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9 mars 2017

Les joies de la chasse...à la poudre noire !

De nos jours, l’usage des armes de chasse est commode et pratique. Les fusils sont standardisés, les cartouches itou, plus besoin de « bricoler » comme dans le temps voici un siècle et demi, toute une quincaillerie qui pouvait aussi avoir son charme.

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Imaginez, à cette époque, le fusil à piston parvenait tout juste à supplanter le fusil à pierre, c’est-à-dire avec un silex parfaitement taillé, fixé au chien, portant étincelle sur du pulvérant, une poudre censée enflammer, à travers le bassinet, la charge péniblement enfoncée à la baguette. Le fusil à pierre avait la réputation, si l’on suit Deyeux en 1844 de porter mieux le petit plomb que le gros. Le fusil à piston où, grande innovation, le bassinet était remplacé par une cheminée coiffée d’une amorce de fulminate (du genre si on veut des amorces qu’on trouve au c..l de nos modernes cartouches) était souvent une modernisation, effectuée par le charron local d’un antique fusil à pierre au calibre souvent incertain. Il s’agissait le plus souvent d’anciennes armes des guerres de l’Empire, déclassées, au canon raccourci.

Déjà, fallait jouer sur la qualité des  poudres noires entre : la fine,  la superfine, la commune tout juste bonne  pour l’ouverture mais qui encrassait diablement. Le plomb s’employait selon de savants dosages qu’on se refilait entre chasseurs, en gros : un tiers de plus que le coup de poudre, ou fifty-fifty pour les bons tireurs qui envoyaient moins de plomb mais  plus rapidement. Le coup garnissait mieux avec plus de plomb, mais la charge arrivait avec retard en « tambourinant ». Après plusieurs tirs, en fin de journée, la crasse, amenait moins de vélocite et que dire avec le vent. Les coups devenaient plus lents, mais dans un heureux temps où le gibier était plus proche, et en nombre.

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Il y avait aussi les joies du rechargement après chaque tir.  Actionner la poire à poudre qui s’était déjà bien modernisée avec la délivrance de doses « automatiques » donc moins « à la louche » qu’avant. . Et que dire des bourres,  dont le rôle était important. On les confectionnait avec un peu tout ce qu’ on trouvait sous la main dans les fermes : du feutre dont on faisait des ronds dans de vieux chapeaux, en liège, tout en se méfiant des tissus « poilus » des barbes, causant un espèce d’amadou…et gros  boum quand on rechargeait ! Fallait tenir compte de l’ humidité qui obligeait à plus garnir car autrement le coup n’aurait pas sa force habituelle. Par canicule il fallait faire le contraire pour éviter de briser les chiens qui repartaient en arrière en porte-à-faux.  On maniait la baguette, le grattoir, les poires-genouillères, à ressort découvert ou non, ou encore les poires de sûreté nouvellement inventées. Dans tous les cas cependant le fusil « à piston » représentait une grande avancée notamment en cas de pluie ou s’il fallait tirer à la verticale, source de « longs feux » toujours dangereux. On ne s’embarrassait pas trop encore de la beauté des armes :

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« Il faut se défier de la grâce apparente d’une arme gravée, d’un bois sculpté c’est quelquefois un mauvais tableau dans un beau cadre, une belle reliure sur un mauvais livre ». Contre l’anglomanie naissante insultant les armuriers français farouchement défendus : « chaque jour des tirailleurs brodés,  gens toujours aussi mal chaussés pour la chasse que pour la guerre, leur jetaient à la face la prétendue supériorité des armes anglaises : que de fois mes vieux camarades et moi nous avons relevé la pièce de gibier après le feu de file de tous ces anglomanes inoffensifs, pièce qu’ils nous volaient sans qu’aucun de nous leur fit l’honneur de se retourner pour la réclamer. Qu’avions -nous donc en mains ? Des fusils du vieux Boutet, des fusils de Perrin-Lepage, dont tous les confrères ont salué l’étau. Nous portions des fusils d’Armand, Pirmet,  Delpire, d’Autelet, Brière, Gosset, Le Fort, Lion, Blanchard et autres, des fusils des deux Potet auxquels a succédé Paris qui, monteur et forgeron manie également la lime ou le marteau ».

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