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27 janvier 2017

Quand la bise fut venue..

C’est de saison, et on vient de le voir, l’hiver cette année est vraiment là avec ces températures glaciales amplifiées par le « ressenti » lié au vent. Voyons en quoi ce dernier influe sur la pratique de la chasse hivernale.

envol

 

« Qui chasse par vent perd son temps », ou « à bon vent belle chasse ». De nos jours on oublie un peu trop souvent quand on attaque d’où vient le vent…faut donc pas s’étonner quand le chien « tape », tout ça parce qu’on aura progressé vent dans le dos au chien d’arrêt. « Vent du Nord, chiens dehors, vent du Midi, chiens au chenil », nos anciens connaissaient tous ces dictons liés au terroir et en tenaient compte avant de sortir le fusil.

Ils faisaient d’ailleurs grandement la différence que l’on chasse aux courants qui ont le nez à terre, ou au chien d’arrêt, nez en l’air. Pour les premiers, par grand vent au lièvre on recommandait de battre les buissons, les haies, les carrières, les revers de fossés, le lièvre peureux, moulu de fatigue avec tous ces bruits étant alors réputé tenir au gîte. Par bise de Nord-Est, on allait au bois selon une vieille tradition bien expliquée par Simon de Bullandre prieur (1558) de Milly-en-Beauvaisis parlant du lièvre : « Il prévoit tous les jours par instinct de nature, quand le temps doit changer et le vent doit souffler, surtout il craint le Nord quand arrive la froidure, et dans les forts buissons il s’en va receler ». Ouest-Sud-Ouest était propice aux courants, et en hiver on était attentif à ce que l’air soit un peu plus chaud que le sol. Etaient propices le dégel, et les chasseurs de chevreuil prospectaient alors en priorité les vallées ombragées où le tapis de feuilles restait froid à l’ombre. Au chien d’arrêt, par grand vent et pluie, les lapins étaient terrés, par N-NE, on allait à la bécasse surtout par nouvelle lune, le Sud ne les voyant que passer. E-NE étant propice au gibier d’eau.

poin et set

Le vent influençait bien sûr le tir des oiseaux, les travaux du général Journée ayant montré qu’avec du plomb de 1, à 40 mètres et avec un vent de 10m/s donc assez fort pour faire balancer les grosses branches, 75% d’une gerbe déjà resserrée à 1,35m était déportée de 50 cm (1). Et par vent violent quand les arbres entiers balancent on passait à un mètre ! Et c’était encore pire avec de la grenaille. C’est bien sûr là que la fameuse injonction de « mettre devant » prenait tout son sens, d’autant plus quand les oiseaux rapides et lançés (pigeons, canards) filaient vent dans le c..l !

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Autre  aspect curieux, celui des lisières de forêt faisant « cloison ». Si le soleil donne par temps très froid comme de nos jours, il chauffe le sol plus fort que la cime des arbres qui, elle, donnant de la prise au vent reste très froide, et inverse le sens du vent observé partout ailleurs. Un phénomène bien connu des chasseurs de pigeons aux formes, dont la position, la plupart du temps bec au vent est primordiale. Le coq de l’église quand vous partez vous dit plein Nord, mais à l’orée du bois, sur cent mètres il est au Sud et on ne sait plus où donner de la tête ! Autre observation à ne pas négliger aux pigeons, qui, comme les avions, se posent face au vent, toujours  se poster dos au vent, pour les voir arriver à la pose, ou même les tirer au vol (mais en se plaçant cette fois plus en lisière pour dégager le tir) et dans la partie à l’abri, du bois où on évolue. Le ramier, il faut le comprendre vient se reposer dans l’endroit où il sera le moins malmené par les bourrasques et sans cesse à avoir  à se cramponner pour tenir en place.

1/ Même la grosse balle Brenneke de 12 offre de la prise au vent. Par vent très fort, l’écart est de 40 cm à 50 m…de quoi mettre largement à côté sur un gros cochon qui passe en travers. 

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