Quel mouvement pour les leurres ?
Une petite recherche sur ces artifices un peu négligés chez nous où les appelants vivants sont toujours autorisés. Les leurres, blettes ou formes s’entassant sans grande stratégie en complément ou pour faire masse.
En Amérique du Nord où certains états interdisent les appelants, et même, depuis 2001, les appareillages électriques à piles ou électroniques, la recherche est donc très poussée en ce domaine. Nous avons déjà un peu ébauché ce sujet côté qualité ou ressemblance, mais de l’avis de tous les forums il n’est pas vraiment déterminant. On rappelle qu’autrefois les fabrications artisanales étaient plus des silhouettes que des sosies d’animaux suffisant à attirer l’attention, puis convaincre de se poser.
L’effet de masse semble, avec ensuite le mouvement, l’aspect déterminant de la pose. C’est ce qui explique qu’on a pu chasser autrefois avec de vagues bidons flottants, peints en noir mat. C’est aussi l’intérêt des formes d’oies donc bien plus grosses que celles de canard et susceptibles d’être vues à grande distance. Les meilleurs spécialistes le disent, si budget limité en leurres, et dans la limite de ce qu’on peut emporter bien sûr avec ces formes de belle envergure, ces grands oiseaux très méfiants attirent tout : colverts, sarcelles, plongeurs.
Les oies vont à l’eau non pour se nourrir, mais pour se reposer, ce qui n’est pas le cas des canards. Leur présence, calme, incite donc les becs plats fatigués, affamés qui cherchent un refuge où amerrir. Au sec, ces derniers sont dans une concentration voire une frénésie sur l’alimentation, dans un va et vient incessant, ce qu’on a tous constaté à la basse-cour. Ils montent aussi où ils peuvent, sans cesse en mouvement. Dans l’eau on ne voit jamais de canards vivants sans éclaboussures, déplacements. Des oiseaux arrêtés, et donc des formes inertes montrent un état d’alerte qu’on connaît tous quand la pose inquiétée par quelque chose, bruit, éclat de lumière sur le métal se fige…prête à l’envol.
C’est là qu’intervient la notion de mouvement, clé de la réussite. Il n’est pas garanti, mais peut faire la différence, se présentant de deux ordres : le mouvement attractif qui attire ceux qui passent au loin, mordant par réflexe, et le mouvement simple pour des oiseaux déjà proches qui veulent se rassurer qu’il existe là un grand refuge tranquille. Pour le premier, les ailes tournantes et flappers s’imposent car elles sont visibles à longue distance, pour le second on préconise les formes fixes de tous acabits, et par exemple « chaussettes » qui, comme les « biroutes » d’aérodromes, tournent doucement mais aussi se dandinent dans une brise légère, mouvements d’apparence naturel qui incite les vols à entrer dans le piège. Ces formes pliantes étant aussi bien sûr d’un plus faible encombrement.
Aux côtés des oies donc, posées en bordure du rivage, côté vent, on préconise à proximité du poste une douzaine de malards : seule leur plus grande visibilité de plumage étant à prendre en ligne de compte, les oiseaux ne distinguant pas le manque de crédibilité lié à l’absence de femelles, de toute façon, plus petites et plus sombres. Donc, quitte à mettre des formes, employer en priorité dans l’ordre des oies, et des canards mâles. Pour la mise en confiance, il existe Outre-Atlantique de nombreuses formes d’oiseaux d’eau (hérons, cormorans, poules d’eau) à placer un peu à l’écart, mais qui malheureusement n’existent pas forcément en France. On peut y substituer un grand corbeau sur un poteau tel qu’il en existe chez nous qui fera tout aussi bien l’affaire.
Au marais, mais aussi dans toutes ces chasses qui nécessitent des leurres, il ne faut pas céder à la routine, et il n’est jamais sûr que ce qui a marché hier, en fonction du soleil ou des vents, marchera nécessairement le lendemain. En règle générale toutefois, considérer que tous les oiseaux qu’on soit au gibier d’eau, au pigeon, dans la régulation de corvidés, se posent toujours face au vent, comme les avions, et que le chasseur, prêt au tir, doit donc l’avoir dans le dos.
Voici un résumé quelques conseils proposés par le plus important des sites anglo-saxons :
- Visibilité : les chasseurs ne doivent pas hésiter à se poster un peu à l’écart d’un gros paquet de leurres très visibles.
- Sur la glace créer des trous artificiels, les canards n’aimant pas déraper à l’atterrissage.
- Forcer sur la masse de leurres, le plus que l’on puisse emporter.
- Sur le sec (prairies inondées ou non), même si on cible les canards, utiliser les oies qui se voient de plus loin. Déjà dit plus haut, les oies attirent tout, le hic c’est le tas de grosses formes qu’il faut se coltiner !
- Sous-bois : la tendance est à placer les leurres au centre de la mare, les canards passent et repassent sans descendre dans le « clair » qui est déjà occupé, mais plutôt dans les branches en bordure, puis nager vers les zones ouvertes. Donc les disposer plutôt en cercle sur les bords.
- Les leurres les plus réalistes ne sont pas bon marché mais les plus efficaces, voir ci-dessus particulièrement par un temps bouché ou de basse luminosité ambiante.




