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14 juin 2017

Est-ce que la buse...abuse ?

Après le chouca des tours, la buse est régulièrement décriée comme prédatrice de beaucoup plus de choses que n’en disent les chercheurs pour qui elle reste un oiseau essentiellement charognard. Nous autres chasseurs pouvons faire part de nombreuses observations curieuses, notamment au cours de l’affût au pigeon, particulièrement discret.

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Que la buse ait eu un fort taux de diminution (50 %) entre 1945 et 1970 est un fait que nous avons tous pu constater. L’hiver rigoureux de l’hiver 62-63, les pièges à poteaux désormais interdits, fortement pourchassée par la garderie (le record fut de 308 en quelques semaines en Alsace) amena sa protection totale en 1972. Son régime alimentaire théorique est de 92 % de rongeurs, le reste de gros insectes. Elle a repris, depuis, du terrain partout, une étude de 2008 dit qu’elle est loin d’avoir atteint sa capacité maximale dans notre milieu de Bocage normand où elle serait même en déclin, ce qu’on semble loin de constater nous autres qui patrouillons inlassablement dans la campagne.

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Sa silhouette est désormais familière, perchée sur des piquets, des arbres observatoires, ou volant très haut en de grands orbes utilisant les courants d’air chauds ascendants ponctués de son cri caractéristique que l’on entend partout. Elle a de fortes capacités d’adaptation comme on va le voir, peut vivre vingt ans, n’a pas de prédateur du fait de sa taille et de sa grande envergure qui peut atteindre 1,30 m. Les naturalistes nous disent qu’elle est incapable de poursuivre les oiseaux en vol, mais elle attaque les nids de corvidés, lesquels on l’a tous vu lui font une chasse effrénée dès qu’ils l’aperçoivent dans les parages.

Son caractère charognard la fait se poster près des routes où gisent de petits animaux écrasés, mais aussi près des poulaillers de campagne. Chasseur de pigeon à l’affût avec des formes on peut la voir à plusieurs reprises attaquer ces dernières de deux manières. Sur celles au sol, en effectuant des grands cercles de repérage, puis en se posant sur un arbre proche où  elle évalue la situation avant de se décider à se poser à une vingtaine de mètres des leurres…qu’elle approche lentement, à pied, en se dandinant, pour tenter de les effaroucher en ouvrant largement les ailes. Elle semble vérifier si ils vont s’envoler, en vain, et pour cause, et de son vol lourd les empaume avec ses serres, pour aussitôt les relâcher, constatant qu’elle s’est trompée. 

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Pour les leurres placés dans les arbres selon le principe du va et vient, elle tourne de plus en plus près avant de les percuter violemment, serres en avant. Ces deux comportements peuvent aussi s’expliquer par son caractère charognard car constatés surtout il y a deux ans lors de la maladie hivernale des ramiers, et sans doute plusieurs cas de pigeons malades, moins réactifs que de coutume ou mourants. Il a aussi été vu des buses attaquer des hérons, et il parait probable qu’un oiseau d’une telle taille surgissant du ciel peut tout à fait impacter tous les jeunes gibiers à poil et à plumes d’un territoire. Sa prédation est en effet avérée dans notre région sur les lapereaux à proximité des garennes.  Il est néanmoins rappelé qu’elle est toujours intégralement protégée : un garde particulier, en 2013 en Vendée a été condamné à une peine d’intérêt général pour la mise en place d’appâts empoisonnés, dénoncé par un agriculteur « bio » qui saisit l’ONCFS. Les écologistes qui s’étaient immédiatement bien sûr portés partie civile, réclamant 1000 euros, n’eurent que l’euro symbolique. 

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