Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
FCM 25.00
Publicité
22 janvier 2017

Courants : un chien qui n'est plus si...courant !

Les chiens courants ne sont plus si « courants »…puisqu’on n’en voit presque plus dans nos campagnes, hormis bien sûr les équipages de battues. Autrefois pourtant, disons avant-guerre, se constituaient partout des associations de petites meutes qui faisaient le fond de la chasse française, pour traquer principalement le lièvre, mais aussi là où il y en avait déjà, le chevreuil. Voyons ce que nous en disent les vieux auteurs.

courants lièvre

Dans cette expression de « chasse au chien courant », l’avez-vous remarqué, il y a cette notion de « course », de lancer, puis de pousser « à cor et à cri », mot qui convient pour dire qu’il ne faut pas perdre un instant pour prendre le gibier. Ce qui impliquait quand il n’y avait pas d’autos, ni de portables, d’avoir de bonnes jambes, de connaître son territoire et les remises pour placer « en retour » quelques fusils, mais surtout de bien connaître ses chiens.

En cela, la meute montre autant de différences que la nature humaine avec les bons et les travailleurs, ceux qui marquent le change, s’arrêtent, requêtent l’animal chassé (principalement le lièvre), et les autres, les mous, les indécis qui se laissent entraîner. Partout il y avait de ces amateurs qui aiment jouir, avant le coup de fusil final, des péripéties d’une belle menée, et se constituaient, parfois à deux ou trois chasseurs des petits ensembles peu orthodoxes, mais homogènes, de pied différent, mais, le nez aidant les pattes, les nombreux retours et difficultés du terrain permettaient à tout le monde de rallier à peu près en même temps. On ne se laissait pas enfermer dans les descriptions étroites d’impossibles standards, et puisqu’on chassait à pied, on privilégiait les races de bassets et de briquets à train moyen ou réduit.

app c

L’accent était mis en septembre quand les jeunes lièvres sont encore faibles, peu habiles en ruses, et susceptibles de se faire relancer souvent, les chiens y prenant plaisir et se dressant ainsi ensemble de la meilleure façon. Le pied du chevreuil étant, comme le notait déjà Gaston Phébus bien des siècles plus tôt, difficile à juger, (sinon pour les brocards par les « régalis » laissés dans la terre ou la mousse par ses pattes de devant), les vieux chasseurs préféraient quand même  lancer le mâle car il était réputé moins rusé. Même s’il était mis sur pied par le limier pensant qu’il n’allait pas aller bien loin, pour se raser ou refaire ses couches, on se retirait sans bruit en marquant ses brisées pour gagner du temps et découpler à mort sur cette voie encore chaude, charge aux postés de le tirer dans ses refuites habituelles sur un terroir connu de tous. Bel exemple sur cette gravure ci contre à dr. 

images (1)

Les lots de chiens ne dépassaient pas la douzaine, nécessairement perçants et entreprenants, aimant lancer, première qualité avant même celle de prendre. Un bon rapprocheur était jugé à sa voie qu’il devait mener au trot et même lancer en un quart d’heure tout au plus. On aimait ces chiens ardents qu’une main ferme, plus tard pouvait rendre souple à l’usage, on ne gardait jamais les nullités, et surtout pas pour faire saillir, mais on n’était pas non plus avec ces chiens, on l’a vu un peu « de bric et de broc », mais efficaces, dans la logique actuelle de chiens inscrits et qui, chasseurs ou non, doivent être « rentables ».

vieux lievre

L’efficacité était au bout de cette logique, ces petits équipages du siècle précédent pouvaient prendre une vingtaine de lièvres par saison, sans négliger quelques chevreuils au passage, ou même le loup qu’ils contribuèrent à  finir d’ éradiquer complètement en moins d’un demi-siècle. La nature de la chasse dans notre pays, à part les passionnés que nous avons évoqués en exergue, et qui nous permettent de faire nos plans de chasse, n’est plus vraiment à la dimension de ces petites meutes d’opportunité et de circonstances. Elle était le fait de petits notables locaux (professions libérales notaires, médecins, gros artisans et commerçants) suffisamment motivés (et fortunés !) cependant pour entretenir des petits chenils, retrempant les sangs au gré d’échanges et de relations entre voisins nourris d’une grande expérience de terrain. Sait-on jamais, l’arrivée de la bête noire dans nos contrées  pourrait redonner un certain lustre à cette forme de chasse, certaines races (fauves de Bretagne, vendéens, beagles) sont désormais bien établies dans l’Ouest, d’un emploi souple et mobile. Mais faudrait s’entendre, échanger entre voisins, faire vite…L’ampleur du fléau « cochon » quand il sera là (1) nous y contraindra peut-être.

dispute chiens

1 / Voici quelques jours à quelques kms de chez nous à St-Domineuc,  en Ille-et-Vilaine, les rencontres sur le terrain de foot ont dû être annulées, deux compagnies de sangliers étant venues s’y affronter la veille, en nocturne comme les pros ! Mais ce seront surtout les dégâts agricoles expertisés et soumis à lourdes indemnisations qui, comme dans le Sud-Ouest voici quelques décennies maintenant, feront bouger les choses.

 

Publicité
Commentaires
FCM 25.00
Publicité
Archives
Publicité
Publicité
Publicité