1952, l'année de la Myxomatose
Il faisait le fond de nos chasses communales, la joie des débutants, et depuis cette date plus rien n’est comme avant. Petit rappel de l’historique de ce fléau qui a bouleversé le paysage de nos chasses de l’après-guerre.
Tout a démarré par une initiative privée, celle du Dr Armand-Delille, illustre membre de l’Académie de médecine qui possédait en Eure-et-Loir un domaine clos de 300 ha envahi de lapins au point qu’il les chassait pour en tuer au fusil jusqu’à 4000 par an avant qu’il prenne le risque le 14 juin 1952 d’inoculer un virus venu de Suisse, celui de la myxomatose sur trois lapins. Bien soignés…ils s’en remirent ! Il pensait que l’épidémie se limiterait à sa propriété enclose de murs, mais quelques semaines plus tard 90% des lapins de son domaine étaient morts !
A la fin de l’année plusieurs foyers étaient recensés dans plusieurs départements, et fin 1953 toute la France était contaminée, mais aussi l’Angleterre, puis l’Italie et l’Espagne (1956) et en 1960 l’ensemble de l’Europe. Les tableaux de chasse de garenne saison 53-64 n’attinrent que 15 % de ceux de la précédente, pour chuter à 2% l’année suivante. En 1955 on peut penser que 90 à 98 % des lapins sauvages en étaient morts. Le pire c’est qu’en 1956 le fameux docteur fut médaillé par le Ministère pour services rendus à l’Agriculture ! Et l’Etat tenta même d’exporter l’expérience aux Kerguelen dans la même période mais sans que ça fonctionne, le climat n’étant pas favorable aux vecteurs du virus que sont les mouches, puces et les moustiques.
Aucun traitement n’existe contre ce virus qui n’atteint pas souvent le lièvre. Il existe des vaccins qui ne sont efficaces qu’à 95% mais dont le prix rédhibitoire n’est acceptable que pour la création de petites populations isolées ou la création de garennes artificielles, sans que le résultat ne soit garanti.
