Dernières nouvelles du loup : l'Italie aussi !
Il fallait s’y attendre, notre dernier post sur le loup nous a amené quelques commentaires aigre-doux sur ce sujet éminemment « chaud », bien sûr uniquement de la part de défenseurs acharnés de l’animal, notre site, étiqueté à juste titre « chasseur » étant soupçonné vouloir, un jour ou l’autre…lui faire la peau !
Comme celle de l’ours on n’est pas encore arrivés là, même si, quoiqu’on en dise ou pense, le problème viendra bien devant la Chasse, tôt ou tard, un de ces jours. Ce fut le cas dans le passé, ça recommence dans le Midi, et voilà même maintenant que l’Italie…d’où est parti tout le problème d’ailleurs, pense à autoriser l’abattage légal tant la colère des éleveurs s’amplifie.
Le loup en Italie c’était pourtant, pour nos écolos hexagonaux le modèle de cohabitation réussie entre tourisme, restauration, camping dans le parc national des Abruzzes. Dans ce secteur escarpé une petite économie s’est développée autour de l’animal, le pastoralisme s’étant adapté à des nuisances cependant bien réelles (1) : 350 attaques par an quand même. Mais c’est hors de ces zones, dans la vallée du Pô moins protégée, et où le loup transite vers les Alpes que le loup pose désormais problème. Les éleveurs sont moins préparés aux attaques, elles-mêmes tardivement indemnisées, et ont tendance à vouloir régler le problème par eux-mêmes, c’est-à-dire à coup de fusil, 200 à 300 loups y étant braconnés par an.
Le gouvernement pourrait donc intervenir en légalisant un certain plafond d’animaux à abattre (5%), véritable première dans ce pays, pionnier de la fondation européenne et qui a strictement protégé la conservation du loup depuis 1971. C’est d’ailleurs de l’Italie voisine que sont arrivés dans les Alpes françaises au début des années 1990 les premiers loups qui ont désormais essaimé (officiellement 300, chiffre invérifiable sans doute très inférieur à la réalité) dans toute la partie Est de la France selon en gros une ligne Pau-Sedan. Il y a en Italie désormais autour de 3000 loups, et le nouveau plan gouvernemental a été repoussé à plusieurs reprises sous la pression des associations écologistes, mais aussi des régions divisées sur le sujet.
Dans notre pays où le seul fait d’en parler, même mezzo voce ( ou prudemment si l’on veut ) comme nous l’avons fait dernièrement, amène des réactions aussi passionnées qu’inattendues, les défenseurs du loup exigent à chaque fois des preuves « irréfutables ». Or on bute toujours sur des explications plus ou moins oiseuses au sujet de « grands canidés non identifiés » voire de « chiens errants » qui ne peuvent que faire sourire les utilisateurs quotidiens de la Nature que sont les agriculteurs et les chasseurs (2). On exhibe et exige souvent la « preuve ADN » qui, elle, serait irréfutable. En région parisienne dernièrement, les pouvoirs publics n’ont même pas sollicité les témoins directs d’allées et venues d’animaux suspects, ni même recueilli d’ADN, l’administration n’ayant parait-il plus les moyens de faire exécuter ces analyses…Silence radio donc sur tous les fronts comme ce fut le cas, après les Alpes, dans tous les départements du Midi, puis en remontant la vallée du Rhône, le Jura, désormais les départements de tout le Grand Est, et enfin la région rémoise…qui touche à la région parisienne…Wait and see comme disent nos amis britanniques, et le chasseur qui se doit bien sûr de conserver « le calme des vieilles troupes » de garder l’arme au pied…mais aussi d’ouvrir l’œil ne serait-ce que pour connaître le fin mot de cette intéressante énigme !
1/ Pour un troupeau de 1500 brebis, la protection requiert une dizaine de bergers, et une trentaine de chiens « patous », ce qui n’est assurément pas à la portée de tous les élevages extensifs de France et de Navarre ! Mais le tourisme induit dans les Apennins par la présence du loup montre que le jeu en vaut sans doute la chandelle…
2/ L’auteur, présent sur le terrain fusil en main 90 journées par an (dont une cinquantaine de battues de tous ordres, communales, privées, administratives, lesquelles, ne vous inquiétez pas font « bouger » tout ce qui s’y trouve) n’y a vu sur notre petite région de Bocage, qu’un seul véritable chien errant en dix ans. Ce grand bouvier blessé à une patte (renversé par une voiture ?), était d’ailleurs signalé baguenaudant dans la campagne depuis quelques jours auparavant par les agriculteurs du cru ! Donc, qu’on se rassure, la France n’est pas encore envahie par les « chiens errants » et si c’était le cas, ça se saurait ! Quant aux « canidés d’origine indéterminée » c’est un autre débat qui est loin d’être tranché, et dont on reparlera à chaque fois qu’on aura des éléments nouveaux à apporter au dossier n’en déplaise aux supporters du loup partout, pour tous, et tout le temps, dans nos belles campagnes !
