Charge du sanglier : quelques conseils d'anciens...
La chasse du sanglier, insensiblement se développe dans notre région…et les risques d’une charge à laquelle on pensait déjà autrefois. Extrait de « la chasse du sanglier » par le Cdt Pierre Garnier 1882.
« Tous les sangliers sont prudents et vigilants mais ils ne sont pas craintifs, ils peuvent en effet se fier à leur force et à leurs armes formidables. Harcelé par le chien il lui tient tête et charge. Quant à l’homme il ne s’en inquiète nullement, mais si on le provoque et on le blesse, il fond sur l’agresseur avec une vitesse surprenante. Ses tranchantes défenses font, dans ce cas des blessures dangereuses, mais rarement il s’arrête, et plus rarement encore il revient sur ses pas. Si on ne perd pas la tête, il faut laisser le sanglier arriver tout près de soi, puis se réfugier derrière un arbre, ou seulement faire un saut de côté car n’étant pas habile à se retourner le sanglier d’ordinaire passe outre. S’il venait par hasard à persister dans ses assauts, l’homme désarmé n’aurait plus que la ressource de se jeter à terre, l’animal ne pouvant frapper que de bas en haut. Cette suprême manœuvre ne réussirait pas avec une laie furieuse qui s’arrête devant l’objet de sa colère, le foule aux pieds, le mord et lui enlève ainsi des morceaux de chair. C’est surtout quand elle a de jeunes marcassins qu’il faut la redouter ».
A la chasse selon E Blaze : « il est essentiel d’être toujours deux ensemble et de ne pas se quitter. Le sanglier blessé ou manqué fond souvent sur le chasseur, et si ce dernier était seul avec son fusil déchargé, sa position deviendrait critique. Dans ce cas, son compagnon peut tirer l’animal à bout portant ».
Face aux chiens, d’Houdetot faisait remarquer : « quand le sanglier prend, dans un dernier effort, une avance considérable, ne pensez pas que ce soit dans le seul but d’échapper aux chiens, il se forlonge ainsi, manœuvre autrement perfide que pour se donner le temps de choisir un champ de bataille favorable : terrain sale, défoncé, roncier obscur, insaisissable aux hommes et aux chiens, semés d’arbres abattus, de roches dont il se fait un abri, car il a aussi bien l’instinct de la défense que celui de l’attaque ».

