Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
FCM 25.00
Publicité
26 mai 2017

Le plastique, c'est fantastique ?

Les crosses bois sont encore majoritairement employées dans notre pays : à 58% selon un sondage datant déjà de quelques années. Il commence à être omniprésent dans le domaine des armes non basculantes (carabines et fusils lisses semi-automatiques), mais certains superposés y viennent petit à petit. Observons ce qui se passe.

azs)

C’est Manufrance dans le début des années 70 qui sortit avec le Rapid et le Perfex une matière l’orkral, plutôt laide, mais qui a tenu ses promesses de solidité dans le temps si l’on en juge au nombre de chasseurs qui utilisent encore ces armes aujourd’hui. Depuis, cette matière a beaucoup évolué avec la technologie de la chimie du pétrole, et l’on trouve là aussi des différences de niveau, les plus « nobles » étant les résines époxy-carbone ou les fibres haut modules, et l’ABS thermoformé ou autres polymères pour le tout-venant. L’avantage avec ces bases c’est qu’on peut teinter dans la masse, peindre, toutes les fantaisies sont possibles. Techniquement, s’il est plus difficile d’adapter le produit fini comme raccourcir une crosse par exemple, le faible coût permettra de la  changer carrément…comme une aile de voiture !

uuyb

On connaît tous l’intérêt de ces matières « plastiques » c’est bien là le cas de le dire puisqu’elles s’adaptent à tout : résistance au temps, aux agressions extérieures, légèreté, contact plus agréable au toucher et même parfois au tir sur certains gros calibre car plus souple que le bois. Vaut-il mieux donc un synthétique bien fait, qu’un bois bas de gamme qui, à l’usage et en prenant des coups deviendra véritablement vilain ?

arrieta-802-full-right

Le bois n’a pas forcément perdu la partie. Hormis « les goûts et les couleurs » de chacun ou la force de l’habitude, le respect des critères traditionnels donnant une large part à la poésie et au rêve qu’incite à l’admiration d’un véritable produit naturel patiné par le temps, quelques évolutions sont néanmoins perceptibles. Le fameux noyer du Périgord (1) se fait rare et a vite été remplacé par le noyer turc auquel maintenant quasiment tout le monde fait appel. Certains pays de l’Est commencent à s’y mettre pour proposer des essences de noyer désormais très correctes. Les amateurs d’armes classiques, dont les lecteurs habituels l’auront largement deviné nous sommes, peuvent donc se rassurer.

Il y a aussi la piste d’autres essences de moindre notoriété et encore assez peu exploitées comme le bouleau (utilisé massivement par les russes), le sapin (par les allemands comme ersatz de bois pour les Mauser en temps de guerre), et plus intéressant, le merisier oublié au départ par le monde armurier quand le noyer était encore fortement disponible. C’est un bois assez dense, mais peu veiné, dont le grain est peu orienté et part un peu dans tous les sens, nécessitant donc des outils au top pour le travailler. Comme le noyer et contrairement au chêne, il ne travaille pas à long terme, à preuve il fut massivement employé en ébénisterie pour des meubles tenant des siècles. Brun rougeâtre une fois teinté, il ressemble assez au noyer et certaines Steyr 1895 (en 8X50 R) en furent équipées. On s’en sert pour faire des maquettes de bateaux, des crosses de hockey (preuve de solidité s’il en est), et au Japon les fameuses poupées Kokeshi de la région de Tôhaku.

iubv

Mais la véritable alternative au plastique ou à la pénurie de beaux bois reste le lamellé-collé qui permet la maîtrise du poids et de la densité, et surtout en période d’économie mondialisée un travail automatisé sans se soucier des contraintes inhérentes au bois naturel. Comme le plastique il permet tous les raffinements esthétiques imaginables, et le rendu sur certaines armes rayées est parfois exceptionnel. On peut penser qu’il suffira qu’une seule grande marque s’y lance pour que tout le monde s’engouffre dans la brèche comme ce fut le cas par exemple des semi-autos « camos » qu’on voit maintenant partout. Pour ceux qui n’arriveront pas à se décider, oscillant entre le bois et le plastique, ils pourront même opter pour armes plastiques…imitation bois, qui existent déjà  !

^ml,

1/ Sa réputation n’est pas usurpée depuis des siècles car il s’agissait déjà d’un bois dur, résistant à la fente et se sculptant bien. En plus de ses qualités de veinage et de chaleur il se ponce et se polit bien dans une finition glacée qui sied aux armes de haut niveau. 

Publicité
Commentaires
FCM 25.00
Publicité
Archives
Publicité
Publicité
Publicité