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16 mai 2017

Rechasser en grande "pompe" ?

L’Histoire est dit-on un éternel recommencement. Celle des armes de chasse nous le montre parfois avec par exemple, le renouveau actuel des leviers de sous-garde pour la battue, et maintenant du fusil à pompe à rayures non dispersantes pour le « tout-terrain » mais en regardant quand même plutôt vers le marais où ce système fit ses premières armes, et y conquit ses premiers titres de gloire.

Un système bien connu, mais qui avait disparu du temps du « terrrible môssieur Pasqua » et de l’effroi des pouvoirs publics devant l’impact sur la population des séries TV américaines où le « clic-clac-poum » faisait des ravages à l’écran. A l’heure actuelle c’est la « Kalach » qui fait office de repoussoir et d’ennemi public offert en pâture au bon peuple…

oonb

pompe beretta 001

Il y a bien longtemps, le « pompe » faisait partie de l’horizon des chasseurs, notamment US, mais tout le monde en a fait, notamment notre bonne « Manu » avec le fameux « Rapid ». J’ai un temps opéré (voir photo ci-contre à g.) avec un Beretta de ce type,  joli léger et original, vite éclipsé par les premiers  semi-autos  modernes offerts en alternative au sempiternel  Auto 5 de chez Browning. Que faut-il en retenir ? Pour que ça fonctionne, il est nécessaire déjà, de  manœuvrer assez énergiquement l’ensemble dès que la détente est pressée, ce qui fait déverrouiller la culasse. Disons le bien net, il faut un peu s’habituer à la manœuvre : l’éjection doit suivre simultanément le tir, et prendre un certain rythme : tir-éjection-rechambrage nouveau, tir facilité par le retour du recul qui vous envoie un peu vers l’avant.

C’est un coup à prendre, que certains (pas forcément les chasseurs mais plutôt ceux qui tirent sur des canettes !) trouvent presque aussi rapide qu’un semi-auto : mais quid de la précision ipso facto requise à la chasse ? On dépointe quand même pas mal, ce qui peut encore passer…à la passée du fait de la gerbe, mais moins en battue à balle, si un gros solitaire vous fonce subitement dessus ! A quoi bon disposer de 5 projectiles, si pas un n’atteint sa cible ? La réponse se trouve du côté de ceux qui, à l’arme rayée, ont conservé ce système (Remington entre autres) lequel n’a jamais vraiment totalement disparu du paysage grand gibier, et s’en tirent pas si mal, mais, et c’est à noter,  en prenant le temps d’ajuster chaque tir. On a plus de coups disponibles que sur une classique semi-auto type BAR par exemple, mais faut sans doute sans doute plus de temps pour repointer et viser que cette dernière. On est bien loin des acrobaties genre « fanning » du tir western, et autres séries policières.

Malgré tout, quelques séances de sanglier courant aidant, si l’on en croit certaines vidéos qui circulent sur le Net, on doit pouvoir s’en tirer, mais toujours en privilégiant la précision sur la vitesse. On sort du « fun » quand on entre dans la réalité de la chasse. Après c’est aussi une question de goût et de couleurs : on peut penser que le clic-clac caractéristique va attirer le gibier ou que tirer au pompe…comme faire du vélo (autre machine à…pompe n’est-ce-pas !)  ne se désapprend pas ! Certains forums US le préconisent pour le débutant (1), moins parce l’engin qu’il est réputé ultra solide (exemple le bon vieux Remington 870 vendu à 10 millions d’exemplaires) que, pour les raisons vues plus haut…il l’obligerait à se concentrer vraiment sur son tir. Que le subconscient du néophyte lui dira « chaque tir compte » quand  un semi-auto l’incitera à mitrailler à tout va !

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L’autre facteur à prendre en compte est celui du recul-dépointage, bien plus important à gérer, notamment avec les « grosses » cartouches utilisées au marais. Dans notre beau pays, l’autre aspect non négligeable est celui de la législation changeante et guère propice aux nouveautés armurières. Malgré l’ingéniosité des industriels  et des artisans à tourner les oukases gouvernementaux, il n’est pas sûr que se pérennise un dispositif qui, en fait, n’apporte pas grand-chose au chasseur lambda. Il double certes la capacité de tir, mais si c’est pour être imprécis ? Chez les uns et les autres on « mutile » par des dispositifs compliqués et chers, des semi-autos lisses ou rayés qui ont manifestement fait leurs preuves depuis des décennies. En plus cette débauche de munitions à tirer n’est plus du tout, dans l’esprit de la chasse éthique et responsable qui a cours aujourd’hui. Et l’époque révolue des « tableaux » dont on se targuait autrefois quand nous commencions à chasser. Pas sûr donc que le fusil à pompe sorte vraiment du ghetto où il a fini par tomber…

iute

1/ Pour moins de 500 dollars (soit 455 euros) vous trouvez encore aux USA : le Remington 870 et 887, le Benelli Nova, le Mossberg 500 et 853, le Winchester super X, et même le renommé fabricant de carabines Weatherby  qui en fait en fait lui aussi un à pas trop cher, le PA 08…fabriqué en Turquie ! Malgré tout, il faut savoir qu’aux USA pour la chasse dans la plupart des états, les chargeurs de fusils à pompe comme des semi-autos sont limités à trois cartouches, une dans le canon deux en magasin en ce qui concerne les oiseaux migrateurs. Pour les sédentaires (poil) 5 cartouches en situation de chasse.  C’est, pour toutes ces bonnes raisons, que  ce bridage n’a pas le caractère définitif qui prime chez nous. Les modèles sont vendus avec cales fournies limitant la capacité de l’arme et permettant de passer de l’une à l’autre des situations.  

 

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