter. Les anciennes « communales » qui ont perdu la moitié de leurs effectifs,  sont « mitées » par des privées qui commencent à être axées « cochon » et qui « gèlent » de grandes portions de « sale »…tant qu’on n’y a pas vu le (gros si possible !) pied.

Le chevreuil qui est très opportuniste sait jouer de tout ça comme de la différence entre les dangers, et chez nous, même le faon dans sa période fragile qui suit la naissance n’a pas encore ici de prédateurs dédiés. Il n’y a pas encore assez de sangliers, et pas de renards spécialisés sur le faon car ces derniers sont encore vraiment  très chassés tant en battue qu’au piégeage. L’espèce pour peu qu’il y ait un peu de tranquillité sait aussi se cantonner (3 à 8 animaux pour 100 hectares), particulièrement les femelles suitées si elles ne sont pas dérangées, ce qui est souvent le cas sur certaines grandes parcelles de maïs levées qui ne voient plus aucun tracteur ni présence humaine de mai à octobre.

Trop de chevreuil   expose à des risques sanitaires accrus, à la consanguinité, à la dégénérescence. Si le seuil de densité augmente, le nombre moyen de femelles adultes diminue, les chevrillards seront moins lourds…qui feront immanquablement toujours ensuite des petits animaux adultes. Les statistiques de pesées sur ce qui est fait au plan de chasse donneront une indication (1) tout comme les associations d’adultes en plein hiver. Autre indice, la facilité et la vitesse de réalisation du plan de chasse, pour peu aussi que les « communales » qui ont maintenant de grands territoires tout  en maïs parviennent à s’organiser sérieusement : assez de fusils motivés et disciplinés. Surtout quand elles sont en concurrence directe avec des petites chasses privées qui opèrent sur des petites traques à quelques fusils dits « sûrs » et censément plus efficaces…

chevreuil chassé

Comment évaluer son « cheptel » ? Les fédérations préconisent l’affût et le tir d’été qui permet déjà un peu de déterminer les populations (et de faire en fait surtout du renard), mais particulièrement les circuits de comptages et l’indice IKA ce qui nécessite quand même des sociétés pas forcément toujours motivées par ces contraintes, car ayant encore peu de bracelets. Le plan de chasse, en théorie doit se baser sur 40 % du cheptel estimé en fin de saison, mais la battue n’est pas non plus le meilleur outil pour gérer qualitativement cette population le plus souvent estimée « à la louche » ou en fonction de ce qu’on a vu l’année d’avant. De ce fait, son tir, aléatoire et important, devrait se limiter en début de saison, et sur une courte durée.

Faut-il tirer fifty-fifty mâles et femelles que l’on croit ainsi idéalement répartis dans na nature ? Non car les mâles enregistrent une surmortalité de début de saison liée au climat du printemps. On préconise donc de tirer plus de jeunes que de femelles. Ce qui est assez facile à comprendre : sur quatre ans, en tirant un jeune chaque année on aura toujours au bout du compte trois chèvres, deux jeunes d’un an, et cinq de l’année en cours  ce qui fait un cheptel de dix au total. Si au contraire on tire la mère tous les ans, on aura quatre ans plus tard ce qu’on avait au départ, une mère suitée…et plus de chevreuil du tout si on la tue encore cette quatrième année, son jeune restant orphelin et quasi condamné. « Si on veut faire une omelette…faut pas tuer la poule non ? »

chevreuil deux

Le bon sens (qualité que l’on sait la moins bien partagée au monde) impliquerait donc que l’on fasse, comme on l’a dit plus haut les battues très vite et rapidement après l’ouverture avec comme priorité, de juin (chevreuil d’été) ou de l’ouverture à début décembre, les brocards coiffés donc faciles à identifier. Les chèvres, pas avant début décembre après sevrage complet des jeunes nés au printemps et si possible les vieilles « bobonnes » (2) qui, très territoriales ont tendances à chasser les jeunes qui pourraient renouveler le sang local. Mais bon, ce qui n’est pas toujours facile à distinguer quand les chiens mènent, au saut du layon, peut plus facilement se faire à quelques chiens et fusils motivés  pour finir le plan de chasse en plein hiver. Enfin les jeunes toute l’année, mais surtout aux toutes premières battues quand ils se distinguent encore facilement des adultes. Bien sûr, ce qui fera encore « ruer dans les brocards » tous ceux qui apprécient le grand gibier non à l’émotion qu’il suscite, mais à son poids quand il finit en daube dans le faitout…

1/Le poids moyen à apprécier au peson après battue est de 14 kg pour les chevrillards et 20 kg pour les adultes.

2/ Les « bréhaignes » vieilles femelles stériles, fréquentes dans les hardes de cervidés sont rares chez les chevreuils où elles se reproduisent jusqu’à ce que mort s’ensuive.  

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